{"1": {"fulltext": "", "height": "3072", "width": "2002", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0001.jp2"}, "2": {"fulltext": "LIBRARYJIF CONGRESS.\\nCliap Copjrig-iit No\\nSIielfl.\u00c2\u00a3_iS 4\\nUNITED STATES OF AMERICA.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0002.jp2"}, "3": {"fulltext": "r", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0003.jp2"}, "4": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0004.jp2"}, "5": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0005.jp2"}, "6": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0006.jp2"}, "7": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0007.jp2"}, "8": {"fulltext": "\u00c2\u00a73\\n.erpign", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0010.jp2"}, "9": {"fulltext": "HISTOIRE DE FRANCE\\nTIREE DE DUCOUDRAY\\nPAR\\nO. B. SUPER\\nPROFESSEUR AU COLLEGE DICKINSON\\nNEW YORK\\nHENRY HOLT AND COMPANY\\n1900", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0011.jp2"}, "10": {"fulltext": "LniLcloiii MncjiiiTLaii C?", "height": "1656", "width": "4709", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0012.jp2"}, "11": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0013.jp2"}, "12": {"fulltext": "62360\\nOCT 17 1900\\nCopyright \u00c2\u00abtry\\nSECeiiSI) COPY.\\nOfc we^id to\\nOi^OCii OIViSlON,\\nj O CT 22. 19G0\\nCopyright, 1900\\nBY\\nHENRY HOLT CO.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0014.jp2"}, "13": {"fulltext": "PR E FAC E\\nCe livre est tire des differents cours d histoire\\nde Ducoudray et peut etre considere comme un\\nlivre de Lectures Frangaises sur I histoire de\\nFrance plutot que comme une histoire de France.\\nLes histoires de France ne manquent pas, mais\\nles unes sont si elementaires, quelquefois les faits y\\nsont presentes sous une forme si enfantine qu elles\\nne peuvent guere interesser que les enfants aux-\\nquels, du reste, elles sont destinees les autres\\nsont si volumineuses que nous ne saurions nous\\nen servir dans nos classes elementaires. Aiissi\\nai-je cherche a eviter Tun et I autre de ces extremes\\net a faire, sous une forme abregee, un livre qui\\nreponde reellement a nos besoins et que nous\\npuissions mettre entre les mains de nos eleves de\\npremiere ou de deuxieme annee.\\nJe dois des remerciments a Messieurs Fabregou\\net Bergeron, professeurs au college de la ville de\\nNew York.\\nO. B. S.\\nCollege Dickinson,\\naout 1900.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0015.jp2"}, "14": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0016.jp2"}, "15": {"fulltext": "TABLE DES MATIERES\\nCHAPITRE I\\nLa Gaule et les Gaulois\\nLes Gaulois et les Romains; Conquete de la Gaule par\\nJules Cesar i\\nCHAPITRE II\\nLes Francs\\nL Invasion barbare; Clovis et ses Fils; Decadence des\\nMerovingiens Pepin le Bref g\\nCHAPITRE III\\nCharlemagne\\nGuerres en Espagne centre les Arabes Guerres centre les\\nSaxons 23\\nCHAPITRE IV\\nLouis le D\u00c2\u00a3bonnaire et ses Fils\\nTraite de Verdun; Charles le Chauve; Les Normands;\\nCharles le Gros; Les Dues des Francs 32\\nCHAPITRE V\\nLa F\u00c2\u00a3odalit\u00c2\u00a3\\nLes Seigneurs et les Fiefs Le Chateau 41\\nV", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0017.jp2"}, "16": {"fulltext": "vi TABLE DES MATlfeRES\\nCHAPITRE VI\\nLes Croisades; La Chevalerie\\nLes premiers Capetiens; Conquete de I Angleterre par les\\nNormands; La premiere Croisade; Philippe Auguste\\net Richard Coeur de Lion; Louis IX et la derniere\\nCroisade 45\\nCHAPITRE VII\\nPhilippe le Bel et ses Fils; Guerre de Cent Ans\\nBataille de Crecy; Prise de Calais; Bertrand du Guesclin 61\\nCHAPITRE VIII\\nCharles VI\\nMinorite de Charles VI Bataille d Azincourt 71\\nCHAPITRE IX\\nCharles VII; Jeanne d Arc\\nLa France en 1429; Exploits de Jeanne d Arc 75\\nCHAPITRE X\\nLouis XI 81\\nCHAPITRE XI\\nCharles VIII; Louis XII; Francois ler\\nBataille de Marignan; Bataille de Pavie; Fran9ois ler et\\nCharles Quint 87\\nCHAPITRE XII\\nLes Guerres de Religion\\nHenri II; La Reforme; Catherine de Medicis; La Sainte-\\nBarthelemy; Henri III; Henri IV 99", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0018.jp2"}, "17": {"fulltext": "TABLE DES MATlfeRES vU\\nCHAPITRE XIII\\nLouis XIII\\nRegence de Marie de Medicis; Ministere de Richelieu iii\\nCHAPITRE XIV\\nLouis XIV\\nMazarin; Turenne; Colbert; Vauban; Guerre de la Succes-\\nsion d Espagne 119\\nCHAPITRE XV\\nLouis XV\\nLa Regence; Guerre de Sept Ans; Le Canada 142\\nCHAPITRE XVI\\nLouis XVI; La Revolution\\nGuerre d Amerique Les \u00c2\u00a3tats Generaux Prise de la Bas-\\ntille; Fuite de Varennes 151\\nCHAPITRE XVII\\nLa RfipUBLiQUE Fran^aise\\nLa Convention; Mort de Louis XVI; La Terreur; Le\\nDirectoire; Le General Bonaparte 164\\nCHAPITRE XVIII\\nLe Consulat\\nBataille de Marengo; Organisation de la Societe nouvelle 174\\nCHAPITRE XIX\\nL Empire\\nNapoleon ler; Bataille d Austerlitz; Campagne de Russie;\\nBataille de Waterloo Napoleon a Sainte Helene .178", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0019.jp2"}, "18": {"fulltext": "Viii TABLE DES MATlfeRES\\nCHAPITRE XX\\nLa France depuis 1815\\nLa Restauration Louis XVIII; Charles X; Louis Phi-\\nlippe ler; Republique de 1848; Napoleon III; Guerre\\nde 1870-71; Troisieme Republique 194", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0020.jp2"}, "19": {"fulltext": "HISTOIRE DE FRANCE\\nCHAPITRE I\\nLES GAULOIS\\nDE la plus haute cime des monts d Auvergne, au\\ncentre de la France, on verrait, si I oeil etait\\nassez pergant, comme limites de notre pays, au midi\\nla chaine des Pyrenees qui se dresse entre lui et I Es-\\n5 pagne; une vaste nappe d eau, la Mediterranee qui\\npent nous conduire en Afrique et en Orient; les\\nAlpes, les plus hautes montagnes de TEurope, notre\\nbarriere contre I ltalie. A I est, les Alpes prolon-\\ngeraient leurs sommets converts de neige jusqu a\\n10 une autre muraille, le Jura qui nous separe de la\\nSuisse; le large fleuve du Rhin laisserait, au dela\\nde ses rives, distinguer TAllemagne c est lui qui\\nautrefois nous servait de limite dans tout son cours\\net protegeait notre pays au nord aussi bien qu a\\nIS Test. A I ouest, au dela du bras de mer qu on\\nappelle la Manche, on apercevrait, a demi-cachee\\ndans la brume, une grande ile, 1 Angleterre enf in,\\nle soleil couchant offrirait un spectacle magnifique\\nen iteignant ses dernieres clartes dans I ocean At-\\n20 lantique. A nos pieds nous verrions de larges", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0021.jp2"}, "20": {"fulltext": "2 HISTOIRE DE FRANCE\\nfleuves quelquefois terrlbles, de nombreuses et\\nbelles rivieres dont quelques-unes sont paresseuses\\nun pays apre et montueux au centre et ^u midi, uni\\nvers le nord, mais partout fertile, ni trop humide ni\\ntrop aride, assez bien ferme pour la defense, nean- 5\\nmoins ouvert au commerce et, a Tinterieur, plus\\nouvert encore aux echanges mutuels entre les habi-\\ntants de chaque region.\\nLa France, dans les temps anciens, s appelait la\\nGaule. Elle ne presentait qu une suite de vastes lo\\nforets, entremelees de m^recages. Les chenes, les\\nhetres, les erables, les bouleaux remplissaient les\\nvallees et couronnaient les montagnes. Ces arbres\\nformaient une voiite de feuillage que pouvaient a\\npeine percer les rayons du soleil. 15\\nDans ces bois presque continus abondaient les\\nloups, les ours, les sangliers et des troupeaux de\\npores aussi dangereux que les sangliers. L aurochs,\\ntaureau sauvage, aux cornes longues et terribles, et\\ndont I espece a presque disparu de I Europe, etait 20\\nle plus fort de ces animaux et le roi des forets de la\\nGaule.\\nTou jours en lutte contre les betes feroces, les\\npeuples primitifs savaient les pousser dans certaines\\nparties des bois et les faire tomber dans des filets 25\\ntendus aux arbres ou dans des fosses cachees sous\\nle feuillage. La, a coups de fleches et de piques,\\nlis les tuaient plus aisement. Souvent aussi ils les\\nattaquaient en face. Dans leurs villages, de nom-\\nbreuses tetes de loups et d aurochs suspendues aux 30\\nportes des cabanes indiquaient la demeure des plus\\nintrepides chasseurs. lis avaient pour armes de-\\nfensives des boucliers aussi hauts qu un homme, et", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0022.jp2"}, "21": {"fulltext": "LES GAULOIS\\nque chacun ornait a sa maniere quelques-uns y\\nfaisaient graver des figures d airain en bosse et tra-\\nvaillees avec beaucoup d art. Leurs casques d ai-\\nrain avaient de grandes saillies et donnaient a ceux\\n5 qui les portaient un aspect tout fantastique. A ces\\ncasques etaient fixees des cornes, des figures d oi-\\nseaux ou de quadrupedes. lis avaient des trom-\\npettes barbares, d une construction particuliere, qui\\nrendaient un son rauque et approprie au tumulte\\nlo guerrier. Les uns portaient des cuirasses de mailles\\nde fer, les autres combattaient nus au lieu d epees,\\nils avaient des espadons suspendus a leur flanc\\ndroit par des chaines de fer ou d airain.\\nLe courage avec lequel ils se servaient de ces\\n^5 armes et affrontaient la mort sous tons ses aspects,\\nprovenait aussi bien d un de leurs dogmes religieux\\nque d^e leur naturel hardi. Les Gaulois possedaient\\nla croyance la plus ferme et la plus claire de Tim-\\nmortalite de Tame: toutes leurs coutumes etranges\\n20 ou naives, touchantes ou cruelles, s expliquent par\\ncette foi.))\\nUne des principals fetes de la religion gauloise\\netait la recolte du gui, en I honneur du dieu Hesus.\\nLe gui, plante parasite qui croit sur des arbres\\n25 comme le pommier, mais rare sur le chene, posse-\\ndait, selon la croyance des druides, la vertu de\\nguerir tous les maux. Chaque annee, a la fin de\\nI hiver, les druides le cherchaient. Sitot qu ils I a-\\nvaient trouve, le peuple accourait en foule. Le chef\\n30 des druides, arme d une fauciHe d or, s approchait\\nde I arbre cheri des dieux et coupait le gui sacre.\\nOn immolait deux taureaux sans tache, et la fete se\\nterminait par de bruyants banquets.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0023.jp2"}, "22": {"fulltext": "4 HISTOIRE DE FRANCE\\nMalheureusement, les animaux n etaient pas tou-\\njours les seules victimes offertes en sacrifice. Les\\ndruides croyaient devoir, pour apaiser les dieux, leur\\nimmoler des hommes. Dans quelques tribus, dit-o%^\\non remplissait d hommes vivants de grands manne- s\\nquins d osier, on y mettait le feu, et les victimes, in-\\nnocentes ou coupables, perissaient enveloppees par\\nles flammes.\\nPeu de peuples furent aussi remnants que les po-\\npulations gauloises. Les revolutions de leur pays lo\\nles rejetaient tou jours sur les contrees voisines, et\\nleur humeur aventureuse les entrainait plus loin.\\nLe soleil et les richesses de I ltalie les attirerent des\\nTannee 400 avant Jesus-Christ. Vers I an 390, une\\nde leurs tribus, les Senons, s avancent jusqu a Clu- 15\\nsium en iStrurie ils reclament des terres une de-\\nputation part de Rome pour jouer le role d arbitre,\\nmais elle oublie bien vite cette haute mission et com-\\nbat au lieu de negocier. Un chef gaulois est meme\\ntue par un des deputes on demande a Rome repa- 20\\nration; le credit dont jouit la famille du coupable\\nempeche de faire droit a cette juste demande. Les\\nBarbares marchent alors sur Rome et rencontrent\\nI armee romaine a une demi-journee de la ville, sur\\nles bords de I Allia. Frappes d une terreur panique 25\\na la vue de ces sauvages ennemis, les Romains se\\ndebandent et courent se refugier, partie dans la\\nville, partie dans les villes alliees. Bientot les Gau-\\nlois arrivent: ils ne trouvent dans la cite que de\\nvieux magistrats qui, ne voulant pas fuir et ne pou- 30\\nvant combattre, ont refuse de s enfermer dans la\\nforteresse du Capitole. Un des Barbares ayant\\ntouche la barbe du vieux Papirius, celui-ci le frappe", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0024.jp2"}, "23": {"fulltext": "LES GAULOIS S\\nde son baton le Gaulois irrite le tue, et des lors\\ncommence le massacre; bientot I incendie le suit et\\ndevore une cite deja grande qui comptait plus de\\ntrois siecles d existence.\\n5 La citadelle, ou tons les hommes qui savent tenir\\nune epee ont accouru pour defendre la patrie, est\\nassiegee un jour nieme, sans le cri des oies consa-\\ncrees a la deesse Junon, qui reveillent le brave Man-\\nlius et quelques amis, le Capitole etait pris. Les\\nlo Romains parviennent a repousser cette attaque, mais\\nepuises, sans vivres, ils se rendent. Pour peser la\\nran(;on de mille livres d or, les vainqueurs appor-\\nterent de faux poids, et leur chef ne repondit aux\\nreclamations qu en jetant encore dans la balance sa\\n15 lourde epee, puis son baudrier, et en repetant le mot\\nqui retentit souvent dans Tantiquite, ou Ton ne con-\\nnaissait guere la pitie Malheur aux vaincus\\n(390 avant Jesus-Christ). Un vaillant chef, Ca-\\nmille, accourut de I exil, fit honte aux Romains de\\n20 leur lachete, rompit tout traite et mit en fuite I ar-\\nmee gauloise. C est du moins le recit de Thistorien\\nde Rome, Tite Live, qui a voulu, adoptant la tradi-\\ntion populaire, couvrir une defaite reelle par une\\nvictoire tardive et douteuse.\\n25 Longtemps encore les Gaulois furent la terreur de\\nRome, et cette fameuse republique n acheva que\\ndeux siecles plus tard la soumission de ceux qui oc-\\ncupaient le nord de I ltalie. Les Romains passerent\\nensuite les Alpes, formerent d abord une province\\n30 en Gaule, et a partir de I annee 125, y fonderent\\ndeux villes, Aix et Narbonne.\\nPuis, un grand capitaine, Jules Cesar, soumit\\npresque tons les peuples gaulois, de 58 a 52 avant", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0025.jp2"}, "24": {"fulltext": "6 HISTOIRE DE FRANCE\\nJesus-Christ. Dans la derniere annee seulement,\\nles Gatilois comprirent la necessite de Tunion et,\\nconduits par Vercingetorix, essayerent de repousser\\nI ennemi commun. Mais, apres une annee de lutte,\\nils essuyerent, sous les murs d Alesia, une defaite 5\\nirremediable.\\nLes Gaulois, inferieurs aux Romains en disci-\\npline, en science militaire, ne surent pas en outre\\ns entendre pour leur resister. Jules Cesar battit\\nles differents peuples les uns apres les autres, et en lo\\n53 avait a peu pres soumis la Gaule.\\nMais un peuple qui, de I aveu de ses ennemis,\\ns etait place au-dessus de tons les autres par sa\\nvertu guerriere, ne pouvait, sans une vive douleur,\\nsubir le joug des Romains. Au fond des bois, les 15\\nplus importants personnages des cites se reunissent\\nils jurent sur les enseignes militaires de combattre\\net de mourir plutot que de perdre la gloire et la\\nliberte qu ils ont recues de leurs peres. Les Car-\\nnutes (habitants de Chartres) doivent donner le 20\\nsignal, et la revolte eclate, a la fin de Tannee 53, par\\nle massacre des Romains etablis dans la ville de\\nGenabum (Gien ou Orleans), sur les bords de la\\nLoire.\\nEn un jour la nouvelle de ce massacre arrive, 25\\ntransmise par des cris dans les campagnes, jus-\\nqu aux monts d Auvergne, a Gergovie (pres de la\\nville actuelle de Clermont).\\nLa vivait un jeune homme d une noble et puis-\\nsante famille, Vercingetorix. Son pere avait tenu 30\\nle premier rang dans la Gaule, et ses concitoyens\\nI avaient fait mourir parce qu il aspirait a la royaute.\\nLe fils n en avait pas moins garde une foule d amis", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0026.jp2"}, "25": {"fulltext": "LES GAULOIS 7\\net de clients, qu il enflamma de son amour de la\\npatrie et a la tete desquels il se rendit maitre de Ger-\\ngovie. Puis il envoya des deputes pour determiner\\nles peuples de la Gaule a se soulever: presque tons\\n5 repondirent a son appel.\\nNomme seul chef des peuples gaulois, Vercinge-\\ntorix tint tete une annee entiere aux armees ro-\\nmaines. Cesar meme fut battu sous les murs de la\\nville de Gergovie dont il avait essaye de s emparer.\\nlo Mais le general romain reprit Tavantage et forga\\nenfin Vercingetorix a se refugier dans la ville\\nd Alesia ou Alise.\\nSituee sur une colline, la cite d Alise ne pouvait\\nguere etre enlevee d assaut. Cesar resolut de la\\n15 prendre par la famine. Les soldats romains, exer-\\nces aux plus durs travaux, creuserent autour de la\\ncolline d Alise des fosses et construisirent un retran-\\nchement protege en avant par de grands rameaux\\nfourchus. En outre, vingt-trois tours placees de\\n20 distance en distance le defendaient.\\nVercingetorix appela a lui tous les peuples de la\\nGaule. Deux cent quarante mille guerriers accou-\\nrurent pour le delivrer. Mais Cesar avait prevu\\ncette attaque. De meme qu il avait creuse des fos-\\n25 ses du cote de la ville, il en avait fait creuser aussi\\ndu cote de la campagne et se trouvait garanti en\\navant et en arriere. Vainement les Gaulois d Alise\\ndescendirent de leur colline pour combattre les Ro-\\nmains, tandis que I armee gauloise du dehors les\\n30 attaquait. Assaillis de toute part, mais bien abrites,\\nles Romains resisterent de toute part. Apres une\\nbataille qui se prolongea trois jours, la grande\\narmee gauloise fut vaincue, presque aneantie.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0027.jp2"}, "26": {"fulltext": "HISTOIRE DE FRANCE\\nDesormais sans espoir, epuises par la famine, les\\ndefenseurs d Ahse se rendirent a Cesar. Mors un\\ncavalier pare comme pour la bataille, sortit de la\\nvi! e. II alia dro.t a un tertre de gazon ou s elevait\\ne tribunal de Cesar, en fit le tour, s arreta devant 5\\nle vamqueur jeta ses armes a ses pieds at garda le\\nsilence. C etait Vercingetorix, qui se livrait aux\\nKomains pour qu on epargnat la viUe. Les princi-\\npaux chefs gaulois le suivaient (52 avant Jesus-\\nmfortune Cesar les fit tous enchainer et Jeter en\\nprison. II emmena plus tard a Rome Vercingetorix\\nle promena en triomphe et le fit decapiter\\nLa resistance ayant cesse, Cesar se montra moins\\n7nTT^ 1 menagea les Gaulois pour les tributs ,5\\n(pres de 8 millions de francs seulement), et encore\\nce tribut iut deguise sous le nom de solde militaire\\nXI engagea a tout prix leurs meilleurs guerriers dans\\nses legions; il en composa une tout entiere dont les\\nsoldats portaient sur leurs casques une alouette, d ou 20\\nson nom, legion de I Alouette. On ne pent dire s il\\neut mieux valu pour la Gaule garder sa propre civi-\\nisation et son independance niais sous la domina-\\ntion de Rome, elle s initia bien vite aux arts, a la\\nnche culture, a I esprit, au raffinement des Grecs et .c\\ndes Remains.\\nLes Romains avaient, a cote des cirques, construit\\ndes eco les ou les jeunes Gaulois se pressaient aux\\nlemons de maitres celebres. Les Gaulois d aiUeurs\\nrivaliserent bientot avec leurs maitres dans les 30\\nsciences et dans les arts ils ne parlerent plus que la\\nlangue latine, qui, persistant a travers les siecles, a\\ncontribue a former la langue fran9aise.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0028.jp2"}, "27": {"fulltext": "LES FRANCS\\nCHAPITRE II\\nLES FRANCS\\nQUATRE siecles apres la conquete, a voir les\\nforets defrichees, des routes ouvertes, des\\nvilles opulentes, des monuments magnifiques dont il\\nreste de niagnifiques debris, un peuple actif, enrichi,\\n5 police, parlant latin et rivalisant d esprit, comme d e-\\nlegance, avec ses maitres, on n aurait pu reconnaitre\\nla Gaule. La religion meme avait change; vain-\\nqueurs et vaincus se rapprochaient, pour la plupart,\\ndans le culte du vrai Dieu la foi chretienne, grace a\\nlo rheroisme des martyrs, avait fait reculer et le culte\\nfarouche des druides et le culte honteux des idoles\\npaiennes. Mais I invasion barbare ne tarda pas, fa-\\ncilitee par les divisions de I empire et Taffaiblisse-\\nment des populations corrompues, a replonger notre\\n15 pays dans les combats, les souffrances, la misere et\\nI ignorance. Des nuees de Germains, venus du\\ncentre de TEurope, envahissent la Gaule, comme les\\nautres parties de I empire, et, a plusieurs reprises, la\\nravagent en tous sens. Au cinquieme siecle apres\\n20 Jesus-Christ, la domination romaine a presque dis-\\nparu dans notre pays. Les Francs dominent au\\nnord; les Burgondes a Test; les Wisigoths, venus\\npar le midi, au midi. Puis une nouvelle invasion.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0029.jp2"}, "28": {"fulltext": "10 HISTOIRE DE FRANCE\\nplus terrible encore, menace ces barbares qui com-\\nmencent a se fixer, c est celle des Huns, sortis des\\nsteppes de I Asie. lis sont conduits au pillage du\\nmonde par un chef terrible, Attila, qui s intitule lui-\\nmeme le flcau de Dieu, et foule tellement la terre, 5\\nque I herbe ne croit plus ou son cheval a passe.))\\nVingt villes de la Gaule sont detruites. Mais Ro-\\nmains, Francs, Burgondes, Wisigoths, tous reunis\\ncontre I ennemi de tous, arrivent, repoussent Attila\\net lui font essuyer un sanglant desastre dans les 10\\nplaines de Mery-sur-Seine (451).\\nLes Huns vaincus s enfermerent dans leur camp\\nderriere leurs nombreux chariots. Attila se tenait\\npres d un biicher autour duquel les Huns se ran-\\ngerent, une torche a la main, prets a mettre le feu 15\\nsi le camp etait force. Mais les coalises ne com-\\nmencerent point I attaque. Attila partit, emmenant\\nav-ec lui comme otage I eveque de Troyes.\\nDeux ans apres, le roi des Huns mourait, et ce\\npeuple cessa d etre redoutable. 20\\nParmi les peuples qui avaient combattu les Huns,\\non avait remarque les Francs sous les ordres de\\nMerovee, chef de la tribu des Saliens, et qui seul de\\ntoute sa tribu portait une longue chevelure, signe\\ndistinctif de la royaute. 25\\nLes guerriers francs relevaient leurs cheveux sur\\nle sommet du front en forme d aigrette leur visage\\netait entierement rase, a I exception de deux longues\\nmoustaches qui leur tombaient de chaque cote de la\\nbouche. Grands, vigoureux, serres dans leurs ha- 30\\nbits de toile, ils ressemblaient par leur visage et leur\\ncaractere aux anciens Gaulois, surtout a ceux des\\npays du Nord. lis lan9aient avec adresse leur fran-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0030.jp2"}, "29": {"fulltext": "LES FRANCS II\\ncisqtie (hache a deux tranchants) et manquaient\\nrarement I endroit qu ils avaient mesure de I oeil\\nils se servaient aussi d une pique, armee de plusieurs\\ncrochets recourbes comme des hamegons.\\n5 Idolatres comme les anciens Gaulois, les Francs\\nse faisaient des images des arbres, des oiseaux, des\\nbetes sauvages, et les adoraient. lis croyaient que\\nles braves allaient dans les palais de leur grand dieu\\nOdin gouter les joies d un eternel banquet, et cette\\n10 croyance les poussait a braver la mort avec une au-\\ndace extraordinaire.\\nClovis (481-5 II). Clovis, fils de Childeric, fut,\\na 1 age de quinze ans, promene sur un bouclier sui-\\nvant la coutume des Francs et proclame roi (481).\\n15 Anime d une ardeur^ guerriere, il entraina sor^\\npeuple a la conquete de la Gaule. II attaqua les\\ntroupes romaines qui occupaient encore une partie\\nde la Gaule et les defit avec leur general Syagrius,\\npres de Soissons (486). Cette ville devint des lors\\n20 sa capitale.\\nClovis n etait guere le maitre de ses soldats que\\npendant le combat. Les Francs ayant pille une\\neglise de la ville de Reims et emporte un vase tres\\nprecieux, I eveque Remi fit reclamer ce vase. Sui-\\n25 vez-moi jusqu a Soissons, dit Clovis aux envoyes,\\nparce que la sera partage tout ce qui a ete gagne\\nlorsque ce vase sera tombe dans mon lot, je rem-\\nplirai le desir de Teveque.))\\nTout le butin etant reuni, Clovis dit a Je vous\\n30 prie, mes braves guerriers, de ne pas me refuser ce\\nvase en dehors de ma part.))\\nLes soldats consentaient, lorsque Tun d eux, plus\\nenvieux^ refusa et frappa le vase avec sa hache en", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0031.jp2"}, "30": {"fulltext": "12 HISTOIRE DE FRANCE\\ndisant Tu n auras rien, 6 roi, que ce que le sort\\nt accordera.)) Clovis garda le silence et ne mani-\\nfesta point sa colere.\\nL annee suivante, il passait une revue de ses guer-\\nriers et examinait leurs armes. Lorsqu il arriva 5\\ndevant le soldat qui avait brise le vase Nul, lui\\ndit-il, n a ici des armes aussi mal entretenues que les\\ntiennes.)) Puis, lui prenant sa hache, il la jeta par\\nterre,et comme le soldat se baissait pour la ramasser,\\nClovis leva sa propre hache et lui fendit la tete, en 10\\ns ecriant Qu il te soit fait ainsi que tu as fait au\\nvase, I an passe, dans Soissons II inspira ainsi\\nune grande crainte.\\nClovis epousa en 493 Clotilde, niece de Gonde-\\nbaud, roi des Burgondes. Or Clotilde etait chre- 15\\ntienne. Elle s appliqua a convertir a sa religion\\nson epoux, encore paien.\\nClovis avait deja, grace a ce mariage, gagne\\nplusieurs villes, entre autres Paris. Une victoire sur\\nles Alamans le rendit encore plus docile aux exhor- 20\\ntations de la reine et de I eveque saint Remi. Les\\nAlamans passaient le Rhin en grand nombre pour\\nprendre aussi leur part de cette Gaule que les Francs\\nsemblaient vouloir s attribuer tout entiere,. Toutes\\nles tribus franques accoururent autour de Clovis, 25\\net la bataille s engagea a Tolbiac, pres de Cologne\\n(496). Les Francs plient un instant. Clovis, qui\\navait laisse baptiser deux de ses enfants, invoque,\\ndit-on, le Dieu de Clotilde et promet de se faire Chre-\\ntien s il est vainqueur. La victoire lui revient et les 30\\nAlamans sont rejetes au dela du Rhin. Clovis alors se\\nfit baptiser par saint Remi, avec 3000 de ses soldats.\\nTous les eveques de la Gaule felidterent le nou-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0032.jp2"}, "31": {"fulltext": "LES FRANCS 13\\nveaii convert!, et tout le pays entre la Seine et la\\nLoire se soumit au prince que I figlise appelait deja\\nsa colonne de fer.)) Clovis, excite par la reine\\nClotilde, tou jours preoccupee de venger sa famille\\n5 detruite par le cruel Gondebaud, battit ce roi pres de\\nDijon et lui imposa un tribut. Des lors il domina\\nsur les bords de la Saone.\\nRestaient les Wisigoths. Les eveques du Midi,\\nque persecutait ce peuple, appelaient Clovis. Celui-\\nlo ci reunit ses farouches guerriers et leur dit Je\\nsupporte avec grand chagrin que ces impies posse-\\ndent une partie des Gaules. Marchons avec I aide\\nde Dieu, et, apres les avoir vaincus, reduisons leur\\npays en notre pouvoir.)) Cette nouvelle expedition\\n15 plut singulierement aux guerriers francs: ils ap-\\nprouverent on passa la Loire. Clovis avait surtout\\ndefendu de piller le territoire de Tours, place sous\\nla protection speciale de saint Martin, alors venere\\ncomme le plus grand apotre des Gaules. Ou sera\\n20 I espoir de la victoire si nous offensons saint Mar-\\ntin disait Clovis avec cette devotion interessee\\nqui pouvait seule avoir action sur des barbares. Un\\nsoldat, ayant arrache une botte de foin a un pauvre\\nhomme, fut mis a mort. Les heureux augures, les\\n25 merveilles meme se multiplierent, si Ton en croit\\nla legende, sur les pas de celui qui se confiait en la\\nprotection de saint Martin.\\nPour atteindre Tarmee d Alaric, Clovis remontait\\nla riviere de Vienne et cherchait un gue une\\n30 biche d une merveilleuse grandeur le lui montre\\nen passant elle-meme la riviere. Encore aujour-\\nd hui cet endroit porte le nom populaire de Gue de\\nla Biche. Lorsqu elle approcha de Poitiers, Tarmee", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0033.jp2"}, "32": {"fulltext": "i4 iilSTOIRE DE FRANCE\\ndes Francs vit un globe de feu qui paraissait sortir\\nde I eglise d un autre saint celebre, Hilaire de Poi-\\ntiers, sans doute, dit le chroniqueur, afin qu aides\\npar la lumiere du bien heureux confesseur, ils assail-\\nlissent plus hardiment les bataillons de ces heretiques s\\ncontre lesquels le saint eveque avait souvent com-\\nbattu pour la foi.)) Alaric, roi des Wisigoths, hesitait\\na engager Taction contre les Francs il temporisait,\\nesperant un prompt secours d autres barbares d ltalie,\\nles Ostrogoths mais les chefs n etaient point maitres lo\\nde leurs armees Nous valons bien les Francs en\\n-force et en courage s ecrierent les soldats d Ala-\\nric, et la bataille s engagea a Voulon (4 lieues de\\nPoitiers). Alaric etait prudent, mais non lache\\nil le prouva en demeurant sur le champ de- bataille 15\\nmeme apres que ses lignes eurent ete enfoncees. II\\nfut tue de la main meme de Clovis. Celui-ci toute-\\nfois courut un grand danger deux soldats goths le\\nf rapperent ensemble de leurs lances mais les lances\\nne purent entamer la cuirasse du chef des Francs 20\\nqui fut sauve. En quelques heures la victoire fut\\ncomplete et le carnage af f reux. Les cadavres,\\ndit le chroniqueur, etaient amonceles en tel nombre,\\nqu on eut dit des montagnes de morts.)) Tout le\\nmidi de la Gaule, avec ses opulentes cites, tomba au 25\\npouvoir des Francs qui, pendant plusieurs mois, ne\\ncesserent de ravager le pays.\\nLes Francs ddminerent alors jusqu aux Pyrenees.\\nCependant toutes les tribus franques ne reconnais-\\nsaient pas I autorite de Clovis. Toujours ruse et 30\\ncruel, il se delivra de leurs rois, qu il fit tuer en\\nsecret les uns apres les autres. II devint ainsi le\\nseul chef des Francs.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0034.jp2"}, "33": {"fulltext": "LES FRANCS t$\\nClovis avalt fonde un fitat qui est le plus ancien\\nde tous les fitats de TEurope, et fait de la Gaule la\\nFrance. II mourut en I annee 511, dans la cite de\\nLutece, qu on appelait deja Paris, et dont il avait\\n5 fait sa capitale.\\nLes fils de Clovis; partage de la Gaule. L ega-\\nlite des partages entre les enfants etant la regie des\\nsuccessions chez les Francs, les quatre fils de Clovis\\nse diviserent toutes ses conquetes comme un simple\\n10 butin. Chacun eut sa part de territoire et de tre-\\nsors, de villes et d etoffes precieuses. II y eut un\\nroi de Paris, Childebert; un roi de Soissons, Clo-\\ntaire un roi d Orleans, Clodomir un roi de Metz,\\nThierry. Et, de meme que Clovis, en vrai barbare,\\n15 avait depouille ses parents, de meme ses fils cher-\\ncherent a se depouiller les uns les autres. Les en-\\nfants de Clodomir furent massacres par leurs oncles\\nClotaire et Childebert.\\nQuelques annees plus tard, Clotaire et Childebert\\n20 reprirent contre la Bourgogne la guerre et sou-\\nmirent ce royaume (533-534)-\\nClotaire P^^ (558-561). \u00e2\u0080\u0094Clotaire, d abord roi de\\nSoissons, puis de Paris, survecut a ses freres et se\\ntrouva en 558 seul possesseur des pays soumis par\\n25 les Francs. Cruel, il n hesita pas a faire perir son\\nfils Chramne qui s etait revoke contre lui avec I aide\\ndu roi des Bretons. Chramne, vaincu, fut brule\\ndans une cabane ou il s etait refugie. Clotaire\\nmourut lui-meme en 561.\\n30 Quatre fils lui restaient. Apres sa mort il y eut\\nencore quatre royaumes. Caribert eut le royaume\\nde Paris; Sigebert, celui de Metz; Chilperic, celui\\nde Soissons; Gontran, le royaume de Bourgogne.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0035.jp2"}, "34": {"fulltext": "l6 HISTOIRE DE FRANCE\\nPlus violents encore que les fils de Clovis, ces prin-\\nces, reduits bientot a trois par la mort de Caribert\\n(567), se firent bientot des guerres acharnees. Au\\nmilieu de cette confusion on distingua surtout la\\nrivalite des deux royaumes de Chilperic et de Sige- 5\\nbert.\\nLa Neustrie et VAustrasie. Les Francs du\\nroyaume de Chilperic (Soissons) et tons ceux qui\\nhabitaient de la Somme a la Loire se melaient de\\nplus en plus avec les populations gallo-romaines, 10\\nprenaient leurs moeurs et leurs usages. lis de-\\nvenaient ainsi de jour en jour plus differents des\\nFrancs du royaume de Sigebert (Metz), de ceux\\nqui habitaient les pays de Test, les bords de la\\nMeuse, de la Moselle et du Rhin. Ceux-ci furent 15\\ndesignes sous le nom d Austrasiens, les autres sous\\nle nom de Neustriens. L animosite de ces deux\\npeuples se manifesta d abord par la guerre qu excita\\nla rivalite de deux femmes tristement celebres,\\nBrunehaut, femme de Sigebert, et Fredegonde, 20\\nfemme de Chilperic.\\nBrunehaut, fille d un roi des Wisigoths et elevee\\nen Espagne dans des idees toutes romaines, avait\\nvoulu imposer ces idees aux guerriers francs de\\nTAustrasie. File voulait faire disparaitre les cou- 25\\ntumes barbares, reparait les voies que les Romains\\navaient construites et qu on laissait tomber en ruine.\\nMais elle etait emportee, avide. File faisait mettre\\na mort sans jugement les Iciides^ dont elle convoitait\\nles tresors. File persecutait les eveques qui lui re- 30\\nprochaient ses violences. File arma meme Tun\\ncontre I autre ses deux petits-fils, Thierry II, roi de\\n1 Principaux chefs, compagnons du roi.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0036.jp2"}, "35": {"fulltext": "LES FRANCS 1 7\\nBourgogne, et Theodebert II, roi d Austrasie.\\nTheodebert fut saisi et peu apres mis a mort. Thier-\\nry II regna alors avec Brimehaut sur I Austrasie\\net sur la Bourgogne. Mais Thierry, que Brunehaut\\n5 avait laisse s enerver dans les plaisirs, mourut tout\\na coup en 613, et Brunehaut demeura seule avec\\nquatre arriere-petits-enfants en bas age. Les leudes\\npenserent alors que le moment etait venu de se\\nvenger de cette femme ambitieuse et altiere. De\\n10 son cote, le fils de la cruelle Fredegonde, Clotaire II,\\ntrouva le moment favorable pour attaquer Brune-\\nhaut. Celle-ci fut abandonnee par son armee et\\nbientot livree a Clotaire II.\\nLe roi de Neustrie se montra le digne fils de\\n15 Fredegonde par le supplice auquel il soumit la reine\\nvaincue. Pendant trois jours elle fut exposee aux\\ninsultes des soldats, promenee honteusement sur un\\nchameau, puis attachee a la queue d un cheval fou-\\ngueux qui lui brisa le crane et traina son cadavre\\n20 mutile sur les pierres des chemins. Ce fut ainsi que\\nmourut, en 613, Brunehaut, fille de roi, epouse de\\nroi, mere de roi, aieule et bisaieule de rois.\\nClotaire II (586-628). Le roi de Neustrie, Clo-\\ntaire II, le fils de Fredegonde, reunit sous son au-\\n25 torite les deux royaumes et regna jusqu en 628, seul\\nmaitre de toute la Gaule comme I avaient ete Clo-\\ntaire P^ et Clovis.\\nDagobert I^r (628-638); grandeur du royaume\\nfranc. Son fils, Dagobert I^ le plus puissant des\\n30 rois de la famille ou dynastie de Merovee, ne fut\\nnullement le prince debonnaire que nous represente\\nla legende il avait au contraire force les grands a\\nTobeissance et se montrait terrible aux mechants.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0037.jp2"}, "36": {"fulltext": "l8 HISTOIRE DE FRANCE\\nA peine prenait-il le temps de manger et de dormif,\\ntant le zele de la justice I animait. II etait maitre\\nd un vaste empire qui debordait bien au dela du\\nRhin. II recevait en effet tribut des Alamans, des\\nThuringiens, des Bavarois et porta ses armes j usque 5\\ndans la vallee du Danube ou il eut a soutenir de\\nrudes guerres.\\nC etait dans sa villa de Clichy, pres de Paris, que\\nDagobert aimait a resider et a deployer ses richesses.\\nAssis sur un trone d or, la couronne sur la tete, il lo\\ndonnait audience comme un veritable empereur.\\nDecadence desMerovingiens; les rois faineants.\\nA la mort de Dagobert les partages se renouvelerent\\nainsi que les guerres civiles. La famille de Me-\\nrovee alia sans cesse en degenerant, et alors com- 15\\nmenga la serie des souverains appeles rois faineants:\\nreproche in juste, car beaucoup n arriverent pas a\\nI age d hommes, et ceux qui y arrivaient etaient\\nrelegues dans quelque villa au fond des forets. De\\nloin en loin un chariot traine par des boeufs les 20\\namenait a I assemblee generale des guerriers, puis,\\nlorsqu on leur avait rendu de vains honneurs, on les\\nrenvoyait a leurs chasses et a leurs plaisirs. Les\\nmaires du palais gouvernaient a leur place.\\nLes maires du palais avaient d abord ete de 25\\nsimples officiers du roi, juges des querelles qui\\neclataient dans les villas royales ou entre les com-\\npagnons du roi. \u00c2\u00a3lus par les leudes qu ils con-\\nduisaient aux combats, ils devinrent les tuteurs des\\nrois enfants, puis les maitres de ceux qu ils avaient 30\\neleves. II y avait un maire du palais dans chaque\\nroyaume. Et les maires combattirent entre eux\\ncomme avaient combattu les rois.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0038.jp2"}, "37": {"fulltext": "LES FRANCS 19\\nLes maires du palals prenalent si blen la place des\\nrois qu il n y avait meme deja plus, depuis Tannee\\n679, de rois en Austrasie. La famille de Pepin de\\nLanden, dans laquelle depuis longtemps les leudes\\n5 choisissaient les maires du palais, commandait seule\\naux Austrasiens. Sous la conduite de guerriers re-\\nmarquables sortis de cette vaillante famille, les\\nAustrasiens devinrent de jour en jour plus forts.\\nUne victoire decisive de leur chef Pepin d Heristal,\\n10 remportee a Testry (en 687), sur les Neustriens,\\nassura aux Austrasiens la domination de la Gaule.\\nII y eut sans doute encore des fantomes de rois\\nen Neustrie, mais de fait la famille de Pepin d He-\\nristal remplagait deja celle de Clovis.\\n15 De cette famille, en realite maitresse de la Gaule,\\nsortit le fameux Charles Martel, I un des plus grands\\nguerriers de I epoque, qui renouvela les exploits de\\nClovis et annongait ceux de Charlemagne.\\nDu fond de I Arabie, peninsule qui tient a I Asie\\n20 et a TAfrique, un peuple ardent se precipitait a la\\nconquete du monde, pousse par le fanatisme et la\\nvolonte d imposer partout la religion de son prophete\\nMahomet. Celui-ci avait preche et combattu de\\n622 a 632 il avait rompu avec le culte des idoles\\n25 paiennes, mais ne voyait en Jesus-Christ qu un grand\\nprophete et dans les Chretiens que des infideles ado-\\nrant plusieurs dieux. Avec la Bible, I fivangile, les\\npoesies arabes, ses propres maximes et des preceptes\\nmateriels dictes par I intelligence du climat de\\n30 rOrient, il avait compose un livre pour ses disciples,\\nle CoraUj ou ceux-ci lurent surtout la doctrine dif\\nfatalisme, c est-a-dire la resignation complete a tout\\nce qui peut arriver. Le zele qui leur etait recom-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0039.jp2"}, "38": {"fulltext": "20 HISTOlRE DE FRANCE\\nmande pour la propagation de la croyance au vrai\\nDieu et a son prophete Mahomet, transportait les\\nArabes d un enthousiasme qui excitait encore leur\\nnature mobile et impetueuse. En moins d un siecle,\\nlis s etaient empares de la Syrie et de la Perse en 5\\nAsie; de I figypte, de toutes les cotes de I Afrique\\nle long de la Mediterranee, enfin de I Espagne\\n(711). Bientot ils convoiterent la Gaule. Deja,\\nen 721, ils avaient attaque I Aquitaine et assailli\\nToulouse. Le due Eudes, avec les Aquitains et les 10\\nGascons leves en masse, avait defendu sa capitale\\net gagne une sanglante bataille. En 732, une in-\\nvasion plus redoutable se prepare sous un chef vail-\\nlant, Abderame. Bientot Abderame s empare de\\nBordeaux qu il saccage. Le due Eudes, qui jus- 15\\nqu alors n avait pas voulu faire soumission au due\\ndes Francs, voyant ce torrent devastateur se re-\\npandre par toute I Aquitaine, et ses sujets epou-\\nvantes en presence de ces cavaliers rapides qu on\\ntrouvait partout a la fois, implora le secours de 20\\nCharles.\\nCharles arriva avec les Francs du nord. Les\\nArabes se trouvaient en face du dernier rempart de\\nla chretiente. Cette armee, qu un chroniqueur ap-\\npelle avec raison I armee des Europeens,)) une fois 25\\ndetruite, la religion de Mahomet (ou autrement I is-\\nlamisme), dominera sur la terre.\\nBataille de Poitiers (732). Les Francs n abor-\\nderent pas sans etonnement les Arabes, ces ennemis\\nnouveaux, au teint basane, qui, enveloppes dans des 30\\nburnous blancs, montaient des chevaux vifs et ar-\\ndents. Les cavaliers arabes soulevaient des tour-\\nbillons de poussiere, paraissaient et disparaissaient,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0040.jp2"}, "39": {"fulltext": "LES FRANCS 2t\\nse repllaient, se reformaient, pour revenir, avec la\\nrapidite de I ouragan, frapper en courant avec leurs\\ncimeterres on sabres recourbes. Les Arabes, a leur\\ntour, s etonnerent de voir ces hommes du Nord,\\n5 blonds, grands, proteges par des casques et des\\ncottes de mailles ou des casaques de peaux, munis\\nde longues epees, de piques, maniant habilement la\\nhache et la langant au loin. Les Francs demeuraient\\nunis, disciplines, presentant une foret de piques\\n10 comme un mur de fer, et resistaient, inebranlables,\\na tons les assauts.\\nUne habile diversion organisee par Charles contre\\nle camp arabe, decida le succes de la journee en\\nfaveur des Chretiens. Ne songeant plus qu a leurs\\n15 richesses, les Arabes quitterent leurs rangs. La\\nnuit empecha les Francs de poursuivre leur avan-\\ntage.\\nLe lendemain matin, ceux-ci revirent a la meme\\nplace les tentes arabes et craignaient une nouvelle\\n20 l3ataille; mais les ennemis avaient disparu les\\nFrancs purent se jeter en toute liberte sur le pro-\\ndigieux butin que les ennemis avaient abandonne.\\nCharles avait frappe si fort qu il requt le surnom\\nde Martel (marteau). A son retour a Paris, il fut\\n25 accueilli avec enthousiasme et fit une entree vrai-\\nment triomphale. Les Francs venaient de decider\\nune grande querelle ils avaient sauve la chretiente\\net la vraie civilisation, bien que les vainqueurs pa-\\nrussent moins civilises et plus grossiers que les\\n30 vaincus.\\nPepin le Bref (741-768). Charles Martel laissa\\ndeux fils, Pepin et Carloman, qui commanderent\\nd abord ensemble aux Francs. Carloman^ en 747,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0041.jp2"}, "40": {"fulltext": "22 HISTOIRE DE FRANCE\\nse fit moine et Pepin gouverna seul. II se trouva\\nbientot assez puissant pour ecarter le fantome de\\nroi merovingien que sa famille avait maintenu. II\\nfit couper la chevelure du dernier Merovingien,\\nChilderic III, qui fut tonsure comme un clerc et s\\nrelegue dans un monastere a Saint-Omer (752 apres\\nJesus-Christ).\\nProclame roi a Soissons, Pepin se fit sacrer par\\nBoniface, archeveque de Mayence. II se fit meme\\ncouronner une seconde fois, a Saint-Denis, par le 10\\npape fitienne 11.\\nOr les Lombards menagaient Rome. Pepin, re-\\nconnaissant de I appui que lui avait donne le pape,\\nmarcha a son secours et triompha des Lombards.\\nII conceda au Saint-Siege la province de Ravenne, 15\\net le pape eut alors une puissance temporelle. Pe-\\npin ensuite soumit definitivement la grande pro-\\nvince du Midi, I Aquitaine. La Gaule entiere obeit\\ndes lors aux Francs.\\nPepin etait surnomme le Bref a cause de sa petite 20\\ntaille. Mais il prouva que la force et le courage ne\\ndependaient pas de la taille. Un jour il assistait,\\ndans un cirque, avec ses leudes a un combat d ani-\\nmaux un taureau se defendait contre un lion mais\\nle lion sauta au cou du taureau et allait le dechirer. 25\\nPepin demanda si quelqu un oserait porter secours\\nau taureau. Personne n ayant repondu, Pepin\\ns elanga dans I arene et, d un coup d epee, abattit\\nla tete du lion. Les leudes admirerent la vigueur\\nde leur chef, et nul ne fut mieux obei, malgre sa 30\\npetite taille.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0042.jp2"}, "41": {"fulltext": "CHARLEMAGNE ^3\\nCHAPITRE III\\nCHARLEMAGNE (768-814)\\nDIEN qu il cut lui-meme retabli Tunite de com-\\nmandement, Pepin le Bref, avant de mourir,\\nceda encore aiix coutumes des Francs, car il parta-\\ngea la Gaule entre ses fils Charles et Carloman. Les\\n5 deux freres ne vecurent pas en bonne intelligence,\\nmais la mort de Carloman (771) permit bientot de\\nretablir I unite. Charles ecarta les enfants de Car-\\nloman et se fit reconnaitre seul chef des Francs.\\nC est lui qui devait porter au plus haut degre la\\n10 gloire de sa famille et meriter d etre appele le\\nGrand ou Charlemagne.^\\nCharlemagne etait ne dans un des domaines de\\nPepin le Bref, sur les bords du Rhin.\\nII fut eleve, comme tons les rois de ce temps, non\\n15 dans des palais (il n y en avait plus), mais dans des\\nfermes etablies au milieu des forets. Gros, robuste,\\nd une taille tres haute, presque un geant, il avait\\ndans toute sa personne un air de grandeur et de\\ndignite. Intrepide et infatigable, tou jours en chasse\\n20 ou en guerre, il ne quittait presque jamais le cheval\\net jamais I epee.\\n1 Du latin Carolus Magnus,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0043.jp2"}, "42": {"fulltext": "24 HISTOIRE DE FRANCE\\nLa renommee avail tellement exalte la puissance\\nde Charlemagne que son aspect seul inspirait la plus\\nvive frayeur, si nous en croyons un vieux recit.\\nSous la conduite de Charlemagne, les Francs sor-\\ntirent de la Gaule de tons cotes et soumirent tous s\\nles peuples qui occupaient le centre et le midi de\\nI Europe.\\nAfin de delivrer Rome et le pape du danger qui\\nles menaQait sans cesse, Charlemagne detruisit le\\nroyaume des Lombards (774-776). II prit alors 10\\nle titre de roi d ltalie. II vint a Rome et confirma\\nau pape Adrien la possession des vastes domaines\\nque Pepin avait accordes en 756 au pape fitienne 11.\\nLe roi des Francs marchait contre Didier, roi des\\nLombards, qui avait recueilli plusieurs de ses enne- 15\\nmis, et parmi eux un ancien officier de Charles, le\\ncomte Oger. Lorsqu on annonga I approche des\\nFrancs, Didier monta, avec Oger, sur une des plus\\nhautes tours de la ville de Pavie II apergut d abord\\nles bagages et les machines et dit a Oger Est-ce 20\\nque Charles est dans cette armee Non, repondit\\nle comte, pas encore 1\\nOn vit ensuite I armee meme, la foule des peuples\\nrassembies des contrees les plus lointaines. Vrai-\\nment, dit le roi, Charles doit etre au milieu de ces 25\\ntroupes. Mais non, repondit le comte, pas encore\\npas encore Et voici, comme il parlait, qu on aper-\\n9Ut ceux qui formaient la garde de Charles et qui\\nne connaissaient pas le repos. Est-ce Charles\\ns ecrie Didier etonne. Non, dit Oger, pas encore. 30\\nQuand tu verras,ajouta-t-il,la moisson fremir d hor-\\nreur dans les champs et le fleuve refleter la couleur\\ndu fer, alors tu pourras crojre a I arrivee de Charles.))", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0044.jp2"}, "43": {"fulltext": "CHARI^EMAGNE 25\\nII n avait pas encore fini de parler qu on crut\\napercevoir un nuage tenebreux. Charles approchait\\net de ses armes sortait un eclat sinistre. II apparut\\nenfin, convert de fer, avec son casque de fer, portant\\n5 de sa main gauche une lance de fer et sa main droite\\nappuyee sur son invincible epee. Tons ceux qui\\nmarchaient devant lui, a ses cotes, dferriere lui,\\navaient le meme aspect terrible.\\nLe voici le voici celui que tu demandais\\n10 s ecria Oger, et tons deux tomberent evanouis./^^\\nCharlemagne enveloppa de son armee la ville de\\nPavie. La famine et la maladie decimerent les de-\\nfenseurs de la cite, qui fut obligee de se rendre.\\nDidier vint lui-meme se livrer a Charlemagne, qui\\n15 le fit enfermer pour le reste de ses jours dans un\\ncloitre, ainsi qu Oger.\\nGuerres en Espagne centre les Arabes. Charle-\\nmagne franchit les Pyrenees et refoula au dela de\\nI fibre les Arabes d Espagne (778). Mais, au re-\\n20 tour, son arriere-garde fut ecrasee dans la vallee\\nde Roncevaux par les Basques ou Vascons qui oc-\\ncupaient les montagnes et firent rouler sur les\\nFrancs d enormes quartiers de rocs. La perit le\\nneveu de Charlemagne, Roland, que les poetes cele-\\n25 brerent beaucoup et vanterent comme le modele des\\nguerriers.\\nSelon les legendes, un traitre, Ganelon, aurait in-\\ndique aux ennemis la route que le neveu de Charles\\ndevait prendre, et ceux-ci I attaquerent au passage\\n30 de Roncevaux. De tons cotes les traits pleuvaient,\\ndes arbres entiers deracines, des quartiers de roches\\netaient precipites sur les Francs entasses dans\\nretroite vallee. Roland, qui combattait vaillam-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0045.jp2"}, "44": {"fulltext": "2 6 HISTOIKE DE FRANCE\\nment, sonna dc son cor pour avertir Charlemagne.\\nLe bruit en arriva jusqu aux oreilles de Charles:\\nC est mon neveu qui m appelle, dit-il avec inquie-\\ntude. Non, dit Ganclon qui I accompa^nait, votre\\nneveu chasse a travers la montagnej) Et le roi con- 5\\ntinua sa route.\\nRoland sonna si fort que les veines de son cou se\\nrompirent. Sur le point de mourir, il ne voulait\\npas que sa terrible epee, sa Dtirandal, comme on\\nI appelait, tombat entre les mains des ennemis; il lo\\nchercha un rocher pour la briser ce fut, disent les\\npoetes, Tepee qui fendit le rocher. Ne pouvant\\nbriser Durandal, Roland la jeta dans une fontaine\\nou ellc doit rester, toujours d apres la legende, jus-\\nqu a la fin des temps. 15\\nCharlemagne avait fini par comprendre les sons\\ndesesperes du cor de Roland il etait revenu en\\ntoute hate sur ses pas, mais trop tard, et ne put que\\nvenger la mort de son neveu.\\nGuerres centre les Saxons. Mais la guerre la 20\\nplus longue, la plus acharnee que Charlemagne eut\\na soutenir, fut la guerre contre les Saxons. A dix-\\nhuit reprises differentes, dans Tespace de trente-trois\\nans, il penetra dans le pays compris entre le Rhin et\\nI Elbe. 25\\nCharles s appliqua surtout a convertir les Saxons\\na la religion chretienne. II detruisit leurs bois\\nsacres, renversa leurs idoles, entre autres TJrminsul,\\ntronc d arbre enorme et sculpte en forme de\\nstatue. 30\\nUn chef surtout avait excite les Saxons a la\\nresistance, Witikind. Ardent, infatigable, habile,\\nWitikind se derobait a toutes les rechexches quand", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0046.jp2"}, "45": {"fulltext": "CHARLEMAGNE 27\\nil ne pouvait plus lutter, il se retirait chez les Danois\\nct reparaissait des que Charlemagne s eloignait.\\nLe bruit du desastre de Roncevaux etant parvenu\\nj usque dans la Saxe, Witikind souleva toute la Ger-\\n5 nianie et osa se montrer sur les bords du Rhin\\n(778). Charles fut oblige de recommencer la con-\\nquete du pays. II y resta trois annees pour y fonder\\ndes monasteres, y batir des chateaux forts, y creer\\ndes eveches.\\n10 Charles alors croit pouvoir s eloigner. Mais\\nWitikind reparait et detruit une armee franque.\\nCharles aussitot revient au milieu des Saxons en\\nennemi irrite et inflexible. Witikind lui echappe\\nencore, mais quatre mille cinq cents prisonniers sont\\n15 decapites en un seul jour a Verden (782).\\nCe terrible massacre fut le signal d une nouvelle\\nguerre sans nicrci. Les Saxons, epuises, a la fin\\nse soumirent. Witikind, ne trouvant plus de sol-\\ndats, fatigue lui-meme et apprenant que Charles lui\\n20 ferait grace s il voulait se convertir, vint reconnaitre\\nTautorite de Charlemagne et recevoir le bapteme a\\nla villa royale d Attigny sur Aisne (785).\\nLa soumission de Witikind termina la grande\\nguerre de Saxe. Plusicurs tribus se revolterent\\n25 encore plus d une fois jusqu en I annee 804, et\\nCharlemagne, las de vaincre et de punir a cette race\\nau coeur de fer,)) dut transplanter des milliers de\\nfamilies en d autres regions et changer les habitants\\nde la Saxe. C est ainsi que le redoutable roi des\\n30 Francs crea le pays qu on a depuis appele I Alle-\\nmagne.\\nLe roi des Francs se trouvait a Rome au moment\\nou I on celebrait le huit centieme anniversaire de la", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0047.jp2"}, "46": {"fulltext": "28 HISTOIRE DE FRANCE\\nnaissance du Christ, et c etait precisement le premier\\njour de Ian 800, car on comptait alors les annees a\\npartir de Noel. Pendant la messe, comme Charles\\npriait agenouille dans I eglise de Saint-Pierre et\\nSaint-Paul, le pape Leon III, tenant une couronne 5\\nd or, alia tout a coup la lui placer sur la tete en di-\\nsant A Charles tres pieux, auguste, couronne de\\nDieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie\\net victoire Les guerriers francs, f lattes dans leur\\norgueil, s unirent aux Romains pour repeter avec 10\\nenthousiasme A Charles, empereur des Romains,\\nvie et victoire\\nLe pape se prosterna devant le nouvel empereur\\nd Occident, qui revetit un costume magnifique\\ntunique ornee de broderies, manteau fleuri de ra- 15\\nmeaux d or, brodequins etincelants de pierres pre-\\ncieuses. Et toute la ville de Rome fut en joie: elle\\nse croyait rappelee a son antique splendeur.\\nCette pompe toutefois, cette magnificence plai-\\nsaient peu au redoutable guerrier. En dehors des 20\\nceremonies, Charles conserva ses habitudes simples\\net le grossier costume des soldats francs. Ses com-\\npagnons aimaient au contraire a se parer des riches\\nvetements qu ils avaient trouves en abondance dans\\nles villes d ltalie. 25\\nOr, un dimanche, apres la messe, Charles dit a\\nses compagnons Sans entrer au logis, vetus\\ncomme nous le sommes, partons pour la chasse.))\\nII tombait une pluie fine et froide. Tout le jour on\\ncourut sous la pluie, dans les broussailles, au milieu 30\\ndes bois les vetements fins et delicats furent trem-\\npes, dechires. Charles ordonna a ses compagnons\\nde reparaitre le lendemain devant lui avec le meme", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0048.jp2"}, "47": {"fulltext": "CHARLEMAGNE 29\\ncostume. lis se presenterent tout honteux de leur\\ntriste equipage, et Charles plaisanta ses compagnons\\nsur leurs somptueuses guenilles.\\nCharles n aurait point merite le surnom de Grand,\\n5 s il n eut efface la barbaric du conquerant par la\\nsagesse du legislateur; il s appliqua a faire regner\\ndans son vaste empire I ordre et la justice. Une\\nchronique raconte qu il avait fait suspendre une\\ncloche a la porte de son palais tous ceux qui vou-\\n10 laient former appel a sa justice, sonnaient cette\\ncloche et le roi, suffisamment averti, leur donnait\\naudience tous les jours. La nuit meme, car il avait\\nI habitude de se lever et de s habiller plusieurs fois\\ndurant la nuit, Charles faisait introduire dans sa\\n15 chambre des plaideurs de toutes conditions, les\\npriait d exposer leurs griefs mutuels et se pronon-\\ngait comme en plein tribunal sur la question en\\nlitige.))\\nII etablit dans les provinces, des comtes, des vi-\\n20 caires, des juges. II avait Toeil et la main partout.\\nDes envoyes royaux devaient, a chaque saison de\\nTannee, parcourir les provinces et reprimer les exces\\ndes officiers. Au printemps et a I automne, a la\\nveille ou au retour de ces expeditions, I empereur\\n25 tenait les assemblees ordinaires chez les Francs\\nc est la qu il publiait ses capitulaires, lois diverses\\nqui reglaient la police de I fitat ou I administration\\nde ses fermes. Charles n avait d autres revenus\\nque ceux de ses vastes domaines; aussi le voit-on\\n30 s occuper, en meme temps que de I ordre de la so-\\nciete, de la vente de ses boeufs et de ses pores, des\\noeufs de ses basses-cours, des poissons de ses etangs,\\ndes foins de ses prairies, meme du superflu des le-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0049.jp2"}, "48": {"fulltext": "30 HISTOIRE DE FRANCE\\ngumes de son jardin. Un pere de famille, a-t-on\\ndit avec raison, pourrait apprendre dans ses lois a\\ngouverner sa maison.))\\nCe guerrier redoutable connaissait le prix de la\\nscience. II etiidia sa langue maternelle, il apprit le 5\\nlatin sa rude main, si habitttee a manier I epee,\\ns exergait a conduire le stylet sur les tablettes et a\\ntracer d informes caracteres. II s entoura de sa-\\nvants qui formaient dans son palais comme une\\nAcademie. lo\\nCharlemagne avait etabli une ecole dans son pa-\\nlais meme pour les enfants de ses leudes et des ser-\\nviteurs de son palais. II la visitait souvent. Les\\nenfants les plus pauvres etudiaient avec ardeur.\\nCharles leur dit un jour: Je vous loue beaucoup, 15\\nmes enfants, de votre zele a remplir mes intentions\\net a rechercher de tons vos moyens votre propre\\nbien. Maintenant, efforcez-vous d atteindre a la\\nperfection, alors je vous donnerai de riches eveches,\\nde magnifiques abbayes.)) Puis il se tourna vers les 20\\nenfants des grands, et d une voix terrible il s ecria\\nQuant a vous, fils des principaux de la nation qui,\\nvous reposant sur votre naissance et votre fortune,\\navez neglige mes ordres et le soin de votre propre\\ngloire dans vos etudes, si vous ne vous hatez pas de 25\\nreparer par une constante application votre negli-\\ngence passee, vous n obtiendrez jamais rien de\\nCharles\\nLa renommee du puissant empereur s etait re-\\npandue au loin. Le monarque le plus puissant de 30\\nTAsie, le chef du grand empire arabe, le calife\\nHaroun-al-Raschid (Haroun le Juste), lui envoya\\nplusieurs fois des ambassades et des presents d une", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0050.jp2"}, "49": {"fulltext": "CHARLEMAGNE 3I\\nmerveilleuse richesse. Parmi ces presents, ce qui\\netonna le plus les Francs, ce fut un elephant, animal\\nqu ils n avaient jamais vu, et une horloge mecanique\\navec des figures qui se mettaient en mouvement\\n5 pour sonner les heures.\\nCharles mourut en 814 a Aix-la-Chapelle, ville\\nqu il aimait a cause de ses sources d eau chaude, et\\nou il avait eleve une grande eglise. On deposa son\\ncorps dans la crypte de cette eglise et on Tenferma\\n10 dans un caveau, assis sur un trone de marbre, la\\ncouronne d or sur la tete, un sceptre d or entre ses\\nmains.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0051.jp2"}, "50": {"fulltext": "32 HISTOIRE DE FRANCE\\nCHAPITRE IV\\nLOUIS LE PIEUX\u00e2\u0080\u0094 LE TRAITE DE VERDUN CHARLES\\nLE CHAUVE LES NORMANDS\\nLouis le Pieux ou le Debonnaire. La famille\\nde Charlemagne declina plus vite encore qu elle\\nn avait grandi. L empire qu il avait forme etait\\ntrop vaste et se demembra des le regne meme de son\\nfils, Louis le Debonnaire (814-840). Louis etait 5\\nsi faible qu il ne sut pas meme maintenir son auto-\\nrite dans sa famille. Incapable de porter seul le\\nfardeau que lui avait legue son pere, il partagea\\ntout de suite l empire entre ses trois fils, Lothaire,\\nPepin et Louis. Un de ses neveux, Bernard d lta- 10\\nlie, protesta contre ce partage, les armes a la main.\\nVaincu, il eut les yeux creves par ordre de I em-\\npereur et succomba aux suites de cet horrible sup-\\nplice (818). Pour expier cette cruaute, Louis se\\nsoumit a une penitence publique a Attigny, s humilia 15\\ndevant les eveques et commenga a avilir aux yeux\\ndes peuples la dignite imperiale.\\nLouis le Debonnaire, ayant eu d un second ma-\\nnage un quatrieme fils, Charles, voulut aussi lui\\ndonner un royaume. Les autres fils alors se revol- 20\\nterent en 830, et deposerent I empereur.\\nEn Tan 833, a si peu de distance de la mort de", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0052.jp2"}, "51": {"fulltext": "LOUIS LE PIEUX 33\\nCharlemagne, Teglise de Saint-Medard de Solssons\\nfut le theatre d une ceremonie bien differente de\\ncelle qui avait eu Heu a Rome en Tan 800. Louis le\\nDebonnaire, detrone une premiere fois en 830,\\n5 venait d etre renverse une seconde fois par ses fils.\\nLothaire, auquel I empereur, abandonne de son ar-\\nmee, s etait rendu, se montra sans pitie pour son\\npere. Voulant le rendre incapable de regner, il\\nI obligea de faire, dans I eglise de Saint-Medard de\\n10 Soissons, une confession publique de ses fautes. On\\nlui enleva tous les insignes de la dignite imperiale,\\nmeme le baudrier et les armes du guerrier. Louis\\ndut revetir le costume de penitent et demeurer dans\\nle cloitre (.833).\\n15 Les peuples, encore pleins du souvenir de Charle-\\nmagne, protesterent contre cette humiliation infli-\\ngee a I empereur et contre cet outrage fait a un pere\\npar ses enfants. Louis le Germanique et Pepin\\ncomprirent bientot qu ils n avaient travaille que\\n20 pour leur aine et ne voulurent point reconnaitre son\\nautorite. lis delivrerent Louis le Debonnaire, le\\nramenerent a Saint-Denis, et le revetirent de nou-\\nveau des ornements imperiaux (834). Cependant\\nles guerres recommencerent. L empereur mourut\\n25 en combattant son fils Louis le Germanique. Je\\nlui pardonne, disait-il tristement, mais qu il sache\\nqu il me fait mourir.))\\nLes fils de Louis le Debonnaire (840-843).\\nDes fils qui avaient outrage Tautorite paternelle ne\\n30 pouvaient se respecter les uns les autres. lis lut-\\nterent entre eux comme ils avaient lutte contre leur\\npere.\\nPepin etait mort, mais Louis le Germanique,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0053.jp2"}, "52": {"fulltext": "34 HISTOIRE DE FRANCE\\nCharles et Lotliaire se disputerent les provinces de\\nI empire. Charles et Louis se liguerent contre leur\\naine, Lothaire, qui seul portait le titre d empereur.\\nlis le battirent a la journee de Fontanet (841), pres\\nd Auxerre. Dans chaque camp il y avail des s\\nhommes de meme nation, et on vit ainsi se battre\\nfreres contre freres, Francs contre P rancs, Saxons\\ncontre Saxons. Charles et Louis demeurerent\\nvainqueurs.\\nLes deux freres resserrerent leur union par un 10\\nserment mutuel qu ils prononcerent devant leurs\\narmees, a Strasbourg, I un en langue germanique,\\nI autre en langue romane (ou romaine) (842). Lo-\\nthaire consentit alors a un partage definitif, a Ver-\\ndun, en 843. Louis le Germanique conserva tons 15\\nles pays au dela du Rhin (Saxe et Baviere) et qui\\ndevaient former I Allemagne,\\nCharles garda les pays qu il gouvernait, c est-a-\\ndire la Gaule, mais non dans toute son etendue.\\nLothaire conservait I ltalie et recevait, en outre, les 20\\npays compris entre la Meuse et le Rhin, entre la\\nSaone et le Jura, entre le Rhone et les Alpes (Bel-\\ngique, Lorraine, Alsace, comte de Bourgogne, Dau-\\nphine et Provence).\\nCe partage de famille, semblable a tons ceux qui 25\\ns etaient faits jusqu alors, eut cependant les plus de-\\nplorables consequences. Les pays qui formaient la\\npart de Lothaire n etant rattaches ni a la Gaule, ni\\na la Germanic, et trop divers pour devenir eux-\\nmemes un ]fitat, devaient etre la cause de guerres 30\\nsans fin. La Bourgogne, le Dauphine, la Provence\\nfirent plus tard retour a la Gaule comme la nature\\nI indiquait mais le territoire entre la Meuse et le", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0054.jp2"}, "53": {"fulltext": "CHARLES LE CHAUVE 35\\nRhin, la riante vallee de la Moselle, la pittoresque\\net riche vallee du Rhin, resterent un eternel sujet de\\ndiscorde entre la France qui reclame et I Allemagne\\nqui detient aujourd hui ces pays jadis gaulois, ro-\\n5 mains et francs.\\nCharles le Chauve (843-877). Prince faible,\\nCharles le Chauve, qui avait regu la Gaule mutilee,\\nne pouvait meme y exercer son autorite. Les dues\\net les comtes etablis dans les provinces s y decla-\\n10 raient souverains. La France allait se decomposant\\nen petits \u00c2\u00a3tats. Pour comble de malheur, arrivaient\\nde nouveaux barbares, les Normands.\\nLes Normands. Nommes ainsi parce qu ils\\nvenaient des pays du nord, de la Scandinavie, les\\n15 Normands etaient d intrepides marins, habiles a ma-\\nnier la rame et la voile. Leurs chants ordinaires\\nsuf f isent a les peindre Que le pirate dorme sur\\nson bouclier, le ciel bleu lui sert de tente. Quand\\nle vent souffle avec furie, hisse ta voile jusqu au\\n20 haut du mat. Les vagues bouleversees repoussent\\nle pirate laisse aller qui amene sa voile est un\\nlache mieux vaut mourir. Si le marchand passe,\\nprotege son navire, mais qu il ne refuse pas le tribut.\\nTu es le roi sur les vagues, il est I esclave de son\\n25 gain. Les blessures honorent le pirate elles\\nparent I homme quand elles se trouvent sur sa poi-\\ntrine ou sur son front.))\\nCes rois de la mer, montes sur leurs barques\\ngrossierement construites et ornees a I avant de\\n30 figures de serpents et de chevaux, arrivent a Tem-\\nbouchure des fleuves ils se saisissent d un ilot ou\\nd un poste de difficile acces qui leur sert de canton-\\nnement, de retraite en cas de besoin. Le jour, ils", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0055.jp2"}, "54": {"fulltext": "36 HISTOIRE DE FRANCE\\nrestent immobiles dans des bales solitaires ou caches\\ndans les forets du rivage; la nuit, ils abordent, es-\\ncaladent couvents et chateaux forts, pillent le pays,\\norganisent une sorte de cavalerie avec les chevaux\\nqu ils rencontrent et courent en tons sens jusqu a 5\\ntrente ou quarante lieues de leur flotille. A la vue\\nde ces guerriers converts d un tissu de lames de fer\\ndisposees en ecailles, armes d une lourde hache,\\nd une epee a deux tranchants ou d une longue lance,\\nI effroi des populations est indicible; les prieres de 10\\nI epoque I attestent De la fureur des Normands\\ndelivrez-nous. Seigneur s ecriaient-elles dans leur\\nterreur.\\nCette faiblesse les enhardissait Paris, Orleans,\\nToulouse furent pilles les Normands perdent meme 15\\nI habitude de retourner dans leur pays pendant\\nI hiver. Une seule famille se distingue par son cou-\\nrage contre ces ravageurs, celle de Robert le Fort,\\ncomte d Anjou. Robert acquit une grande renom-\\nmee en repoussant les pirates, mais il perit au com- 20\\nbat de Brissarthe (865) pres d Angers.\\nL*empereur Charles le Gros (884-888). Le fils\\nde Charles le Chauve, Louis le Begue, ses petits-fils\\nLouis III et Carloman ne firent que passer sur le\\ntrone. La Gaule tomba sous Tautorite d un descen- 25\\ndant de Louis le Germanique, I empereur Charles le\\nGros, qui reconstitua, en 884, I empire entier de\\nCharlemagne. Mais g e prince qui meritait bien son\\nsurnom etait aussi faible en Germanic qu en Gaule.\\nDans I ete de 885, une nombreuse flottille nor- 30\\nmande conduite par deux redoutables chefs, Gode-\\nfried et Sigefried, remonta le cours de la Seine.\\nElle comptait plus de trois mille barques longues et", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0056.jp2"}, "55": {"fulltext": "CHARLES LE GROS 37\\nplates qu ornaient de grossieres figures de serpents\\nou de dragons. Instruits par les malheurs prece-\\ndents, les Parisiens avaient protege, par des tours,\\nsur chaque rive du fleuve, les deux ponts qui met-\\n5 taient leur ile en communication avec le pays. Deux\\ncents seigneurs, avec leurs hommes, avaient repon-\\ndu a I appel du comte de Paris Eudes, digne fils de\\nRobert le Fort, et s etaient enfermes dans la ville.\\nAussi le roi des pirates, Sigefried, essaya-t-il de ne-\\nlo gocier il ne demandait que le passage pour aller en\\nBourgogne. Mais I eveque de Paris, Gozlin, lui\\nrepondit L empereur Charles nous a donne Paris\\na garder si par hasard la defense de ses murs eiit\\nete confiee a ta foi, ferais-tu pour nous ce que tu\\n15 demandes pour toi? Si je le faisais, s ecria fiere-\\nment le barbare, ma tete devrait tomber sous la\\nhache et etre jetee aux chiens.)) Les Normands\\ncommencerent le siege (novembre 885).\\nUn an entier les Parisiens repousserent les as-\\n20 sauts des pirates. Une crue subite de la Seine em-\\nporta une partie du Petit-Pont, et douze guerriers\\nresterent isoles dans la tour construite sur la rive\\ngauche un jour entier ils tinrent tete a I armee des\\nbarbares qui finirent par incendier la tour. Les\\n25 douze Parisiens se retirerent sur les debris du pont\\net continuerent a combattre sur la foi qu ils au-\\nraient la vie sauve, ils se rendirent mais ils f urent\\nmassacres, et I un d eux, Herivee, qu on voulait\\nepargner, refusa noblement de se racheter par une\\n30 rangon.\\nCependant la misere de Paris croissait, car la fa-\\nmine etait venue, et la peste. L eveque Gozlin, qui\\nsoutenait les combattants par ses prieres et son", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0057.jp2"}, "56": {"fulltext": "38 HISTOIRE DE FRANCE\\nexemple, moiirut. Alors le comte Eudes s echappa\\npour aller solliciter le secours de I empereur Charles\\nle Gros. Eudes parvint ensuite a rentrer dans la\\nville, malgre les Normands. Enfin, au mois d oc-\\ntobre (886), sur les hauteurs de Montmartre, parut 5\\nTarmee de Charles lui-meme les Parisiens s atten-\\ndaient a voir exterminer leurs ennemis. Charles,\\nau lieu de combattre, acheta la retraite des Nor-\\nmands au prix de sept cents livres d argent.\\nCharles le Gros montrait partout la meme lachete. 10\\nAussi les grands de tous les pays I abandonnerent\\net le deposerent a la diete de Tribur en Allema-\\ngne (887). On ne lui nomma pas de successeur\\ncomme empereur, et chaque nation se choisit un\\nchef particulier: Tempire de Charlemagne etait a 15\\njamais detruit. La Gaule donna la couronne au\\nvaillant defenseur de Paris, le due des Francs,\\nEudes. L ltalie se partagea entre plusieurs princes.\\nTout le monde d ailleurs voulait devenir roi il y\\navait des rois de Bourgogne, de Provence, de Lor- 20\\nraine, de Navarre, etc., mais en realite trois grandes\\nnations sortirent seules de ce demembrement de\\nI empire carolingien la nation f rangaise, la nation\\nitalienne, la nation allemande.\\nEudes, proclame roi des Francs en 887, regna 25\\njusqu en 898. Mais s il commengait dans la Gaule\\ndevenue la France, une nouvelle famille de rois, les\\ndescendants de Charlemagne conservaient encore\\ndes partisans un petit-fils de Charles le Chauve,\\nCharles le Simple, succeda au roi Eudes. 30\\nCharles le Simple (898-922). Ce prince qui me-\\nritait bien son surnom, car il etait naif et simple\\nd esprit, mit fin pourtant, en 912 par le traite", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0058.jp2"}, "57": {"fulltext": "LA FAMILLE D EUDES 39\\nde Saint-Clair-sur-Epte, aux incursions des Nor-\\nmands il conceda a leur chef Rollon, qui se fit bap-\\ntiser et epousa la fille de Charles, les rives ver-\\ndoyantes et fertiles de la basse Seine ce pays forma\\n5 des lors le duche de Normandie.\\nGrace a la severite de Rollon, les Normands per-\\ndirent leurs habitudes de pillage, la securite revint et\\nles anciennes populations, soumises a leur autorite,\\ntravaillerent avec une telle ardeur que la Normandie\\n10 devint rapidement une des plus riches provinces.\\nCharles le Simple, comme ses predecesseurs, af-\\nfaiblissait par ses liberalites le domaine royal, sans\\npour cela empecher les grands de se revolter contre\\nlui. II fut renverse du trone en 922 et mourut, au\\n15 chateau de Peronne, captif d Heribert, comte de\\nVermandois.\\nLa famille d Eudes; les dues des Francs.\\nLa famille d Eudes, au sein de laquelle s etait main-\\ntenu le titre de due des Francs, I emporta de nou-\\n20 veau jusqu en 936 avec Robert P^ (922-923), Raoul\\nde Bourgogne (923-936). Mais le petit-fils d Eu-\\ndes, Hugues, comte de Paris, due des Francs, et\\nconnu dans I histoire sous le nom de Hugues le\\nGrand, ne jugea pas encore venu le moment de de-\\n25 posseder tout a fait la famille de Charlemagne. II\\nrappela lui-meme d Angleterre ou on I avait em-\\nmene, le jeune fils de Charles le Simple, Louis IV,\\nsurnomme pour cette raison d Outre-mer (936).\\nToutefois il entendait bien gouverner comme\\n30 avaient fait jadis les maires du palais.\\nA la mort de Louis IV, Hugues ne chercha pas\\nnon plus a prendre une couronne qui ne pouvait\\ntarder a echoir a sa famille; il reconnut Lothaire,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0059.jp2"}, "58": {"fulltext": "40 HISTOIRE DE FRANCE\\nfils de Louis. II mourut lui-meme en 956, laissant\\ntrois fils, dont I aine, Hugues Capet, recueillit, avec\\nle comte de Paris, le titre de due des Francs. Lo-\\nthaire (954-986) etait un prince actif qui ne put\\ncependant secouer la tutelle de Hugues Capet. II s\\nmourut en 986.\\nHugues Capet fit reconnaitre le jeune Louis V.\\nMais Louis V mourut, au bout d un an, a la suite\\nd un accident de chasse. Les seigneurs alors, re-\\njetant les pretentions de son oncle, Charles de Lor- 10\\nraine, elurent pour roi Hugues Capet comte de\\nParis et due des Francs. Ce fut le chef d une fa-\\nmille qui devait regner durant huit siecles.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0060.jp2"}, "59": {"fulltext": "LA FEODALITE 4 1\\nCHAPITRE V\\nLA FEODALITE\\nLes seigneurs et les fiefs. Hugues Capet pro-\\nclame roi, en 987, n avait regu qu un vain titre: il\\nn etait rien, car tons les seigneurs etaient rois. Les\\nseigneurs, c etaient les anciens compagnons, les an-\\n5 ciens leudes du prince. Les rois francs avaient donne\\na leurs compagnons, pour les recompenser de leurs\\nservices, des chevaux, des armes, puis des terres, des\\nforets, de vastes domaines. Ceux qui etaient ainsi\\nrecompenses devaient engager leur fidelite au roi,\\n10 leur foi. Les terres donnees ainsi s appelerent les\\nfiefs, et du mot feod nous avons fait feodal. La so-\\nciete fut appelee societe feodale, et nous nommons\\nce regime la feodalite.\\nCelui qui recevait un fief s agenouillait devant\\n15 son seigneur. II jurait d etre son homme. Quel-\\nques-uns, trop fiers ou trop puissants, restaient de-\\nbout en pretant serment. Le seigneur, a son tour,\\nremettait a son homme une motte de gazon, un ra-\\nmeau d arbre comme symbole de la terre que I autre\\n20 reconnaissait devoir a sa generosite. S il s agissait\\nd un grand fief, duche ou comte, le symbole etait un\\netendard. Le vassal etait oblige de suivre son", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0061.jp2"}, "60": {"fulltext": "42 HISTOIRE DE FRANCE\\nsuzerain a la guerre, de contribuer a sa ranqon s il\\ntombait aux mains de Tennemi, de I assister quand il\\nrendait la justice. Le suzerain, en retour, devait\\nprotection a son vassal et a sa famille.\\nLe chateau. Les seigneurs etaient cantomies 5\\ndans des chateaux; ces forteresses ne furent d a-\\nbord que des palissades entourees d un fosse destine\\na defendre le pays contre les Normands. Aux pa-\\nlissades les seigneurs substituerent des murs en\\npierre d une epaisseur enorme. Les murs furent 10\\nf lanques de tours crenelees, et envelopperent souvent\\nune vaste etendue de terrain, de vastes magasins,\\nune ferme, quelquefois meme un bourg entier. Le\\nseigneur se sentait fort dans son chateau. Au som-\\nmet de la plus haute tour veillait sans cesse le guet- 15\\nteiir. Sitot qu il apercevait au loin une troupe\\nsuspecte, il sonnait une cloche. Les cors retentis-\\nsants remplissaient de bruit les cours et les salles.\\nLes guerriers se revetaient de leurs lourdes armures\\nde fer. Les archers se plagaient derriere les ere- 20\\nneaux; le pont-levis etait releve, la herse abais-\\nsee.\\nSi I ennemi n etait pas en grand nombre, le sei-\\ngneur sortait a son tour avec ses hommes il re-\\npoussait ceux qui venaient envahir son domaine et 25\\npenetrait dans celui de son ennemi, brulant, pillant,\\nrendant ravage pour ravage.\\nL hiver, il fallait vaincre I ennui. C est alors que\\nla chatelaine organisait des fetes, des jeux, appelait\\ndes musiciens, ou menestrels. Un nain ou un etre 30\\ndifforme, nomme le fou, avait mission d exciter le\\nrire par ses grimaces et ses bons mots. On se re-\\njouissait surtout lorsque arrivait au chateau un de", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0062.jp2"}, "61": {"fulltext": "LA FEODALITE 43\\nces poetes appeles trouveres^ qui s en allaient chan-\\ntant les exploits de Charlemagne et de Roland.\\nAu pied des chateaux se grouperent les maisons\\ndes hommes dependant du seigneur et cultivant les\\n5 terres. Ces maisons formerent les bourgs quand\\nelles etaient pressees les unes contre les autres et en-\\nceintes d une palissade ou d un mur, et les villages,\\nquand elles etaient eparses dans la campagne.\\nLe seigneur possedait non seulement la terre,\\nlo mais les gens qui travaillaient la terre. Les vilains\\ndevaient moissonner ses bles, rentrer ses foins, batir\\nsa demeure, reparer ses chemins sans la moindre re-\\ntribution c etait la corvee.\\nSeul le seigneur pouvait chasser en tout temps\\n15 sans souci des recoltes c etait le droit de chasse.\\nSeul il avait le privilege d avoir des pigeons qui\\nvivaient aux depens des champs d alentour: c etait\\nle droit de colombier.\\nDans ses voyages, il se faisait heberger o\\\\x il vou-\\n20 lait c etait le droit de gite.\\nLes vilains ou roturiers, en acquittant ces droits,\\nces corvees, gardaient une certaine liberte. lis pou-\\nvaient avoir une cabane, une terre, s enrichir meme\\ns ils avaient affaire a des seigneurs doux et paci-\\n25 fiques.\\nAu-dessous d eux, les serfs, plus malheureux,\\nfappelaient les esclaves antiques. C etaient les des-\\ncendants de prisonniers de guerre ou d hommes re-\\nduits en servitude pour certains crimes, parce qu ils\\n30 n avaient pu payer I amende, ou de pauvres gens\\n1 Ces poetes etaient appeles trotiveres dans le Nord et trpu-\\nl adgurs dans le Midi,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0063.jp2"}, "62": {"fulltext": "44 HISTOIRE DE FRANCE\\nqui s etaient livres corps et biens, a cause de\\nI affreuse misere. D autres, par piete ou par re-\\npentir, s etaient declares serfs des eglises, des ab-\\nbayes.\\nLe serf etait comme la terre qu il cultivait, la 5\\npropriete absolue de son maitre qui pouvait le don-\\nner, I echanger ou le vendre, comme bon lui sem-\\nblait. Les enfants d un serf devenaient serfs en\\nnaissant. Si un homme libre epousait une femme\\nserve, il tombait en servitude. Le seigneur pou- 10\\nvait separer le serf de sa femme, de ses enfants,\\nechanger ces malheureuk comme un vil betail.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0064.jp2"}, "63": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 45\\nCHAPITRE VI\\nLES CROISADES LA CHEVALERIE\\nLes premiers Capetiens (987-1108). Les pre-\\nmiers Capetiens ne purent remedier au desordre\\nde la societe. C est a peine s ils etaient egaux\\naux autres seigneurs. Hugues Capet (987-996)\\n5 ecrivait a Adelbert, comte de Perigord, qui re-\\nfusait d obeir. Qui t a fait comte L autre re-\\npondit insolemment ((Qui t a fait roi?\\nJlo^^lAjSp^ fils Robert eut la piete d un m(5me, non la\\nfermete dun roi. Les guerres devinrent si nom-\\n10 breuses, les famines si affreuses, qu on crut a une\\nprediction qui annongait la fin du monde pour I an\\n1000. Cette terreur augmenta la puissance et la\\nrichesse de Tfiglise a laquelle les seigneurs, pour\\nobtenir le pardon de leur^ faiute|^ firent de grandes\\n15 generosites. L figlise, clu reste, chercha a remedier\\nau desordre affreux de la societe. Sous le regne^^^^^^j^.\\nde Henri I^^^ 103 1- 1060), elle publia la Treve de\\nDieu 104T La guerre etait interdite du mercredi 4*\u00c2\u00bb-y\u00c2\u00ab^\\nsoir au lundi matin de chaque semaine, durant le\\nA^eme et I avent. Apres^ Henri Ijr regne Philippe\\nI^^ (1060- 1 1 08), qui demeure presque tou jours ren-\\nferme dans ses chateaux ou occupe a combattre les\\nvassaux de son domaine.\\nConquete de TAngleterre par les Normands.\u00e2\u0080\u0094", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0065.jp2"}, "64": {"fulltext": "46 HISTOIRE DE FRANCE\\nGuillaume, due de Normandie, etait le parent d un\\nroi saxon qui regnait sur I Angleterre: il pretendit\\na son heritage. En 1066 il reunit autour de lui ses\\nvassaux et appela une foule d aventuriers, leur pro-\\nmettant argent et domaines. Avec une flotte nom- 5\\nbreuse, il traversa la Manche et aborda sur la cote\\nmeridionale de la grande ile. Le due ne vint a\\nterre que le dernier de tons, il fit u.n faux pas et\\ntomba sur la face. Un murmure s eleva des voix\\ncrierent Dieu nous garde C est mauvais signe.)) 10\\nMais Guillaume, se relevant, dit aussitot Qu avez-\\nvous? Quelle chose vous etonne? J ai saisi cette\\nterre de mes mains et, par la splendeur de Dieu,\\ntant qu il y en a, elle est a vous.))\\nLes Saxons avaient elu pour roi Harald auquel 15\\non conseillait d eviter le combat et de faire retraite\\nvers Londres en ravageant tout le pays pour affa-\\nmer les etrangers. Moi, repondit Harald, que je\\nravage le pays qui m a ete donne en garde Par ma\\nfoi, ce serait trahison et je dois plutot tenter les 20\\nchances de la bataille avec le peu d hommes que\\nj ai, mon courage et ma bonne cause.))\\nL armee de Guillaume se trouva bientot, a Has-\\ntings, en vue du camp saxon qui etait assis sur une\\nlongue chaine de collines et fortifie par un rempart 25\\nde pieux et de claies d osier. Un Normand, appele\\nTaillefer, poussa son cheval en avant du front de\\nbataille et entonna le chant, fameux dans toute la\\nGaule, de Charlemagne et de Roland. En chantant,\\nil jouait avec son epee, la langait en Tair avec force 30\\net la recevait dans sa main droite. Les Normands\\nrepetaient ses refrains et criaient Dieu aide\\nDieu aide!", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0066.jp2"}, "65": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 47\\nLa bataille fut vive et acharnee, mais les Saxons,\\nayant commis rimprudence de quitter leurs re-\\ntranchements, furent vaincus. Harald perit au\\nmilieu de la melee; beaucoup de Saxons ne vou-\\n5 lurent point survivre a ce desastre et se defendirent\\njusqu a la mort. Guillaume, maitre du pays, y fixa\\nles Normands et partagea les terres entre ses sol-\\ndats. La langue frangaise se parla au dela de la\\nManche, et la langue anglaise en a retenu quantite\\nlo de mots et d expressions.\\nLa premiere croisade (1095-1099). On vit\\nbientot des expeditions autrement grandes et fa-\\nmeuses. La Palestine avec Jerusalem etait devenue\\nla proie des Arabes musulmans, puis des Turco-\\n15 mans/ bien plus farouches. ^vv-\\nOr les Chretiens allaient en grand -nombre visiter\\nJerusalem et les lieux saints. C etait le pelerinage,\\ncomme on disait. Les chretiens qui accomplissaient\\nce pelerinage furent exposes a de violents outrages.\\n20 Un pelerin frangais, Pierre I Ermite, vint raconter\\naux peuples de I Europe ces persecutions, les ex-\\ncitant a la guerre sainte. Pierre I Ermite s appelait\\nde son vrai nom Pierre d Acheres (des environs\\nd Amiens). II avait ete guerrier, puis s etait fait\\n25 ermite, d ou son surnom de Pierre I Ermite. Ayant\\nfait le pelerinage de la Terre Sainte, il fut vivement\\nemu des souffrances des chretiens d Orient et vint\\nles raconter au pape Urbain IL Encourage par lui,\\nPierre I Ermite traversa I ltalie, puis la France.\\n30 Monte sur une mule, un crucifix a la main, les pieds\\n1 7wr :t7wa\u00c2\u00abj, peuple venu de la contree appelee aujourdliui\\nle Turkestan.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0067.jp2"}, "66": {"fulltext": "48 HISTOIRE DE FRANCE\\nnus, portant une pauvre robe attachee par une grosse\\ncorde, il precha la guerre contre les infideles et\\nappela les chretiens a la delivrance du tombeau du\\nChrist.\\nLe pape Urbain II, Fran9ais de naissance, con- 5\\nvoqua a Clermont en Auvergne un concile ou, avec\\nles prelats, affluerent les seigneurs et une multitude\\nde peuple. Pierre I Ermite raconta de nouveau les\\nmalheurs des chretiens de la Palestine. Le pape\\nexhorta les Francs a cesser leurs guerres et a mettre 10\\nleur bravoure au service de la religion. Tons re-\\npondirent par un meme cri Dieu le veut Dieu\\nle veut! (1095). Nobles et vilains firent voeu de\\npartir pour la guerre sainte; comme signe de ce\\nvoeu, ils attacherent a leur epaule une croix d etoffe 15\\nrouge ce qui leur fit donner le nom de Croises, et\\na Texpedition le nom de Croisade. Tout le monde\\nvoulait partir pour la croisade. Les pauvres gens\\nentassaient dans des charrettes tout ce qu ils avaient.\\nLes premiers prets, ils se mirent en route sous la 20\\nconduite de Pierre I Ermite et de Gauthier sans\\nAvoir. A la vue de chaque ville nouvelle, les\\nfemmes et les enfants, dans leur simplicite, de-\\nmandaient: Est-ce done la Jerusalem?)) Cette\\nfoule traversa I AUemagne en pillant pour vivre 25\\net arriva decimee en Asie, ou elle fut extermi-\\nnee.\\nL armee des seigneurs ne s ebranla qu apres de\\nlongs preparatifs. Elle formait une masse de cent\\nmille chevaliers, six cent mille fantassins (1096), 30\\net avait a sa tete des chefs experimentes a la tete\\ndesquels on distinguait Godefroy de Bouillon, Ray-\\nmond de Toulouse, Hugues de France, Btienne de", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0068.jp2"}, "67": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 49\\nBlois, le Normand Bohemond, prince de Tarente\\n(en Italie) et son cousin Tancrede.\\nApres deux batailles sanglantes, les Turcs se con-\\ntenterent de harceler par leur cavalerie legere les\\n5 lourds chevaliers ils laisserent combattre pour eux\\nla faim, la misere, I intemperie des vents, I ardeur\\nbrulante du soleil. Jusqu en Syrie, chaque pas fut\\nmarque par des cadavres. La se trouvait la puis-\\nsante et riche Antioche. Les croises, epuises et\\n10 quoique reduits de moitie, etaient encore au nombre\\nde 300,000 hommes. II fut impossible de nourrir\\nces masses pendant un siege qui dura sept mois:\\nla famine etait affreuse. Les intrigues de Thabile\\nNormand Bohemond parvinrent cependant a rendre\\n15 les Chretiens maitres de la ville, ou ils trouverent,\\napres une abondance de quelques jours, la disette\\net I epidemie.\\nPour comble de maux, arrivait une grande armee\\nturque. Un instant le decouragement fut extreme.\\n20 Tout a coup I enthousiasme succede a cette torpeur\\nle bruit s est repandu qu un pretre de Marseille\\nvient de trouver en terre la lance qui avait perce\\nle cote du Christ alors ces malheureux, qui n atten-\\ndaient plus que la mort, maintenant pleins de force\\n25 et de courage, se precipitent sur les Turcs, qu ils\\nmettent en pleine deroute (1098).\\nD Antioche, I armee s avance lentement sur Jeru-\\nsalem. Tout a coup, au re vers d une col line de\\nsable rougeatre et sans verdure, elle s arrete. A\\n30 quelque distance s elevait une ligne de remparts, des\\nportes, des tours, des temples, des edifices. Le\\nmeme cri Jerusalem sortit de toutes les bouches\\npousse par soixante mille personnes qui seules sur-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0069.jp2"}, "68": {"fulltext": "$b HISTOIRE DE FRANCE\\nvivaient a ces trois annees d epreuves (1099). Les\\ncroises ne purent maitriser leur enthousiasme et\\nmarcherent a I assaut, mais ils furent repousses et\\ndurent se resigner a faire un siege regulier. Au\\nbout de cinq semaines ils etaient en mesure de tenter 5\\nune attaque mieux concertee. Ils firent rouler au\\npied des murailles de liautes tours surmontees de\\nponts-levis qui s abattaient sur les parapets. Pen-\\ndant deux jours on combattit avec une egale fureur.\\nVers le milieu de la seconde journee (un vendredi, 10\\nle 14 juillet 1099) les croises reussirent a penetrer\\ndans la ville, et un horrible carnage suivit la vic-\\ntoire.\\nLes croises s accorderent a choisir, pour garder\\net gouverner le nouveau royaume chretien, Gode- 15\\nfroy de Bouillon, qui, loin de s en montrer plus fier,\\nn en fut que plus humble. II ne voulut pas prendre\\nle titre de roi, mais celui de defenseur du saint\\nsepulcre. II dit qii il ne voulait pas porter une\\ncouronne d or la ou le roi des rois avait porte une 20\\ncouronne d epines.)) Les deputes d une peuplade\\netant venus lui parler le trouverent assis sur un\\nsac de paille ils s en etonnerent. La terre, leur\\ndit-il, doit etre le siege des hommes pendant leur\\nvie, puisqu elle leur sert de sepulture apres leur 25\\nmort.))\\nLouis VI. La croisade avait amene I eloigne-\\nment et la mort d un grand nombre de seigneurs les\\nefforts des villes qui cherchaient a obtenir des\\nchartes de commune, embarrassaient les autres. Get 30\\naffaiblissement des seigneurs profita au roi de\\nFrance qui n avait pas bouge de ses chateaux.\\nLe fils de Philippe 1% Louis VI (1108-1137),", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0070.jp2"}, "69": {"fulltext": "LES CROiSADES LA CHEVALERIE 5 1\\nsurnomme le Gros, mais plus justement appele\\nI j veille, releva I autorite royale. Modele des cheva-\\nliers, toujours pret a defendre le pauvre et Tor-\\nphelin, il fit, durant son regne de vingt-neuf ans,\\n5 une guerre sans merci aux seigneurs pillards que\\nles auteurs du temps comparent a des loups de-\\nvorants.\\nLouis VII (1137-1180). Le roi Louis VII fut\\nun prince moins habile que son pere. II fit une\\n10 guerre contre le comte de Champagne. Dans cette\\nguerre, I eglise de Vitry fut brulee et treize cents\\npersonnes perirent (1142). Louis VII, alors plein\\nde repentir, voulut diriger une expedition en Terre\\nSainte. Ce fut la deuxieme croisade, que precha\\n15 saint Bernard, mais elle n eut pas de brillants resul-\\ntats.\\nLouis VII avait epouse une riche heritiere, Eleo-\\nnore d Aquitaine. Mais, apres la croisade, il la\\nrepudia. Le roi perdit ainsi la dot que la reine lui\\n20 avait apportee, les plus belles provinces du Centre\\net du Midi, plus de treize de nos departements.\\nEleonore epousa Henri Plantagenet,^ comte\\nd Anjou, heritier de la Normandie et, quelques an-\\nnees apres, roi d Angleterre, sous le nom de Henri\\n25 II. Une grande partie de la France (equivalant a\\nvingt et un de nos departements) appartint alors\\naux rois anglais.\\nPhilippe Auguste (1180-1223). Le fils que\\nLouis VII, apres son divorce avec Eleonore, avait\\n30 eu d un autre manage, Philippe, devait meriter le\\nPlaiitagenet, appele ainsi parce que son pere portait une\\nbranche de genet a son chapeau.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0071.jp2"}, "70": {"fulltext": "52 HISTOIRE DE FRANCE\\nsurnom d Auguste. Arrive au trone a I age de\\nquinze ans (en 1180), il sut resister aux barons in-\\ndociles comme au roi d Angleterre, organiser ses\\ndomaines, et il compte parmi les plus grands rois.\\nPhilippe fit la guerre au roi d Angleterre, Henri II, 5\\net soutint ses fils revokes contre lui. L un d eux,\\nRichard, etait meme devenu I ami de Philippe, man-\\ngeait a sa table et combattait avec lui contre le roi\\nHenri. Celui-ci etant mort en 1189, Richard lui\\nsucceda. D abord rien ne parut change. Philippe 10\\net Richard resterent amis.\\nLe royaume de Jerusalem venait d etre detruit.\\nLa ville sainte avait du se rendre au sultan Saladin\\n(1187). Guillaume, archeveque de Tyr, vint ra-\\nconter en Europe les malheurs de la Palestine. Phi- 15\\nlippe Auguste partit pour la troisieme croisade et\\nRichard promit de le suivre (1190). En Palestine,\\nles croises assiegerent et prirent Ptolemais. Mais\\nles deux amis se brouillerent. Richard, querelleur,\\nhautain, ne tarda pas a blesser Philippe, plus calme, 20\\nplus avise. Philippe, en prince prudent, se hata de\\nrevenir dans son royaume (1192).\\nRichard Coeur de Lion. Richard etait demeure\\nlongtemps en Asie a batailler contre les Sarrasins.\\nII revenait toujours de la melee herisse de fleches, 25\\nsemblable a une pelote couverte d aiguilles.))\\nLongtemps les musulmans parlerent de ses exploits.\\nLorsqu un cheval, effraye par quelque buisson, se\\ncabrait, son maitre lui disait Crois-tu done que\\nce soit I ombre du roi Richard Le roi anglais 30\\nne put neanmoins reprendre Jerusalem. II quitta\\nla Terre Sainte apres avoir conclu un traite avec\\nSaladin. Richard, au retour de la Palestine, fut", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0072.jp2"}, "71": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE S3\\noblige de traverser le duche d Autriche, dont il avait,\\na la croisade, insulte le souverain. Reconnu, arrete,\\nlivre a T empereur d AUemagne, Henri VI, il subit\\nquatorze mois de captivite.\\n5 Selon la legende, un fidele trouvere, Blondel, de-\\ncouvrit sa prison en chantant pres de sa tour ses airs\\nfavoris. Les barons et le peuple anglais rache-\\nterent leur roi au prix de 150,000 marcs d argent\\n(1194). Devenue libre, Richard voulut se venger\\n10 du roi de France. Une guerre de cinq ans n aboutit\\nqu a d inutiles ravages. Incapable de repos et tou-\\njours avide de gain, Richard courut dans le Limou-\\nsin assieger le chateau de Chains, dont le seigneur,\\ndisait-on, cachait un tresor il perit frappe d une\\n15 fleche (1199), et son frere Jean se fit reconnaitre\\nroi d Angleterre.\\nJean, homme a la fois lache et cruel, poignarde\\nson neveu Arthur qu on voulait lui opposer. Phi-\\nlippe profite de I indignation soulevee par ce crime\\n20 pour citer son vassal homicide devant les seigneurs\\nde sa cour (1203). Jean se garde bien de paraitre.\\nLa cour prononce la confiscation des provinces qu il\\ntenait, en fief, du roi de France, et Philippe a bien-\\ntot mis la main sur la Normandie, I Anjou, la Tou-\\n25 raine, le Poitou. Jean ne voulut pas meme se de-\\nranger d une partie d echecs pour repondre aux\\nhabitants de Rouen qui venaient le prier de les\\nsecourir. Puis regrettant ses belles provinces, il\\nappela I empereur d AUemagne, Otton IV, pour\\n30 I aider a reprendre les pays qu il n avait pas su de-\\nfendre. Les comtes de Flandre et de Boulogne en-\\ntrerent dans la ligue, voulant arreter les progres de\\nla royaute fran9aise qui cherchait a ressaisir, a reu-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0073.jp2"}, "72": {"fulltext": "54 HISTOIRE DE FRANCE\\nnir ses domaines epars. Mais le plus grand nombre\\ndes seigneurs, avec les milices communales, se reu-\\nnirent autour de Philippe Auguste qui marcha au-\\ndevant de Tarmee ennemie, composee de Flamands,\\nd Allemands et d Anglais. 5\\nLa bataille de Bouvines. A mi-chemin de\\nTournai a Lille, en Flandre, se trouve le village de\\nBouvines. La petite riviere de la Marque coule pres\\nde la et on la franchissait sur un pont rustique.\\nPhilippe faisait passer cette riviere a ses troupes; lo\\nune partie des milices communales Tavait deja fran-\\nchie; le roi fatigue et accable par la chaleur (c etait\\nle 27 juillet 1214), se reposait sous I ombre d un\\nfrene, pres d une chapelle, lorsque Ton annonga que\\nI ennemi approchait. Aussitot le roi se leva, entra 15\\ndans I eglise et, apres une courte priere, il se fit ar-\\nmer et monta a cheval d un air tout joyeux comme\\ns il eiit ete convie a une noce ou a quelque fete. On\\ncriait de toutes parts dans la plaine Aux armes,\\nbarons aux armes les trompettes sonnaient et les 20\\ncorps de bataille qui avaient deja passe le pont re-\\ntournaient en arriere.\\nA midi on vit deboucher toute Tarmee des coali-\\nses. L empereur Otton avec le comte de Flandre,\\nFernand, et le comte de Boulogne commandaient les 25\\nprincipaux corps des allies au centre de leur armee\\non voyait un char traine par quatre chevaux ou se\\ndressaient les armes imperiales I aigle d or tenait\\ndans sa serre un enorme dragon dont la gueule\\nbeante, tournee vers les Frangais, paraissait vouloir 30\\ntout avaler,)) dit un chroniqueur. Pour Philippe, il\\netait venu se placer au premier rang et n avait pas\\nmeme, dans son impatience; attendu Voriflamme^", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0074.jp2"}, "73": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 55\\nbanniere que les rois de France partant en guerre\\nallaient prendre a I abbaye de Saint-Denis.\\nLe combat fut d abord acharne du cote des Fla-\\nmands. Mais le comte de Flandre, Fernand, est\\n5 blesse et pris de ce cote, la victoire est bientot\\nassuree. Au centre, Philippe Auguste avait couru\\nun grand danger. Les Allemands avaient penetre\\njusqu a lui et 1 avaient renverse de cheval au moyen\\nde leurs hallebardes. Un seigneur est presque seul\\n10 a le proteger, frappant d une main et elevant de\\nI autre la banniere royale en signe de detresse. Les\\nchevaliers accourent. Philippe est delivre. Otton,\\nenveloppe a son tour, faillit bien aussi etre pris ou\\ntue. Son cheval est blesse, se cabre, se degage et\\n15 degage en meme temps son maitre, qui s enfuit au\\nplus vite hors de la melee. Le char imperial d Otton\\nfut brise en mille pieces. Les Anglais furent les\\nderniers rompus, mais le comte de Boulogne, qui\\nles commandait, fut pris. De toutes parts la vic-\\n20 toire etait complete.\\nLe retour de Philippe Auguste fut un vrai\\ntriomphe. A Paris, les bourgeois et la multitude\\ndes ecoliers firent une fete sans egale le jour ne\\nsuffisant pas, ils festoyerent la nuit avec de nom-\\n25 breuses lumieres. Le peuple sentait I importance\\nde cette victoire sur les etrangers c etait la pre-\\nmiere victoire nationale.\\nSaint Louis. Philippe Auguste mourut en\\n1223, laissant un royaume agrandi et surtout bien\\n30 administre, car il fut un prince legislateur aussi bien\\nque guerrier. Son fils Louis VIII, prince brave et\\nsurnomme Coeur de Lion, regna peu, mais reussit a\\npacifier le Midi; ou les seigneurs du Nord avaient", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0075.jp2"}, "74": {"fulltext": "56 HISTOIRE DE FRANCE\\nfait contre les Albigeois, qu on accusait d heresie,\\nune croisade terrible et sanglante. La royaute re-\\ncueillit les fruits de cette sinistre expedition sans\\ns y compromettre, et le Languedoc fut des lors rat-\\ntache aux domaines de la couronne. Louis VIII 5\\nlaissa plusieurs enfants dont I aine n avait que douze\\nans (1226). La reine Blanche de Castille prit en\\nmains la regence pieuse et charitable, Blanche n en\\netait pas moins d une rare fermete elle con jura tous\\nles perils, triompha d une ligue que les seigneurs 10\\navaient formee contre la royaute, et livra un pou-\\nvoir af fermi a son fils Louis IX que ses belles legons\\navaient orne de toutes les qualites et de toutes les\\nvertus.\\nBlanche de Castille avait surtout rendu le plus 15\\ngrand service a son fils en veillant avec une extreme\\nsollicitude a son education. Elle I elevait comme\\nun enfant appele a gouverner un grand royaume et\\nle nourrit dans les sentiments de la plus austere\\npiete, lui mettant devant les yeux bons exemples 20\\net bons enseignements. Louis rappelait plus tard\\nque sa mere lui avait fait entendre qu elle aimerait\\nmieux le voir mort que le voir commettre un seul\\npeche mortel.\\nMeme quand il allait, pour se recreer, en bois ou 25\\nen riviere, il etait tou jours accompagne de son\\nmaitre, qui ne cessait de I instruire. Aussi devint-il\\nun prince savant pour son temps, et, comme il in-\\nclinait naturellement aux vertus que sa mere s ap-\\npliquait a lui faire aimer, il ne cessa de les pratiquer 30\\nsur le trone.\\nLa croisade d^Egypte. Louis IX, en 1244, tom-\\nba gravement malade, II fit voeu alors, s il gueris-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0076.jp2"}, "75": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 57\\nsait, d aller en Terre Sainte. Ce fut la septieme\\ncroisade. L expedition fut dirigee coiitre I figypte,\\nparce que le sultan de ce pays s etait empare de\\nJerusalem. L armee debarqua devant Damiette en\\n5 %ypte (1249). Louis IX, impatient, se jeta, I epee\\nau poing, dans la mer pour aller attaquer les Sar-\\nrasins ranges sur le rivage. Les Sarrasins s en-\\nfuirent; la ville fut prise.\\nL annee suivante, la peste envahit l armee, et il\\n10 fallut songer a la retraite. Mais les musulmans\\nenvelopperent les Fran^ais, qui furent obliges de se\\nrendre.\\nLes malheurs de ces expeditions mirent dans tout\\nson relief la fermete et la patience de Louis IX.\\n15 Malade lui-meme et pouvant a peine se soutenir, il\\navait voulu neanmoins demeurer a I arriere-garde.\\nPrisonnier, il montra une serenite inalterable.\\nLe sultan demanda, pour la rangon de Louis IX,\\nDamiette et un million de pieces d or. Louis repon-\\n20 dit qu il rendrait Damiette pour sa rangon et payerait\\npour celle de ses gens le million de pieces car un\\nroi de France, dit-il, ne devait point se racheter a\\nprix d argent.)) Mais quelques jours apres, le sul-\\ntan etait egorge par les emirs. Louis IX fut en\\n25 peril. Un emir furieux se presenta a lui, tenant a\\nla main un glaiye ensanglante a Que me donneras-\\ntu, dit^il, pour avoir tue ton ennemi qui t eut fait\\nmourir s il eut vecu Louis ne repondit point.\\nOn dit meme que les emirs, pleins d admiration\\n30 pour sa noblesse d ame, songerent un moment a le\\nprendre pour roi. Enfin ils le delivrerent, lui et\\nl armee. Un seigneur vint dire joyeusement qu en\\npesant I or de la rangon on avait fait tort aux Sar-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0077.jp2"}, "76": {"fulltext": "58 HISTOIRE DE FRANCE\\nrasins de dix mille livres. Le roi se facha et or-\\ndonna de les rendre.\\nLouis ne veut pas encore rentrer en Europe il va\\nen Syrie fortifier les derniers boulevards des Chre-\\ntiens, Cesaree, Ascalon, Saint-Jean-d Acre. ir y 5\\nresta meme pres de deux ans apres la mort de sa\\nmere Blanche de Castille, dont I administration vigi-\\nlante avait conserve la paix au royaume. Un epi-\\nsode du retour acheve de faire connaitre saint Louis.\\nEn vue de Chypre, son vaisseau qui a heurte un 10\\necueil est sur le point de sombrer on supplie instam-\\nment le roi de passer sur un autre vaisseau, avec sa\\nfemme Marguerite de Provence, qui I a suivi dans\\nsa terrible expedition. Non, dit le roi, si je quitte\\nce navire le pilote en prendra moins de soin, et cinq 15\\ncents personnes qui aiment autant leur vie que moi\\nla mienne, periront; j aime mieux mettre mon\\ncorps, ma femme et mes enfants en la main de\\nDieu que de faire si grand dommage a tant de\\ngens.)) 20\\nLouis IX etait la charite meme. Comme les\\nseigneurs murmuraient de voir tant d argent em-\\nploye en charites, le roi dit J aime mieux que\\nI exces de mes depenses soit fait en aumones pour\\nI amour de Dieu, qu en luxe ou en vaine gloire de 25\\nce monde.)) On le voyait reunir deux cents, trois\\ncents pauvres autour de lui et leur distribuer de\\n1 argent. Une fois, a I entree d une ville, une pauvre\\nvieille femme qui etait a la porte de sa maisonnette,\\ndit au roi en lui montrant un pain qu elle tenait en 30\\nsa main Bon roi, de ce pain qui est de ton au-\\nmone est soutenu mon mari qui est malade.)) Alors\\nle roi prit le pain en sa main, et dit C est d assez", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0078.jp2"}, "77": {"fulltext": "LES CROISADES LA CHEVALERIE 59\\ndur pain,)) et il entra dans la maison pour visiter\\nle malade.\\nUn jour, on le vit, a Compiegne, servir cent\\ntrente-quatre malades de sa personne. II ne crai-\\nS gnait pas d approcher des lepreux, et de les secourir,\\nde leur donner lui-meme a manger. Le pieux roi\\nfonda la maison des aveugles de Paris, appelee les\\nQuinze-Vingts, parce qu elle etait destinee a trois\\ncents aveugles (quinze fois vingt).\\n10 La huitieme croisade. Louis IX ne pouvait- se\\nconsoler de Tissue malheureuse de sa premiere croi-\\nsade. Affaibli par I age et les austerites, il voulut\\nen entreprendre une nouvelle ce f ut la huitieme et\\nderniere croisade.\\n15 La flotte fran ;aise se dirigea du cote de I Afrique.\\nA peine debarque sur le rivage de Tunis, pres de\\nI ancienne Carthage, Louis IX fut atteint avec une\\ngrande partie de ses soldats par la peste. II voulut,\\nsentant sa derniere heure approcher, et pour donner\\n20 encore un exemple d humilite, qu on le couchat sur\\nun lit de cendres. Les dernieres paroles qu il\\nadressa a son fils sont le plus beau testament royal\\nBeau fils, dit-il, aie le coeur doux et compatissant\\naux pauvres ne mets pas de trop grands impots\\n25 sur ton peuple, si ce n est par necessite, pour ton\\nroyaume defendre. Fais justice et droiture a cha-\\ncun, taht au pauvre qu au riche.))\\nLe pieux roi montrait la plus sereine resignation\\nau milieu de ses souffrances. II rendit Tame le\\n30 25 aout 1270 au milieu de la desolation generale.\\nAu meme moment, on entendit le son de joyeuses\\ntrompettes. C etait le frere de saint Louis, Charles\\nd Anjou, roi de Naples et de Sicile, qui annongait", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0079.jp2"}, "78": {"fulltext": "6o HISTOIRE DE FRANCE\\nson arrivee. Charles ne put que recueillir et ra-\\nmener les debris de Tarmee.\\nAujourd hui le drapeau frangais flotte sur cette\\nplage de Tunis illustree par la mort de saint Louis.\\nPhilippe le Hardi (1270-1285). Le fils de saint 5\\nLouis, Philippe le Hardi, fut un prince sage et pieux,\\nmais ne justifia nullement durant son regne de\\nquinze ans le surnom de Hardi qu on lui avait donne\\nsur la plage de Tunis. Le seul resultat important\\nde son regne fut la reunion du comte de Toulouse 10\\na la couronne apres la mort d Alphonse de Poitiers,\\ncomte de Toulouse (1270), oncle de Philippe, qui\\navait epouse I heritiere de cette riche province.\\nCette reunion, accomplie en execution du traite de\\nMeaux de 1229, achevait de joindre la France du 15\\nmidi a celle du nord.\\n\\\\Jn frere de saint Louis, Charles d Anjou, etait\\ndevenu roi de Naples et de Sicile. Mais la tyrannic\\ndes Fran(;ais amena un soulevement en Sicile et un\\naffreux massacre des Frangais, a Palerme, le lundi 20\\nde Paques 1282, a I heure des vepres. De la, le nom\\nde vepres siciliennes donne a ce massacre que Phi-\\nlippe le Hardi voulut venger en faisant la guerre\\nau roi d Aragon, qui avait soutenu les Siciliens.\\nCette expedition (1248) fut sterile et Philippe mou- 25\\nrut au retour (1285), a Perpignan.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0080.jp2"}, "79": {"fulltext": "PHILIPPE LE BEL ET SES FILS 6 1\\nCHAPITRE VII\\nPHILIPPE LE BEL ET SES FILS LES VALOIS\\nGUERRE DE CENT ANS\\nPhilippe le Bel (1285-1314). Philippe le Bel\\nfut en tout I oppose de son aieul samt Louis. Au-\\ntant I un avait aime la justice et la paix; autant\\nI autre chercha le succes par une politique deloyale\\n5 et guerriere. Tous deux poursuivaient le meme\\nbut fortifier Tautorite royale. Saint Louis y reus-\\nsit naturellement, par la sagesse de son administra-\\ntion et le prestige de ses vertus. Philippe le Bel se\\nvit sur le point d echouer par suite de ses violences.\\n10 Philippe avait d abord enleve la Guyenne a fidou-\\nard I^ d Angleterre mais il fut force de la lui\\nrendre en 1299 et crut bien faire en mariant sa fille\\nIsabelle au fils d fidouard. Ce mariage devait etre\\nplus tard la cause des pretentions des rois d Angle-\\n15 terre a la couronne de France.\\nToujours a court d argent, Philippe le Bel ne ces-\\nsait d en demander au clerge et le pape protestait.\\nBoniface VIII, d ailleurs, renouvelant les traditions\\nde plusieurs papes celebres, surtout de Gregoire\\n20 VII, pretendait regenter les rois. La querelle\\ndevint si vive que Boniface appela le clerge franqais\\na Rome afin de travailler avec lui a la correction du\\nroi et du gouvernement de la France. Philippe", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0081.jp2"}, "80": {"fulltext": "62 HISTOIRE DE FRANCE\\nchercha contre le pape un appiii dans la nation. II\\nconvoqua, pour la premiere fois, avec les nobles et\\nle clerge, les deputes des villes qui formaient ainsi\\nle troisieme ordre ou tiers etat. C est ce qu on ap-\\npelle la reunion des Trois Etats ou Etats generaux. 5\\nLa lutte devint si vive que le pape voulait deposer\\nle roi. Mais Philippe envoya un de ses legistes en\\nItalie, Guillaume de Nogaret, qui se rendit maitre\\nde la personne du pape. Boniface VIII, outrage,\\nmourut de douleur (1303), et Philippe fit arriver 10\\nau trone pontifical Clement V, qui transporta le\\nSaint-Siege a Avignon en France.\\nLes fils de Philippe le Bel (1314-1328), Les\\ntrois fils de Philippe le Bel regnerent et moururent\\nTun apres I autre dans I espace de quatorze ans 15\\n(13 14- 1 328). Louis X le Hutin ou le Querelleur\\nsacrifia d abord aux vengeances des seigneurs un\\ndes ministres de son pere, Enguerrand de Marigny.\\nPuis il affranchit les serfs du domaine royal. II ne\\nlaissait point de fils et, en vertu de la loi salique, 20\\nPhilippe, frere de Louis X, lui succeda. Philippe V\\n(1316-1322) rendit de sages ordonnances, mais lui-\\nmeme n eut que des filles, qui furent ecartees du\\ntrone. Le frere de Philippe, Charles IV, mourut\\negalement sans laisser de fils, et la ligne des Cape- 25\\ntiens directs s eteignit (1328).\\nPhilippe VI de Valois (1328-1350); la guerre de\\nCent Ans. Le roi d Angleterre, fidouard III, petit-\\nfils de Philippe le Bel par sa mere Isabelle, recla-\\nmait la couronne de France. Mais on avait deja 30\\napplique deux fois la loi salique, et les barons fran-\\ngais ne voulaient point y renoncer au moment oil\\nelle devenait une garantie pour la nationalite fran-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0082.jp2"}, "81": {"fulltext": "GUERRE DE CENT ANS 63\\n^aise. lis lie voulaient point d un roi anglais.\\nAussi choisirent-ils pour roi un prince franqais,\\nPhilippe de Valois, qui descendait de Charles de\\nValois, frere de Philippe le Bel. Cette famille etait\\n5 done une branche collaterale des Capetiens. L a-\\nvenement de Philippe de Valois, ravivant I ancienne\\nrivalite de la France et de I Angleterre, fut la cause\\nd une guerre acharnee qui, sauf quelques intervalles,\\ndevait durer cent ans.\\n10 Bataille de Crecy. En 1346, fidouard III en-\\nvahit et pilla la Normandie. Les barons de France\\naccoururent en si grand nombre sous la banniere de\\nPhilippe, que les Anglais, forces de se replier, se\\ntrouverent dans une situation dangereuse. fidouard\\n15 III, avec le sang-froid qui caracterisait deja les An-\\nglais, s arreta pres du village de Crecy, prit position\\nsur une colline et fit faire un grand pare avec les\\ncharrettes de I armee. Ses archers se placerent, les\\nuns sur les chariots, les autres dessous, cherchant a\\n20 se bien couvrir.\\nCependant, le roi de France, parti d Abbeville,\\nchevauchait, bannieres deployees, au milieu d une\\nfoule de seigneurs montes sur de beaux chevaux et\\nrichement pares. lis arrivaient confusement, pleins\\n25 d orgueil, se disputant a qui le premier verrait\\nTennemi. Les archers genois places en avant se\\nplaignent de ne pouvoir se servir de leurs arcs dont\\nles cordes sont humides; Philippe ordonne a ses\\ngens d armes de tuer cette canaille qui lui barre le\\n30 chemin le desordre se met dans I armee f rangaise\\nles archers anglais, qui ont abrite leurs arcs, tirent\\na coup sur dans cette melee.\\nTout a coup un bruit terrible eclate, on eut cru", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0083.jp2"}, "82": {"fulltext": "64 HISTOIRE DE FRANCE\\nentendre le tonnerre c etait Tartillerie, dont les An-\\nglais se servaient pour la premiere fois dans une\\nbataille et qui fit plus de peur que de mal. fidouard,\\ndu haut d un moulin qu on montre encore a Crecy,\\nvoyait les seigneurs frangais arriver tout desordon- 5\\nnes, entremeles, s etouffer les uns les autres ou perir\\nsous les fleches de ses archers, sous les coups des\\nhaches et des epees de ses hommes d armes.\\nPlus de 30,000 soldats, 1200 chevaliers, 80 sei-\\ngneurs, II princes et un roi resterent sur le champ 10\\nde bataille. C etait le vieux roi de Boheme Jean de\\nLuxembourg, qui, aveugle, avait lie son cheval a\\ncelui de deux chevaliers et etait alle perir au plus\\nepais de la melee en donnant un dernier coup de\\nlance. On eut pu dire que tons dans cette armee 15\\nallaient en aveugles comme le roi Jean, lies les uns\\naux autres par un faux point d honneur.\\nC etait le 26 aout 1346. Le soir, un petit groupe\\nde chevaliers harasses se presente devant le chateau\\nde Broye. Les ponts etaient deja releves, les portes 20\\nfermees. Qui etes-vous demanda le chatelain.\\nOuvrez, ouvrez, repondit le chef de la troupe,\\nc est I infortune roi de France.)) C etait Philippe,\\nen effet, qu on avait difficilement eloigne du champ\\nde bataille; quelques seigneurs a peine I accompa- 25\\ngnaient, restes de la brillante noblesse qui I entourait\\nle matin.\\nPrise de Calais devouement d Eustache de Saint-\\nPierre. Le vainqueur alia aussitot mettre le siege\\ndevant Calais il y fut retenu plus de dix mois, mais 30\\nil detestait les habitants de cette ville, qui par leurs\\ncourses sur mer avaient cause de grands dommages\\nau commerce anglais. Pour montrer sa ferme reso-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0084.jp2"}, "83": {"fulltext": "GUERRE DE CENT ANS 65\\nlution de s emparer de la place, il traqa autour d elle,\\nnon plus seulement un camp, mais une veritable\\nville. Philippe VI essaya en vain de secourir Calais\\nil ne put approcher, et I lieroique gouverneur Jean\\n5 de Vienne dut en fin capituler (1347).\\ndouard III voulait d abord que la ville se rendit\\na discretion; il exigea ensuite que six bourgeois\\nvinssent lui apporter les clefs de la place. La deso-\\nlation fut grande dans Calais. Alors Eustache de\\n10 Saint-Pierre se devoua avec cinq autres bourgeois;\\nils allerent pieds nus, la corde au cou, presenter an\\nroi anglais les clefs de la ville. Celui-ci ordonna\\naussitot de faire venir le bourreau. Les seigneurs\\nintercedaient inutilement en faveur de ces malheu-\\n15 reux. Le roi n ecouta rien et repeta son ordre cruel.\\nLa reine alia se jeter aux pieds d fidouard, le sup-\\npliant d avoir pitie de ces hommes. Le roi atten-\\ndit un peu, dit I historien du temps, Froissart, et\\nregarda la bonne dame sa femme qui pleurait a\\n20 genoux le coeur lui mollit et il dit Vous me priez\\ntant que je ne vous ose refuser, et quoique je le fasse\\navec peine, je vous les donne.)) La reine fit lever les\\nsix bourgeois, les fit revetir et donner a diner et\\nreconduire dans la ville.\\n25 ifidouard chassa tons les habitants de Calais et re-\\npeupla la ville avec des families anglaises.\\nJean II le Bon (1350-1364). Le fils de Phi-\\nlippe, Jean, qui lui succeda en 1350, et que bien a\\ntort on a surnomme le Bon, etait un prince violent,\\n30 temeraire et prodigue. II recommenga la guerre\\ncontre les Anglais et s attira une defaite plus hon-\\nteuse encore, plus desastreuse que la defaite de\\nCrecy. En 1356, le prince de Galles, fils d fidouard", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0085.jp2"}, "84": {"fulltext": "66 HISTOIRE DE FRANCE\\nIII, et surnomme le prince Noir, a cause de son ar-\\nmure, descendit en Guyenne, ravagea le riche Lan-\\nguedoc, le Limousin, le Berry, et s avanga sur la\\nLoire.\\nLe roi Jean marcha contre lui, le depassa et lui 5\\ncoupa la retraite. Le prince de Galles se trouva\\npresque bloque pres de Poitiers. II s etait retran-\\nche, comme son pere a Crecy, sur une colline mais\\npresse par la famine, il negociait. Les chevaliers\\nfrauQais demanderent le combat, et la bataille s en- 10\\ngagea precipitamment. Le premier corps s elan9a,\\nsans etre soutenu, dans un chemin creux, seule route\\nqui menat aux Anglais les archers, postes a droite\\net a gauche, le criblerent de fleches et le mirent en\\nderoute. Le second corps arriva trop tard et fut 15\\nculbute a son tour. La bataille est a nous,)) dit un\\ndes meilleurs capitaines anglais, Jean Chandos, au\\nprince de Galles et fondant a bride abattue, avec\\ntoutes les forces anglaises, sur le troisieme corps\\nfran^ais, il le dispersa. 20\\nRestait la division du roi Jean. Celui-ci, croyant\\nbien faire en imitant mal les Anglais, commanda a\\nses chevaliers de mettre pied a terre autour de lui\\nse forme un bataillon 1:arre qui revolt vigoureuse-\\nment les charges de la cavalerie ennemie. Mais 25\\nces lourds chevaliers, revetus d armures de fer, n e-\\ntaient pas hommes a soutenir longtemps un combat\\na pied Tinfanterie anglaise, plus agile, arriva a son\\ntour. Les Frangais furent rompus. Le roi Jean\\navait a cote de lui son plus jeune fils, Philippe, il 3\u00c2\u00b0\\nveut I eloigner. L enfant obeit d abord et monte a\\ncheval mais il revient presque aussitot, et, ne pou-\\nvant frapper comme son pere, il s abritait derriere", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0086.jp2"}, "85": {"fulltext": "GUERRE DE CENT ANS 67\\nlui en criant Pere, gardez-vous a droite pere,\\ngardez-vous a gauche Ce combat hero ique ne\\npouvait durer. Jean, blesse, entoure d un cercle\\nd enneniis, fut oblige de se rendre. Une foule de\\n5 comtes et de barons furent, avec lui, emmenes pri-\\nsonniers en Angleterre.\\nLe roi Jean fut delivre moyennant une rangon de\\ntrois millions d ecus d or qui vaudraient aujourd hui\\ndeux cent cinquante millions de notre monnaie. II\\n10 donna comnie otages deux de ses fils et plusieurs\\nseigneurs. Un de ses fils, le due d Anjou, quitta\\nLondres et refusa d y retourner. Le roi Jean, qui\\nn avait pu encore payer sa rangon entiere, irrite de\\nce manque de foi, retourna se constituer lui-meme\\n15 prisonnier et mourut a Londres en 1364.\\nCharles V le Sage 1 364-1 380). Le fils de Jean\\nle Bon, Charles, instruit par le malheur et qui a\\nmerite le beau nom de Sage, s appliqua, par d ha-\\nbiles mesures, a ramener I ordre, la securite. II\\n20 n aimait point les batailles, comme Jean et Philippe\\nVI on n avait pas encore vu de prince aussi eloigne\\ndu gout des amies, aussi content de demeurer enfer-\\nme dans ses chateaux avec de prudents conseillers\\net de savants livres. Mais il ne cessait de veiller sur\\n25 le royaume, de preparer les moyens de le delivrer\\net sut choisir un vaillant guerrier qui fut son bras\\ndroit, Bertrand Du Guesclin.\\nBertrand Du Guesclin. C etait un chevalier\\nbreton ne en 1321. II avait conquis une grande\\n30 renommee dans la guerre qui se prolongeait en\\nBretagne entre les partisans de Jean de Montfort et\\nceux de Charles de Blois.\\nCe qui le distinguait des anciens chevaliers, c est", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0087.jp2"}, "86": {"fulltext": "68 HISTOIRE DE FRANCE\\nqu a la bravoure il unissait I intelligence et la ruse\\nil s empara du chateau de Fougeray en y arrivant\\navec quelques hommes deguises en bucherons; aux\\nsieges de Rennes, de Dinan, il se fit remarquer par\\nson habilete a tendre des pieges aux ennemis, a les 5\\nsurprendre. C est le commencement de Tart de la\\nguerre; cet art, Du Guesclin le developpa de plus\\nen plus quand il fut passe au service du roi de\\nP ance.\\nLe royaume regorgeait de gens de guerre qui 10\\nallaient, par compagnies, ravageant et pillant.\\nC etait une foule d hommes de toutes nations, Alle-\\nmands. Anglais, Flamands sans patrie et sans fa-\\nmille, ces hommes, habitues a vivre de rapines,\\netaient devenus les maitres du pays qu ils foulaient 15\\nhorriblement. Bertrand offrit au roi d emmener\\ntoutes ces compagnies en Espagne faire la guerre\\nau roi don Pedre le Cruel, qui venait de se souiller\\nd un crime abominable, le meurtre de sa femme,\\nBlanche de Bourbon, soeur de la reine de France. 20\\nMais don Pedre appela les Anglais a son secours\\nle prince Noir arriva. Les Frangais perdirent la\\nbataille de Navarette, engagee malgre les avis de\\nDu Guesclin, qui s y conduisit avec son intrepidite\\nhabituelle et fut encore fait prisonnier. Le prince 25\\nNoir le garda longtemps et ne consentit qu a\\ngrand peine a le mettre a rangon (1367).\\nAussitot qu il fut libre, Du Guesclin reparut en\\nEspagne, battit a Montiel I armee de don Pedre que\\nles Anglais avaient abandonne, et fit le prince pri- 30\\nsonnier. Henri et don Pedre ne se furent pas\\nplus tot aperqus qu ils se precipiterent I un contre\\nI autre tous deux rovilerent a terre. Henri parvint", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0088.jp2"}, "87": {"fulltext": "GUERRE DE CENT ANS 69\\na egorger son frere et regna sans crainte comme\\nsans remords. Henri demeura du moins un allie\\nfidele a la France (1369).\\nCharles V, ayant remis de Tordre dans ses finan-\\n5 ces, jngea le moment venu de recommencer la\\nguerre, et provoqua le roi Edouard qui envahit de\\nnouveau notre pays. Charles donna a Bertrand\\nI epee de connctahle que celui-ci se defendait d ac-\\ncepter: ((Cher sire, disait-il, je suis pauvre cheva-\\n10 Her d humble origine, et Toff ice de connetable est\\nsi haut qu il faut commander avec autorite et meme\\nplutot aux grands qu aux petits. Or, voici mes\\nseigneurs vos freres, vos neveux, vos cousins com-\\nment oserai-je leur commander?)) Le roi Ty obli-\\n15 gea, detruisant ses objections par ces paroles:\\nMessire Bertrand, je n ai ni frere, ni cousin, ni\\ncomte, ni baron en mon royaume qui ne vous\\nobeisse.))\\nLes Anglais n obtenaient plus les succes d autre-\\n20 fois, Charles V avait adopte un nouveau systeme\\nde guerre. Toutes les villes etaient fermees les\\nAnglais tenaient la campagne, ravageant, briilant,\\nsans emouvoir les Francais.\\nDu Guesclin de son cote formait des camps re-\\n25 tranches, simulait des retraites, raffermissait la dis-\\ncipline. Inventif en ruses de guerre, actif, infati-\\ngable, il portait des coups imprevus aux Anglais\\na Pontvallain, par une nuit de tempete, il vint\\nfondre sur une de leurs armees et la dispersa.\\n30 Trois fois encore, en 1370, en 1373, en 1376 les\\nAnglais recommencerent leurs invasions sans plus\\nde succes. Obliges de repasser dans les pays qu ils\\navaient deja ravages, ils trouvaient devant eux tou-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0089.jp2"}, "88": {"fulltext": "70 HISTOIRE DE FRANCE\\njours les memes villes bien gardees derriere eux,\\nsur leiirs flancs, se tenaient les troupes de Du Gues-\\nclin, promptes a profiter des occasions pour frapper\\nun bon coup et a disparaitre. Les armees anglaises\\nfinirent par se retirer, semblables a ces inondations s\\nqui ravageut les campagnes, puis les rendent aux\\nlaboureurs dont le travail repare les pertes.\\nDu Guesclin fut surpris par la maladie au mo-\\nment oh il assiegeait Chateauneuf-Randon. Le\\ngouverneur avait promis de rendre la place s il n e- lo\\ntait pas secouru dans six jours. Le delai passe,\\nle gouverneur, quoiqu il eiit appris le peril de Du\\nGuesclin, n en voulut pas moins faire honneur a\\nsa parole. II vint presenter au heros mourant les\\nclefs de la place: a Voici, dit-il, les clefs de la ville 15\\ndont le roi d Angleterre m a confie la defense; je\\nles rends au plus preux chevalier qui ait vecu de-\\npuis cent ans passes.))\\nCharles V voulut que Du Guesclin fut enterre a\\nSaint-Denis, dans les tombeaux des rois de France 20\\noia lui-meme ne tarda pas a le rejoindre (1380).\\nCharles V avait delivre et pacific le royaume. II\\norganisa les finances et augmenta I autorite du\\nParlement.\\nPrince ami des livres, il fonda au Louvre la pre- 25\\nmi ere bibliotheque royale, qui ne se composait que\\nde 950 manuscrits, car I imprimerie n etait pas en-\\ncore inventee. II avait aussi recule I enceinte de\\nParis et fait edifier la bastille Saint-Antoine, for-\\nteresse destinee a devenir celebre. 2\u00c2\u00b0\\nA cette epoque vivait Froissart (1333-1^10), le\\nchroniqueur naif et pittoresque qui nous a laisse des\\nrecits animes des combats de la guerre de Cent ans.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0090.jp2"}, "89": {"fulltext": "CHARLES VI 7r\\nCHAPITRE VIII\\nCHARLES VI\\nMinorite de Charles VI (1380-1388). A un\\nprince qui avait merite le surnom de Sage, succeda\\nun enfant de douze ans, Charies VI, qui, a peine\\narrive a Tage d homme, fut atteint de folie.\\n5 Les oncles du roi, les dues d Anjou, de Berri, de\\nBourgogne, se disputerent la regence pendant la\\nminorite du jeune prince, et, par leurs exactions,\\nleurs pillages, souleverent dans les grandes villes\\ndes insurrections.\\n10 En Flandre, les Gantois s etaient souleves contre\\nleur comte et avaient pris pour chef Philippe Arte-\\nvelde. Les oncles de Charles VI emmenerent le\\njeune roi contre les Flamands, qui furent vaincus a\\nla journee de Roosebecque. Fiers de leur victoire\\n15 sur les Flamands, les princes se vengerent cruelle-\\nment des Parisiens qui avaient desire le triomphe\\ndes Gantois.\\nQuelques annees seulement, de 1388 a 1392, le\\njeune roi, qui avait epouse une princesse allemande,\\n20 Isabeau de Baviere, gouverna par lui-meme et re-\\nprit les prudents ministres de son pere.\\nEn 1392, Charles, malade de corps et deja\\nd esprit, car les exces I avaient use avant I age, par-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0091.jp2"}, "90": {"fulltext": "72 HISTOIRE DE FRANCE\\ntail en guerre centre le due de Bretagne. Le\\n5 aout, par une brulante journee on traversa la\\nforet du Mans tout a coup, un homme, la tete nue,\\nvetu d une pauvre cotte de bure blanc, s elanga, prit\\nle cheval du roi par la bride et s ecria Arrete, 5\\nnoble roi, tu es trahi Charles tressaillit, mais\\npassa outre. On sortit des bois, on entra dans une\\nplaine sablonneuse. Le soleil etait beau, clair, res-\\nplendissant a grands rayons, d une force dange-\\nreuse. Un des pages s endort et laisse tomber sa 10\\nlance sur le casque d un autre page a ce bruit de\\nfer qu il entend, le roi se trouble, se croit trahi, tire\\nson epee, s ecrie en avant en avant sus aux\\ntraitres blesse, tue plusieurs liommes de sa suite,\\nse precipite meme contre son frere le due d Or- 15\\nleans, s epuise en courses furieuses, et, lorsqu on\\nparvient a le desarmer, a Tetendre sur le sol, il reste\\nsans connaissance, les yeux hagards il etait fou.\\nLe royaume fut replonge dans I anarchie. En\\n1407, le frere du roi, le due d Orleans, prince 20\\naimable et spirituel mais debauche, perit assassine,\\nun soir, a Paris. C etait le due de Bourgogne, Jean\\nsans Peur, rival et cousin du due, qui avait dresse\\nce guet-apens. Alors se forment deux partis, ce-\\nlui des Bourguignons, celui des Armagnacs, dirige 25\\npar le comte d Armagnac, beau-pere d un fils de la\\nvictime. Paris que se disputent tour a tour les deux\\nfactions, est inonde de sang. Les Anglais profitent\\nde ces discordes pour envahir de nouveau la France\\n(1415)- 30\\nLa bataille d Azincourt. Les chefs du parti\\narmagnac, maitres du roi et du gouvernement,\\ns etaient decides a marcher contre les Anglais. A", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0092.jp2"}, "91": {"fulltext": "CHARLES VI 73\\nleur appel la noblesse accourut, mais insouciante et\\nindisciplinee comme aux jours de Crecy et de Poi-\\ntiers. Fiers de leur nombre imposant, car ils\\navaient reuni plus de cent mille hommes, les Fran-\\n5 9ais se croyaient certains d ecraser la petite armee\\ndes Anglais qui battait en retraite, cherchant a\\ngagner Calais. Le pays que ceux-ci avaient a\\ntraverser se soulevait, et les Picards barrerent le\\nchemin a Tarmee de Henri V pres d Azincourt.\\nlo L armee frangaise, commandee par le connetable\\nd Albret, arriva, et le 25 octobre 141 5 le combat\\ns engagea sur un terrain detrempe par les pluies\\nd automne.\\nSelon leur habitude les Anglais se posterent\\n15 derriere leurs archers. Una nuee de f leches s a-\\nbattit sur les rangs des chevaliers frangais, obliges\\nde baisser la tete pour que les traits n entrassent\\npoint dans la visiere de leurs casques. Les Fran-\\ngais s etaient ranges en escadrons si serres qu ils\\nao ne pouvaient lever leurs bras pour frapper sur leurs\\nennemis. Leurs lourds chevaux enfon^aient dans\\nles terres fraichement labourees, et les chevaliers\\nne pouvaient atteindre leurs ennemis avec leurs\\nlances, qu ils avaient coupees par le milieu afin de\\nz5 pouvoir s approcher plus pres des Anglais. L a-\\nvant-garde rompue mit le desordre dans le corps de\\nbataille. Ce que voyant, les Anglais, jetant bas\\nleurs arcs, prirent leurs epees, leurs haches, leurs\\nmaillets, se jeterent au milieu des Fran^ais, frap-\\n30 pant, abattant tout ce qui se trouvait devant eux.\\nBeaucoup de seigneurs se rendirent.\\nOr voici qu une troupe fran9aise, faisant un de-\\ntour, attaque les bagages des Anglais. Le roi", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0093.jp2"}, "92": {"fulltext": "74 HISTOIRE DE FRANCE\\nHenri V effraye ordonne de ne plus faire de pri-\\nsonniers et de massacrer tous cetix qui s etaient ren-\\ndus. Lorsqu il fut revenu de remotion causee par\\ncette alerte, il commanda de cesser le massacre,\\nmais une foule de seigneurs avaient peri. Sur le 5\\nchamp de bataille, le roi anglais, pour relever en-\\ncore sa victoire, s ecria qu il avait ete I instrument\\nde Dieu choisi pour punir les peches des Fran(;ais.))\\nUn crime des Armagnacs vint achever le tri-\\nomphe du roi anglais, Les Armagnacs etaient 10\\nmaitres du jeune fils de Charles VI, le dauphin,\\nlis feignirent vouloir se reconcilier avec les Bour-\\nguignons, et attirerent Jean sans Peur a une entre-\\nvue avec le dauphin, sur le pont de Montereau.\\nJean s y rendit et y perit egorge sous les yeux 15\\nmemes du jeune prince (1419).\\nCe meurtre jeta tout a fait les Bourgignons dans\\nles bras des Anglais. Philippe le Bon, fils de Jean\\nsans Peur, maitre du roi Charles VI, et la reine\\nIsabeau, qui renia son fils, signerent avec Henri V 20\\nle honteux traite de Troyes (1420). Ce traite\\ndesheritait le dauphin Charles, accordait a Henri V\\nla main de la fille de Charles VI et assurait la cou-\\nronne de France a ses descendants. Henri V se\\ntrouvait maitre du pays. 25", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0094.jp2"}, "93": {"fulltext": "CHARLES VII 75\\nCHAPITRE IX\\nCHARLES VII JEANNE D ARC\\nCharles VII; la France en 1429; Jeanne d^Arc.\\nEn 1422, Henri V et Charles VI moururent tous\\ndeux a quelques mois I un de I autre. Suivant le\\ntraite de Troves, Henri VI, fils de Catherine de\\n5 France et de Henri V d Angleterre, fut proclame a\\nParis roi de France et d Angleterre. Plusieurs\\nseigneurs restes fideles a I heritier legitime, au re-\\npresentant de la nationalite frangaise, proclamerent\\nCharles VII. II y eut ainsi deux rois, I un anglais,\\n10 I autre francais; deux Frances, la France anglaise\\net la vraie France. D ailleurs Charles VII paraissait\\navoir peu de chances et meme nulle volonte de re-\\ncouvrer sa couronne ses ennemis I appelaient par\\nderision le roi de Bourges. Le decouragement\\n15 gagnait les meilleurs capitaines. Tou jours battus,\\nils ne pouvaient arreter les Anglais qui s empa-\\nraient successivement de toutes les cites et en 1428\\nvinrent mettre le siege devant Orleans. Le pays\\nsemblait perdu quand Jeanne d Arc parut.\\n20 Jeanne d^Arc. Jeanne etait Lorraine. Le vil-\\nlage de Doniremy, ou elle est nee, est situe sur la\\nrive gauche de la Meuse et Ton y montre la maison\\nou s ecoula son enfance. Son pere, Jacques d Arc,\\net sa mere, Isabelle Romee, vivaient, comme de la-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0095.jp2"}, "94": {"fulltext": "76 HISTOIRE DE FRANCE\\nborieux paysans, du travail des champs et avaient\\neleve cinq enfants, trois gardens et deux filles.\\nJeanne, ou comme on disait dans le village, Jean-\\nnette, etait I ainee des deux filles simple et douce,\\nelle s occupait des soins du menage et ne savait rien 5\\nde plus que ses parents et ses compagnes, dans ces\\ntemps de profonde ignorance. Sa piete faisait I ad-\\nmiration de tous. Charitable envers les pauvres et\\nles malades, Jeanne etait d ailleurs si bonne pour\\ntous que tous I aimaient. 10\\nUn jour d ete, dans le jardin de son pere, qui\\ntouchait a I eglise, elle vit, a midi, ainsi qu elle le\\nraconta, une grande lumiere elle entendit une voix\\nceleste qui lui disait de se bien conduire, d etre tou-\\njours douce et pieuse, et qu elle etait appelee a aller 15\\nau secours du roi. Jusqu a I age de dix-sept ans,\\nJeanne ne cessa d avoir des visions et de s entretenir\\navec ses voix qui la guidaient et lui racontaient la\\ngrande pitie du royaume de France.))\\nElle la connaissait bien d ailleurs cette misere: 20\\ncar son pays meme avait ressenti les maux de la\\nguerre civile et de la guerre etrangere. Malgre\\nses parents, qui ne comprenaient rien a sa resolu-\\ntion, elle vint a Vaucouleurs trouver le capitaine\\nRobert de Baudricourt, auquel elle expliqua sa mis- 25\\nsion, demandant qu on la conduisit vers le roi. Et\\ncertes, disait-elle, j aimeras mieux filer aupres de\\nma pauvre mere, mais il faut que_j aille; mon\\nseigneur le veut. Et qui est votre seigneur? dit-\\non. C est Dieu,)) repondit-elle. Robert riait d a- 30\\nbord, mais le peuple de Vaucouleurs crut en la\\njeune fille, et le seigneur de Baudricourt, emu lui-\\nmeme, donna a Jeanne une escorte.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0096.jp2"}, "95": {"fulltext": "JEANNE d aRC 77\\nApres un long et perilleux voyage a travers un\\npays occupe par les Anglais, Jeanne arriva a Chi-\\nno n, equipee comme un guerrier, mais ton jours\\nsimple et pure comme une jeune fille. Le roi, afin\\n5 de I eprouver, se confondit dans la foule des sei-\\ngneurs. Jeanne, bien qu elle ne I eiit jamais vu,\\nalia droit a lui, s agenouilla, lui promettant, s il lui\\ndonnait une armee, de delivrer Orleans, puis de le\\nmener lui-meme a Reims recevoir la couronne.\\n10 Les eveques, les plus eminents docteurs inter-\\nrogerent cette fille des champs, qui les etonna par\\nses reponses Si c est le plaisir de Dieu, lui disait-\\non, que les Anglais s en aillent en leur pays, il n est\\npas besoin de gens d armes. Les gens d armes\\n15 batailleront, repondit-elle, et Dieu donnera la vic-\\ntoire.))\\nJeanne put enfin, malgre les Anglais, entrer dans\\nla ville d Orleans avec quelques vaillants capitaines.\\nAccueillie avec enthousiasme, elle reveillait partout\\n20 I esprit de foi, de discipline, de patriotisme tons\\nceux qui I approchaient devenaient meilleurs et\\nsinon plus braves, du moins plus confiants. Sans\\nautre arme que son etendard, Jeanne marchait a\\nla tete des combattants, et tons la suivaient. Les\\n25 Anglais, ne comprenant rien au courage indomp-\\ntable de cette jeune fille, se troublaient, lachaient\\npied; les plus importantes bastilles qu ils avaient\\nelev6es pour bloquer Orleans furent prises. Jeanne,\\nblessee dans une attaque, fit aussitot panser sa bles-\\n30 sure et reparut au milieu des combattants Tout\\nest votre, criait-elle aux Frangais, tout est votre\\nLa plus importante des bastilles qui commandait\\nle pont de la Loire, fut enlevee. Les Anglais se", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0097.jp2"}, "96": {"fulltext": "78 HISTOIRE DE FRANCE\\nvirent obliges d abandonner le siege le 8 mai 1429,\\ndate celebre que les Orleanais reconnaissants fetent\\nencore aujourd hui.\\nLa fortune, des ce moment, tourna. Le pays fut\\nrapidement delivre. Les Franqais, tou jours con- 5\\nduits par Jeanne d Arc, reprirent les villes des bords\\nde la Loire qui restaient aux Anglais, et gagnerent\\nsur eux la bataille de Patay (18 juin). Malgre\\ntant de succes, les conseillers du roi hesitaient en-\\ncore. Jeanne les entraina au voyage de Reims, et 10\\nle 17 juiliet Charles VII etait sacre en grande\\npompe dans la cathedrale oil se faisaient couronner\\nses predecesseurs. Jeanne se tenait debout aux\\ncotes du roi, son etendard^a la main, et comme plus\\ntard, dans son proces, on lui en faisait un reproche, 15\\nelle repondit avcc une legitime fierte II avait ete\\na la peine, il meritait bien d etre a I honneur.))\\nJeanne avait le pressentiment d un malheur, mais\\nelle n en continuait pas moins de combattre, allant\\npartout ou on I appelait, car sa presence valait une 20\\narmee.\\nEn 1430 elle se jeta dans la ville de Compiegne,\\nserree de pres par les troupes du due de Bourgogne.\\nDans une sortie, il fallut battre en retraite. Elle\\nresta, comme tou jours, la derniere. Les defenseurs 25\\nde Compiegne, craignant de voir entrer les ennemis\\navec les fuyards, fermerent trop tot les barrieres\\ndu pont. Jeanne demeura isolee avec quelques\\ncavaliers et, accablee par le nombre, fut prise par\\nTecuyer d un seigneur du parti bourguignon. 30\\nVendue aux Anglais, Jeanne fut conduite a Rou-\\nen. Les Anglais lui fireht son proces comme a\\nune sorciere, a une heretique; mais souvent la", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0098.jp2"}, "97": {"fulltext": "JEANNE d aRC 79\\nsagesse de ses reponses deconcerta ses juges.\\nComme elle parlait des voix qui I avaient insplree,\\nles juges lui demanderent: Sainte Catherine et\\nsainte Marguerite haissent-elles les Anglais\\n5 Elles aiment ce que Notre-Seigneur aime, et hais-\\nsent ce qu il hait. Dieu hait-il les Anglais De\\nTamour ou de la haine que Dieu a pour les Anglais,\\nje n en sais rien: mais je sais bien qu ils seront mis\\nhors de France, sauf ceux qui periront.)) Le pro-\\nlo ces n avait rien prouve, mais on fit signer a Jeanne,\\nsous la menace d etre briilee, une abjuration de ses\\npretendues erreurs, et on la condamna a la prison\\nperpetuelle. Plus tard elle desavoua Tab juration\\nqu on lui avait surprise et maintint la verite de sa\\n15 mission. Si je disais, repondit-elle, que Dieu ne\\nm a pas envo3^ee, je me damnerais la verite est\\nque Dieu m a envoy ee.)) Les juges d figlise alors\\nI abandonnerent au bras seculier, c est-a-dire a la\\njustice civile, et le 30 mai (1431) on la conduisit\\n20 au biicher sur la place du Vieux-Marche.\\nJeanne, qui n avait encore que vingt ans, pleurait\\nen disant O Rouen, dois-je done mourir ici\\nElle demanda une croix on lui en fit une avec un\\nbaton, mais elle obtint qu on lui apportat celle de\\n25 la paroisse voisine. Enfin, les Anglais s impatien-\\ntant, deux sergents la saisirent et la livrerent au\\nbourreau. Le feu fut allume. Jeanne s oublia\\npour ne penser qu au frere Isambart qui I exhortait\\ntou jours, et lui dit de descendre, mais de tenir haut\\n30 la croix, qu elle ne voulait pas perdre de vue.\\nToute la foule pleurait. Quelques Anglais es-\\nsayaient de rire. Un d eux, des plus furieux, avait\\njure de mettre un fagot au biicher Jeanne expirait", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0099.jp2"}, "98": {"fulltext": "8o HISTOIRE DE FRANCE\\nau moment ou il le jeta et il s evanouit: J^ai vu,\\ndisait-il hors de lui-meme, j ai vu de sa bouche s en-\\nvoler une colombe.)) Un seigneur anglais disait\\ntout haut en revenant Nous sommes perdus, nous\\navons hrule une sainte.)) 5\\nLes Anglais redouterent Jeanne meme apres sa\\nmort, et, de peur que ses cendres ne devinssent des\\nreliques pour le peuple, ils les firent jeter dans la\\nSeine. Mais I impulsion etait donnee le pays, re-\\nveille, repoussait partout I etranger, et en 1453\\nAnglais avaient perdu toutes leurs conquetes en\\nFrance. Les malheurs de ces invasions avaient eu\\nau moins pour resultat de faire naitre chez tons\\nles habitants de la France le sentiment de I amour\\ndc la patrie. 15", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0100.jp2"}, "99": {"fulltext": "LOUIS XI 8 1\\nCHAPITRE X\\nLOUIS XI (1461-1483)\\nCharles VII mourut en 1461 et eut pour succes-\\nseuf son fils, Louis XI.\\nA cette epoque des changements importants ont\\nlieu en Europe et dans le monde. Un peuple nou-\\n5 veau s etablit a I orient de TEurope, les Turcs qui\\nse sont empares de Constantinople (1453). Les\\npeuples Chretiens ne se sont point souleves a cette\\nnouvelle: le temps des expeditions religieuses, des\\ncroisades est bien fini. Les nations ne songent\\n10 qu a se constituer, a s organiser, malheureusement\\naussi a s entre-dechirer, et I epoque des grandes\\nligues, des guerres europeennes va s ouvrir. Ce\\nqui valait mieux, les Portugais et les Espagnols\\nindiquaient de nouvelles routes au commerce et\\n15 decouvraient de nouvelles terres. Les premiers\\navaient acheve, en 1497, sous la conduite de Vasco\\nde Gama, de faire, par mer, le tour de I Afrique\\net montraient la route des Indes. Christophe Co-\\nlomb, savant navigateur genois, avec trois navires\\n20 que lui avaient donnes les souverains de I Espagne,\\nFerdinand et Isabelle, decouvrit en 1492 un nou-\\nyeau monde auquel on a injustement donne le nom", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0101.jp2"}, "100": {"fulltext": "S2 HISTOIRE DE FRANCE\\nd un autre navigateur florentin, Amerigo Vespucci,\\nrAmerique.\\nII semblait que Dieu, par une seconde creation,\\neut double I etendue du monde habitable. On se\\nprecipitait vers ces contrees parees d une vege- 5\\ntation brillante, riches de bois precieux et de mines\\nd or et d argent. Le commerce prit un rapide es-\\nsor, la condition des fortunes changea, car jus-\\nqu alors la terre avait ete la seule richesse.\\nLa science se developpait en meme temps, grace 10\\na la decouverte de I imprimerie. Gutenberg, ne a\\nMayence, mais qui travailla le plus souvent a Stras-\\nbourg, etait parvenu (de 1440 a 1446) a graver en\\nmetal des lettres mobiles qu il assemblait ou se-\\nparait a volonte; il composait ainsi des mots, des 15\\nphrases, des pages entieres puis pressant ces pages\\nimbibees d encre sur du papier, il les reproduisait\\nautant de fois qu il voulait. Un copiste ne pouvait\\necrire a la fois qu un seul livre. Grace a I impri-\\nmerie, des que le livre etait compose avec des 20\\nlettres en metal, on pouvait le reproduire, en peu\\nde temps, par milliers d exemplaires.\\nLe premier livre sorti des presses de Gutenberg\\netait une Bible datee de 1456. L imprimerie devait\\netre I instrument le plus puissant pour le progres 25\\nde la science humaine. Des temps nouveaux com-\\nmen9aient: les temps modernes, ceux qui durent\\nencore aujourd hui. Les progres dont nous sommes\\ntemoins ont pour point de depart ces importants\\nchangements qui se produisirent au quinzieme 30\\nsiecle et qui rendirent Thomme plus libre de sa\\nraison, plus hardi dans ses pensees comme dans ses\\nentreprises, plus soucieux du bien-etre et de Teqiii-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0102.jp2"}, "101": {"fulltext": "LOUIS XI 83\\nte. La science etendait son esprit, doublait ses\\nmoyens d action et allait lui permettre de rendre\\nmoins miserable sa condition terrestre.\\nLa politique aussi allait changer. Le premier\\n5 roi des temps modernes est Louis XI, de sombre\\nrenommee, mais qui, malgre ses fourberies et ses\\ncruautes, avanga singulierement I unite politique de\\nla France*\\nLouis XI. Louis XI est le premier type, quoi-\\n10 que pen flatteur, du roi moderne il se fie a I in-\\ntelligence plus qu a la force corporelle. II est tout\\nToppose des chevaliers. Ayant grandi au milieu\\ndes trahisons et des revokes, il ne crut qu a une\\nseule force, celle de la ruse. Depourvu de con-\\n15 science, mais superstitieux a I exces, il attachait a\\nson chapeau des images de la Vierge et des saints\\nen plomb ou en etain: il les prenait ou les baisait,\\nquelque part qu il se trouvat, si soudainement quel-\\nquefois qu on I aurait pris pour un insense. II se\\n20 faisait petit, s entourait de petites gens, s habillait\\npauvrement et s affranchissait de tout ceremonial.\\nLouis XI (c est la ce qui le releve de ses fai-\\nblesses et de ses perfidies) prenait au serieux son\\nmetier de roi: actif, infatigable, il travailla sans\\n25 cesse a etendre, a organiser son royaume, se fit\\ncraindre comme personne avant lui.\\nDes les premieres annees, les nobles, mecontents\\nde voir Louis XI, qui les avait flattes dans sa jeu-\\nnesse, se tourner contre eux des qu il fut roi, com-\\n30 mencerent la guerre dite dn Bien public (1465).\\nline bataille indecise se livra entre les coalises que\\ncommandait Charles, fils du due de Bou^rgogne,\\ncomte de Charolais, et I armee royale a Montlhery", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0103.jp2"}, "102": {"fulltext": "84 HISTOIRE DE FRANCE\\n(pres de Paris). Des deux cotes on se crut vain-\\nqueur, et des deux cotes il y eut des fuyards.\\nLouis XI se hata de negocier et promit a tous, et\\na chacun en particulier, provinces, honneurs, pen-\\nsions. Les traites de Conflans et de Saint-Maur 5\\n(pres Paris), qui terminerent cette campagne deri-\\nsoire, furent de honteux marches.\\nUne premiere fois detruite, la feodalite avait ete\\nreformee par les rois eux-memes, qui avaient dis-\\ntribue a leurs enfants, aux princes de leurs maisons, 10\\nde magnifiques seigneuries, des apanages. Ainsi\\ns etaient constituees les maisons de Bourbon, d An-\\njou, d Orleans, etc. Mais le grand danger pour les\\nrois, c etait la puissance de la maison de Bourgogne.\\nLe due Philippe le Bon, mourut en 1467, et son fils, 15\\nCharles le Temeraire, etait I orgueil meme.\\nCharles se regardait comme superieur a son cou-\\nsin le roi de France, Louis XI, auquel il ne voulait\\npas rendre hommage. Autant celui-ci dedaignait\\nle faste et les grandeurs, autant le due de Bour- 20\\ngogne aimait a etaler son luxe et sa puissance.\\nAmbitieux comme Louis XI, il n avait ni sa pa-\\ntience ni sa souplesse, et plus sa temerite lui faisait\\neprouver de revers, plus il s obstinait.\\nLouis XI pourtant commit bien des f antes. La 25\\nguerre ayant recommence entre lui et le due de\\nBourgogne, il voulut negocier au lieu de combattre\\net, pour mieux gagner son ennemi, alia se mettre\\nentre ses mains a Peronne ou il demeura prisonnier\\net ne fut relache qu a de dures conditions (1468). 30\\nLa guerre recommenga. Le due de Bourgogne\\ncourut aussitot a Beauvais, esperant enlever la ville\\npar surprise. Mais les habitants sent sur les rem-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0104.jp2"}, "103": {"fulltext": "LOUIS XI 85\\nparts et se def endent les f emmes memes les aident.\\nDeja cependant des soldats bourguignons avaient\\nescalade la muraille et y plantaient leur etendard.\\nUne jeune fille, Jeanne Laisne (on la nomma de-\\n5 puis Jeanne Hachette), s elance, une hache a la\\nmain, saisit I etendard et I emporte en triomphe.\\nCet exemple heroique ranime le courage des habi-\\ntants, qui repoussent avec succes toutes les attaques.\\nCharles se vit oblige d entreprendre un siege re-\\nlo gulier, puis, a I arrivee des troupes royales, de se\\nretirer. Loin d abattre le puissant due, les echecs\\nne font que piquer son orgueil. II ne renonce pas\\na ses pro jets; au contraire, il les veut tons pour-\\nsuivre a la fois il reve la conquete de la Lorraine,\\n15 de r Alsace, de la Suisse, afin de se faire ainsi\\nun royaume. En meme temps il rappelle les An-\\nglais en France pour renverser Louis XL Celui-ci,\\nfidele a son systeme d eviter les batailles, achete la\\npaix du roi d Angleterre Edouard IV. Des ce mo-\\n20 ment il n a plus qu a regarder son rival se heurter\\ncontre I Allemagne, puis contre les montagnes de\\nla Suisse. Charles est vaincu a Granson et a Morat\\n(1476).\\nApres ces sanglantes defaites, Charles devient\\n25, fou de fureur il laisse croitre sa barbe comme un\\nsauvage, il s enferme dans sa tente. II apprend\\nque la Lorraine s est soulevee et que le due Rene\\na repris sa capitale, Nancy. II y court, malgre\\nI hiver, et perit dans un combat. On retrouva son\\n30 corps a demi enfonce dans la glace d un ruisseau\\nCraint de tout le monde, Louis XI craignait\\nlui-meme tout le monde et s enfermait dans son", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0105.jp2"}, "104": {"fulltext": "S6 HISTOIRE DE FRANCE\\nchateau de Plessis-lez-Tours, ou des arbaletriers\\nveillaient nuit et jour pres des fosses avec ordre\\nde tirer sur tout homme suspect qui approchait.\\nII semblait plutot mort que vif tant il etait maigre\\nil faisait d apres punitions pour inspirer la terreur 5\\net de peur de perdre I obeissance. II avait soupqon\\nde tout le monde, de son fils qu il faisait etroite-\\nment garder, de sa fille, de son gendre. II com-\\nblait de presents son medecin Coictier pour qu il\\nallongeat sa vie; il avait recours aux personnages 10\\nrenommes pour leur saintete et fit venir d ltalie\\nun ermite, saint Frangois de Paule il lui demandait\\nla sante du corps plutot que le repos de Tame.\\nLe tout n y fit rien, ajoute son historien Corn-\\nmines il fallait qu il passat par ou les autres sont 15\\npasses.))\\nLouis XI mourut en 1483, apres avoir, dans ses\\ndernieres annees, recueilli le riche heritage de la\\nmaison d Anjou, c est-a-dire le Maine, TAnjou et la\\nProvence. 20\\nSi Louis XI a laisse une sombre memoire, il est\\njuste de lui tenir compte de I agrandissement du\\nroyaume, et surtout de la securite qu il y retablit.\\nLa securite ranima le commerce et Louis XI le\\nfacilita en ameliorant les routes. Pour etendre son 25\\naction sur les provinces les plus eloignees, il or-\\nganisa les postes, d abord des courriers qui ne ser-\\nvirent qu a transmettre ses ordres, mais qui plus\\ntard furent d une grande utilite aux particuliers.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0106.jp2"}, "105": {"fulltext": "CHARLES VIII 87\\nCHAPITRE XI\\nCHARLES VIII LOUIS XII FRANCOIS P^\\nCharles VIII (1483-1498). Le fils de Louis XI\\netait encore un enfant et les seigneurs crurent pou-\\nvoir profiler d une minorite pour reprendre tout ce\\nqu ils avaient perdu. Une main de femme les con-\\n5 tint. Mme de Beaujeu, fille de Louis XI, et qui\\navait ses qualites sans ses vices, mit a la raison les\\nseigneurs deja plus turbulents que redoutables;\\nelle forga a la soumission Louis, due d Orleans, le\\nchef des mecontents, puis fit epouser a son jeune\\n10 frere I heritiere d un beau duche, Anne de Bre-\\ntagne, et prepara ainsi la reunion a la France d une\\ngrande province.\\nNourri de romans de chevalerie, Charles VIII ne\\nfut pas plus tot le maitre qu il voulut monter a\\n15 cheval, s armer de la lance et imiter les fabuleux\\nexploits des paladins de Charlemagne. II resolut\\nde faire valoir sur le royaume de Naples des droits\\nqu il tenait de la maison d Anjou. II partit en 1494\\navec une belle armee, mais sans argent il lui f allut\\n20 emprunter aux petits princes italiens qui I avaient\\nappele et lui facilitaient le passage.\\nL epouvante que repandait chez des populations", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0107.jp2"}, "106": {"fulltext": "BS HISTOIRE DE FRANCE\\namollies I arrivee des rudes guerriers du Nord, fa-\\ncilita singulierement la route. Les Fran^ais pas-\\nserent les Alpes avec un attirail tout nouveau de\\ncanons. Arrives en Italic, ils travcrserent sans\\ncombat les villes magnifiques de Florence et de 5\\nRome. Charles gagna Naples a petites journees,\\ny entra sans effort et s y montra avec tout I appareil\\nd un empereur. Puis il ne pensa plus qu aux fetes\\net distribua heritieres et heritages a ses barons.\\nPendant qu il s amusait aux tournois, Maximilien 10\\nd Autriche, le roi d Espagne Ferdinand le Catholi-\\nque, Henri VII d Angleterre, jaloux de la puissance\\nfrangaise, se liguaient avec les princes du nord de\\nritalie. Charles courait le risque d etre enferme\\ndans sa conquete. Averti a temps, il dut se hater, 15\\nreprit le meme cheniin, retraga presque les memes\\npas, et trouva la route barree par les Milanais et\\nles Venitiens, a Fornoue, sur les bords de la riviere\\nle Taro. Une bataille serieuse s of f rait a lui aussi\\nattaqua-t-il avec ardeur et iorqa. le passage (juillet 20\\n1495)-\\nII n eut pas le temps de recommencer cette ex-\\npedition comme il le voulait, car trois ans apres,\\ns etant heurte la tete contre une voute au chateau\\nd Amboise, il mourut (1498). 25\\nLouis XII (1498-1515). Louis XII, cousin et\\nsuccesseur de Charles VIII, se montra plus pru-\\ndent, surtout dans sa politique interieure, et epousa\\nla veuve de Charles VIII pour retenir attache au\\ndomaine royal le beau duche de Bretagne. Mais 30\\na Texterieur, il montra la meme legerete que Char-\\nles Vin et n eut d yeux que pour I ltalie.\\nAfin d obtenir plus surement le royaume de", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0108.jp2"}, "107": {"fulltext": "LOUIS XII 89\\nNaples, Louis XII le partagea avec le roi d Es-\\npagne, Ferdinand le Catholique. Celui-ci, des qu il\\neut sa part, voulut prendre I autre, et trompa hon-\\nteusement Louis XII. Le roi, lorsqu il apprit la\\n5 trahison, avait chez lui le gendre de Ferdinand,\\nPhilippe le Beau; celui-ci pouvait craindre d etre\\ngarde prisonnier. Ne craignez rien, lui dit Louis\\nXII, j aime mieux perdre un royaume qu on pent\\nregagner, que I honneur dont la perte est irre-\\n10 parable.))\\nLouis XII ne put regagner le royaume perdu, mais\\nces guerres d ltalie mirent en relief un grand nombre\\nde vaillants capitaines: le plus illustre fut sans\\ncontredit le chevalier Bayard.\\n15 Le jeune Bayard n avait pas dix-sept ans qu il\\nse mesura dans un tournoi avec un des plus redou-\\ntables chevaliers et sortit de cette epreuve a son\\nhonneur. A la bataille de Fornoue, il eut deux\\nchevaux tues sous lui et rapporta une enseigne en-\\n20 nemie. Ce qui le faisait surtout aimer, c est qu on\\nn eiat pu trouver de plus liberal ni gracieux com-\\nbattant; s il avait un ecu, chacun en avait sa\\npart.\\nBayard prit part a toutes les guerres d ltalie et se\\n25 signala par les exploits les plus hardis. Comme\\nI armee se tenait derriere une riviere, le Garigliano,\\nles Espagnols paraissent tout a coup et cherchent\\na s emparer d un pont mal garde. Bayard s arme\\nau premier tumulte; il voit une troupe de deux\\n30 cents cavaliers qui venaient surprendre le pont, il\\nse jette au-devant, tout seul, en disant a ses com-\\npagnons d aller chercher du secours. Semblable\\na un lion furieux, Bayard met sa lance en arret et", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0109.jp2"}, "108": {"fulltext": "90 HISTOIRE DE FRANCE\\nattaque la troupe qui etait deja sur le pont: plu-\\nsieurs chancelerent, deux hommes tomberent dans\\nTeau. Neanmoins il fut assailli si rudement que\\nsans sa grande bravoure il n edt pu resister. Comme\\nun tigre echauffe, il s accula a la barriere du pont, 5\\nde peur qu on ne I attaquat par derriere, et avec son\\nepee il se defendit si bien que les Espagnols ne\\ncroyaient point que ce fiit un homme. Les secours\\neurent le temps d arriver. Bayard poursuivit I en-\\nnemi, mais celui-ci regut des renforts. II fallut 10\\nbattre en retraite, et le vaillant chevalier, tou jours\\nle dernier, fut pris. II se garda bien de se nommer\\nses compagnons, s apercevant de son absence, re-\\ntournerent le delivrer. N ayant pas ete desarme,\\nil sauta sur un cheval et se remit a I oeuvre en cri- 15\\nant France France Bayard Bayard que vous\\navez laisse aller Ce nom terrifia les Espagnols,\\nqui s enfuirent. Les Frangais s en retournerent\\ntout joyeux d avoir recouvre celui qu ils appelaient\\nleur vrai guidon d honneur.)) 20\\nMalgre ses fautes et ses malheurs, Louis XII est\\nun des rois dont la France a garde la memoire. En\\n1506 les \u00c2\u00a3tats generaux de Tours lui avaient donne\\nle beau nom de Pere du peiiple.\\nLes guerres dTtalie en effet se passaient au loin 25\\net occupaient surtout la noblesse. Le pays demeu-\\nrait tranquille et prospere. ficonome des deniers\\nde ses sujets, le roi s appliquait a alleger les impots.\\nJ aime mieux, disait-il, voir les courtisans rire de\\nmon avarice que le peuple pleurer de mes depenses.)) 30\\nAmi de la justice qu il s etudia a reformer, il se\\nmontra le rigoureux ennemi de tons les pillards,\\ngrands ou petits aussi, depuis ses justes severites,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0110.jp2"}, "109": {"fulltext": "FRANgOIS I 91\\nnul, dit un ecrlvain du temps, n eut rien ose\\nprendre sans payer, et les poules couraient aux\\nchamps sans peril et sans risques.))\\nFrangois P^ (1515-1547). La couronne echut\\n5 encore a une autre branche de la famille des Valois,\\na Francois I^^, comte d Angouleme, cousin et gendre\\nde Louis XII. Jeune, ardent, grand et fort,^ il\\netait habile a tons les exercices du corps, et en meme\\ntemps intelligent, fin, spirituel, ami des etudes et\\n10 des beaux-arts, dont les Frangais avaient pris le\\ngout dans les opulentes cites de I ltalie.\\nFrancois I^ avait vingt et un ans lorsqu il fut\\nreconnu roi. II voulut reparer les malheurs de\\nLouis XII et reconquerir I ltalie. II la ressaisit a\\n15 la fameuse journee de Marignan (1515).\\nBataille de Marignan. Vingt mille Suisses\\ngardaient solidement les passages des Alpes Fran-\\ncois I^ resolut d escalader ces montagnes, les plus\\nhautes de I Europe. On traga une route a I armee\\n20 en faisant sauter, a force de poudre, des blocs\\nenormes, en jetant des ponts avec des sapins sur les\\nabimes. On traina les canons avec des cordages et\\non finit, au bout de six jours d un travail prodi-\\ngieux, par triompher des plus grands obstacles que\\n25 la nature eiit opposes a une armee.\\nLe general ennemi, quand on lui annon ;a Tarri-\\nvee des Frangais, n y voulut pas croire. Ont-ils\\nvole par-dessus les montagnes disait-il en rail-\\nlant. C etait pourtant la verite, car une heure\\n30 apres, Bayard et le sire de la Palisse, un autre de\\n1 On possede encore au musee du Louvre son armure gigan-\\ntesque.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0111.jp2"}, "110": {"fulltext": "92 HISTOIRE DE FRANCE-\\niios grands capitaines, le faisaient prisonnier pen-\\ndant son diner.\\nLes Suisses se replierent sur la capitale de la\\nLombardie, Milan. Les Frangais les y suivirent et\\nune bataille acharnee s engagea a quelque distance 5\\nde cette ville, pres du village de Marignan. Com-\\nmence dans I apres-midi, le combat se prolongea\\nune partie de la nuit, a la clarte d une lune parfois\\nvoilee de nuages. Le succes fut dii a la superiorite\\nde I artillerie frangaise les Suisses, avec un cou- lo\\nrage admirable, s avan^aient en masses serrees, avec\\nleurs longues piques des files entieres tombaient,\\nils avancaient ton jours. Le roi chargea avec toute\\nsa cavalerie et entra si loin dans la melee que sa\\nvisiere fut percee d un coup de pique. Vers minuit, 15\\nla lune se deroba tout a fait et on s arreta. Les\\ndeux armees etaient confondues Tune dans Tautre\\net le roi se concha sur I affut d un canon, a deux\\npas des ennemis.\\nLe lendemain, an point du jour, la bataille recom- 20\\nmenga aussi acharnee que la veille. Mais les Veni-\\ntiens, allies des Francais, arriverent, et les Suisses,\\ncraignant d etre enveloppes, se retirerent (14 sep-\\ntembre 15 15). Frangois I^^, vainqueur, voulut\\netre arme chevalier par Bayard; c etait I honneur 25\\nle plus insigne que le roi piat faire au vaillant capi-\\ntaine.\\nBayard ne cessa de s illustrer dans les guerres\\nde Francois I^^ Envoye en Italic ou les troupes\\nfrangaises avaient ete battues a la Bicoque (1522), 30\\nil .n y parut que pour assister a la defaite de Bonni-\\nvet a Biagrasso et pour y mourir. Bayard ne com-\\nmandait pas en chef; recevant les ordres de courti-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0112.jp2"}, "111": {"fulltext": "FRANgOIS I 93\\nsans jaloux, il perit victime de leur fautes. Bonni-\\nvet blesse lui confia le soin de diriger la retraite\\nBayard la dirigea, comme on pouvait I attendre de\\nlui, faisant toujoiirs face a I ennemi. Apres le\\n5 passage de la Sesia, comme il rejoignait, vainqueur,\\nsa troupe d hommes d armes, une pierre lancee par\\nune arquebuse le frappa dans les reins et lui brisa\\nI epine dorsale. On I assit au pied d un arbre. Le\\nbon Chevalier, se sentant mourir, planta son epee\\nlo devant lui et en baisa la poignee qui figurait une\\ncroix. Les ennemis accoururent et parurent aussi\\nattristes que les compagnons de Bayard.\\nParmi les chefs ennemis se trouvait alors un\\nprince frangais, le connetable de Bourbon, qui, me-\\n15 contant, s etait jete dans le parti de Charles-Quint:\\nil survint et plaignit le bon Chevalier, qui lui repon-\\ndit ces belles paroles II n y a point de pitie a avoir\\nde moi, car je meurs en homme de bien mais j ai\\npitie de vous qui servez contre votre prince, votre\\n20 patrie et votre serment.)) Quelques heures^ apres,\\nexpirait le dernier modele du parfait chevalier (30\\navril 1524).\\nBataille de Pavie. Les Imperiaux, conduits\\npar le connetable de Bourbon, poursuivirent I armee\\n25 frangaise et envahirent la Provence. Bourbon atta-\\nqua Marseille, mais les habitants resisterent heroi-\\nquement. Frangois I^^ accourut. Les Imperiaux\\nse retirerent en toute hate. Frangois les poursuivit\\nau dela des Alpes, s empara facilement de Milan et\\n30 mit le siege devant Pavie. La resistance de cette\\nville, prolongee quatre mois, donna a Bourbon le\\ntemps d aller en Allemagne chercher des troupes.^\\nFrangois commit la faute de s affaiblir en deta-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0113.jp2"}, "112": {"fulltext": "94 HISTOIRE DE FRANCE\\nchant un corps d armee vers Naples, et bientot il\\nse trouva enferme entre la ville de Pavie et les\\ntroupes espagnoles et italiennes. On propose a\\nFrancois P^ de se replier. L orgueil le pousse a\\nsuivre le conseil de Bonnivet qui parle au contraire 5\\nde combattre. La bataille s engage (24 fevrier\\n1525). Genouillac avec son artillerie fit d abord\\nmeryeille il ouvrit coup sur coup des breches dans\\nles bataillons ennemis, de sorte que vous n eussiez\\nvu que bras et tetes voler.)) Frangois P^ croit deja 10\\nI ennemi en fuite et s elance avec ses gens d armes.\\nLes ennemis reformerent leur ligne. Le roi, comme\\na Marignan, fit des prodiges de valeur lorsqu on lui\\nen aurait demande de sagesse. Mais les rangs de\\nTennemi se reformaient toujours; les meilleurs capi- 15\\ntaines, dont on avait neglige les conseils, sentaient\\nbien que la victoire etait impossible et tombaient\\ntous frappes les uns apres les autres autour du roi,\\nqu ils ne voulaient pas abandonner. Fran9ois ne\\ntarda pas a etre entoure d ennemis. 20\\nApres avoir, dit Brantome, bien combattu tant\\nqu il n en pouvait plus, son cheval fort blesse tomba\\npar terre et lui dessous.)) Francois P^ se vit oblige\\nde se rendre et demanda qu on appelat Charles de\\nLannoi. Celui-ci arriva, le fit degager et I aida a 25\\nse lever.\\nLe soir, Francois P^ ecrivit a sa mere une longue\\nlettre dans laquelle il disait De toutes choses ne\\nm est demeure que I honneur et la vie qui est sauve.))\\nOn en a fait le mot celebre Tout est perdu, fors 30\\n[hors] I honneur.))\\nApres un sejour de plusieurs mois dans une forte-\\nresse d ltalie, Fran9ois I^^ fut conduit en Espagne,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0114.jp2"}, "113": {"fulltext": "FRANgOIS I 95\\nou Charles-Quint le fit renfermer dans I Alcazar,\\na Madrid.\\nLe donjon ou il devait passer tant de mois dans\\nles tristesses de la prison, les accablements de la\\n5 maladie, les angoisses d une negociation agitee et\\ninterminable, etait haut, etroit et sombre. La\\nchambre disposee pour le roi prisonnier n etait pas\\ntres spacieuse; on y arrivait par une seule entree,\\net I unique fenetre qui y laissait penetrer la lumiere\\nlo s ouvrait du cote du midi a environ cent pieds du\\nsol. Les concessions que Charles-Quint voulait\\narracher a son prisonnier etaient exorbitantes et\\nn allaient rien moins qu a demembrer le royaume\\nde France. Desesperant d ebranler son vainquem-,\\n15 Frangois P resolut un moment d abdiquer en faveur\\nde son fils et de ne plus laisser entre les mains de\\nCharles qu un prisonnier ordinaire. Ce prisonnier\\nfaillit meme echapper a I inflexible empereur, car\\nFrancois tomba gravement malade; on desespera\\n20 de sa vie. Le roi fut pourtant sauve, mais non re-\\nlache, et n obtint sa delivrance qu en accordant tout\\nce qu on lui demandait, se promettant bien de ne\\npas tout remplir. II protesta en secret contre la\\nviolence qui lui etait faite et signa le traite de\\n25 Madrid (6 Janvier 1526).\\nOn le conduisit a la frontiere et, sur la Bidassoa,^\\non Techangea contre ses deux fils, qu on devait gar-\\nder comme otages. Lorsqu on Teut ramene sur la\\nrive frangaise, il s elanga vivement sur son cheval\\n30 et s ecria: Maintenant je suis roi, je suis roi en-\\ncore\\ni\\n1 Petit fleuve qui separe la France de I Espagne.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0115.jp2"}, "114": {"fulltext": "96 HISTOIRE DE FRANCE\\nLa puissance de Charles-Quint effraya les autres\\nprinces, naguere si jaloux du vainqueur de Mari-\\ngnan. Le roi d Angleterre Henri VIII, le pape\\nClement VII, la republique de Venise, les Suisses\\ns unirent a Francois I^^qui, delivre, avait rompu le 5\\ntraite de Madrid.\\nEncore etourdi du desastre de Pavie, Francois ne\\nsut point cependant profiter des secours qui s of-\\nfraient a lui, et donna le temps aux generaux de\\nCharles-Quint d ecraser ses allies d ltalie. Le 10\\nconnetable de Bourbon, a la tete de bandes alle-\\nmandes, se precipita sur Rome (1527). II fut tue\\nen montant a I assaut, mais les soldats prirent la\\nville, et pendant neuf mois y vecurent en maitres\\nsauvages, se livrant a tons les exces et aux plus 15\\nodieuses profanations. L approche tardive d une\\narmee frangaise amena seule la retraite des bri-\\ngands, qui se retirerent dans le royaume de Naples.\\nLes Frangais les y poursuivirent et soumirent ra-\\npi dement ce pays, mais echouerent au siege de 20\\nNaples. Frangois I^^ se trouva heureux de conclure\\nla paix de Cambrai (1529).\\nCharls-Quint ne s etait hate de signer la paix de\\nCambrai que pour aller combattre les Turcs qui\\nmenagaient Vienne. Les Turcs, en effet, maitres 25\\nde Constantinople, etendaient leurs conquetes en\\nEurope. La Hongrie seule put les arreter. Charles-\\nQuint soutenait les Hongrois dans cette lutte achar-\\nnee. On vit alors combien I esprit des temps etait\\nchange. Le souverain du pays qui avait pris une part 30\\nsi glorieuse aux croisades, Frangois PS s alliait avec\\nles Turcs, ne regardant que I interet politique et ne\\nvoyant en eux que des ennemis de Charles-Quint.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0116.jp2"}, "115": {"fulltext": "FRANCOIS I 97\\nTandis que les Turcs renouvelaient leurs invasions\\nclans la vallee du Danube, Fran(;ois P^ recommen-\\n9ait la guerre et s emparait de la Savoie (1535). En\\n1536, Charles, irrite, envahit a son tour la Provence.\\n5 Mais la guerre trainait, car les grandes batailles\\netaient interdites aux generaux. Cependant un\\njeune prince, le due d Enghien, commandait en\\nItalic et brulait de se battre avec les Espagnols qui,\\nconfiants, lui of fraient de belles occasions de succes.\\n10 II envoya un de ses bons capitaines, Montluc, de-\\nmander au roi la permission de livrer bataille, et le\\nroi, entraine par Tardeur du vaillant guerrier, s e-\\ncria, apres s etre recueilli Qu il combatte Le\\ndue d Enghien gagna une brillante victoire a Ceri-\\n15 soles (avril 1544), en enfoncant une armee espa-\\ngnole bien superieure en nombre. La paix de\\nCrespy (Crepy) (1544) termina les longues guerres\\ndu regne de Frangois I^\\nCelui-ci mourut en 1547, sans avoir rien perdu,\\n20 malgre tant de revers. II avait 52 ans,\\nFrangois P ne fut pas seulement un roi batail-\\nleur; ce qui lui a valu sa renommee et ce qui lui a\\nfait pardonner ses fautes, c est la generosite avec\\nlaquelle il protegea les lettres et les arts, les arts\\n25 surtout. C est la belle epoque de la Renaissance,\\nde laquelle datent plusieurs des beaux palais et cha-\\nteaux de la France.\\nEntre autres belles vertus que le roi eut, dit\\nBrantome, c est qu il fut fort amateur des bonnes\\n30 lettres et des gens savants de son royaume: il les\\nentretenait tou jours de discours grands et savants,\\nleur en donnant la plupart du temps les sujets et les\\nthemes.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0117.jp2"}, "116": {"fulltext": "q8 HISTOIRE DE FRANCE\\nDe telle fagon la table du roi etait line vraie\\necole, car la il s y traitait de toutes matieres, autant\\nde la guerre que des sciences hautes et basses. II\\nfut appele pere et le vrai restaurateur des arts et\\ndes lettres, car, avant lui, Tignorance regnait quel- s\\nque peu en France.))\\nL imprimerie multipliait les livres. Francois 1%\\nqui se piquait quelquefois de poesie, protegea les\\npoetes comme les artistes, mais favorisa surtout les\\nsavants, les erudits, qui commengaient a battre en lo\\nbreche I ignorance si longtemps souveraine. II\\nfonda en 1530 un college d un genre tout nouveau,\\nappele le College de France, et destine a rendre la\\nscience accessible a tous.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0118.jp2"}, "117": {"fulltext": "CHAPITRE XII\\nLES GUERRES DE RELIGION\\nLE successeur de Frangois P fut Henri 11.\\nProfitant des guerres religieuses qui avaient\\neclate en Allemagne, Henri H s allia avec les\\nprinces protestants ennemis de Charles-Quint et\\n5 occupa les trois villes anciennes de Metz, Toul,\\nVerdun.\\nCharles-Quint, irrite, vint mettre le siege devant\\nMetz, que le due Frangois de Guise defendit avec\\nenergie (1552). Vaincu de nouveau a Renty\\n10 (1554), Charles-Quint signa une treve (1556) et\\nabdiqua la meme annee, renongant a toutes ses cou-\\nronnes.\\nHenri II (i547-i559). Le fils de Charles-Quint,\\nPhilippe n, demeurait aussi redoutable pour la\\n15 France, quoiqu il ne dominat plus ni I Autriche ni\\nTAllemagne. II avait epouse Marie Tudor, reine\\nd Angleterre, et les Anglais I aiderent dans les\\nguerres qu il recommeilga contre la France. Son\\ngeneral, le due de Savoie Philibert Emmanuel, en-\\n20 vahit la Picardie et se porta sur Saint-Quentin. Le\\nconnetable de Montmorency accourut avec une\\narmee. Mais il se laissa envelopper par Tarmee", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0119.jp2"}, "118": {"fulltext": "!00 HISTOIRE DE FRANCE\\nespagnole, eprouva une sanglante defaite et fut\\noblige de se rendre (1557). Pour reparer ce\\ndesastre, le due de Guise alia surprendre Calais, la\\nderniere ville que les Anglais eussent en France, et\\nla reine Marie Tudor en mourut de chagrin (1558). 5\\nLa paix de Cateau-Cambresis (1559) termina les\\nguerres dTtalie. Pendant les fetes qui celebrerent\\nla paix et les mariages princiers par lesquels on la\\nconsacra, Henri II, luttant dans un tournoi contre\\nson capitaine des gardes, Montgommery, fut grieve- 10\\nment blesse d un eclat de lance qui penetra dans sa\\ntete, et mourut quelques jours apres (1559).\\nLa reforme; Francois II (1559-1560); Charles IX\\n(1560-1574). Une reforme religieuse commencee\\nen Allemagne par Luther amena le dechirement de 35\\nI unite chretienne et bouleversa I Europe.\\nEn France la doctrine de Calvin, plus hardie en-\\ncore que celle de Luther, se repandit. La division\\nse mit dans tout le royaume, partage entre les catho-\\nliques et les reformes, qu on appelait generalement 20\\nles Protestants ou les huguenots.\\nLes progres du calvinisme etaient deja grands\\nlorsque Henri II mourut. Ce prince laissait quatre\\nfils, dont trois devaient regner, de 1559 a 1589:\\nFrangois II, Charles IX, Henri III. 25\\nL aine, Frangois II, d une sante debile, ne regna\\nqu un an (1559- 1560). Encore le vrai maitre etait-\\nil le due Frangois de Guise, dont la niece, Marie\\nStuart, avait epouse le roi Francois II. Les pro-\\ntestants, soutenus par la famille des Bourbons, es- 30\\nsayerent d enlever le jeune roi a la famille des\\nGuises et ourdirent la conjuration d Amboise. Elle\\nechoua et un grand nombre de protestants furent", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0120.jp2"}, "119": {"fulltext": "LES GUERRES DE RELIGION lol\\nsaisis, pendus ou decapites. Mais les guerres de\\nreligion lie commencerent que sous Charles IX, qui,\\na peine age de dix ans et demi en 1560, regna d a-\\nbord sous la tutelle de sa mere Catherine de Medicis.\\n5 Catherine de Medicis. Catherine de Medicis,\\nprincesse italienne, avait epouse le fils de Francois\\nI^* Henri II, mais ce prince I avait tenue a Fecart\\ndu gouvernement. Elle eut encore a souffrir de\\ncet isolement sous le regne de son premier-ne,\\n10 Frangois 11. C etait la belle et gracieuse Marie\\nStuart qui dominait a la cour et assurait la realite\\ndu pouvoir a son oncle Frangois de Guise. Mais\\nen 1560 Francois II mourut, et Catherine de Medi-\\ncis se vit appelee a prendre la regence au nom de\\n15 son second fils, Charles IX.\\nSa passion de regner fut alors satisfaite. Mais\\nCatherine avait a se defendre contre I influence de\\ndeux grandes families rivales,les Guises et les Bour-\\nbons, et a pacifier le royaume, deja trouble par les\\n20 guerres religieuses. Astucieuse et perfide, Cathe-\\nrine de Medicis s appliqua a opposer les Bourbons\\naux Guises, et a tenir la balance egale entre les ca-\\ntholiques et les protestants. Chacun, dit un con-\\ntemporain, d Aubigne, admirait de voir une femme\\n25 etrangere se jouer d un tel royaume et d un tel peu-\\nple que les Francais, mener a la chaine de si grands\\nprinces.)) Sa politique double ne contribua pas pen\\na exciter les divisions et a dechainer les guerres reli-\\ngieuses dont elle put voir les tristes resultats, car ces\\n30 guerres amenerent la ruine de la famille des Valois.\\nCatherine de Medicis vit disparaitre avant elle ses\\nenfants, et, au moment ou elle mourut, en 1589, son\\ndernier fils, Henri III, etait presque detrone.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0121.jp2"}, "120": {"fulltext": "I02 HISTOIRE DE FRANCE\\nLa Saint- Barthelemy. Parmi ks protestants,\\nrhomme qui merita le plus de respect et eut la fin la\\nplus tragique, ce fut Coligny, dont 1 illustration\\ncomme celle de Guise datait des guerres de Henri II.\\nLe parti protestant n avait pu etre accable. II retai- 5\\nblissait tou jours ses affaires, grace aux talents de\\nColigny, qui recueillait les debris de I armee, defen-\\ndait les villes, soutenait le courage, et ramenait\\nquelquefois la victoire. La guerre n aboutissait a\\nrien. 10\\nEn 1570, Catherine de Medicis fit aux reformes\\ndes concessions trop larges pour etre sinceres. Les\\nchefs protestants furent attires a la cour de Charles\\nIX pour le mariage du jeune Henri de Beam, leur\\nchef, avec Marguerite de Valois, soeur du roi. 15\\nCharles IX se prit meme d amitie pour I amiral Co-\\nligny. Celui-ci donnait au roi les plus sages con-\\nseils et lui proposait de detourner contre les etran-\\ngers I exaltation guerriere de la noblesse. Mais les\\ncatholiques s indignaient de la puissance des pro- 20\\ntestants. Excites par eux, la cour organisa en secret\\nle plus odieux guet-apens.\\nQuelques jours apres les fetes du mariage de\\nHenri de Beam, le 24 aoiit 1572, fete de saint Bar-\\nthelemy, a deux heures du matin, la cloche de Saint- 25\\nGermain I Auxerrois sonne, et le tocsin des autres\\neglises lui repond. Des bandes armees s elancent\\ndans les rues aux cris de Mort aux huguenots\\nUn affreux massacre souille Paris. Le due Henri\\nde Guise et le due d Aumale, qui ont arrache au roi 30\\nI arret de mort de Coligny, se dirigent vers la de-\\nmeure de Tamiral, tout pres du Louvre. Un assas-\\nsin a leurs gages lui avait deja tire, quelques jours", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0122.jp2"}, "121": {"fulltext": "LES GUERRES DE RELIGION 103\\nauparavant, un coup d arquebuse et I avait blesse a\\nla main. Coligny reposait sous la protection d une\\ncompagnie des gardes du roi. Les dues signifient\\nau capitaine la volonte de Charles IX. On monte,\\n5 cinq Suisses se tenaient au haut de I escalier. lis\\nresistent, se barricadent le bruit de la lutte reveille\\nColigny, qui se met en priere. Ses serviteurs sont\\ntues ou disperses. Les arquebusiers arrivent a la\\nchambre de I amiral, dont I aspect grave et venerable\\n10 les saisit. Mais I un d eux, Beme, plus feroce que\\nles autres, s approche: N es-tu pas I amiral? dit-\\nil. ((Je le suis, jeune homme, repondit Coligny,\\nrespecte ma vieillesse et ma faiblesse.)) Beme le\\nfrappe, le renverse Coligny est perce de coups, puis\\n15 jete par la fenetre.\\nLe massacre de Paris fut imite dans les provinces.\\nQuelques gouverneurs cependant refuserent d or-\\ndonner ce3 affreuses executions. Je n ai que des\\nsoldats et pas un bourreau,)) repondit Tun d eux.\\n20 Un moment frappes de stupeur, les protestants ne\\ntarderent pas a se lever en masse I armee royale ne\\nput prendre la Rochelle, qui etait devenue la cita-\\ndelle du parti, et Charles IX fut oblige de signer la\\npaix (1573). L annee suivante, il mourait au mi-\\n25 lieu des plus violentes convulsions dans son delire,\\nsouvent trouble par de sombres visions, il n aperce-\\nvait, si Ton en croit la tradition, que des meurtres\\n_ et du sang (i574)-\\nHenri III (1574-1589).\u00e2\u0080\u0094 Le frere de Charles IX,\\n30 Henri III, qui lui succeda, etait un prince frivole.\\nII se composa une cour de seigneurs dissolus. II\\naimait a s entourer de petits chiens, de perroquets,\\nde singes, et se fardait le visage comme une femme.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0123.jp2"}, "122": {"fulltext": "104 HISTOIRE DE FRANCE\\nLe parti protestant s etait releve, et Henri III\\ns etait vu oblige de lui faire d importantes conces-\\nsions. Les catholiques, exaltes, formerent entre\\nenx line vaste association, appelee sainte Ligue\\n(1576). Le chef en etait Henri de Guise, fils de s\\nFrangois de Guise, que les catholiques revaient\\ndeja de placer sur le trone.\\nEn effet la famille des Valois semblait pres de\\ns eteindre. Henri HI n avait point de fils qui put\\nlui succeder; son frere, le due d Alen9on, mourut 10\\nsans enfants en 1584. II y avait pourtant un heri-\\ntier legitime, Henri de Bourbon, prince de Beam\\net roi de Navarre; mais il etait protestant, et les\\nligueurs n en voulaient a aucun prix. Henri de\\nGuise, soutenu par le roi d Espagne Philippe II, 15\\nbrava Henri III et souleva Paris.\\nHenri III dut se jeter dans les bras des protes-\\ntants et vint avec Henri de Navarre assieger la ca-\\npitale mais il fut poignarde a Saint-Cloud par un\\nfanatique, Jacques Clement (1589). 20\\nA la mort de Henri III, Henri de Navarre fut sa-\\nlue roi seulement par les protestants et une petite\\npartie des fideles de Henri III.\\nHenri IV (1589-1610). Henri IV etait fils\\nd Antoine de Bourbon, prince de Beam et roi de 25\\nNavarre, mais roi sans royaume, car la Navarre\\netait aux mains des Espagnols. II etait ne au\\nchateau de Pau en 1553. Sa mere, Jeanne d Albret,\\nordonna de le nourrir sans delicatesse, de ne point\\nI habiller richement, de ne point le flatter du titre 30\\nde prince, et de ne le distinguer en rien des enfants\\ndu pays. On vit done Henri, tout jeune, aller tete\\nnue, pieds nus, se battant avec les autres enfants,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0124.jp2"}, "123": {"fulltext": "LES GUERRES DE RELIGION I05\\nescaladant, sous le soleil ou la pluie, les rochers\\ndes Pyrenees. On I habituait a coucher sur la dure\\non le forcait a de longues courses matinales et a\\ndes chasses fatigantes. II acquit ainsi sante, force,\\n5 agilite, et il avait une gaiete franche et naturelle qui\\nlui gagnait tons les coeurs.\\nJeanne d Albret, cependant, tres instruite, ne\\nvoulut pas que les buissons et les bois fussent la\\nseule ecole de son fils. Pour qu il ne devint pas,\\n10 comme elle le disait, un illustre ignorant, elle lui mit\\nles meilleurs livres entre les mains. Elle le confia\\na un precepteur et lui recommanda d obeir a son\\nmaitre comme a elle-meme Je ne vous ai donne\\nque la vie, disait-elle a Henri, mais il vous appren-\\n15 dra a bien vivre, ce qui est preferable.))\\nHenri HI, en mourant, avait commande a tons\\nses officiers de reconnaitre pour son successeur\\nHenri de Navarre. Beaucoup de seigneurs catho-\\nliques, a enfongant leurs chapeaux ou les jetant par\\n20 terre, fermant le poing, murmurent qu ils se ren-\\ndront a toutes sortes de personnes plutot que de\\nsouffrir un roi huguenot.)) lis viennent le som-\\nmer de se faire catholique. En vain Henri repond\\nque c est le prendre a la gorge, ne pas I estimer de\\n25 croire qu il pent a ce point faire violence a I ame et\\nau coeur a I entree de la royaute.)) II en appelle a\\neux-memes, sur d avoir pour lui tous les catho-\\nliques qui aiment la France et I honneur.)) En vain\\nle brave Givry declare tout haut que Henri est le\\n30 roi des braves et qu il ne sera abandonne que des\\npoltrons en vain Plenri declare etre pret a se\\nfaire instruire un grand nombre de seigneurs I a-\\nbandonnetit,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0125.jp2"}, "124": {"fulltext": "lo6 HISTOIRE DE FRANCE\\nHenri se trouvait dans une situation presque des-\\nesperee: pen de soldats et point d argent, mais une\\npetite armee anglaise envoyee par la reine Elisa-\\nbeth, alliee de Henri IV, debarqua fort a pro-\\npos a Dieppe, et Henri put reprendre I offensive s\\n(1589)-,\\nL annee suivante, une bataille tourna encore a\\nI avantage de Henri, a Ivry. En face d une armee\\nennemie bien plus nombreuse on parlait au roi\\nd assurer sa retraite Point d autre retraite, dit-il, 10\\nque le champ de bataille.)) Puis, apres une courte\\npriere, mettant son casque en tete, il accompagna\\nd un sourire ces paroles Compagnons, Dieu est\\npour nous voici ses ennemis et les notres voici\\nvotre roi! Si vos cornettes vous manquent, ralliez- 15\\nvous a mon panache blanc vous le trouverez au\\nchemin de la victoire et de Thonneur.)) Le combat\\nfut rude; un instant ses troupes cederent; Henri\\ncourut en avant Tournez visage, leur crie-t-il\\nsi vous ne voulez combattre, regardez-moi mourir 20\\net il se precipita au plus epais des ennemis. Enfin\\nla victoire est remportee alors ce bon Fran^ais,\\nqui appelait la guerre civile un mal bien doulou-\\nreux, s ecria Ouartier aux Frangais mais\\nmort aux etrangers 25\\nDepuis quelques annees, Paris etait en proie au\\nplus affreux desordre. Les Espagnols avaient de-\\nvoile leurs desseins, et les plus acharnes d entre les\\nligueurs les soutenaient seuls. Le bon sens ne\\ntriomphait pas encore des passions, mais parlait 30\\ndeja avec hardiesse. Henri de Navarre resolut en-\\nfin d aider le parti royaliste en supprimant I objec-\\ntion qu on lui faisait tou jours de sa religion. Les", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0126.jp2"}, "125": {"fulltext": "LES GUERRES DE RELIGION 10/\\nplus fideles de ses conseillers huguenots Tencoura-\\ngeaient a faire le sacrifice que lui demandait le\\npeuple. Le 25 juillet 1593, Henri abjura solennel-\\nlement a Saint-Denis la religion protestante et fut\\n5 sacre a Chartres le 27 fevrier 1594.\\nSully trouva de I argent, tout en murmurant,\\npour acheter les gouverneurs des villes. S il fal-\\nlait les prendre par la force, disait le roi, elles nous\\ncoiiteraient dix fois autant.)) Brissac, apres avoir\\n10 fait ses conditions, livra Paris (mars 1594), ou\\nHenri IV entra salue avec une allegresse sincere,\\ncar ce n etait pas riiomme mais I heretique qu on\\navait combattu en lui. Le jour meme, la garnison\\nespagnole se retira avec les honneurs de la guerre.\\n15 Henri la regarda partir, et, saluant les chefs, leur\\ndit Messieurs, recommandez-moi a votre maitre,\\nmais n y revenez plus.)) II promet de tout oublier,\\nmais il n oublie pas qu il a ete oblige d acheter sa\\ncapitale et les plus grandes villes de son royaume.\\n20 Que dites-vous de me voir ainsi a Paris de-\\nmande-t-il a son secretaire. Je dis qu on a rendu\\na Cesar ce qui appartient a Cesar, comme il faut\\nrendre a Dieu ce qui est a Dieu. Dame, repondit\\nle roi, on ne m a pas fait comme a Cesar car on ne\\n25 me I a pas rendu, on me Ta bien vendu.)) Et cela\\netait dit en presence de Brissac et d autres ven-\\ndeurs. Toutefois il n a aucune pensee de ven-\\ngeance. II accepte, il recherche les services de ceux\\nqui I ont combattu.\\n30 En 1598 les Espagnols quittent la France. Henri\\nIV a termine la guerre etrangere en signant avec\\nPhilippe II la paix de Vervins.\\nL*\u00c2\u00a3dit dQ Nantes, II a deja enleve tout pre-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0127.jp2"}, "126": {"fulltext": "Io8 HISTOIRE DE FRANCE\\ntexte aiix discordes civiles en accordant aux pro-\\ntestants I exercice de leur culte et meme de grandes\\ngaranties. C est I fidit de Nantes (1598). Henri\\nne voulait plus de partis. Je couperai, disait-il,\\nles racines de toutes ces factions. Je ne detruirai 5\\npas la religion reformee, ajoutait-il, mais la faction\\nhuguenote si elle se mutine. II ne faut plus faire\\nde distinction de catholiques et de huguenots il\\nfaut que tons soient bons Frangais.))\\nUn grand ministre aida Henri IV dans la tache 10\\nimmense qu il avait entreprise de reparer les des-\\nastres de quarante ans de guerre civile. C etait le\\nbaron de Rosny, plus tard due de Sully, ne au cha-\\nteau de Rosny, pres de Mantes, en 1560. Tout\\njeune il avait echappe au massacre de la Saint-Bar- 15\\nthelemy par une presence d esprit rare chez un\\nenfant de douze ans ayant pris sous son bras un\\ngros missel, il avait traverse les rues pleines de\\nbandes fvuieuses et avait couru se refugier a son\\ncollege, dont le principal le cacha. II resta tou jours 20\\nattache au parti protestant, servant d abord dans\\nI infanterie, pour apprendre le metier des armes,\\nce qui repugnait fort aux gentilshommes il com-\\nbattit avec beaucoup de courage pour sa religion,\\nfut souvent blesse, et particulierement a Ivry, oil 25\\nHenri, qui le croyait presque mort lorsqu on I em-\\nporta, I embrassa avec joie.\\nSully remit I ordre dans les finances ce qui\\nn etait pas chose facile dans un siecle ou ceux qui\\nmaniaient I argent de I fitat le prenaient pour eux, 30\\npuis tourna son attention vers Tagriculture. Des\\nroutes furent percees et plantees d arbres. Le com-\\nmerce se ranima. Sully permit de vendre des", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0128.jp2"}, "127": {"fulltext": "LES GUERRES DE RELIGION I09\\ngrains a I etranger ce qui stimula energiquement\\nles paysans a prodiiire du ble.\\nLa plus grande entente ne cessait d exister entre\\nle maitre et le serviteur. Je suis plus fort en mon\\n5 conseil, quand je sais que vous y etes,)) ecrivait un\\njour Henri pour hater le retour de Sully.\\nHenri aidait son ministre dans toutes ses amelio-\\nrations il aimait les petites gens. Quand il allait\\npar le pays, il s arretait pour parler au peuple, s in-\\n10 formait des passants d oii ils venaient, oil ils al-\\nlaient, quelles denrees ils portaient, quel etait le\\nprix de chaque chose, et, remarquant qu il semblait\\na plusieurs que cette facilite populaire offensait la\\ngravite royale, il disait Les rois tenaient a des-\\n15 honneur de savoir combien valait un ecu, et moi je\\nvoudrais savoir ce que vaut un Hard, combien de\\npeines ont ces pauvres gens pour I acquerir, afin\\nqu ils ne soient charges que selon leur portee.))\\nDans les campagnes on aimait a repeter des mots de\\n20 lui qui couraient Si Ton mine le peuple, qui sou-\\ntiendra les charges de I fitat?))\\nLe 14 mai, 1610, Henri IV etait agite il ne pou-\\nvait ni s occuper ni dormir. Votre Majeste de-\\nvrait sortir, dit un garde, et prendre I air cela la\\n25 rejouirait. Tu as raison qu on apprete mon\\ncarrosse.)) Comme le temps etait beau et chaud,\\non prit un carrosse tout ouvert. Henri y monta\\navec les dues d fipernon et Montbazon et cinq autres\\nseigneurs, sans escorte seulement quelques gentils-\\n30 hommes a cheval et valets de pied suivirent. On se\\ndirigea vers TArsenal, ou le roi voulait voir Sully\\nmalade. En passant de la rue Saint-Honore dans\\nla rue de la Ferronnerie, un embarras de voitures", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0129.jp2"}, "128": {"fulltext": "ild HIStOIRE DE FRANCE\\narreta le carrosse. Fran9ois Ravaillac I avait suivi\\ndepuis le Louvre il monta sur une borne, et comme\\nle roi etait attentif a ecouter une lettre que le due\\nd fipernon lisait, le miserable s elan9a et frappa\\nHenri IV de deux coups de couteau dans la region 5\\ndu coeur. Pendant que les archers arretaient I as-\\nsassin et remmenaient prisonnier dans un hotel\\nvoisin pour le soustraire a la fureur de la foule, les\\nseigneurs couvrirent Henri IV d un manteau et\\nfirent retourner le carrosse vers le Louvre. lis re- 10\\npandaient le bruit que le roi n etait que blesse, mais\\nHenri IV etait mort sur-le-champ, et, quand le peu-\\nple connut la verite, ce fut un deuil universel, car\\naucun roi n avait ete, comme Henri IV, a la fois\\ngrand et bon.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0130.jp2"}, "129": {"fulltext": "LOUIS XIII m\\nCHAPITRE XIII\\nLOUIS XIII (1610-1643) MINISTERE DU CARDINAL\\nDE RICHELIEU\\nRegence de Marie de Medicis. La mort pre-\\nmaturee de Henri IV re j eta le royaume dans la con-\\nfusion. Son fils, Louis XIII, n avait pas neuf ans,\\net la regente, Marie de Medicis, princesse etran-\\n5 gere, d un caractere faible, n etait point femme a\\ncontinuer la sage et ferme politique de Henri IV.\\nElle combla de dignites et des plus hautes charges\\nde la cour un Italien, Concini, et, en quatre ans, son\\nfaible et funeste gouvernement avait dissipe les\\nI\u00c2\u00a9 millions amasses par Henri.\\nLes seigneurs se revoltaient pour se faire acheter\\nleur soumission par de grosses pensions. Voulant\\nparaitre faire quelque chose pour le bien public, ils\\ndemanderent la convocation des Etats generaux\\n15 (1614). Dans cette reunion on vit commencer\\nentre les trois Ordres la lutte qui, un siecle plus\\ntard, devait dcchirer la France. Le president du\\ntiers etat dit que les trois Ordres etaient trois\\nfreres, enfants de leur mere commune, la France.\\n20 La noblesse protesta contre cette comparaison qui\\ntendait a etablir I egalite des seigneurs et du peuple.\\nElle chercha a humilier les deputes du tiers, et la\\nquerelle devint si vive que la cour, des qu elle eut", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0131.jp2"}, "130": {"fulltext": "112 HISTOIRE DE FRANCE\\nobtenu les subsides demandes, se hata de renvoyer\\nles fitats. Ce furent les derniers avant ceux de\\n1789.\\nConcini et de Luynes. La faveur insolente de\\nConcini, devenii marquis d Ancre et marechal de 5\\nFrance, ne put durer. Louis XIII, ecarte des af-\\nfaires et livre aux amusements les plus puerils,\\necouta les conseils d un gentilhomme, Albert de\\nLuynes, qu il affectionnait beaucoup a cause de son\\nhabilete a dresser des pieges aux oiseaux. De 10\\nLuynes persuada au jeune prince de ressaisir I au-\\ntorite par un coup hardi. Le marechal d Ancre\\nfut tue un matin qu il entrait au Louvre (1617).\\nLa reine mere dut se retirer a Blois, et Louis XIII\\ncrut enfin regner, lorsque le vrai maitre c etait de 15\\nLuynes.\\nAu favori de la reine mere succeda le favori du\\nroi, et le vainqueur montra meme avidite, meme in-\\ncapacity. Albert de Luynes fut fait connetable sans\\navoir jamais commande un regiment, puis chance- 20\\nHer. Aussi a-t-on dit de lui qu il etait aussi propre\\na faire un magistrat en temps de guerre qu un\\ngeneral en temps de paix.)) Albert de Luynes mon-\\ntra cependant quelque energie contre le parti pro-\\ntestant qui reprenait les armes, et mourut enleve 25\\npar une epidemic au siege de Montauban (1621).\\nx\\\\u regne des favoris qui peuvent a peine distraire\\nun roi ennuye, succede enfin le regne d un vrai mi-\\nnistre.\\nLe ministere de Richelieu. En 1624 arriva au 30\\npouvoir Armand du Plessis de Richelieu. Riche-\\nlieu etait le troisieme fils d un capitaine des gardes\\nde Henri IV. Suivant Tusage, I aine suivit la car-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0132.jp2"}, "131": {"fulltext": "MINISTERE DE RICHELIEU 113\\nriere des armes, le second embrassa I etat eccle-\\nsiastique, mais bientot se confina dans un cloitre, et\\nle trojsieme le remplaqa dans les dignites ecclesias-\\ntiques et devint eveque de Lugon. Aumonier de\\n5 la reine Marie de Medicis, protege par elle, il parta-\\ngea sa mauvaise fortune apres la chute de Concini,\\npuis s entremit avec zele pour reconcilier la mere\\net le fils. Apres la mort de Luynes, I eveque de\\nLugon qui avait deja donne bien des preuves de sa\\nTO haute intelligence, regut le chapeau de cardinal; le\\nroi refusait cependant de I admettre au conseil.\\nCet homme, disait-il a la reine mere, je le connais\\nmieux que vous, madame il est d une ambition\\ndemesuree.)) L habilete et la patience du cardinal,\\n15 la volonte de Marie de Medicis triompherent des\\nhesitations du roi, et, des que Richelieu fut au con-\\nseil (1624), il y fut bientot le maitre.\\nRichelieu, une fois au pouvoir, jugea nettement\\nla situation. 11 inaugura une politique nouvelle,\\n-10 bardie a I interieur comme a I exterieur. Le roi\\na change de conseil et le ministere de maximes,))\\necrivait-il dans une de ses plus fieres depeches.\\nAyant resolu d abord d en finir avec les pro-\\ntestants qui remuaient tou jours, il conduisit le roi\\n25 au siege de la Rochelle, ce nid d ou avaient cou-\\ntume d eclore les desseins de revolte.)) C etait la\\ngrande forteresse du parti protestant et les sei-\\ngneurs catholiques ne se dissimulaient pas qu elle\\nleur etait utile en embarrassant la royaute. Le car-\\n30 dinal de Richelieu anime tout de son ame; le mot\\nd ordre est: passer ou mourir.)) Enfin on par-\\nyi-ent, malgre la flotte anglaise, a jeter dans I ile\\n6000 soldats; les Anglais, vaincus dans une bataille", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0133.jp2"}, "132": {"fulltext": "114 HISTOIRE DE FRANCE\\nsanglante, sont obliges de se retirer et d abandonner\\nla Rochelle a ses seules ressources. Mais la ville\\netait forte. L energie des habitants s exalta, soute-\\nnne par les ardentes predications du ministre Sal-\\nbert, par le courage viril de la vieille duchesse de\\nRohan, et surtout par son maire, le rude marin Gui-\\nton. En acceptant cette charge, Guiton declara\\nqu il poignarderait de sa propre main quiconque\\nparlerait de se rendre; pour rappeler cette menace,\\nil pla9ait son poignard sur la table du conseil. Le lo\\nministre cependant se montrait general, intendant\\ndes vivres, ingenieur; pour affamer la ville, il eut\\nrecours a une digue de 700 toises du cote de la\\nterre une circonvallation s etendait sur plus de trois\\nlieues, garnie de treize forts. Enfin la famine est 15\\ndans la Rochelle; Guiton reste inebranlable, atten-\\ndant les secours de la flotte anglaise qui deux fois\\napparait a la vue de la ville assiegee et deux fois\\nrecule devant la marine improvisee de Richelieu.\\nOn montre a Guiton des habitants expirant de faim 20\\nII faudra bien que nous en venions tons la,)) se\\ncontente-t-il de repondre. Mais bientot la ville\\nn aura plus d habitants. C est assez qu il en reste\\nun pour fermer les portes.)) Enfin la revoke se\\nmet dans la ville, il a fallu executer plusieurs des 25\\nmalheureux qui demandent du pain ou la capitu-\\nlation. Les rues sont parcourues par des ombres\\nd hommes vivants et encombrees de cadavres\\nqu on n a plus le courage d ensevelir. II faut finir\\npar se rendre au cardinal qui entre dans la ville pre- 30\\ncede d un grand convoi de vivres, marchant seul\\ndevant le roi,)) comme pour bien montrer qu il etait\\nla seconde personne de France (1628).", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0134.jp2"}, "133": {"fulltext": "MINISTERE DE RICHELIEU II5\\nAll dehors, Richelieu defendait les interets de la\\nFrance, a Jusqu ou allait la Gaule, disait-il, j us-\\nque-la doit aller la France.)) Ce ne fut pas sa faute\\ns il ne realisa pas cette parole il en fut bien pres.\\n5 II prit surtout part a la grande lutte qui armait\\nalors une moitie de TEurope contre I autre, et con-\\nnue dans I histoire sous le nom de guerre de Trente\\nAns (1618-1648), lutte qui avait pour but d erh-\\npecher I Allemagne de devenir la proie de la maison\\n10 d Autriche.\\nCelle-ci avait deja ecrase deux adversaires. Ri-\\nchelieu va en chercher un troisieme au fond du\\nNord, le roi de Suede Gustave-Adolphe, un des\\nplus grands capitaines de I epoque, un soleil le-\\n15 vant,)) comme on I appelait. Gustave-Adolphe se\\nlance sur TAllemagne, fait une guerre a coups de\\nfoudre,)) mais tombe bientot enseveli dans un der-\\nnier triomphe a Lutzen (1632).\\nMais des la seconde campagne la France est en-\\n20 vahie. La ville de Corbie est prise I ef f roi regne\\ndans Paris. Deja les bourgeois s imaginaient voir\\narriver les Imperiaux. Quelques-uns, collant I o-\\nreille contre terre, pretendaient entendre le canon\\nennemi. Richelieu lui-meme desespere. Son fi-\\n25 dele conseiller, le capucin Pere Joseph, ranime son\\ncourage et I engage a se montrer. Richelieu sort:\\nil va a THotel de ville pour reclamer I appui du\\npeuple. Le patriotisme eclate. Les volontaires af-\\nfluent et le marechal de la Force re^oit leurs noms\\n30 sur le perron de I Hotel de ville. L armee marche\\nsur Corbie, qui est repris aux Espagnols.\\nMeme pendant qu il epuisait sa vie a la poursuite\\nde ces grands desseins, Richelieu avait encore a se", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0135.jp2"}, "134": {"fulltext": "Il6 HISTOIRE DE FRANCE\\ndefendre contre les intrigues et les complots. II\\navait du reprimer une revoke du comte de Soissons\\nqui perit au combat de la Marfee (1641). II lui\\nfa] hit, aussi en 1642, donner encore un terrible\\nexemple par le supplice d un jeune seigneur, Cinq- 5\\nMars, qui avait conspire et traite avec I Espagne.\\nCinq-Mars fut decapite, a Lyon, avec son ami, le\\njeune de Thou, accuse seulement de ne pas I avoir\\ndenonce et dont le sort inspira une juste pitie (12\\nseptembre 1642). 10\\nRichelieu etait deja atteint de la maladie qui\\ndevait I enlever quelques mois apres. II voyageait\\ntantot sur un bateau, tantot, quand on ne pouvait\\nnaviguer, dans une vaste litiere portee sur les\\nepaules de ses gardes: cette litiere etait si vaste et 15\\nsi haute qu on abattait devant elle des pans de\\nmurailles, les portes des villes et des edifices etant\\ntrop etroites pour lui donner passage il arriva ainsi\\na Paris le 17 octobre, au milieu de la foule etonnee\\net terrifiee en presence d un pareil triomphateur. 20\\nCependant sa sante, minee par les travaux, par les\\nsoucis du pouvoir, faisait prevoir une fin prochaine.\\nLouis XIII vint lui rendre visite et essa^/a de lui\\ndonner quelques consolations. Sire, lui dit le\\ncardinal, voici le dernier adieu. En prenant conge 25\\nde Votre Majeste, j ai la consolation de laisser son\\nroyaume plus puissant qu il n a jamais ete et vos\\nennemis abattus.)) Aux derniers moments, Riche-\\nlieu, qui ne voulait plus etre flatte, fit signe a celui\\ndes medecins en qui il avait le plus de confiance 30\\nParlez-moi, dit-il, a coeur ouvert, non en medecin,\\nmais en ami. Monseigneur, dans vingt-quatre\\nheures vous serez mort ou gueri. Cast parler,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0136.jp2"}, "135": {"fulltext": "MINISTERE DE RICHELIEU 1 17\\ncela, dit Richelieu, je vous entends.)) Et il se re-\\ncueillit pour mourir. Voila mon juge qui doit\\nbientot prononcer mon arret, dit-il: je le supplie de\\nme condamner si pendant mon ministere j ai eu\\n5 d autre objet que le bien de I tat, le service de mon\\nsouverain, la gloire de Dieu et les avantages de la\\nreligion.)) En entendant ces dernieres paroles,\\nTeveque de Lisieux ne put s empecher de dire tout\\nbas Voila une assurance qui m epouvante.)) Ri-\\nlo chelieu expira le 4 decembre 1642.\\nPierre Corneille (1606-1684.) L epoque de\\nLouis XIII est celle ou la nation frangaise est vrai-\\nment constituee. Des ce jour aussi sa langue est\\nformee et sa litterature arrive au plus haut point\\n15 de la perfection avec le philosophe Rene Descartes\\net le poete Pierre Corneille.\\nCorneille etait ne a Rouen le 6 juin 1606; son\\npere etait avocat du roi au parlement de Normandie.\\nL aine de sept enfants, Pierre fut place de bonne\\n20 heure au college des Jesuites de la ville, et il fut\\nrecu avocat comme son pere. Mais sa vocation le\\nportait vers la poesie et le theatre. Sa tragedie, le\\nCid, fut accueilli avec un enthousiasme sans prece-\\ndent. On ne pouvait se lasser de voir cette piece;\\n25 chacun en savait quelque partie par coeur; on la\\nfaisait apprendre aux enfants, et il etait passe en\\nproverbe de dire: Cela est beau comme le Cid.\\nEn 1639 et 1640, Corneille ecrivit encore Horace,\\nCinna, Polyeitcte, trois chefs-d oeuvre. Sa vie,\\n30 vouee tout entiere a la culture des lettres, fut sans\\nagitation exterieure, et ses dernieres annees s ecou-\\nlerent dans la gene et dans la tristesse, II mourut\\na Paris, en 1684.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0137.jp2"}, "136": {"fulltext": "Il8 HISTOIRE DE FRANCE\\nLa popularite du grand poete a survecu et s est\\nmeme augmentee avec le temps. Selon I expres-\\nsion d un eminent critique, elle honore notre pays.\\nElle y est I effet de cet amour pour les grandes\\nchoses et de cette passion pour les grands hommes s\\nqui sont un des traits de notre caractere national.\\nLe jour ou Corneille cesserait d etre populaire sur\\nnotre theatre, nous aurions cesse d etre une grande\\nnation.))\\nII ne faut pas non plus oublier les services ren- lo\\ndus aux lettres par Richelieu, qui aimait les poetes\\njusqu a en etre jaloux; les pensions accordees aux\\necrivains la creation de la presse periodique, par le\\nprivilege de la Gazette de France, accorde au me-\\ndecin Renaudot; et surtout I institution de VAca- 15\\ndemie frangaise (1635).", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0138.jp2"}, "137": {"fulltext": "LOUIS XIV 119\\nCHAPITRE XIV\\nLOUIS XIV (1643-1715)\u00e2\u0080\u0094 MAZARIN\\nBataille de Rocroy. Richelieu n avait pas eu\\nle temps d achever la longue guerre dans laquelle\\nnous etions engages. Louis XIII le suivit quel-\\nques mois apres au tombeau (mai 1643). Cette\\n5 double mort releva le courage des Espagnols; le\\ntrone passait a un enfant de cinq ans, la regence a\\nune femme. Les ennemis avaient repris I offensive\\ndu cote de la Champagne et assiegeaient Rocroy.\\nLe jeune due d Enghien, fils du prince de Conde,\\n10 commandait de ce cote il avait regu comme dot de\\nson mariage avec une niece de Richelieu la direc-\\ntion d une armee, et il en etait digne. Ayant la\\nressemblance il a aussi I audace de I aigle. Cinq\\njour^ apres la mort du roi, malgre I avis de ses\\n15 plus vieux officiers, il ose attaquer une armee pres-\\nque double de la sienne et composee en grande\\npartie de ces vieilles bandes espagnoles dont, depuis\\nPavie, la reputation etait si grande. Les Espagnols,\\nsuffisamment converts par les marais et les bois\\n20 dont Rocroy est entoure, pressaient vivement le\\nsiege. On se canonna d abord jusqu a la nuit, et\\nle lendemain (19 mai 1643) s ebranle pour un", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0139.jp2"}, "138": {"fulltext": "1 2D HISTOIRE DE FRANCE\\nchoc declsif. Le due d Enghien avec Gassion, en-\\nfonce I aile gauche des Espagnols les deux chefs,\\nmanoeuvrant habilement, se separent Gassion pour-\\nsuit les fuyards, Enghien se jette sur le centre enne-\\nmi. Or, a ce moment I aile droite des Espagnols, 5\\nvictorieuse, ecrasait les Frangais dont les chefs\\netaient mis hors de combat. Enghien voit le\\ndanger et le previent. II passe avec sa cavalerie\\nderriere les lignes ennemies et court attaquer Taile\\ndroite espagnole qui se croyait maitresse du champ 10\\nde bataille. Cette manoeuvre, dont on n avait point\\neu d exemple, decida du succes; il fallait le com-\\npleter. Restaient au milieu de la plaine les gros\\nbataillons de I infanterie espagnole jusque-la invin-\\ncibles ils se forment en carres des que les notres 15\\napprochent, les carres s ouvrent, demasquant dix-\\nhuit pieces de canon, qui vomissent la mort de\\ntoutes parts. Mais les bandes espagnoles sont en-\\ntourees Gassion a rejoint le due d Enghien. Toute\\nI armee frangaise se precipite contre les quatre mille 20\\nvieux soldats qui resistent avec la plus admirable\\nintrepidite. Enfin, pour eviter un carnage inutile,\\ndes of ficiers espagnols demandent quartier. En-\\nghien s avance pour les ecouter; soit erreur, soit\\nexaltation, les soldats espagnols continuent l^feu. 25\\nAlors nos troupes indignees se precipitent de nou-\\nveau avec fureur et cette glorieuse journee se ter-\\nmina par le carnage le plus affreux. Sept mille\\nennemis jonchaient le champ de bataille; deux\\ncents etendards etaient le trophee de cette victoire 30\\nd un general de vingt-deux ans.\\nLa reputation que venaient de gagner et nos\\ntroupes et Conde fut soutenue I annee suivante a", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0140.jp2"}, "139": {"fulltext": "LOUIS XIV 121\\nFribourg (grand-duche de Bade), ou, de concert\\navec un autre illustre capitaine, le vicomte de Tu-\\nrenne, il vainquit, apres plusieurs attaques meur-\\ntrieres, I habile general bavarois Merci (1644).\\n5 Turenne. Tout jeune, Turenne avait mani-\\nfeste un vif amour des combats. Par une froide\\nsoiree d hiver, il s echappa du chateau. Sa mere,\\nsaisie d une inquietude mortelle, envoya a sa re-\\ncherche. Son pere, le due de Bouillon, averti,\\n10 s ecria Je gage qu il est sur les remparts, dans\\nquelque bivouac, a se faire raconter des histoires\\nde guerre.)) Le due de Bouillon alia done de bi-\\nvouac en bivouac et bientot rencontra son fils qui,\\nde lassitude, dormait sur I affut dun canon. ((L en-\\n15 nemi, I ennemi lui cria son pere. Turenne s e-\\nveilla aussitot et se mettait dans I attitude du com-\\nbat, lorsque son pere I entoura dans ses bras en lui\\ndisant Prisonnier prisonnier Fort gronde,\\nTurenne s excusa en repondant Je voulais, mon\\n20 pere, en me couchant sur la dure par cette nuit\\nglacee, m essayer aux fatigues de la guerre et voir\\nsi je serais capable de faire bientot mes premieres\\narmes sous vos ordres.))\\nMazarin. A Paris heureusement regne, sous\\n25 le nom de la regente Anne d Autriche, un ministre\\nqui s entend a recueillir le fruit de ces victoires\\net continue la politique de Richelieu c est Mazarin.\\nNe a Rome en 1602, d une famille sicilienne assez\\nobscure, Mazarin avait d abord etudie chez les je-\\n30 suites: il se distingua de bonne heure, aux repre-\\nsentations du college, par cet art de comedien qu il\\ndeploya plus tard sur le theatre de la politique.\\nAmi des plaisirs et du jeu, on le vit s attacher a", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0141.jp2"}, "140": {"fulltext": "122 HISTOIRE DE FRANCE\\nune grande famille, celle des Colonna, accompagner\\nun jeune prince de cette maison aux universites\\nd Espagne, jouer a Madrid comme a Rome, mais\\netudier neanmoins. II laissa bientot les livres pour\\nI epee et partit capitaine dans un regiment. Puis 5\\nil debuta dans la diplomatic comme attache de le-\\ngation, et, du premier coup, effaga ses maitres. II\\narreta deux armees, dont I une etait I armee fran-\\ngaise, pretes a engager une grande bataille (1630\\nii 1631). Richelieu I apprecia, I attira en France et 10\\nobtint pour lui en 1640 le chapeau de cardinal bien\\nqu il ne fiit pas pretre. Si Mazarin etait etranger,\\nil avait le coeur frangais et le prouva des qu Anne\\nd Autriche lui eut confie le pouvoir. Mazarin\\ndonna toute son attention a la grande lutte contre 15\\nI Empire et contre I Espagne, et, lorsque de nou-\\nvelles victoires de Conde a Nordlingen (1645)\\na Lens (en Artois) (1648) eurent enfin determine\\nI Empire a signer la paix, I habile ministre conclut\\nle traite de Westphalie qui modifiait ou plutot re- 20\\ntablissait Fequilibre de I Europe. La France y\\ngagnait 1 Alsace. L Espagne continua la guerre,\\nmais onze ans plus tard elle ceda a son tour;\\nMazarin eut encore la gloire de negocier et de signer\\nle traite des Pyrenees, qui nous abandonnait I Ar- 25\\ntois et le Roussillon. La France avangait ainsi de\\nplus en plus vers ses limites naturelles.\\nLa Fronde. Le ministre etait moins- heureux\\na I interieur. Mazarin ne ressemblait en rien a\\nRichelieu. Done de beaucoup d esprit, actif, il 30\\netait surtout souple et patient; il savait courber la\\ntete devant I orage, pour surnager ensuite comme\\nle liege qui revient sur I eau.)) Son titre d etranger", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0142.jp2"}, "141": {"fulltext": "LOUIS XIV 123\\navait oblige Mazarin, comme la reine, a beaucoup\\ndonner au commencement de son ministere la\\nguerre vint encore aj outer a la penurie du tresor\\nepuise.\\n5 Au mois de Janvier 1649, regente s enfuit de\\nParis a Saint-Germain, ou la cour coucha presque\\nsur la paille, en plein hiver. Une guerre pen serieuse\\ncommenga, a laquelle on donna le nom d un jeu\\nd enfants, la Fronde Les Parisiens sortaient en\\n10 campagne ornes de plumes et de rubans. lis fu-\\nyaient des qu ils rencontraient deux cents hommes\\nde I armee rovale. Tout se tournait en raillerie.\\nLes troupes parisiennes, qui revenaient tou jours\\nbattues, etaient re9ues avec des huees et des eclats\\n15 de rire Les cabarets etaient les tentes ou Ton\\ntenait les conseils de guerre, au milieu des plaisan-\\nteries, des chansons et de la gaiete la plus dis-\\nsolue.\\nOn lisait autrefois I histoire de la Fronde en riant,\\n20 il faut en realite la lire en pleurant. En plein dix-\\nseptieme siecle, on peut se croire revenu aux guer-\\nres des Anglais ou aux luttes des Bourguignons\\net des Armagnacs.^ Les terres sont tombees en\\nfriche sur beaucoup de points du royaume et des\\n25 villages entiers abandonnes de leurs habitants les\\nroutes couvertes de milliers de malheureux expirant\\nde faim, I infection repandue partout dans les cam-\\npagnes par des cadavres sans sepulture. Dans les\\ncampagnes on ne laboure plus, ou on s attroupe\\n30 pour aller a la charrue en armes a cause des bandes\\nde pillards et de soldats errants; en Picardie, des\\n1 Voir page 72.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0143.jp2"}, "142": {"fulltext": "124 HISTOIkE DE FRANCE\\npopulations entieres vivent dans des grottes ou dans\\ndes carrieres les loups se multiplient et prennent\\npossession des villages deserts.\\nSaint Vincent de Paul. Les miseres que causa\\nla guerre folle de la Fronde mirent en relief les 5\\nvertus de saint Vincent de Paul qui avait voue sa vie\\naux oeuvres de charite. II avait deja, sous le regne\\nde Louis XIII, fonde la confrerie des Pretres de la\\nMission pour evangeliser les campagnes, et institue\\nla congregation des Filles ou Sceurs de la Charite. 10\\n\u00c2\u00a3mu de compassion pour les nombreux enfants\\nqu on abandonnait, il les avait recueillis. Faisant\\nappel a la generosite des puissantes families qui le\\nsecondaient, il vit les plus grandes dames lui ap-\\nporter leurs bijoux, leurs bracelets, leurs colliers 15\\net fonda I CEuvre des Enfants-Trouves (1638).\\nMazarin mourut en 1661 apres avoir apaise les\\ntroubles au dedans et termine les guerres au dehors.\\nII laissa a Louis XIV une autorite tellement ab-\\nsolue que jamais souverain en France n en avait eu 20\\nde semblable. Noblesse, Parlement, peuple, tout\\netait aux pieds du roi.\\nLouis XIV et sa cour. Louis XIV ne voulut\\nplus de premier ministre. Quand on vint lui de-\\nmander, a la mort de Mazarin, a qui il fallait s a- 25\\ndresser pour les affaires A moi,)) repondit-il, et il\\ncommen9a, des ce jour, a gouverner par lui-meme.\\nSon education pourtant avait ete fort negligee,\\nmais il y supplea par un esprit naturel. D ailleurs\\nsa taille, son port, son grand air, I adresse et la 30\\ngrace majestueuse de toute sa personne le faisaient\\ndistinguer au milieu de tons les autres hommes,\\nselon une heureuse expresion, comme le roi des", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0144.jp2"}, "143": {"fulltext": "LOUIS XIV 125\\nabeilles. II aima Tordre et la regie. II aima la\\ngloire et la magnificence. Mais il imposa I ordre\\net la regie jusqn a la tyrannie; son amour de la\\ngloire degenera en une ambition immoderee et son\\n5 gout de la magnificence alia jusqu a la profusion.\\nLa flatterie I enivra a un tel point que sans la\\ncrainte du diable, dit dans ses Memoires le due de\\nSaint-Simon, il se serait fait adorer.\\nII reduisit les nobles a servir d ornements a sa\\n10 cour. Pour lui plaire, ils se jeterent en des de-\\npenses excessives en habits, en equipages, en bati-\\nments, si bien qu il leur fallait, pour soutenir ce\\nluxe, recourir a ses liberalites.\\nAfin de piquer I emulation des seigneurs, Louis\\n15 XIV multipliait les distinctions. Les uns avaient le\\ndroit d entrer dans sa chambre des son reveil et\\npendant qu il s habillait. Les autres n entraient\\nque plus tard. Le soir, quand il se couchait, il\\ndonnait le bougeoir a tenir a Tun des plus titres\\n20 et c etait une faveur il fallait lui demander la per-\\nmission de I accompagner dans ses voyages. II vi-\\nvait ainsi au milieu de sa noblesse comme jadis les\\nrois francs au milieu de leurs guerriers, avec cette\\ndifference que la politesse la plus raffinee avait\\n25 remplace la grossierete barbare. Les courtisans\\nepiaient jusqu aux paroles, jusqu au sourire du roi\\net se trouvaient honores d un regard.\\nMinistres et grands hommes. Louis eut le bon-\\nheur de rencontrer et le merite d apprecier des\\n30 ministres d un rare genie. Colbert retablit les fi-\\nnances, developpa notre Industrie et notre com-\\nmerce. Louvois organisa Tarmee. Vauban fortifia\\nles places et perfectionna I art de prendre les villes.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0145.jp2"}, "144": {"fulltext": "126 HISTOIRE DE FRANCE\\nTurenne, Conde ne demandaient qu a gagner de\\nnouvelles victoires.\\nColbert (1619-1683). Colbert fut, si Ton peut\\nainsi parler, le ministre de la paix. Fils d un mar-\\nchand de drap de Reims, il entra au service de Le 5\\nTellier, puis a celui de Mazarin. Avant de mourir,\\nMazarin dit a Louis XIV: Sire, je vous dois tout,\\nmais je crois ni acquitter en quelque maniere en\\nvous donnant Colbert.)) Ce fut en effet le ministre\\nle plus sage comme le plus utile de Louis XIV. 10\\nParvenu a la plus haute fortune, il ne I oublia point\\net ecrivait dans ses instructions a son fils Mon\\nfils doit souvent faire reflexion sur ce que sa\\nnaissance I aurait fait etre si Dieu n avait pas beni\\nmon travail et si ce travail n avait pas ete ex- 15\\ntreme.))\\nCe financier austere et dur, a cet homme de mar-\\nbre avait des sentiments eleves et genereux. II\\nfaut, ecrivait-il a Louis XIV, epargner cinq sous\\naux choses non necessaires et jeter les millions 20\\nquand il s agit de notre gloire. Un repas inutile\\nde 3000 livres me fait une peine incroyable, et lors-\\nqu il est question de millions d or pour I affaire de\\nPologne, je vendrais tout mon bien, j engagerais\\nma femme et mes enfants, et j irais a pied toute ma 25\\nvie pour y fournir.)) Je voudrais, disait-il dans\\nune autre circonstance, que mes pro jets eussent\\nune fin heureuse, que I abondance regnat dans le\\nroyaume, que tout le monde y fiit content, et que,\\nsans emploi, sans dignite, eloigne de la cour et des 30\\naffaires, I herbe crut dans ma cour.))\\nColbert encouragea I agriculture, exempta de la\\ntaille les families nombreuses et, comme Sully, inter-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0146.jp2"}, "145": {"fulltext": "LOUIS XIV 127\\ndit la saisie des instruments de labour, mals il cher-\\ncha surtout a developper rir^dustrie. II voulut que\\nla France n achetat plus au dehors les etoffes dont\\nelle avait besoin, attira d habiles ouvriers et leva,\\n5 aux f rontieres, de droits considerables sur les^ pro\\nduits des manufactures etrangeres. Bientot a Se-\\ndan, a Louviers, a Abbeville, a Elbeuf, on fabriqua\\ndes draps recherches; a Lyon, des etoffes de sole\\nmelees d or et d argent; aux Gobelins, a Paris, de\\n10 plus belles tapisseries que celles de Flandre.\\nAfin de faciliter le commerce, il supprima quel-\\nques-unes des douanes qui existaient entre les pro-\\nvinces, agrandit les ports, repara les routes. II fit\\ndeclarer que le commerce de mer ne derogeait point\\n15 a la noblesse; racheta plusieurs des iles des An-\\ntilles et developpa les colonies en Amerique et en\\nAsie. La marine marchande devint bientot floris-\\nsante, et Louis XIV eut a Brest une flotte militaire\\nde cinquante vaisseaux.\\n20 Malgre tant de services et bien d autres que nous\\nne pouvons enumerer, Colbert, qui cherchait en\\nvain a arreter Louis XIV sur la voie des funestes et\\nruineuses entreprises, niourut presque disgracie du\\nroi pour la gloire duquel il avait tant travaille. Si\\n25 j avais fait pour Dieu ce que j ai fait pour cet\\nhomme, disait-il, je serais sauve dix fois.)) II refusa\\nde lire une lettre que le roi lui adressait. Le peuple\\nmeme, mecontent des derniers edits financiers dont\\nColbert n etait certes point coupable, voulait outra-\\n30 ger les restes de ce grand ministre, trop dur et trop\\ninflexible a la verite pour etre populaire. Le roi\\nfut ingrat, le peuple fut ingrat, la posterite seule, dit\\nAugustin Thierry, a ete juste.))", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0147.jp2"}, "146": {"fulltext": "128 HISTOIRE DE FRANCE\\nLouvois (1641-1691). Louvois organisa le sys-\\nteme militaire qui devait se maintenir jusqu en 1789.\\nFils de Michel Le Tellier, secretaire d Etat de la\\nguerre, il fut designe, des I age de quinze ans, pour\\nobtenir la charge de son pere. II fut en quelque 5\\nsorte eleve pour les fonctions qu il allait remplir.\\nServiteur parfois desagreable, trop souvent com-\\nplaisant, tou jours associe a la pensee de son maitre,\\nil etait integre, soucieux des interets du soldat; il\\netablit un ordre severe dans I administration, les 10\\nsubsistances de Farmee, ce qui ne I empechait pas\\nde faire ravager d une maniere horrible les pays\\nennemis.\\nLouvois obligea les proprietaires de regiments\\n(car les regiments etaient alors une propriete) a les 15\\ntenir complets, a veiller a leur subsistance, a leur\\nhabillement, qui fut uniforme dans chaque regi-\\nment; de la I origine de Tuniforme.\\nLa discipline militaire s exerga a tons les rangs\\nde la hierarchic militaire, des reproches atteignirent 20\\nles officiers negligents. Mme de Sevigne nous a\\nconserve un curieux dialogue entre un colonel de\\nbonne famille et le rude ministre. M. de Louvois\\ndit I autre jour tout haut a M. de Nogaret Mon-\\nsieur, votre compagnie est en fort mauvais etat. 25\\nMonsieur, je ne le savais pas. II faut le savoir,\\ndit M. de Louvois; I avez-vous vue? Non, mon-\\nsieur, dit Nogaret. II faudrait I avoir vue, mon-\\nsieur. Monsieur, j y donnerai ordre. II fau-\\ndrait I avoir donne car enfin il faut prendre parti, 30\\nmonsieur, ou se declarer courtisan, ou faire son\\ndevoir quand on est officier.)) Les officiers gene-\\nraux avancerent selon la duree des services. Lou-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0148.jp2"}, "147": {"fulltext": "LOUIS XIV 129\\nvois rempla^a la pique par le fusil arme de la ba ion-\\nnette. II crea des magasins de vivres pour I appro-\\nvisionnement des armees en campagne, des hopi-\\ntaux militaires, et, sur les conseils de Louis XIV,\\n5 fit construire le magnifique Hotel des Invalides.\\nMais Louvois poussa trop Louis XIV a la guerre et\\nmourut en 1691, au moment ou ses funestes inspira-\\ntions engageaient le roi dans les luttes les plus\\nacharnees contre I Europe.\\n10 Vauban (1633-1707) Ne le plus pauvre gen-\\ntilhomme du royaume,\u00c2\u00bb comme il le disait lui-meme,\\nSebastien Le Prestre, seigneur de Vauban, n avait\\nqu une chaumiere de paysan une seule chambre,\\nune grange et une ecurie on la montre encore dans\\n15 le Morvan bourguignon, et elle fut longtemps au\\ndix-huitieme siecle occupee par un sabotier. Or-\\nphelin a Tage de dix ans, il regut quelques legons\\ndu pauvre cure de son village, pour lequel il travail-\\nlait en echange de I abri qu il avait regu chez lui.\\n20 A dix-sept ans, il s engage dans les troupes de\\nConde pendant la Fronde, se distingue, est fait pri-\\nsonnier. Mazarin, qui a entendu dire que le jeune\\nsoldat s entend en fortifications, le convertit facile-\\nment a la cause royale. On I attache comme aide\\n25 a un homme mediocre qui passait pour le premier\\ningenieur du temps. Vauban eut bientot depasse\\nson maitre, qui mourut a temps pour lui laisser sa\\nplace; des 1677 il fut nomme commissaire general\\ndes fortifications du rojaume.\\n30 Sa vie militaire est des mieux remplies il a fait\\nreparer 300 places fortes anciennes, en a fait cons-\\ntruire 33 neuves il a conduit 53 sieges et s est trou-\\nve en personne a 143 engagements de vigueur.)) II", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0149.jp2"}, "148": {"fulltext": "130 HISTOIRE DE FRANCE\\nporte Tart de la defense au degre de perfection ou\\nil avait aussi porte I art de I attaque, de sorte que\\ndans Tarmee il y avait deux dictons militaires\\nVille assiegee par Vauban, ville prise ville for-\\ntifiee par Vauban, ville imprenable.)) 5\\nVauban, pour lui-meme hardi jusqu a la temerite,\\nse montra tou jours menager au plus haut degre du\\nsang des autres a ce point de vue, rhomme de\\nguerre est digne de veneration. II ne faut jamais,\\na-t-il ecrit quelque part, faire a decouvert ni par 10\\nforce ce qu on peut faire par industrie. La preci-\\npitation ne hate point la prise des places II vaut\\nmieux briiler plus de poudre et verser moins de\\nsang.)) Sire, disait-il a Louis XIV, j aime\\nmieux conserver 100 soldats a Votre Majeste que 15\\nd en tuer 3000 aux ennemis et une autre fois\\nVous gagnerez un jour, mais vous perdrez 1000\\nhommes ne le faites pas ou Vous perdrez\\ntel homme qui vaut mieux que le fort n attaquez\\npas.)) C etait, nous dit Saint-Simon qui n a pas 20\\nhabitude de flatter, le plus honnete homme et le\\nplus vertueux homme de son siecle, le plus simple,\\nle plus vrai, le plus modeste.)) C etait aussi un\\ngrand citoyen, pour lequel ce severe Saint-Simon\\ncrea le nom de patriote. 25\\nJeune, ardent, ambitieux, Louis XIV voulut en-\\ncore agrandir la France. Dans une campagne qui\\nsembla le voyage d une cour (1667), il fit la con-\\nquete de la Flandre et gagna la possession de la\\nforte place de Lille, conquete precieuse qui fut con- 30\\nfirmee par le traite d Aix-la-Chapelle (1668). En\\n1672, il envahit la Hollande et s en fut rendu maitre\\nsi les Hollandais, desesperes, n eussent rompu les", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0150.jp2"}, "149": {"fulltext": "LOUIS XIV 131\\ndigues qui retenaient la mer, et inonde une partie de\\nleur pays.\\nlis furent soutenus par une coalition des princi-\\npales puissances de I Europe. Mais les armees de\\n5 Louis XIV tinrent tete aux HoUandais, aux Alle-\\nmands, aux Espagnols. Conde gagna sur Guil-\\nlaume d Orange, chef ou stathouder de la Hollande,\\nla sanglante bataille de Senef (1674). Turenne\\ndelivra I Alsace, envahie par les Imperiaux, et les\\n10 poursuivit en Allemagne (1675). Malheureuse-\\nment I armee se vit tout a coup privee de ce grand\\ngeneral, qui fut tue par un boulet. Les Frangais\\nbattirent en retraite. II fallut envoyer le prince de\\nConde pour prendre le commandement mais ce fut\\n15 la aussi sa derniere campagne. Son age et ses in-\\nfirmites le condamnaient au repos.\\nBien que prive de ces deux fameux capitaines,\\nLouis XIV continua la guerre, prit les villes de\\nValenciennes, de Cambrai, de Gand, et signa les\\n20 traites de Nimegue (1678) qui lui assuraient la\\npossession de la Flandre et celle de la Franche-\\nComte.\\nMort de Turenne. La plus belle de toutes ceS\\ncampagnes fut celle de Turenne, qui, en plein hiver,\\n25 delivra I Alsace, occupee par les Imperiaux. Mal-\\nheureusement c etait sa derniere. Au mois de juil-\\nlet 1675, Turenne, qui etait alle chercher les Im-\\nperiaux au dela du Rhin, avait en face de lui un ad-\\nversaire redoutable, Montecuculli. Tous deux, en\\n30 generaux habiles, semblaient faire, avec leurs ma-\\nnoeuvres savantes, une vraie partie d echecs. La\\npartie etait sur le point de se terminer, et Turenne\\nallait la gagner. II avait choisi pour livrer bataille", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0151.jp2"}, "150": {"fulltext": "132 HISTOIRE DE FRANCE\\nd admirables positions. II n avait pu, lui d ordi-\\nnaire si modeste, s empecher de s ecrier en voyant\\nles ennemis Je les tiens Le 27 juillet 1675,\\nla veille de la bataille, Turenne acheve ses dernieres\\ndispositions. Dans le milieu de la journee, pres 5\\nd un bouquet de vieux arbres, il s assied sur le gazon\\npour dejeuner tranquillement. Vis-a-vis se trou-\\nvait une batterie ennemie, dont les decharges ne\\ntroublerent point le repas frugal du heros. Cepen-\\ndant le lieutenant general Saint-Hilaire etait sou- 10\\ncieux. Cette batterie suspecte lui paraissait avoir\\npour but de detourner I attention d un mouvement\\nque faisaient les troupes ennemies. II alia en ob-\\nservation et se confirma dans son opinion. Aussi-\\ntot il en fait part a Turenne. Turenne monte a 15\\ncheval pour aller reconnaitre le point faible ou I en-\\nnemi se proposait de porter ses efforts, et I emplace-\\nment d une batterie que Saint-Hilaire voulait y eta-\\nblir. Oui, dit Turenne en arrivant au lieu desi-\\ngne, oui, Saint-Hilaire, le conseil est bon dressez 20\\nune batterie ici.)) Au meme moment, un boulet casse\\nle bras de Saint-Hilaire et vient frapper Turenne\\nau coeur. Le fils de Saint-Hilaire, voyant son pere\\nblesse, se jette sur lui en pleurant: Ce n est pas\\nmoi, mon fils, repond le blesse en montrant le ca- 25\\ndavre de Turenne, c est ce grand homme qu il faut\\npleurer.))\\nCe fut, en effet, une perte irreparable et un deuil\\nuniversel. Le secret de la bataille du lendemain\\nperit avec Turenne. L armee fut saisie d une vraie 30\\npanique; il fallut battre en retraite, et les soldats,\\nrepetant qu ils avaient perdu le^Jir pere,)) repas-\\nserent le Rhin. Louis XIV fit rendre les plus", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0152.jp2"}, "151": {"fulltext": "LOUIS XIV ^33\\ngrands honneurs a Turenne et voulut qu il fut eii-\\nterre dans les caveanx de Saint-Denis depuis on I a\\ntransports aux Invalides.\\n11 fallut, pour retablir les affaires, une campagne\\n5 de Conde. Mais ce fut, a lui aussi, sa derniere cam-\\npagne. Ses infirmites lobligerent a se retirer dans\\nson domaine de Chantilly. II y passa le reste de sa\\nvie, qui se prolongea jusqu en i686, se consolant de\\nses douleurs dans la conversation des hommes de\\nlo genie en tout genre dont la France etait alors rem-\\nplie. Une foule de poetes, de savants, d orateurs,\\nd artistes, rehaussait et glorifiait par des chefs-\\nd oeuvre immortels ce regne si brillant.\\nLouis XIV est alors au comble de la puissance.\\n15 II n y avait qu une autorite en France, celle du roi.\\nLoui s XIV ne voulut plus qu une foi religieuse.\\nCependant les protestants, paisibles, ne formaient\\nplus un parti politique mais Louis XIV voulut les\\nforcer a se convertir. Enfin il revoqua VEdit de\\n20 Nantes (1685). L exercice du culte protestant fut\\ninterdit, ses ministres furent bannis du royaume\\ntrois cent mille reformes les suivirent malgre ^la\\nsurveillance rigoureuse exercee pour empecher I e-\\nniigration et les supplices qui la punissaient. Cette\\n25 persecution depeupla un quart du royaume. File\\narreta les progres de I industrie, qui presque tout\\nentiere etait entre les mains des protestants. File\\nfit passer les secrets de nos manufactures aux etran-\\ngers et fit fleurir leurs fitats aux depens du notre.\\n30 Louvois, pour hater le succes des missions or-\\nganisees pour la conversion des protestants, imagina\\nd y meler du militaire. II logea des gens de guerre\\nchez les calvinistes. Ces soldats commirent les plus", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0153.jp2"}, "152": {"fulltext": "134 HISTOIRE DE FRANCE\\ngrands exces, et, comme les dragons se distmguerent\\nsurtout par les violences, on appela cette execution\\nles Dragonnades.\\nL intendant de Beam ecrivait dans son journal\\nII s est converti six cents personnes dans cinq villes 5\\nou bourgs sur le simple avis que les compagnies\\netaient en marclie. De quatre mille religionnaires\\nqu il y avait a Orthez, il s en convertit deux mille\\navant I arrivee des troupes, en sorte que, pendant\\nle sejour que j y fis avec des missionnaires, ils se lo\\nconvertirent tons, a la reserve de vingt families\\nopiniatres.)) Les nouvelles de conversions ainsi ar-\\nrachees arrivaient par milliers a la cour. Louvois\\necrivait a son pere, le chancelier Le Tellier II\\ns est fait 60,000 conversions dans la generalite de 15\\nBordeaux et 20,000 dans celle de Montauban. La\\nrapidite dont cela va est telle qu il ne restera pas\\n10,000 religionnaires dans toute la generalite de\\nBordeaux, ou il y en avait 150,000 le 15 du mois\\npasse.)) 20\\nCes conversions apparentes firent illusion a Louis\\nXIV et lui persuaderent qu il n avait plus qu a\\nsigner la revocation de I fidit de Nantes pour que\\nle protestantisme fut detruit. Ce fut le commence-\\nment de ses fautes et de ses malheurs. 25\\nCette persecution des protestants contribua a\\nrendre plus hostiles les nations protestantes, aux-\\nquelles se joignirent les nations catholiques ef-\\nfrayees deja de I ambition de Louis XIV. La ligue\\nd Augsbourg se forma (1686). Louis XIV en- 30\\ngagea la lutte (1688) et bientot compliqua cette\\nnouvelle guerre en voulant retablir sur le trone\\nd Angleterre le roi Jacques II, renverse par ses", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0154.jp2"}, "153": {"fulltext": "LOUIS XIV 135\\nsujets, qu il avait voulu ramener au catholi-\\ncisme.\\nLes vaisseaux franqais, conduits par I amiral\\nTourville, porterent Jacques II et une armee en Ir-\\nS lande (1690). Mais la cause de ce roi incapable\\netait desesperee. Louis XIV ne s en obstina pas\\nmoins. Tourville soutint un combat glorieux sur\\nmer contre des forces superieures, mais une partie\\nde ses vaisseaux vint echouer dans la rade de la\\n10 Hougue, ou leurs equipages les brulerent pour ne\\npas les laisser prendre par I ennemi (1692).\\nOn ne livra plus des lors de grands combats sur\\nmer, mais de hardis marins, Jean Bart, Duguay-\\nTrouin et une foule d autres, dans leurs courses\\n15 audacieuses, infatigables, causent beaucoup de mal\\nau commerce ennemi.\\nJean Bart et Duguay-Trouin etaient les fils d ar-\\nmateurs, I un de Dunkerque, I autre de Saint-Malo.\\nJean Bart tout enfant avait revele sa vocation il se\\n20 plaisait surtout, dans les longues veillees, a cons-\\ntruire de petits navires. Jean Bart entre comme\\nlieutenant dans la marine royale en 1679. Duguay-\\nTrouin, plus jeune, n y entre qu a la fin de la\\nguerre de la ligue d Augsbourg. Leurs noms toute-\\n25 fois retentissent ensemble pendant cette guerre.\\nJean Bart, fait prisonnier par trahison, menace\\nde mettre le feu aux poudres du batiment sur lequel\\non I a attire si on ne le delivre aussitot.\\nDuguay-Trouin, avec son navire, soutient seul\\n30 un combat acharne pendant douze heures contre\\nsix navires anglais. Jean Bart s en va chercher,\\ndans le Nord, un convoi de ble vivement attendu\\nde la France affamee; il le rencontre, mais deja", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0155.jp2"}, "154": {"fulltext": "I $6 HISTOIRE DE FRANCE\\npris et escorte de huit vaisseaux de guerre hollan-\\ndais avec six fregates, il attaque les huit vaisseaux,\\nles bat, en prend trois et rentre triomphant avec le\\nconvoi de ble (1694). En 1696, quatorze vais-\\nseaux bloquent Dunkerque pour empecher Jean 5\\nBart de sortir il sort neanmoins il rencontre une\\nflotte marchande hollandaise bien escortee il prend\\ncinq vaisseaux et vingt-cinq batiments marchands.\\nSurvient une flotte hollandaise: Jean Bart renvoie\\nses prisonniers sur les cinq vaisseaux dont il s est 10\\nrendu maitre, et briile les autres navires en presence\\ndes ennemis stupefaits. Duguay-Trouin, non plus\\nque lui, ne compte ses adversaires et, comme lui,\\nmarque chaque annee par des prises nombreuses\\nqui ruinent bien plus encore I ennemi qu elles n en- 15\\nrichissent les armateurs. Duguay-Trouin, luttant\\ncontre six vaisseaux anglais, force, I epee a la main,\\nses matelots a retourner a un combat dont ils ne\\nveulent plus. Un officier se plaignait d avoir ete\\nmal seconde par son equipage. Mon cher, lui re- 20\\npondit Duguay-Trouin, c est que vous n aviez pas\\nde courage pour eux tons.)) Jean Bart transportait\\nle prince de Conti en Pologne on rencontra des\\nforces ennemies bien superieures, mais on leur\\nechappa. C est bien heureux, dit le prince, car 25\\nnous etions pris. Non, repondit Jean Bart.\\nComment auriez-vous fait Plutot que de me\\nrendre, dit froidement le capitaine, j aurais fait\\nmettre le feu au-vaisseau: nous aurions saute, mais\\nils ne nous auraient pas pris.)) Le prince fremit 30\\na cette revelation Le remede est pire que le mal,\\ndit-il; je vous defends de vous en servir tant que je\\nserai sur votre vaisseau.))", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0156.jp2"}, "155": {"fulltext": "LOUIS XIV 137\\nJean Bart meurt en 1702 prematurement, car il\\nn avait que cinquante ans. Duguay-Trouin lui sur-\\nvit et fournit une brillante carriere pendant la nou-\\nvelle Ititte que Louis XIV soutient de 1702 a 1714\\n5 contre I Europe coalisee.\\nGuerre de la Succession d Espagne. Les\\nguerres nombreuses avaient deja epuise le royaume\\nquand, en 1700, mourut le roi d Espagne, Charles II,\\nfrere de la reine de France. Louis XIV pretendait\\n10 a la succession pour ses enfants. D ailleurs, par un\\ntestament qu on avait su obtenir de lui, Charles II\\navait legue a un petit-fils de Louis XIV la mo-\\nnarchic espagnole, qui comprenait I Espagne, les\\nPays-Bas, le royaume de Naples et le Milanais.\\n15 Louis, presentant son petit-fils a sa cour, dit simple-\\nment Messieurs, voila le roi d Espagne.)) Puis\\nse tournant vers son petit-fils, il lui dit Seulement\\nn oubliez pas que vous etes fils de France.)) L am-\\nbassadeur d Espagne fit observer que le passage\\n20 allait devenir aise, que les Pyrenees etaient fon-\\ndues.)) On a fait de cette remarque ie mot celebre\\nII n y a plus de Pyrenees.))\\nL Europe s effraya de la puissance que cet avene-\\nment d un prince franqais au trone d Espagne don-\\n25 nait a notre pays. EUe craignit que I Espagne,\\nritalie, les Pays-Bas fussent un jour reunis a la\\nFrance, et Louis XIV commit la faute de laisser voir\\nqu il esperait cette reunion. La France eiit alors\\nconstitue une puissance beaucoup plus redoutable\\n30 que celle de Charles-Quint. Des lors ce fut de la\\npart de I Europe une haine violente et une guerre\\nacharnee qui se prolongea treize ans.\\n]Les premieres annees, Louis Xiy soutint la lutt^", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0157.jp2"}, "156": {"fulltext": "138 HISTOIRE DE FRANCE\\navec avantage, mais il confiait trop souvent ses\\narmees a cles favoris et pretendait les diriger de\\nVersailles. II fallut sortir de rAUemagne, puis de\\nI ltalie apres la bataille de Turin (1706). Les de-\\nfaites de Ramillies (1706), d Oudenarde (1708), 5\\nnous forcerent a abandonner les Pays-Bas. La\\nFrance fut envahie. Malgre Theroique defense du\\nmarechal de Bouf flers, la ville de Lille dut capituler\\n(1708). Des cavaliers ennemis coururent jusqu a\\nVersailles et enleverent sur le pont de Sevres un 10\\nofficier de la maison du roi qu ils prirent pour le\\ndauphin.\\nL hiver de 1709 fut horrible. Une gelee, qui\\ndura pres de deux mois de la meme force, avait, des\\nses premiers jours, rendu les rivieres solides jusqu a 15\\nleur embouchure et les bords de la mer capables\\nde porter des charrettes. Les arbres fruitiers pe-\\nrirent, il ne resta plus ni noyers, ni oliviers, ni pom-\\nmiers, ni vignes les autres arbres moururent en tres\\ngrand nombre; les jardins perirent et tous les 20\\ngrains dans la terre. On ne pent comprendre la de-\\nsolation de cette ruine generale.))\\nLouis XIV, courbant son orgueil devant tant de\\nmalheurs, demanda la paix. Les coalises, le croyant\\nreduit a toute extremite n en devinrent que plus 25\\nacharnes ils voulurent le forcer a chasser lui-meme\\nPhilippe V d Espagne. Mieux vaut faire la\\nguerre a mes ennemis qu a mes enfants,)) repondit-\\nil, et il releva la tete; il ecrivit a tous les gouver-\\nneurs, aux eveques, une lettre noble et patriotique. 30\\nLe sentiment national eclata et fit oublier toutes les\\nsouf frances. Les soldats de Villars n avaient\\npoint de pain et ils etaient gais.)) Quand des", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0158.jp2"}, "157": {"fulltext": "LOUIS XIV 139\\nbrigades marchent, ecrivait Villars, il faut que les\\nbrigades qui ne marchent pas jeiinent. On s ac-\\ncoutume a tout. Je crois cependant que I habitude\\nde ne pas manger n est pas bien facile a prendre.))\\n5 Attaques a Malplaquet (septembre 1709), les sol-\\ndats jeterent le pain qu on venait de leur distribuer,\\npour courir plus legerement au combat. lis furent\\nvaincus, mais causerent a I ennemi plus de mal\\nqu ils n en regurent. L espoir revint a la France.\\n10 En Espagne, Vendome gagna la bataille de Villa-\\nviciosa et dit a Philippe V fatigue Je vais vous\\nfaire donner le plus beau lit sur lequel un roi ait\\ncouche.)) II fit apporter les etendards et les dra-\\npeaux pris a I ennemi.\\n15 Des malheurs domestiques vinrent, en meme\\ntemps que les malheurs de I fitat, accabler Louis\\nXIV vieillissant. Le dauphin mourut en 1711;\\nle fils du dauphin, le due de Bourgogne, mourut\\navec sa femme en 1712. Louis XIV se trouva\\n20 presque isole il n avait plus pour heritier qu un\\narriere-petit-fils age de cinq ans. Et a ce moment\\nla France etait menacee d une invasion. Louis XIV\\nconfia a Villars sa derniere armee, il lui dit d un\\nton penetre Vous voyez mon etat, monsieur le\\n25 marechal il y a bien peu d exemples de ce qui m ar-\\nrive et que Ton perde, dans la meme semaine, son\\npetit-fils, sa petite belle-fille, et leur fils, tons de\\ntres grande esperance et tres tendrement aimes.\\nDieu me punit: je I ai bien merite,)) puis il ajouta:\\n30 La confiance que j ai en vous est bien marquee,\\npuisque je vous remets les forces et le salut de I fitat..\\nJe connais votre zele et la valeur de mes troupes,\\nmais enfin la fortune pent vous etre contraire: s il", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0159.jp2"}, "158": {"fulltext": "I40 HISTOIRE DE FRANCE\\narrivait ce malheur a rarmee que vous commandez,\\nquel serait votre sentiment sur le parti que j aurais\\na prendre Villars n osait repondre, balbutiait.\\nLe roi reprit Je compterais aller a Peronne ou a\\nSaint-Quentin y ramasser tout ce que j aurais de s\\ntroupes, faire un dernier effort avec vous et perir\\nensemble ou sauver I fitat.)) Noble parole qui en\\nfait oublier d autres, trop egoistes il n eut pas be-\\nsoin de la tenir.\\nVillars, avec une habile et lieureuse audace, en- lo\\nleva un camp retranche a Denain (1712). Ce fut\\nune victoire complete, que suivit la conquete des\\nplaces surprises par les ennemis. La France etait\\nsauvee.\\nLouis XIV et les lettres. La France, a cette 15\\nepoque, s enorgueillissait de ses ecrivains et de ses\\nartistes, que Louis XIV encourageait. Aussi a-t-\\non reconnu cette protection royale en reunissant au-\\ntour de son nom tons les hommes de genie du siecle.\\nLe roi combla de faveurs Racine, qui nous a laisse 20\\ndes tragedies aussi nobles que touchantes; Boileau,\\nqui par ses preceptes et ses exemples donna dans ses\\nvers les regies de Tart d ecrire; Moliere, dont les\\ncomedies spirituelles tournaient en ridicule les vices\\net les defauts de la societe. Apprenant qu a sa cour 25\\nMoliere subissait des avanies parce qu il etait come-\\ndien^ Louis XIV le fit un jour, asseoir a sa table:\\n((Vous me voyez, dit-il aux seigneurs, occupe a faire\\nmanger Moliere, que mes officiers ne trouvent pas\\nd assez bonne compagnie pour eux.)) 30\\nBoileau, dont les satires etaient mordantes, avait\\ncependant le caractere le plus genereux. Appre-\\nnant que des necessites financieres avaient fait sup-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0160.jp2"}, "159": {"fulltext": "LOUIS XIV 141\\nprimer la pension du vieux Corneille/ il ecrivait\\naussitot au roi et offrit le sacrifice de sa propre\\npension. Louis XIV n accepta pas ce sacrifice,\\nmaintint la pension de Corneille et lui envoya en\\n5 outre deux cents louis d or.\\nMais le charmant fabuliste La Fontaine deplaisait\\nau roi, qui ne comprenait pas le genie du Bon-\\nho^me aujourd hui tant aime de I enfance.\\nEn 171 5 Louis mourait, a I age de yj ans, laissant\\n10 la France plus grande qu il ne I avait regue, mais\\nmeurtrie et epuisee.\\n1 Voir page 117.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0161.jp2"}, "160": {"fulltext": "142 lilSTOlRE DE FRANCE\\nCHAPITRE XV\\nLOUIS XV (1715-1774)\\nLouis XV; la Regence. Une joie inconvenante\\naccompagna les funerailles du grand roi. La Re-\\ngence commenga, temps reste fameux par la licence\\na laquelle s abandonnerent la cour et la noblesse, in-\\nvitees au plaisir par le regent lui-meme, le due 5\\nd Orleans, neveu de Louis XIV, qui se degrada au\\nmilieu des debauches avec ses amis.\\nLa grande difficulte etait de trouver de Targent\\npour payer les dettes de I fitat et aussi celles des\\nseigneurs. Le due d Orleans accorda sa confiance 10\\na un ficossais Lav/. Celui-ci voulait repandre I u-\\nsage du papier comme monnaie. II crea une banque\\nqui emettait des billets tres utiles pour les grandes\\ntransactions. II fonda aussi une Conipagnie des\\nIndes, destinee, selon lui, a realiser d immenses be- 15\\nnefices tout le monde voulait s associer a une\\nentreprise qui promettait d etre si fructueuse et on\\nacheta en foule des actions de la compagnie. Toutes\\nles tetes etaient tournees. Le prix de ces actions\\ns elevant sans cesse, avec une rapidite incroyable, 20\\non n avait qu a revendre aussitot pour faire des\\ngains enormes des artisans, des laquais devinrent\\nmillionaires. Pour satisfaire I avidite du public, on\\nmultiplia outre mesure les billets de la banque, re-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0162.jp2"}, "161": {"fulltext": "LOUIS XV 143\\nunie a la Compagnie. La confiance s ebranla; on\\nvoulut de Targent, la banque ne put en donner tons\\nles porteurs de billets se trouverent n avoir que du\\npapier. Ce fut une mine immense. Law s enfuit\\n5 (1720). Mais s il avait echoue, il avait revele la\\npuissance du credit.\\nLouis XV etait a peine reconnu majeur, en 1723,\\nque le regent mourut; son ministre trop pen scru-\\npuleux, le cardinal Dubois, 1 avait precede au tom-\\n10 beau. Le due de Bourbon, homme avide et sans\\nmoeurs, prit la place de premier ministre. Le roi de\\nPologne detrone, Stanislas Leczinski, vivait en\\nFrance oti on I avait accueilli. L^n jour il entre\\ndans la chambre ou etaient sa femme et sa fille.\\n15 Mettons-nous a genoux, dit-il, et remercions Dieu.\\nSeriez-vous rappele au trone de Pologne lui dit\\nsa fille. C est bien mieux, vous etes reine de\\nFrance La pieuse et douce Marie Leczinska\\ndevint, en effet, la femme de Louis XV, qui, a\\n20 Texemple de son aieul, ne tarda pas a la delaisser,\\npoussant le scandale bien plus loin que Louis XIV.\\nEn 1733, le cardinal Fleury, ancien precepteur de\\nLouis XV, et qui avait succede au due de Bourbon,\\nfut oblige, malgre son amour de la paix et de I eco-\\n25 nomie, de prendre part a une guerre presque gene-\\nrale et dite de la succession de Pologne. Cette\\nguerre, qui aurait pu avoir de grands resultats, si\\nelle avait ete energiquement conduite, releva cepen-\\ndant, par quelques victoires, le prestige de nos\\n30 armes, et la France parut au traite de Vienne\\n(1738) Tarbitre de I Europe. Stanislas n eut point\\nle trone de Pologne, mais garda le titre de roi, si\\ndesire pour Thonneur de son gendre on lui ceda", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0163.jp2"}, "162": {"fulltext": "144 HISTOIRE DE FRANCE\\nla Lorraine; apres sa mort, cette province, impor-\\ntante comme frontiere, devait retourner a la France.\\nCe retour eut lieu en 1766.\\nBataille de Fontenoy (1745). Le cardinal\\nFleury, plus qu octogenaire et peu belliqueux, vit 5\\nencore, malgre lui, commencer une guerre generale\\na I occasion de la succession au trone d Autriche\\n(1740- 1 748). Plusieurs competiteurs disputaient a\\nla fois les fitats autrichiens a Marie-Therese et la\\ncouronne imperiale a Francois de Lorraine. Cette 10\\nguerre ne profita qu au roi de Prusse, le celebre\\nFrederic II, qui se porta avec trop peu de loyaute\\ntantot d un cote, tantot de I autre. La France se\\nrangea parmi les ennemis de I Autriche.\\nNotre armee, mal payee, mal nourrie par le trop 15\\neconome Fleury, se disperse, apres de faciles succes,\\npartout ou elle pent vivre. En 1744, Louis XV,\\nj usque-la inerte, fit un effort. II entre dans les\\nPays-Bas avec Maurice de Saxe qui s empare de\\nplusieurs villes. On mit le siege devant Tournai. 20\\nLes Anglais et les Hollandais vinrent pour defendre\\ncette place et il fallut se battre a Fontenoy (1745).\\nLes Frangais etaient retranches dans d excel-\\nlentes positions et appuyes au village de Fontenoy.\\nOn s aborda. Un regiment des gardes anglaises 25\\nparut le premier. A cinquante pas de distance, les\\nofficiers anglais saluerent les Fran^ais en otant\\nleurs chapeaux. Les officiers des gardes-frangaises\\nleur rendirent leur salut. Lord Charles Hay, capi-\\ntaine aux gardes-anglaises, cria Messieurs des 30\\ngardes-frangaises, tirez.)) Le comte d Auteroche\\nleur dit a voix haute Messieurs, nous ne tirons\\njamais les premiers tirez vous-memes.)) Les An-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0164.jp2"}, "163": {"fulltext": "LOUIS XV 145\\nglais firent un feu roulant. Dix-neuf officiers des\\ngardes tomberent blesses a cette seule decharge, 95\\nsoldats demeurerent sur la place, 215 furent blesses,\\nsans compter les ravages faits dans les regiments\\n5 suisses. Le premier rang abattu, les autres terri-\\nfies se disperserent. Les Anglais, formant une co-\\nlonne longue et epaisse, avangaient a pas lents,\\ncomme faisant I exercice. Le marechal de Saxe,\\nqui voyait de sang-froid combien I affaire etait pe-\\n10 rilleuse, fit dire au roi qu il le conjurait de se retirer\\navec le dauphin. ((Oh! je suis bien siir qu il fera\\nce qu il faudra, repondit le roi, mais je resterai oil\\nje suis.)) Le marechal de Saxe tente une derniere\\nattaque on braque des pieces de canon qui font de\\n15 larges trouees dans I epaisse colonne anglaise; tons\\nles regiments I enveloppent la colonne s entr ouvre,\\nest mise en pieces et la bataille est gagnee.\\nCette victoire eut d importants resultats elle\\nnous donna tous les Pays-Bas, et les ennemis se de-\\n20 ciderent enfin a signer la paix d Aix-la-Chapelle\\n(1748). Mais a cause de quelques defaites en\\nItalic et sur mer, Louis XV qui traitait en roi et\\nnon en marchand,)) ne sut rien demander pour nous.\\nNous tenions les Pays-Bas il les rendit. La\\n25 France en rendant ses conquetes, dit le marechal de\\nSaxe, s est fait la guerre a elle-meme. Les enne-\\nmis ont conserve leur meme puissance; elle seule\\ns est affaiblie.))\\nGuerre de sept ans(i756-i763). Huit ans apres,\\n30 I Angleterre, jalouse de notre prosperite renaissante,\\nnous declarait de nouveau la guerre.\\nDupleix aux Indes. Tout le fort de cette guerre\\nse passa dans les Indes et en Amerique, car TAn-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0165.jp2"}, "164": {"fulltext": "146 HISTOIRE DE FRANCE\\ngleterre etait principalement jalouse de nos colonies\\nqui n avaient jamais connu une si grande prosperite.\\nAux Indes, nous aurions conquis un immense em-\\npire si le gouvernement avait soutenu les entreprises\\nintelligentes et hardies de Dupleix. Fils d une fa- 5\\nmille de financiers et d administrateurs, Dupleix\\ndevint, par I influence de son pere, un des directeurs\\nde la Compagnie. Nomme gouverneur general des\\npossessions frangaises en 1741, il avait conqu, pour\\netablir notre puissance dans ces contrees, le pro jet 10\\nde s immiscer dans les querelles des sduverains de\\nrinde. Dupleix etait surtout aide par sa femme,\\nJeanne Albert, fille d un medecin de Paris et d une\\nCreole portugaise, celebre dans Tlnde sous le nom\\nde princesse Jeanne; familiere avec tous les dia- 15\\nlectes du pays, elle entretint, pour le compte de son\\nmari, une vaste correspondance diplomatique. Du-\\npleix, intervenant dans les guerres que se faisaient\\nles gouverneurs des provinces, acquit deux cents\\nlieux de cotes. Mais il n obtenait pas de renforts 20\\nil eprouva quelques echecs. Enfin le ministere an-\\nglais se plaignit imperieusement du genie ambitieux\\nde cet homme qui troublait toute TAsie le deplo-\\nrable gouvernement de Louis XV rappela Dupleix\\n(1755). Avec lui disparut son oeuvre; un jeune 25\\ncommis de la compagnie anglaise, devenu le general\\nClive, suivit ses traces, et, mieux compris, donna a\\nsa patrie un vaste empire qui aurait pu etre le notre.\\nMontcalm au Canada. Meme desastre au Ca-\\nnada. Pour sauver le Canada il eut suffi de cinq 30\\nou six mille soldats, et de quelques millions d ar-\\ngent; on ne jugea pas a Versailles que la Nouvelle-\\nFrance, si digne de ce nom par son devouement a", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0166.jp2"}, "165": {"fulltext": "LOUIS XV 147\\nla mere patrie, meritait ce sacrifice. Ces deserts\\nglaces,)) comme on disait, coutaient trop cher a de-\\nfendre.\\nNous combattrons, ecrivait Montcalm au mi-\\n5 nistre qui I abandonnait, et nous nous ensevelirons,\\ns il le faut, sous les mines de la coionie.)) La popu-\\nlation canadienne etait digne d un pareil chef. On\\ndecida que tons ceux qui pouvaient porter un fusil\\niraient a la guerre, et qu on laisserait les travaux des\\n10 champs aux femmes, aux moines, aux enfants, aux\\nvieillards.\\nMais Montcalm et ses braves troupes ne pouvaient\\netre partout sur la ligne immense des operations.\\nL ennemi parut enfin devant Quebec; Montcalm\\n15 prend avec lui ce qu il a de troupes disponibles,\\ncourt aux Anglais pour ne point leur laisser le\\ntemps de rendre lexir position inexpugnable, et se\\ntrouve avec 4500 hommes en face de 8000, ranges\\nen carre et decides a se bien battre, car, en cas de\\n20 defaite, la retraite leur est impossible; Bougain-\\nville, le fameux navigateur, alors colonel, n etait\\npas loin de la avec 3000 hommes. Montcalm ne\\nI attend pas; il ne se donne meme pas le temps de\\nranger son armee en deux lignes il n etablit pas de\\n25 reserve; il oublie toute sa science au moment ou il\\nfallait surtout s en souvenir. Le general anglais\\nWolfe avait donne I ordre de ne tirer qu a vingt pas,\\net avait fait mettre deux balles dans les fusils. Ce\\nfeu meurtrier causa du desordre dans les rangs\\n30 franqais. Les Canadiens, excellents comme tirail-\\nleurs, valaient moins en ligne, ils se replierent pour\\nse battre a leur maniere, isolement, derriere les\\narbres. Wolfe deploya alors ses colonnes et chargea", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0167.jp2"}, "166": {"fulltext": "148 HISTOIRE DE FRANCE\\na son tour. Deja blesse au poignet, il se mit a la\\ntete de ses grenadiers une balle I atteignit encore\\net lui traversa la poitrine on Temporta sur les\\nderrieres de Tarmee, tandis que les siens pour-\\nsuivaient leurs succes. lis f uient s ecrie un de 5\\nceux qui accompagnaient le general mourant. Cette\\nparole le ranime. Qui demande-t-il. Les Fran-\\ngais, lui repond-on. Alors je meurs content.))\\nMontcalm tombait au meme moment. Malgre\\ndeux blessures, il dirigeait la retraite, lorsqu un coup 10\\nde feu dans les reins le jeta a bas de son cheval.\\nAu moins, dit-il, je ne verrai pas les Anglais dans\\nQuebec.)) II mourut le lendemain. Ses soldats\\nTenterrerent dans un trou fait par une bombe. Trois\\njours apres, Quebec capitula. 15\\nUn habile ministre, le due de Choiseul, essaya de\\nrelever le royaume en retablissant la marine et en\\nreformant I armee; a la mort de Stanislas (1766),\\nil reunit a la France la Lorraine, et puis en 1768\\nacheta I ile de Corse aux Genois. 20\\nChoiseul tendait aussi une main amie a la Pologne\\nque menagaient la Prusse, la Russie et TAutriche.\\nMais la grande politique ne convenait pas aux cour-\\ntisans de Louis XV. Choiseul s etait fait de puis-\\nsants ennemis en bannissant les jesuites (1762), il 25\\nne voulut pas s humilier devant une nouvelle favo-\\nrite, la cynique Mme du Barry et il fut disgracie\\n1770) Le chevalier Meaupou et I abbe Terray, con-\\ntroteur des finances, prirent le pouvoir ils entrerent\\nen lutte contre les parlements. La magistrature 30\\nelevait en ef fet la voix contre ce gouvernement qui\\npatronnait I association dite Facte de famine pour\\nTaccaparement des grains; qui laissait demembrer", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0168.jp2"}, "167": {"fulltext": "LOUIS XV 149\\nla Pologne (1773) et creusait chaque jour le gouffre\\ndu deficit. Les coleres s amassaient. Louis XV\\ndisait Ceci durera bien autant que moi, mon suc-\\ncesseur s en tirera comme il pourra.)) Et la favorite\\n5 repetait avec lui Apres nous le deluge.))\\nLe mouvement intellectuel etait immense; jamais\\non n avait mieux compris le vice des institutions et\\nles abus qu au moment ou le pouvoir cherchait a les\\nmaintenir sans compensation. Le gouvernement de-\\n10 meurait absolu. Louis XV n etait pas homme a\\noublier les leqons qu il avait regues. Lorsqu il etait\\njeune, la multitude, le jour de la fete de Saint-\\nLouis, encombra le jardin des Tuileries, pour le voir.\\nLe marechal de Villeroy, son gouverneur, lui fit re-\\n15 marquer cette multitude prodigieuse qui venait pour\\nle saluer: ((Voyez, lui disait-il, cette affluence, ce\\npeuple tout cela est a vous, vous en etes le maitre,))\\net sans cesse lui repetait cette le^on pour la lui bien\\ninculquer.\\n20 Les lettres de cachet (ordres d emprisonnement)\\nse donnaient avec une facilite incroyable. A la mort\\nde Louis XIV il y eut, dit Saint-Simon, des his-\\ntoires fort e,tranges. Parmi les prisonniers de la\\nBastille, il s en trouva un arrete depuis trente-cinq\\n25 ans, le jour qu il arriva a Paris, d ltalie d oii il etait,\\net qui venait voyager. On n a jamais su pourquoi,\\net sans qu il eiit jamais ete interroge, ainsi que la\\nplupart des autres. Quand on lui annon^a sa liberte,\\nil demanda tristement ce qu on pretendait qu il en\\n1 Forteresse construite a la Porte Saint- Antoine par Charles V.\\nCette forteresse tenait la capitale sous son canon, et depuis long-\\ntemps elle $?rvait de prison d ^^tfit,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0169.jp2"}, "168": {"fulltext": "150 HISTOIRE DE FRANCE\\nput faire. II dit qu il n avait pas un sou, qu il ne\\nconnaissait personne a Paris, pas meme une seule\\nrue, que ses parents d ltalie etaient apparemment\\nmorts. II demanda de rester a la Bastille le reste\\nde ses jours avec la nourriture et le logement.)) 5\\nDevant les tribunaux point de defenseur pour Tac-\\ncuse, procedure tou jours secrete, la question ou la\\ntorture pour arracher des aveux, et comme sanction\\nde lois inegales et cruelles, des supplices plus cruels\\nencore. 10\\nLes crimes, du reste, etaient nombreux, parce que\\nla misere etait profonde. D Argenson ecrivait, pour\\nTannee 1739 En pleine paix, avec les apparences\\nd une recolte, sinon abondante, du moins passable,\\nles hommes meurent tout autour de nous, comme 15\\ndes mouches, de pauvrete, et broutent I herbe. Le\\ncri sinistre a Du pain Du pain sera le premier\\ncri des emeutes terribles de la Revolution. Cette\\nRevolution est prochaine.))", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0170.jp2"}, "169": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION\\nI^I\\nCHAPITRE XVI\\nLOUIS XVI LA REVOLUTION (1774-1793)\\nLouis XVI.\u00e2\u0080\u0094 Le fils de Louis XV, le Dauphin,\\netait mort avant lui, en 1765, laissant trois fils qui,\\ncomme les trois fils de Philippe le Bel, et comme les\\ntrois derniers Valois, devaient tons monter sur le\\n5 trone, mais aussi etre les derniers rois de la maison\\nde Bourbon. A I avenement de I aine, Louis XVI\\n(1774), qui avait vingt ans, on espera un change-\\nment complet de I fitat. On trouva un matin sur\\nle piedestal de la statue de Henri IV, au Pont-Neuf\\n10 cette inscription II est ressuscite.))\\nLouis XVI comprenait peu les progres politiques\\na realiser, mais il avait un desir sincere d ameliorer\\nla condition du peuple il encouragea toutes les in-\\nventions, toutes les decouvertes utiles. II fut un\\n15 des premiers a comprendre I utilite de la vaccine\\net a la defendre contre les prejuges. II encouragea\\net seconda Parmentier qui s efforgait de repandre\\nI usage de la pomme de terre pour vaincre le de-\\ndain des courtisans, il fit servir sur sa table ce mets\\n20 aujourd hui populaire et porta a sa boutonniere la\\nfleur de cette plante meprisee.\\nLouis XVI, pour eviter de grands malheurs, n au-\\nrait eu qu a soutenir de son autorite les deux\\nhommes de bien qu il avait d abord fait entrer au", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0171.jp2"}, "170": {"fulltext": "152 HISTOIRE DE FRANCE\\nministere, Malesherbes et Turgot. Malesherbes\\nvoulait reformer la justice, donner des defenseurs\\naux accuses, rendre aux protestants la liberte de\\nconscience et a tons les Frangais la siirete de leur\\npersonne par la suppression des lettres de cachet. 5\\nTurgot, deja renomme par I habilete qu il avait\\ndeployee dans I administration du Limousin, voulait\\nproclamer la liberte du commerce et de I industrie\\nalors genes par une foule d entraves. Afin de pre-\\nvenir les famines trop nombreuses dans le cours 10\\ndu dix-huitieme siecle, il rendit libre le commerce\\ndes grains et ameliora la navigation interieure.\\nMais ces reformes soulevaient contre lui tous les\\nprivilegies qu elles blessaient.\\nMalesherbes, le premier, donna sa demission au 15\\nroi, qui lui dit Vous etes plus heureux que moi,\\nvous pouvez abdiquer.)) Turgot attendit d etre ren-\\nvoye. Louis XVI eut la faiblesse de congedier un\\nministre dont il avait dit II n y a que Turgot et\\nmoi qui aimons le peuple.)) 20\\nGuerre d^Amerique (i 778-1 783). La guerre\\nd Amerique vint un moment faire diversion aux\\ndifficultes interieures. Les colonies, que TAngle-\\nterre avait fondees au dela de I Atlantique, s etaient\\nsoulevees et avaient, en 1776, proclame leur inde- 25\\npendance.\\nUn planteur devenu general, Washington, di-\\nrigeait les armees. Franklin, autre grand citoyen,\\nhomme aussi savant que vertueux, qui a invente le\\nparatonnerre et travaille a la delivrance de sa patrie, 30\\nvint solliciter les secours de la France. Le jeune\\nmarquis de La Fayette alia le premier offrir son\\nepee a Washington, Louis XVJ envoya 8000", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0172.jp2"}, "171": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION 153\\nhommes sous la conduite de Rochambeau, un des\\nbrillants eleves du marechal de Saxe (1778). A cette\\ntroupe vinrent se joindre en volontaires bon nombre\\nde gentilshommes. Une lettre de La Fayette a sa\\n5 femme, qui desirait le voir revenir (6 Janvier 1778),\\nmontre qu a cote de I exaltation du jeune marquis,\\nil y avait une haute raison L abaissement de I An-\\ngleterre, ecrit-il, Tavantage de ma patrie, le bonheur\\nde I humanite, qui est interessee a ce qu il y ait\\n10 dans le monde un peuple entierement libre, tout\\nm engage a ne pas quitter.))\\nLa France, dont la marine s etait relevee, ouvrit\\nglorieusement les hostilites. Un combat naval in-\\ndecis pres d Ouessant etonna I Angleterre une tem-\\n15 pete seule empecha notre flotte, unie a une escadre\\nespagnole, de debarquer a Plymouth et d attaquer\\nI Angleterre j usque dans son ile. Les flottes fran-\\ngaises avec d Estaing et le comte de Grasse, dont\\nses matelots disaient II a six pieds, et six pieds\\n20 un pouce les jours de bataille,)) dominerent dans les\\nmers des Antilles. L amiral de Grasse vint con-\\ncourir au plan forme par Washington, Rochambeau\\net La Fayette, de cerner I armee anglaise de lord\\nCornwallis dans York-Town. Conduite par La Fa-\\n25 yette avec une prudence et une fermete qu on n eiit\\npas attendues d un jeune general de vingt-quatre\\nans secondee par la bravoure des soldats d un\\nfameux regiment commande par Rochambeau, I en-\\ntreprise reussit completement et I armee anglaise\\n30 se rendit (1781). Ce fut le salut des Americains.\\nLes tats generaux (5 mai 1789). La guerre\\nd Amerique, entreprise pour la liberte d un peuple,\\navait, en France, excite les desirs de liberte de plus", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0173.jp2"}, "172": {"fulltext": "154 HISTOIRE DE FRANCE\\nelle avait coute cher et accru le deficit dans les fi-\\nnances. Pour sortir des embarras financiers, Louis\\nXVI rappela Necker, habile banquier genevois,\\nNecker cependant ne pouvait retablir I equilibre\\nentre les recettes et les depenses sans remedier aux 5\\nabus, sans demander des reformes politiques. II\\nvoulut porter la lumiere dans I administration en\\npubliant le budget. II se rendit impopulaire et fut\\ndisgracie, Sa retraite mecontenta I opinion deja\\ntoute puissante. 10\\nLa reine Marie- Antoinette, qui etait Autrichienne\\net qui gardait a la cour de France la fierte de sa\\nmaison, etait deja regardee comme Fame du parti\\nqui s opposait aux reformes. Elle fit donner le\\ncontrole des finances a un dissipateur, Calonne, qui, 15\\npour faire croire I fitat plus riche, depensait beau-\\ncoup. Le moment vint enfin ou il fallut avouer\\nqu on ne pouvait aller plus loin.\\nCalonne ceda la place a Lomenie de Brienne, qui\\nse montra encore moins capable de remedier au mal, 20\\net il fut lui-meme oblige de proposer au roi la con-\\nvocation des \u00c2\u00a3tats-Generaux.\\nLes elections faites au commencement de I annee\\n1789, firent comprendre que la nation etait deter-\\nminee a soutenir ses deputes. La Revolution com- 25\\nmengait, et, avec elle, un nouvel age de la France et\\ndu monde.\\nLa premiere seance des fitats (5 mai) fut un jour\\nde joie et d esperance. Le roi prononga un discours\\nplein d excellentes intentions et de promesses il 30\\nrecommanda I accord, mais des les premiers jours,\\nles defiances s eveillerent, les haines se montrerent.\\nOn y voyait trois nations, representees par les", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0174.jp2"}, "173": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION 1 55\\ntrois Ordres noblesse, clerge, tiers etat. Mais les\\ndeputes du Tiers voulurent tout d abord qu on sup-\\nprimat cette distinction des trois Ordres. En nombre\\ndouble des deux premiers Ordres, les deputes du\\n5 Tiers n etaient rien si Ton votait par ordre. lis\\netaient tout si I on votait par tete.\\nLes ordres privilegies refuserent de deliberer avec\\nle tiers etat. Celui-ci passa outre. II considera\\nqu a lui seul il representait la masse la plus nom-\\n10 breuse de la nation et, le 17 juin, se declara Assem-\\nblee nationale (plus tard la Constituante)\\nLe serment du Jeu de paume (20 juin 1789).\\nLa cour, irritee de la resistance du tiers etat, qui\\ndemandait la reunion des trois Ordres, decide le roi\\n15 a tenir un seance solennelle pour imposer le main-\\ntien des trois Ordres. On ferme la salle sous un\\npretexte frivole. C etait le samedi 20 juin. Les\\ndeputes, auxquels on refuse I entree de la salle,\\ns assemblent par groupes, les uns demandant a de-\\n20 liberer en plein air, d autres sous les fenetres memes\\ndu roi. Le president Bailly, leur propose de se re-\\nunir dans une salle de jeu de paume, ce jeu etait\\nalors fort a la mode ils s y rendent. La, dans\\ncette salle sombre et nue, un bureau est improvise\\n25 avec un etabli de menuisier, quelques planches et\\nquelques banquettes. Tons debout repetent avec\\nenthousiasme la formule d un serment memorable\\npar lequel ils s engagent a ne point se separer jus-\\nqu a ce que la Constitution du royaume soit af fermie\\n30 sur des fondements solides.))\\nLe comte d Artois, frere du roi, s imagine decon-\\ncerter les deputes en louant la salle pour y jouer a\\nla paume. Les deputes, auxquels se joint la ma-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0175.jp2"}, "174": {"fulltext": "156 HISTOIRE DE FRANCE\\njorite des deputes du clerge, siegent alors dans\\nI eglise Saint-Louis.\\nLa seance du 23 jixin. Le 2^ juin, se tint la\\nseance royale, et les deputes du tiers etat pour ce\\njour-la rentrerent dans leur salle. Louis XVI vint, 5\\navec un cortege solennel, faire entendre des paroles\\nseveres et casser les decisions prises par les deputes.\\nII ordonnait que les ;fitats deliberassent suivant les\\nanciennes formes, par Ordres.\\nApres le discours du roi la seance fut levee. Les 10\\ndeputes du tiers etat ne bougerent pas de leur place.\\nLe grand maitre des ceremonies vint dire aux de-\\nputes de se separer comme I avait ordonne le roi.\\nAlors le comte de Mirabeau, depute du tiers etat, et\\nqui deja avait une haute reputation d eloquence, re- 15\\npondit Allez dire a votre maitre que nous sommes\\nici par la volonte du peuple et qu on ne nous en\\narrachera que par la force des baionnettes.)) Louis\\nXVI ceda. A quelques jours de la il engageait lui-\\nmeme les nobles a se joindre aux deputes du tiers 20\\netat.\\nLa prise de la Bastille. Louis XVI n avait\\ncede que pour gagner du temps. II appelait autour\\nde Paris de nombreux regiments, la plupart etran-\\ngers, puis renvoya I habile ministre Necker, qui con- 25\\nseillait de marcher d accord avec I Assemblee. Le\\nrenvoi de Necker alarme les Parisiens, mecontents\\ndeja d etre entoures de troupes. Des groupes nom-\\nbreux se forment au Palais-Royal. Un jeune avo-\\ncat au Parlement, Camille Desmoulins, monte sur 30\\nune table, un pistolet a la main, et ameute la foule\\ndes rixes avec la troupe font des victimes. Le\\npeuple veut des armes, envahit I Hotel des Invalides^", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0176.jp2"}, "175": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION 157\\nou il preiid des canons et des fusils. Enfin, le 14\\njuillet, un cri general entraine la population pari-\\nsienne A la Bastille\\nComme un torrent furieux, la foule, au milieu de\\n5 laquelle on remarquait beaucoup de gardes-fran-\\ngaises et que conduisaient deux soldats, \u00c2\u00a3lie et\\nHullin, se precipite contre la redoutable forteresse,\\na peine defendue alors par quelques Suisses et des\\ninvalides. Les portes sont enfoncees a coups de\\n10 canon, et, apres quelques heures de resistance, la\\ngarnison capitule. Cette premiere victoire popu-\\nlaire fut malheureusement souillee par des ven-\\ngeances, le meurtre du gouverneur de Launay, de\\nplusieurs officiers, du prevot des marchands, Fles-\\n15 selles.\\nLouis XVI, apprenant la prise de la Bastille,\\ns ecria aC est done une revoke? Dites une re-\\nvolution, sire,)) lui repondit-on. Comptant encore\\nsur le prestige de la royaute, il se rendit a Paris.\\n20 II y fut bien accueilli, mais par une population en\\narmes. Bailly, nomme maire de Paris, lui presenta\\nles clefs de la ville, offertes jadis a Henri IV. Ce\\nbon roi, dit-il, avait conquis son peuple; c est au-\\njourd hui le peuple qui a reconquis son roi.)) Louis\\n25 XVI confirma la nomination de Bailly comme\\nmaire et du marquis de La Fayette comme chef de\\nla milice bourgeoise ou garde nationale. II mit a\\nson chapeau la cocarde bleue et rouge des Parisiens.\\nLa Fayette y ajouta ensuite le blanc, couleur de la\\n30 royaute ce furent desormais les trois couleurs\\nnationales, la cocarde tricolore. Prenez-la, sire,\\ndisait-il a Louis XVI voila une cocarde qui fera\\nle tour du monde.)) II disait vrai.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0177.jp2"}, "176": {"fulltext": "158 HISTOIRE DE FRANCE\\nTous ces evenements exciterent une vive agitar\\ntion dans les provinces. Les paysans, las du regime\\nfeodal, se precipiterent sur les chateaux, les ab-\\nbayes, qui etaient leurs bastilles. Alors I Assem-\\nblee resolut de calmer cette effervescence par des s\\ndecisions promptes et hardies. A la seance de nuit\\ndu 4 aout, le comte de Noailles declare que le grand\\nmoyen, c est de donner satisfaction au peuple en\\nabolissant le regime feodal. Aussitot seigneurs,\\neveques, deputes des villes se succedent a la tribune 10\\net viennent tous, au milieu des applaudissements,\\nrenoncer a leurs privileges. On decreta en quel-\\nques heures la destruction du regime feodal qui du-\\nrait depuis tant de siecles. On rivalisait de ge-\\nnerosite. On s embrassait au milieu de la joie 15\\nuniverselle. II semblait qu une France nouvelle\\nfut nee en cette nuit memorable du 4 aoiit, qui est\\nrestee la plus belle date de la Revolution.\\nLes journees des 5 et 6 octobre. Au mois\\nd octobre, des demonstrations imprudentes de la 20\\ncour et la famine amenent un nouveau souleve-\\nment de la capitale.\\nLa population de Paris marche le 5 octobre sur\\nVersailles, les femmes en tete, portant des armes\\net criant Du pain du pain Le roi accueille 25\\nune deputation et promet de prendre les mesures\\nqu on lui demande. Bientot la nuit, la pluie, la\\nfatigue dispersent les attroupements. La Fayette\\ncependant, qui n avait pu arreter cette invasion, la\\nsuivait pour la contenir avec la garde nationale. II 30\\nn arriva a Versailles que pendant la nuit, et eut bien\\nde la peine a parler a Louis XVI, car dans ces", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0178.jp2"}, "177": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION 159\\nmoments de danger on respectait encore les lois de\\n1 etiquette. Vers le matin, voyant la foule refu-\\ngiee dans les abris qu elle avait pu rencontrer, et\\ntranquille, il se retire, epuise de fatigue. II com-\\n5 mengait a peine a reposer qu on vint lui dire que\\nle palais etait force.\\nLe 6 octobre, vers les sept heures du matin, les\\nbandes d hommes et de femmes qui rodaient depuis\\nla veille autour du chateau, trouverent enfin le\\n10 moyen de s introduire, non seulement dans les cours,\\nmais dans les appartements. Des gardes qui cher-\\nchaient a les arreter sont massacres. Tremblante,\\nla reine se refugie aupres du roi. Les gardes de-\\nfendent vaillamment sa chambre et se font tuer.\\n15 Le plus affreux pillage commengait, et les scenes\\nles plus sanglantes allaient avoir lieu, quand La\\nFayette, averti, accourt. II penetre dans le chateau\\net fait evacuer les appartements. Mais la foule ras-\\nsemblee dans la cour demandait que le roi vint a\\n20 Paris. II fallut que Louis XVI se montrat et pro-\\nmit d y aller. La famille royale se dirigea vers\\nParis au milieu de cette foule qui temoignait par les\\noris les plus grossiers de sa joie farouche. Le roi\\nfut des lors comme prisonnier dans sa capitale et\\n25 se trouva a la merci des emeutes. L Assemblee\\nvint a son tour se fixer a Paris et s installa dans\\nla salle du Manege, pres du jardin des Tuileries.\\nDeja elle avait fixe les principes sur lesquels elle\\nentendait etablir le gouvernement, dans une Decla^\\n30 ration celebre dite des droits de I homme. Ces\\nprincipes, ou verites premieres, appeles les prin-\\n.cipes de 1789, etablissaient la souverainete du peu-^\\npie, Vegalite, la libertc de tous les citoyens.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0179.jp2"}, "178": {"fulltext": "l6o HISTOIRE DE FRANCE\\nMirabeau (1749-1791). L Assemblee, dans ses\\ntravaux, avait ete souvent dominee par la grande\\nvoix de Mirabeau, I orateur le plus eloquent qu on\\neut encore vu a la tribune. Des les premieres se-\\nances des \u00c2\u00a3tats generaux il se fit remarquer par 5\\nson rare talent d orateur. II prit une part active et\\ndecisive aux grandes discussions de I Assemblee\\nconstituante. Toutefois la marche rapide de la Re-\\nvolution I effraya. Dans I hiver de 1790 a 1791 il\\nguida la cour et s efforga de raffermir le trone que 10\\nsa voix puissante avait ebranle. Sa popularite en\\nregut de vives atteintes, et des publications hostiles\\nle denongaient comme traitre. L orateur n en parut\\npoint affecte et a la tribune accabla de son mepris\\nses accusateurs. 15\\nBientot cependant Mirabeau, vieux avant I age\\n(il avait quarante-deux ans), epuise par les exces\\nde deux annees d un travail prodigieux, sentit son\\ncorps defaillir et plier sous le poids de son ame\\nenergique. II mourut le 2 avril 1791. 20\\nLa fuite de Varennes. Louis XVI, prive des\\nconseils et de I appui de Mirabeau, ne compta plus\\nque sur la force pour arreter la Revolution il vou-\\nlut aller rejoindre une petite armee qu on lui pre-\\nparait dans le Nord, et tout fut dispose pour la 25\\nfuite. Le 20 juin 1791, a minuit, le roi, la reine, la\\nsoeur du roi, Madame Elisabeth, sortent, les uns\\napres les autres et deguises, par une porte derobee\\ndu palais des Tuileries. lis se reunissent ensuite,\\nnon sans peine, et parviennent a sortir de Paris. 30\\nUne berline a six chevaux les entraina rapidement\\nsur la route de Chalons, ou les fugitifs arriverent\\nheureusement. lis continuerent leur route vers", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0180.jp2"}, "179": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION l6l\\nMontmedy, ou les attendait une petite armee com-\\nmandee par le marquis de Bouille.\\nMais a Sainte-Menehould le roi, qui commettait\\nI imprudence de mettre trop souvent la tete^ a la\\n5 portiere, fut reconnu, tandis qu on changeait les\\nchevaux, par le fils du maitre de poste, Drouet.\\nN ayant point le temps de le faire arreter, Drouet\\nsaute sur un cheval et court a Varennes prevenir\\nles autorites. Quand la voiture arrive, au milieu\\n10 de la nuit, on demande le passeport: il faut des-\\ncendre. Les gardes nationales averties arriverent;\\non forga le roi a remonter dans la voiture, qui reprit\\nle chemin de Paris. A ce moment les dragons de\\nBouille apparaissaient aupres de Varennes, mais il\\n15 etait trop tard.\\nLe retour dura huit jours; la voiture marchait\\nau pas, au milieu des gardes nationales qui I escor-\\ntaient et par une chaleur accablante. Trois deputes,\\nenvoyes par I Assemblee, accompagnaient la famille\\n20 royale, pour la surveiller. L entree a Paris fut\\nmorne et silencieuse, le roi fut plus que jamais\\ncaptif aux Tuileries.\\nL Autriche et la Prusse, excitees par les emigres,\\ndeclaraient vouloir retablir le roi dans son autorite\\n25 absolue, et la guerre etrangere s ajouta a la guerre\\ncivile. La France fut envahie par les Prussiens.\\nL Assemblee decrete aussitot que la patrie est en\\ndanger, et le 22 juillet 1792 la proclamation en est\\nfaite avec un appareil imposant. D heure en heure\\n30 le canon tonnait en signe d alarme; un cortege\\nmilitaire, portant des bannieres avec des inscrip-\\ntions, parcourut la ville de Paris, s arretant sur les\\nplaces pour lire le decret de TAssemblee. Huit", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0181.jp2"}, "180": {"fulltext": "102 HISTOIRE DE FRANCE\\namphitheatres avaient ete dresses sur differents\\npoints une table posee sur deux caisses de tam-\\nbour y servait de bureau aux officiers municipaux\\npour inscrire les noms des citoyens qui demandaient\\na rejoindre les armees. Les volontaires affluaient 5\\net se faisaient inscrire au milieu des applaudisse-\\nments. On compta cinq mille enrolements en deux\\njours. Ces soldats im.provises, indisciplines, cau-\\nserent d abord beaucoup d embarras mais, encadres\\ndans les vieux regiments, ils ne tarderent pas a 10\\nmontrer une grande solidite.\\nMais bientot le peril grandit. Les Prussiens s em-\\nparaient de Longwy, de Verdun. Alors les ministres\\ndecretent la formation de plusieurs camps, on con-\\nvertit les cloches en canons, les fers des grilles en 15\\npiques; on arrete en masse toutes les personnes\\nsuspectes, c est-a-dire soupgonnees de rester atta-\\nchees a la royaute les prisons se remplissent de\\nnobles, de pretres. Puis des bandes organisees et\\npayees par quelques chefs, sans que les ministres 20\\ncherchent a s y opposer, se precipitent dans les pri-\\nsons et egorgent en foule les prisonniers de tout\\nage et de tout rang (3, 4, 5 et 6 septembre).\\nVictoire de Valmy. Des massacres ne sauvent\\npas un pays. Ce qui le delivra, ce fut I ardeur des 25\\nvolontaires qui, joints aux vieux regiments, arre-\\nterent I ennemi. Les Prussiens avaient surpris les\\ndefiles des montagnes de I Argonne et se prepa-\\nraient a envahir la Champagne. Dumouriez essaya\\nencore une fois de les arreter: il se posta pres de 30\\nSainte-Menehould et occupa les hauteurs ou Ton re-\\nmarquait le moulin de Valmy. II garnit ces hau-\\nteurs d artillerie et attendit de pied ferme les Prus-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0182.jp2"}, "181": {"fulltext": "LOUIS XVI LA REVOLUTION 1 63\\nsiens qui, commandes par le due de Brunswick,\\ntenterent de les esealader. Immobiles dans leurs\\nlignes, les Frangais accueillirent I ennemi par un\\nfeu terrible, aux cris de Vive la nation Les Prus-\\n5 siens reculerent et attendirent un corps autrichien\\nqui arrivait: les allies donnerent un nouvel assaut\\nvers le soir ils se heurterent a la meme resistance\\net battirent en retraite (20 septembre 1792)- La\\nChampagne ou plutot la France entiere^ etait deli-\\n10 vree. Le canon, qui annongait cette victoire, an-\\nnon(;ait en meme temps I ouverture de la Conven-\\ntion.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0183.jp2"}, "182": {"fulltext": "164 HISTOIRE DE FRANCE\\nCHAPITRE XVII\\nLA REPUBLIQUE FRANCAISE\\nLa Convention. La Convention, la troisieme\\nAssemblee depuis 1789, se reunit le 21 septembre\\n1792. Elle abolit la royaute, proclama la Repu-\\nblique, mais en realite concentra en elle-meme tons\\nles pouvoirs. Ses membres faisaient les lois, et, di- 5\\nvises en comites, s etaient partage I administration.\\nDeux grands partis s etaient tout de suite dessi-\\nnes au sein de la Convention les Girondins et les\\nMontagnards. Les Girondins, ainsi nommes, parce\\nqu ils avaient pour chefs plusieurs deputes de la 10\\nGironde,^ Brissot, Petion, Vergniaud, Guadet, etc.,\\ncroyaient la Revolution terminee et prechaient la\\nmoderation. Les Montagnards, ainsi appeles parce\\nqu ils etaient groupes sur les bancs les plus eleves,\\navaient pour chefs les deputes de Paris, Robes- 15\\npierre, Danton, Marat, etc. lis voulaient, au con-\\ntraire, pousser plus loin les changements et deman-\\ndaient des mesures terribles pour effrayer les enne-\\nmis de la Revolution.\\nProems et mort de Louis XVI. La decouverte 20\\nd une armoire de fer cachee dans un mur des Tuile-\\nries venait de reveler les correspondances de la cour\\n1 Gironde, departement au sud-ouest de la France.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0184.jp2"}, "183": {"fulltext": "LA REPUBLIQUE FRANQAISE 1 65\\navec Temigration et Tetranger. Les Montagnards\\ndemanderent la mise en accusation de Louis XVI et\\ndisaient qu il fallait jeter en defi aux souverains\\nune tete de roi.)) La Convention instruisit le pro-\\n5 ces du roi. Malesherbes, age de J2. ans, s offrit\\npour servir de conseil au prince qu il avait servi et\\naida les avocats Tronchet et de Seze. Louis XVI,\\ntouche de ce devouement, lui dit Votre sacrifice\\nest d autant plus genereux que vous exposez votre\\n10 vie et que vous ne sauverez pas la mienne.)) Heri-\\ntier malheureux de haines accumulees depuis un\\nsiecle, Louis XVI fut condamne a mort, mal-\\ngre I eloquente defense de I avocat de Seze. Je\\ncherche en vous des juges, s ecria-t-il avec vehe-\\n15 mence, et je ne vois que des accusateurs La\\nmajorite de la Convention se prononga pour la\\nmort.\\nLe roi, qui dans sa prison du Temple avait garde\\nla plus sereine resignation, monta avec calme et\\n20 dignite sur I echafaud dresse sur la place Louis XV\\ndevenue place de la Revolution, et aujourd hui\\nplace de la Concorde (21 Janvier 1793). Je meurs\\ninnocent, s ecria-t-il, de tous les crimes qu on m im-\\npute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je\\n25 prie Dieu que le sang que vous allez repandre ne re-\\ntombe jamais sur la France.)) II allait en dire da-\\nvantage lorsqu un roulement de tambours couvrit\\nla voix de Louis XVI qui se livra aux executeurs.\\nLa Terreur. Maitres du pouvoir, les Monta-\\n30 gnards deployerent contre les ennemis de I interieur\\net de I exterieur une energie farouche. Le pouvoir\\nse trouva bientot concentre entre les mains du Co-\\nmite de sahit public. Maximilien Robespierre ne", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0185.jp2"}, "184": {"fulltext": "X66 HISTOIRE DE FRANCE\\ntarda pas a devenir Tame de ce comite redoutable\\nqui, pendant quatorze mois, fit planer sur la France\\nune terreur profonde. Le Tribunal revolutionnaire\\ndevint impitoyable. Le general Custine, pour avoir\\nete malheureux, fiit traine a I echafaud. La reine 5\\nMarie-Antoinette refusa de se defendre contre d in-\\nfames calomnies. Condamnee a mort dans la nuit\\ndu 16 octobre 1793, apres une seance de vingt\\nheures et le matin meme, elle fut conduite au sup-\\nplice dans la charette ordinaire sous le feu des in- 10\\nsuites. Vingt-deux Girondins, parmi lesquels des\\norateurs du plus grand talent, perirent ensuite, sou-\\ntenant mutuellement leur courage par des chants\\npatriotiques. Mme Roland, femme d un ancien mi-\\nnistre, et du parti de la Gironde, s ecria sur I echa- 15\\nfaud, en saluant une statue de la liberte O liberte,\\nque de crimes on commet en ton nom Le due\\nPhilippe d Orleans, qui s etait rallie a la Revolution\\net avait vote la mort de Louis XVI, n echappa point\\nlui-meme au supplice, ainsi que Bailly, un des sa- 20\\nvants renommes du temps, le venerable president\\nde I Assemblee constituante, le premier maire de\\nParis.\\nLe 9 thermidor.^ La terreur n avait cesse d al-\\nler en croissant dans les premiers mois de I annee 25\\n1794. Chaque jour des charrettes emmenaient des\\n1 Le calendrier avait ete change pendant la Revolution I ere\\nrepublicaine votee le 24 novembre 1793 partit non de cette date,\\nmais du jour de la proclamation de la Republique, le 22 septem-\\nbre 1792. L an I fut done de septembre 1792 a septembre 1793,\\nI an II de septembre 1793 ^794 ^t ainsi de suite. Les noms\\ndes mois furent empruntes aux saisons: Vendhniaire, ven-\\ndanges (septembre-octobre) brum-aire, brouillards (octobre-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0186.jp2"}, "185": {"fulltext": "LA REPUBLIQUE FRANgAISE 1 67\\nvictinies vers la barriere du Troiie, ou Techaf aud\\netait en permanence. Ces cruautes firent horreur,\\nd autant plus qu a ce moment les perils exterieurs\\ndisparaissaient, grace aux victoires des armees.\\n5 Robespierre devint 1 objet de Tanimadversion ge-\\nnerale, et, le 9 thermidor, les deputes de la Conven-\\ntion, secouant le joug de la peur, I attaquerent en\\nface, fipuise par les efforts qu il faisait pour parler\\nau milieu des clameurs, Robespierre pouvait a peine\\n10 respirer. La Convention enfin le fit arreter avec\\nson frere et ses coUegues, Couthon, Lebas, Saint-\\nJust.\\nRobespierre toutefois ne tarda pas a etre delivre\\npar ses partisans les chefs de la Commune de Paris.\\n15 II se rendit a I Hotel de ville pour preparer une in-\\nsurrection. Mais la Convention appela a elle la\\ngarde nationale des bataillons f ideles se dirigerent\\npendant la nuit sur I Hotel de ville, qui bientot se\\ntrouva cerne. Robespierre se tira un coup de pisto-\\n20 let qui lui brisa la machoire. Apres avoir passe\\ntoute la matinee du 10 etendu sur une table, il fut\\nporte tout meurtri a I echafaud avec vingt-deux de\\nses amis. Le lendemain, on executa encore soi-\\nxante-dix de ses partisans, et cette sanglante heca-\\n25 tombe fut une digne fin de la Terreur.\\nLe Directoire (27 octobre 1 795-9 novembre i799)-\\nnovembre); frimaire, froids (novembre-decembre) nivose,\\nneige (decembre-janvier) pluviose, pluie (janvier-fevrier)\\nventose, vent (fevrier-mars) germinal, germination des plantes\\n(mars-avril) floreal, floraison (avril-mai) prairial, prairies\\n(mai-juin); messidor, mois de la moisson (juin-juillet); thermi-\\ndor, mois de la chaleur, (juillet-aout) /rz/:^/zV/^r, mois des fruits\\n(aout-septembre). L ere republicaine fut en usage jusqu en 1805*", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0187.jp2"}, "186": {"fulltext": "1 68- HISTOIRE DE FRANCE\\nLa Convention avait organise un nouveau gou-\\nvernement republicain qui se composait de deux\\nChambres distinctes, le Conseil des Anciens et le\\nConseil des Cinq-Cents. Le pouvoir executif etait\\ncompose de cinq membres qui formaient le Direc- s\\ntoire. Divise, mal obei, le Directoire s epuisa en\\nluttes incessantes contre les partis, il ne put se soute-\\nnir qu en ayant recours a des coups d fitat et devait\\nperir lui-meme victime d un coup d fitat.\\nCette epoque eut un caractere particulier de lo\\nlicence qui s explique par les terribles epreuves\\nqu on avait subies. La societe s abandonnait au\\nluxe, aux fetes avec une liberte que ne genait plus\\nI ancienne distinction des classes et qui rappelait\\ncelle de la Regence.^ 15\\nLe general Bonaparte. Mais I interet de I his-\\ntoire se porte au dehors les armees f rangaises\\npassent de tons les cotes les frontieres pour triom-\\npher de I Autriche tou jours en armes et tou jours\\nsoutenue par I Angleterre. Le general Bonaparte 20\\netonne alors le monde par ses victoires et cherchera\\nbientot a le dominer.\\nNe a Ajaccio le 15 aoiit 1769, il etait le second de\\nhuit enfants. A I age de dix ans, son pere le fit ad-\\nmettre a Tecole de Brienne, ou les jeunes gentils- 25\\nhommes recevaient les principes d une education\\nmilitaire. Bientot il se fit remarquer par son ardeur\\npour 1 etude et surtout par son goiit pour les mathe-\\nmatiques. Son amour-propre etait vif. Con-\\ndamne un jour a diner a genoux au refectoire, avec 30\\nla robe de bure, il s evanouit. On raconte aussi que\\nmanifestant un gout precoce pour les combats, il\\n1 Voir page 142,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0188.jp2"}, "187": {"fulltext": "LA REPUBLIQUE FRANQAISE 1 69\\nfaisait elever des retranchements de neige par ses\\ncamarades.\\nAu bout de cinq ans, il passa a Tecole militaire de\\nParis. Reserve, taciturne, absorbe dans ses etudes\\n5 ou ses lectures, il etonna bientot ses maitres Corse\\nde nation et de caractere, disait son professeur d his-\\ntoire, il ira loin si les circonstances le favorisent.))\\nII sortit de I ecole lieutenant dans un regiment d ar-\\ntillerie; des les premiers jours de la Revolution il\\n10 se montra favorable aux idees nouvelles. Mais sa\\ncarriere militaire ne commenga qu au siege de Tou-\\nlon.\\nC etait en 1793, au milieu des plus grands perils\\nde la France. Les generaux envoyes par la Con-\\n15 vention s efforgaient en vain de reprendre Toulon,\\ntombe au pouvoir des Anglais. Le commandement\\nde Tartillerie est donne a Bonaparte, qui n avait en-\\ncore que vingt-quatre ans. Lorsqu il arriva, le ge-\\nneral Carteaux lui dit C etait bien inutile nous\\n20 n avons plus besoin de rien pour reprendre Toulon.\\nCependant soyez le bienvenu; vous partagerez la\\ngloire de le briiler demain sans en avoir eu la fati-\\ngue.)) Puis il le conduisit vers les travaux. Le com-\\nmandant d artillerie apergoit alors quelques pieces de\\n25 canon, mais elles se trouvaient a une distance beau-\\ncoup trop eloignee. Survient le representant du\\npeuple, commissaire de la Convention. Bonaparte\\nse redresse, I interpelle, lui demontre I ignorance in-\\nouie de tons ceux qui I entourent, et le somme de\\n30 lui faire donner la direction absolue de sa besogne.\\nDe ce jour il eut en realite la direction du siege, et\\nToulon ne tarda pas a etre enleve. Ce brillant fait\\nd armes attira sur lui les regards, et le general Du-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0189.jp2"}, "188": {"fulltext": "170 HISTOIRE DE FRANCE\\ngommier apprecia le merite de Bonaparte. Re-\\ncompensez ce jeune homme, disait-il, car si Ton etait\\ningrat envers lui, il s avancerait de lui-meme.))\\nLa revolution du 9 thermidor vint pourtant ar-\\nreter sa carriere. Un moment il fut emprisonne, 5\\non le mit bientot en liberte, mais on le priva de son\\ncommandement. Alors il vint a Paris, ou il recla-\\nmait en vain, dans les bureaux de la guerre, la place\\nqui lui etait due. Aubry, membre du comite, la lui\\nrefusait. Vous etes trop jeune. On vieillit 10\\nvite sur le champ de bataille, repliqua Bonaparte,\\net j en arrive.)) II resta quelque temps a Paris\\npresque sans resources. Devore d un immense be-\\nsoin d activite, Bonaparte soUicita la faveur d aller\\nen Turquie, comptant regenerer I Orient. II allait 15\\npartir lorsque, le 13 vendemiaire (5 octobre 1795),\\nla Convention, attaquee par les royalistes, I appela\\npour la defendre sous les ordres de Barras. Bona-\\nparte prit des mesures energiques, d habiles dis-\\npositions et triompha de I insurrection. On lui 20\\ndonna le commandement de I armee de I interieur.\\nUn jeune enfant de douze ans vint un jour, lors-\\nqu on avait ordonne le desarmement, reclamer I epee\\nde son pere, le general de Beauharnais, mort sur\\nI echafaud. On la lui rendit; I enfant pleura a la 25\\nvue de cette epee. Bonaparte, touche de ce senti-\\nment, le combla de caresses. Sur le recit qu il fit\\na sa mere de I accueil qu il avait regu, Mme de\\nBeauharnais, Josephine Tascher de La Pagerie, en-\\ncore dans tout I eclat de la jeunesse, alia remercier 30\\nBonaparte. A quelque temps de la leur manage\\nfut conclu; mais le general courut vite prendre le\\ncommandement, vivement desire, de Tarrnee d ltalie.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0190.jp2"}, "189": {"fulltext": "LA REPUBLIQUE FRANgAISE I? I\\nLa campagne d ltalie (1796-1797). Bona-\\nparte, en arrivant a I armee d ltalie, ranime tout de\\nsuite les soldats par une energique proclamation:\\nSoldats, leur dit-il, vous etes mal nourris et pres-\\n5 que nus; votre patience et votre courage vous\\nhonorent, mais ne vous procurent ni gloire ni avan-\\ntage; je vais vous conduire dans les plus fertiles\\nplaines du monde; vous y trouverez de grandes\\nvilles, de riches provinces; vous y trouverez hon-\\n10 neur, gloire et richesses. Soldats d ltalie, man-\\nqueriez-vous de courage\\nII franchit les Alpes au point ou elles sont le\\nplus bas; puis de victoire en victoire, a Monte-\\nnotte, Mondovi, Lodi il s avance dans les belles\\n15 plaines de la Lombardie. II triomphe encore des\\nAutrichiens a Castiglione, puis a la celebre bataille\\nd Arcole.\\nLes Autrichiens cependant n abandonnent pas\\nI ltalie. Bonaparte les bat encore a la fameuse jour-\\n20 nee de Rivoli (14 Janvier 1797), s avance toujours\\nplus loin et se dirige vers les Alpes pour entrer en\\nAutriche.\\nII franchit de nouveau les Alpes, a leur autre ex-\\ntremite, a Test, par le col de Tarwis, et menace la\\n25 capitale de TAutriche. Les Autrichiens I arretent\\nalors en acceptant la paix de Campo-Formio.\\nLes armees d Allemagne avaient ete moins heu-\\nreuses. Mais, en 1796, le general Moreau s etait\\ndistingue par une retraite demeuree justement ce-\\n30 lebre. II avait traverse I Allemagne pour rentrer\\nen France sans perdre ni un drapeau, ni un canon,\\nni une voiture. Cette armee se prepara a recom-\\nmencer la campagne avec une autre qui fut confiee", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0191.jp2"}, "190": {"fulltext": "172 HISTOIRE DE FRANCE\\nau general Hoche, I un des hommes qui ont laisse\\nla renommee la plus pure.\\nHoche et Marceau. Hoche, ne a Versailles, en\\n1768, etait sergent au moment ou eclata la Revo-\\nlution. II avanga rapidement; a 25 ans, il com- s\\nmandait en chef I armee de la Moselle, et delivra\\nI Alsace. Le plus brillant avenir s ouvrait devant\\nlui. II comptait traverser I Allemagne pour joindre\\nBonaparte sous les murs de Vienne. II debuta par\\nde brillants succes au commencement de I annee 10\\n1797; mais, quelques mois apres il mourait pre-\\nmaturement a Tage de 29 ans.\\nSon emule et son ami, Marceau, ne a Chartres,\\ns etait distingue et etait mort I annee precedente,\\nplus jeune encore. Soldat a seize ans, general a 15\\n2.2 ans, il vainquit dans les champs de Fleurus, sur\\nles bords de la Moselle et du Rhin, et, a 27 ans, il\\ntombait frappe d une balle ennemie. Les Autri-\\nchiens, qui I estimaient, lui rendirent les honneurs\\nfunebres dans leur camp et renvoyerent solennelle- 20\\nment son corps a I armee frangaise desolee. Sur\\nle monument qu on lui a eleve a Coblentz on lit en-\\ncore: Qui que tu sois, ami ou ennemi, de ce jeune\\nheros respecte les cendres.))\\nExpedition d Egypte (1798- 1799). Restait a 25\\ndompter I Angleterre. Bonaparte, pour la frap-\\nper dans son commerce, fit decider I expedition\\nd ;figypte, par laquelle il menagait la route des In-\\ndes. Le jeune general part avec trente mille hom-\\nmes pour conquerir un vaste et riche pays. II 30\\ndebarque a Alexandrie (le juillet 1798), traverse\\nle desert et parait devant les Pyramides, les plus\\ngrands et les plus anciens monuments qui soient", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0192.jp2"}, "191": {"fulltext": "LA REPUBLIQUE FRANQAISE 1 73\\nsortis de la main des hommes. Songez, s ecria\\nBonaparte, en les montrant a ses soldats, songez\\nque du haut de ces pyramides quarante siecles vous\\ncontemplent Une brillante victoire disperse la\\n5 redoutable cavalerie des Mameluks. Bonaparte en-\\ntre an Caire et ne tarde pas a rester maitre de\\nrfigypte.\\nII gouverne alors et administre sa conquete. II\\nenvoie de tons cotes des savants qu il a amenes avec\\nlo lui pour etudier les monuments mysterieux de cette\\nterre, jadis si renommee. Puis il s en va au-devant\\ndes Turcs qui arrivent par la Syrie: il les bat a la\\njournee du Mont-Thabor. Mais il echoue au siege\\nde Saint-Jean-d Acre, car la flotte anglaise protege\\n15 cette ville. La flotte frangaise qui I avait amene,\\navait ete detruite par les Anglais dans la rade\\nd Aboukir. Bonaparte n a plus aucune communi-\\ncation avec la France. Les Anglais debarquent une\\nnouvelle armee turque a la pointe d Aboukir. Bo-\\n20 naparte n attend point qu elle attaque il va au-\\ndevant d elle, la jette a la mer et la detruit (25\\njuillet 1799). Bonaparte ayant appris les revers\\nde nos armees et I agitation du pays, laissa son\\narmee a I un de ses plus habiles lieutenants, Kleber,\\n25 et quitta I Egypte seul. II echappa aux croisieres\\nanglaises, debarqua a Frejus, arriva a Paris ou il\\nne tarda pas a renverser le Directoire et a se rendre\\nmaitre du gouvernement par le coup d ^fitat du 18 et\\ndu 19 brumaire (9 et 10 novembre 1799).", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0193.jp2"}, "192": {"fulltext": "174 HtSTOIRE m FRANCIS\\nCHAPITRE XVIII\\nLE CONSULAT (1799-1804)\\nBonaparte organisa un notiveau gouvernement\\nle Consulat. Trois consuls devaient exercer le pou-\\nvoir, mais Bonaparte, nomme Premier Consul, con-\\ncentra en lui toute Tautorite. En quelques mois\\nI administration fut reorganisee, les finances, Tar- 5\\nmee, tout fut remis en ordre sous I impulsion vi-\\ngoureuse de Bonaparte, qui s entendait a tout, aux\\nlois comme a la politique, aux chiffres comme aux\\nbatailles.\\nLa seconde campagne d Italic. Le Premier 10\\nConsul ne perd point de temps pour relever au\\ndehors la France, menacee de perdre toutes ses\\nconquetes. Les Autrichiens, en Italic, pressaient\\ndans Genes I intrepide Massena qui soutenait une\\nlutte heroique. La famine desolait la ville. Mas- 15\\nsena regla tellement les rations, recourut a tant d ex-\\npedients, qu on vecut la ou d autres seraient morts.\\nII nous fera manger jusqu a nos bottes,)) disaient\\nles soldats. Bonaparte se porte a son secours, et\\npour surprendre I ennemi, tente de franchir les 20\\nAlpes sur un point imprevu. II choisit la route, a\\npeine praticable, du Grand Saint-Bernard (entre la\\nSuisse et I ltalie). Les troupes commencerent a\\nmonter dans la nuit du 14 au 15 mai (1800). Les", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0194.jp2"}, "193": {"fulltext": "LE CONSULAT 175\\nvivres, les munitions passerent a la suite des regi-\\nments; mais Tobstacle c etait Tartillerie. On ima-\\ngina de partager par le milieu des troncs de sapins,\\nde les creuser, d envelopper avec ces deux demi-\\n5 troncs une piece d artillerie et de la trainer ainsi\\nenveloppee le long des ravins. Des mulcts furent\\natteles a ce singulier fardeau mais bientot les mu-\\nlcts manquerent; les soldats s attelerent alors aux\\npieces et les trainerent. La musique jouait des airs\\n10 animes dans les passages difficiles et encourageait\\nles troupes a vaincre ces obstacles d une nature si\\nnouvelle. Au sommet, I armee trouva des vivres\\nprepares par les religieux du Saint-Bernard et apres\\nquelque repos commenga la descente, qui ne presen-\\n15 tait pas m.oins de difficultes que I ascension.\\nBataille de Marengo. En quelques jours, le\\nPremier Consul avait jete au dela des Alpes qua-\\nrante mille Frangais. Vingt mille autres venaient\\nles rejoindre par d autres passages, Toutefois il y\\n20 avait eu des retards qui amenerent la chute de Genes\\nou la famine etait devenue extreme. Massena ob-\\ntint les conditions les plus honorables. Je serai\\nde retour dans quinze jours,)) dit-il en rendant la\\nplace. Bonaparte assura I execution de cette pa-\\n25 role.\\nLe 14 juin 1800 il rencontra I armee autrichienne\\npres de Marengo.\\nOblige de disperser son monde dans la crainte de\\nvoir I ennemi iui echapper, le Premier Consul ne put\\n30 d abord opposer que des forces inferieures aux\\ntroupes autrichiennes. Jusqu a trois heures il per-\\ndait la bataille, mais il tient bon et ne recule que\\npas a pas. Heureusement le general Desaix, re-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0195.jp2"}, "194": {"fulltext": "176 HISTOIRE DE FRANCE\\ncemment arrive d ^figypt, avait ete la veille detache\\navec sa division, dans une autre direction. II en-\\ntend le bruit du canon il descend de cheval, et\\napproche son oreille de la terre. Nul doute, une\\nbataille est engagee son devoir est d y courir il 5\\ny court avec ses six mille hommes. Lorsqu il arrive,\\nles generaux I entourent. Bonaparte, qui persiste,\\nmalgre I avis de ses lieutenants, a poursuivre la\\nlutte, demande I avis de Desaix. Celui-ci regarde\\nle champ de bataille La bataille est perdue, re- 10\\npond-il, mais nous avons encore le temps d en\\ngagner une.)) Bonaparte ravi donne ses ordres.\\nEnfants, cria-t-il, nous avons fait trop de pas en\\narriere le moment est venu de marcher en avant\\nRappelez-vous que mon habitude est de coucher sur 15\\nle champ de bataille.))\\nLe general autrichien, M. de Melas, ne se doutait\\npoint du desastre qui le mena^ait. II etait rentre\\ndans Alexandrie et expediait a son souverain des\\ncourriers lui annongant son triomphe. La division 20\\nDesaix s avance et arrete les colonnes autrichiennes\\nsur la route. Le general lui-meme s elance a la\\ntete d un regiment, mais des les premieres decharges\\nil tombe frappe a mort. Les soldats desesperes se\\nprecipitent avec une veritable fureur sur les masses 25\\nprofondes des Autrichiens que des charges de ca-\\nvalerie achevent de mettre en deroute. L armee\\ntout entiere pleura Desaix et Napoleon le regretta\\nplus d une fois dans le cours de ses longues\\nguerres. 30\\nUne autre victoire du general Moreau, en Alle-\\nmagne, forga I Autriche a signer la paix qui fut\\nconclue a Luneville (1801). L Angleterre elle-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0196.jp2"}, "195": {"fulltext": "LE CONSULAT l77\\nmeme, rennemie la plus acharnee qu ait eue notre\\nRevolution, signa la paix d Amiens (1802).\\nOrganisation de la societe nouvelle. Le Pre-\\nmier Consul, des qu il put donner ses soins au gou-\\n5 vernement interieur, organisa la societe nouvelle.\\nII crea un systeme regulier d administration, qui\\ndure encore. II fit constituer la Banque de France,\\nqui est encore la plus importante de nos institutions\\nde credit. II regla la distribution de la justice et fit\\n10 rediger le Code civil, recueil des lois qui protegent\\nencore aujourd hui la famille et la propriete des\\ncitoyens. II signa, en 1802, avec le Pape, un traite,\\nle Concordat, qui decida le retablissement en France\\ndu culte catholique et d apres lequel sont encore\\n15 fixes les rapports de I figlise et de I fitat.\\nLes anciens ordres de chevalerie supprimes fu-\\nrent remplaces par I Ordre de la Legion d honneur\\nauquel tout le monde pouvait pretendre sans distinc-\\ntion de naissance ou de fortune. La croix d hon-\\n20 neur brilla sur la poitrine du simple soldat comme\\nsur celle du general et signalait les services civils\\naussi bien que les services militaires. Elle portait\\nune simple et noble devise Honneur et Patrie.\\nEn meme temps, il encourageait I agriculture, I in-\\n25 dustrie, le commerce, que tant d annees de troubles\\navaient mines, et le pays, rassure, oublia ses divi-\\nsions pour se remettre avec ardeur au travail qui\\nramena la prosperite.\\nL Angleterre, jalouse de voir la France s agran-\\n30 dir, relever sa marine et ses colonies, nous declara\\nde nauveau la guerre en faisant saisir douze cents\\nnavires frangais.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0197.jp2"}, "196": {"fulltext": "lyS HISTOIRE DE I^RANCE\\nCHAPITRE XIX\\nL EMPIRE (1804-1815)\\nNapoleon I^^. Les complots sans cesse renais-\\nsants favoriserent d ailleurs rambition du Premier\\nConsul. Deja nomme consul a vie, il obtint le\\nretablissement de la monarchie declaree hereditaire\\ndans sa famille, et le Senat renouvela pour lui le 5\\ntitre romain d empereur (18 mai 1804). Le general\\nBonaparte etait devenu Napoleon ler.\\nNapoleon cependant, pour attaquer I Angleterre,\\nrassemble une armee a Boulogne et prepare tons les\\nmoyens de la transporter en quelques heures au 10\\ndela de la Manche. Pour etre maitre de la mer\\npendant quelques heures, il fallait I arrivee d une\\nflotte superieure a celle des Anglais. Napoleon\\napprit bientot que sa flotte etait retardee. De plus\\nI Angleterre detourna le peril en soulevant de nou- 15\\nveau le continent et en determinant I Autriche et la\\nRussie a former une coalition. Oblige d aban-\\ndonner son pro jet, Napoleon se retourna avec I ar-\\ndeur de la colere contre les ennemis qu il pouvait\\nsaisir. II frappa des coups decisifs. 20\\nTandis que notre flotte essuyait un desastre sur\\nJes, xotes d Espagne pres du cap Trafalgar, I em-\\npereur transportait avec une rapidite merveilleuse\\nsa grande armee du camp de Boulogne en Alle-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0198.jp2"}, "197": {"fulltext": "L*kMPtRfi i79\\nmagne. II marcha sur Vienne ou il entra sans\\nresistance. L armee autrichienne s etait retiree en\\nMoravie pour se joindre a Tarmee russe.\\nBataille d Austerlitz. Napoleon, sans perdre de\\n5 temps, etait alle au-devant des deux armees russe\\net autrichienne. II se dirigea sur Briinn et arriva\\nen face de Tennemi, non loin du village d Austerlitz.\\nSes forces etaient inferieures a celles des deux em-\\npereurs d Autriche et de Russie qui cherchaient a\\n10 lui couper la retraite. Napoleon devinait leur plan\\ncomme s il eiit assiste a leurs conseils. II les en-\\ncouragea, en feignant d avoir peur, a poursuivre\\nles mouvements qu ils avaient ordonnes de maniere\\na amener leurs troupes sur le champ de bataille\\n15 qu il avait choisi.\\nLe ler decembre 1805, au soir, voyant les Russes\\nquitter en masses serrees les hauteurs dont lui-meme\\nconvoitait la possession, il ne put s empecher de\\ns ecrier Cette armee est a moi Comme il par-\\n20 courait son camp, les soldats allumerent des milliers\\nde torches, le saluant de leurs vivats et lui pro-\\nmettant pour le lendemain, anniversaire de son cou-\\nronnement, une belle victoire. lis tinrent parole.\\nLe 2 decembre, un soleil brillant qui avait dissipe\\n25 les brouillards du matin, eclaira un terrain affermi\\npar la gelee. La bataille s engagea et ne fut qu une\\nserie de manoeuvres precises par lesquelles I armee\\nalliee fut coupee en plusieurs trongons. Les Fran-\\ngais s etablirent en maitres sur les hauteurs que les\\n30 Russes avaient abandonnees et plusieurs divisions\\nrusses se trouverent enveloppees dans une etroite\\nvallee que fermaient des etangs. Les Russes cher-\\n-cherent a s echapper par ces etangs recouverts de", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0199.jp2"}, "198": {"fulltext": "l8o HISTOIRE DE PRANCE\\nglace les boulets briserent la glace et un grand\\nnombre de fuyards perirent. Les armees russe et\\nautrichienne etaient tellement defaites que Vtm-\\npereur d Autriche se hata de demander une entrevue\\nau vainquer, aux avant-postes. S\\nUn armistice fut conclu I armee russe eut la\\nliberte de se retirer et la paix de Presbourg termina\\nla guerre (26 decembre 1805).\\nGuerre contre la Prusse et la Russie. La\\nPrusse qui n avait pas ose se joindre aux coalises, 10\\nengagea seule, I annee suivante, la lutte contre Na-\\npoleon. Tandis que les Prussiens se dirigeaient\\nvers le Rhin, Tempereur, les trompant, se dirigea\\nvers I Elbe pour leur couper la retraite. L armee\\nprussienne revint en toute hate sur ses pas, divisee 15\\nen deux corps. Napoleon ecrasa un de ces corps\\nd armee a la fameuse journee d lena (14 octobre\\n1806), tandis que I autre corps d armee etait defait,\\nle meme jour par le marechal Davout, pres du vil-\\nlage d Auerstaedt. L armee prussienne, complete- 20\\nment dispersee, n existait plus. Cependant les Rus-\\nses arrivaient au secours des Prussiens. Napoleon\\nalia au-devant d eux. Les Russes voulurent le sur-\\nprendre pendant I hiver il les repoussa et leur\\nlivra dans un pays convert de neige (8 fevrier 1807) ^5\\nla sanglante bataille d Eylau. Un de nos corps\\nd armee s egara, aveugle par la neige qui tombait\\nen abondance et se fit ecraser, ce qui causa un\\nmoment un grand desordre et faillit compromettre\\nle succes. 30\\nLa campagne d ete fut courte et brillante. Les\\nRusses avaient reforme une nouvelle armee et re-\\nvenaient conduits par I empereur Alexandre lui-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0200.jp2"}, "199": {"fulltext": "l empire i8i\\nmeme. lis furent ecrases a Friedland (14 juin\\n1807).\\nAlexandre, bien vaincu cette fois, demanda la\\npaix et I obtint a I entrevue de Tilsitt sur un radeau\\n5 construit au milieu du Niemen. II renon^ait a une\\npartie de la Pologne et s engageait a fermer ses\\nports aux Anglais. Napoleon rendit au roi de\\nPrusse son royaume, mais mutile. Des provinces\\ndu Rliin, il forma pour son frere Jerome le royaume\\n10 deWestphalie. Un des freres de I empereur, Joseph,\\noccupait deja le trone de Naples; les autres mem-\\nbres de sa famille avaient des principautes et il en\\ndonnait a ses plus habiles ministres, formant ainsi\\na TEmpire une ceinture de monarchies vassales.\\n15 L Empire s agrandit encore de la HoUande, qu un\\ndes freres de Napoleon, Louis, gouvernait en qua-\\nlite de roi, mais ou il refusait d appliquer des\\nmesures rigoureuses qui ruinaient le commerce du\\npays. L empereur ne souffrait plus d obstacle a\\n20 sa volonte: il reunit la Hollande a la France (juillet\\n1810). L empire franqais compta alors 130 departe-\\nments. Un des marechaux de Napoleon, Berna-\\ndotte, etait designe comme prince heritier de la\\nSuede. La Prusse, mutilee, n existait que parce\\n25 qu il I avait bien voulu il s attachait I Autriche par\\nune alliance de famille.\\nMariage de Napoleon avec Marie-Louise d*Au-\\ntriche. De son mariage avec Josephine de Beau-\\nharnais, Napoleon n avait pas d enfant; malgre son\\n30 affection pour Eugene Beauharnais, qu il avait\\nadopte et cree vice-roi d ltalie, il ne voulait pas le\\ndeclarer son heritier. II fit annuler son mariage\\navec Josephixie, divorce qu on n approuva point et", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0201.jp2"}, "200": {"fulltext": "1 82 HISTOIRE DE FRANCE\\n_qui parut un divorce avec le bonheur. II demanda\\na I empereur d Autriche la main de Tarchiduchesse\\nMarie-Louise (iSio) et fit asseoir sur son trone,\\na ses cotes, une fille des Cesars. Un fils lui etant\\nne le 20 mars 181 1, I empereur le decora du nom 5\\nde roi de Rome.\\nNapoleon etait alors a Tapogee de la puissance\\net de la gloire. Rien ne resistait plus a ses volontes.\\nLes grands corps de I fitat restaient muets ou ne\\nparlaient que pour applaudir aux vastes pro jets du 10\\nmaitre et exalter ses succes. L empereur s effor-\\n9ait de se faire pardonner ce gouvernement arbi-\\ntraire en developpant toutes les ressources de la\\nprosperite publique. II perfectionnait le systeme\\nfinancier, la Banque de France, promulgait le Code 15\\nde Commerce.\\nII entreprenait de grands travaux d art ou d uti-\\nlite generale en France et dans les pays annexes:\\nla colonne Vendome, Tare de triomphe de I fitoile,\\nI achevement du Louvre et des Tuileries, des fon- 20\\ntaines, des canaux, des routes, etc. II encouragea\\naussi I industrie et crea le Conseil general des\\nfabriques et manufactures. Le blocus continental,\\nqui ecartait du continent les produits de I industrie\\nanglaise, fit naitre des industries nouvelles. Par 25\\nun decret du 15 Janvier 1812, Napoleon destina cent\\nmille hectares de terrain a la culture des betteraves,\\npour la fabrication du sucre indigene, qui devait\\nremplacer le sucre des colonies.\\nNapoleon favorisa surtout I application des scien- 30\\nces utiles a I industrie. II honora et recompensa\\nles savants aussi bien que les manufacturiers.\\nOn vit naitre deux sciences nouvelles la geologic.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0202.jp2"}, "201": {"fulltext": "l empire 183\\nou histoire naturelle de la terre, et la paleontologie,\\nscience qui traite d animaux et vegetaux disparus,\\ndont les debris sont enfouis dans la terre. La litte-\\nrature et les arts pourtant, ne brillerent pas du\\n5 meme eclat a cette epoque.\\nCampagne de Russie. La France, malgre cette\\nprosperite, avait besoin de repos et d un gouverne-\\nment moins despotique. Mais Napoleon, resolu a\\ndominer TEurope entiere, rompit avec la Russie et\\n10 voulut aller a Moscou. Cette temerite le perdit.\\nLa Russie n executait qu a moitie le blocus or-\\ndonne contre les Anglais. Napoleon lui declara\\nla guerre tandis que ses meilleurs soldats etaient\\nencore occupes a soumettre I Espagne. II marcha\\n15 vers le Niemen a la tete de six cent quarante mille\\nhommes de toute nation il entrainait pour ainsi\\ndire toute I Europe a sa suite (1812).\\nII franchit le Niemen, le 24 juin, entra a Wilna,\\nou il s arreta trop longtemps, s empara de Smolensk,\\n20 apres un combat acharne (17 aoiit).\\nLes Russes reculaient toujours, devastant le pays.\\nCependant le general Kutusoff decida a livrer\\nune bataille sur les bords de la Moskowa, a Boro-\\ndino (7 septembre 1812). Ce fut un des plus ter-\\n25 ribles chocs des temps modernes. L action dura\\ntoute la journee, mais les Russes se retirerent hor-\\nriblement maltraites.\\nLes Frangais a Moscou. Cette victoire, bien\\nqu elle eut coute cher, ouvrait la route de Moscou\\n30 I armee se dirigea vers cette fameuse capitale. Le\\n14 septembre elle depassa la derniere hauteur qui\\nlui derobait la vieille cite russe. Les soldats, emus\\nau spectacle grandiose qui se deroulait devant leurs", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0203.jp2"}, "202": {"fulltext": "184 HISTOIRE DE FRANCE\\nyeux, s arreterent en criant Moscou Moscou\\nMoitie europeenne, moitie asiatlque, demi-orientale\\net demi-grecque, Moscou, ville immense, sur la\\nlimite de la civilisation et de la barbaric, offrait le\\nmelange le plus singulier de palais, d eglises, de 5\\ndomes dores etincelant aux rayons d un soleil d au-\\ntomne, de jardins, de bosquets, de maisons aux toits\\nbrillant de couleurs varices, et de pauvres cabanes\\ntartares. Bien des soldats avaient vu le Caire, les\\nPyramides, Milan, Vienne, Berlin, Madrid Moscou 10\\nsurprenait ces hommes deshabitues de Tetonnement.\\nL armee defila, ivre d enthousiasme, et entra dans\\nla cite sainte des Russes.\\nLa joie fut courte. La ville etait deserte et\\nmorne: toute la population avait fui a la suite de 15\\nl armee russe. Dans la nuit du 15 au 16 septembre,\\nun immense incendie eclata, allume par les bandits\\nqu avait laisses le gouverneur Rostopchine. Un vent\\nfurieux vint aider les incendiaires, et, changeant\\npresque chaque jour, porta tour a tour les flammes 20\\ndans les differents quartiers de la ville. Trois\\njours et trois nuits, Moscou presenta Taspect d un\\nhorrible brasier, dont Tarmee cut beaucoup de peine\\na sortir les flammes ne s arreterent qu apres avoir\\ndevore les quatre cinquiemes de cette opulente cite 25\\nou les soldats esperaient trouver, sinon la paix, du\\nmoins le repos pendant I hiver. Cet acte sauvage\\nindiquait assez a quelle nation on faisait la guerre.\\nNapoleon neanmoins engagea des negociations. II\\nperdit un temps precieux, croyant tou jours que Fem- 30\\npereur Alexandre traiterait. Mais Alexandre ne\\npensait qu a le jouer, comptant pour nous chasser\\nsur son allie favori, I hiver,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0204.jp2"}, "203": {"fulltext": "l empire 185\\nLa retraite de Russie. Cet allie fut plus fidele\\nencore qu a I ordinaire et plus energique. Napo-\\nleon se decida enfin a partir le 15 octobre. Des le\\n2^ le mauvais temps commenqa. Le 9 novembre le\\n5 del, sur lequel on avait tant compte, se declara\\ncontre nous. La neige tomba. Tout alors est con-\\nfondu et meconnaissable on marche sans savoir ou\\nTon est, sans apercevoir son but les flocons de\\nneige, pousses par le tempete, s amoncellent et s ar-\\n10 retent dans toutes les cavites; la surface cache des\\nprofondeurs inconnues qui s ouvrent perfidement\\nsous nos pas. La le soldat s engouffre, et les plus\\nfaibles s abandonnant y restent souvent ensevelis.\\nL hiver russe attaque les soldats de toutes parts\\n15 il penetre au travers de leurs legers vetements et de\\nleur chaussure dechiree leurs habits mouilles se\\ngelent sur eux devant eux, autour d eux, tout est\\nneige c est comme un grand linceul dont la nature\\nenveloppe I armee! Les seuls objets qui se voient,\\n20 ce sont de sombres sapins avec leur funebre verdure,\\net la gigantesque immobilite de leurs tiges noires,\\net leur grande tristesse qui complete cet aspect de-\\nsole d un deuil general, d une nature sauvage et\\nd une armee mourante au milieu d une nature morte.\\n25 A Smolensk, on ne trouva ni les vivres ni les\\nsecours esperes. Tout etait pille. On ne put s y\\narreter. II fallut poursuivre cette retraite, de plus\\nen plus desastreuse a mesure que le froid devenait\\nplus rigoureux et que I ennemi se rapprochait. II\\n30 fallait acheter par des combats une route couverte\\nde neige. Ney a I arriere-garde protegeait de son\\nsolide courage toute I armee. Des lignes de ca-\\ndavres marquaient les bivouacs. Depuis longtemps", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0205.jp2"}, "204": {"fulltext": "r86 HISTOIRE DE FRANCE\\non laissait les canons faute de chevaux, et, ce qui\\nest plus triste, les blesses. Presque toute la cava-\\nlerie etait a pied. Les rangs etaient abandonnes,\\net une foule desarmee, souffrante, suivait les regi-\\nments qui conservaient encore quelque organisation 5\\net quelque discipline. Ce fut cette foule accrue des\\nmarchands et des vivandiers qui occasionna I en-\\ncombrement des ponts au passage de la Beresina,\\net fut en partie sacrifice pour le salut de I armee,\\ncar on se vit oblige de rompre les ponts a I arrivee 10\\nde Tennemi. Des scenes douloureuses se produi-\\nsirent alors (28 novembre) et sont restees celebres\\nsous le titre de passage de la Beresina.\\nA Smorgoni, Napoleon quitta Tarmee pour pre-\\nvenir a Paris la nouvelle de son desastre. II tra- 15\\nversa TAllemagne incognito et arriva aux Tuileries,\\nlorsqu on commengait seulement a connaitre quelque\\nchose de I horrible verite. Apres son depart, la\\nretraite devint plus desastreuse. Le froid redoubla.\\nLe 9 decembre on arriva a Wilna, mais sans pou- 20\\nvoir s y arreter. II fallut reculer jusqu au Niemen,\\net c est a peine si une poignee de soldats, debris\\nd une armee de 400,000 hommes, repassa ce fleuve.\\nCampagnes d^Allemagne et de France. Ce\\ndesastre porta un coup mortel a la puissance de 25\\nNapoleon. Des qu on vit son armee detruite par le\\nfroid, les defections commencerent. La Prusse d a-\\nbord se souleva. Meme le prince de Suede, un\\nmarechal de I Empire, Bernadotte, entra dans la co-\\nalition. Napoleon, cependant, reussit a recomposer 30\\nune armee de deux cent mille hommes avec les\\ntroupes laissees en Allemagne et les consents de\\nFrance. _", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0206.jp2"}, "205": {"fulltext": "l empire rS;\\nTrois armees, prussienne, russe, autrichienne, se\\ndirigent sur Dresde. Napoleon leur fait face. Le\\n26 et le 2y aout, il livre une grande bataille a Dresde\\net remporte une sanglante victoire. Mais les lieute-\\n5 nants de Napoleon se laissent battre, et bientot I em-\\npereur voit trois cent mille coalises se reunir contre\\nlui pres de Leipzig. Pendant trois jours Napoleon\\narrete, tour a tour, chacune des armees ennemies.\\nMalgre Theroisme de ses soldats il ne peut continuer\\n10 cette lutte inegale. II fallut reculer encore et re-\\nculer jusqu en France.\\nLa France a son tour fut envahie. Trois masses\\nenormes formant un total de quatre cent mille\\nhommes arrivent par la Hollande et la Belgique,\\n15 par la Moselle, par la Bourgogne, et convergent\\nvers Paris. Devant ce danger Napoleon retrouve\\nson activite d ltalie il deploie dans cette lutte su-\\npreme un genie qui excite I admiration. Avec une\\npoignee de soldats aguerris, trois mois il tient tete\\n20 a la coalition et frappe des coups energiques. Les\\nallies negocient mais ils n of frent a I empereur\\nque les limites de 1789. Napoleon s indigne:\\nVoulez-vous que j abandonne les conquetes qui\\nont ete faites avant moi, s ecrie-t-il, que je laisse la\\n25 France plus petite que je I ai trouvee jamais\\nNouveaux combats et nouveaux succes, mais les\\narmees alliees se reunissent tou jours et, apres la\\nbataille indecise d Arcis-sur-Aube (20 et 21 mars),\\nmarchent sur la capitale. D heroiques soldats re-\\n30 sistent, autant qu ils peuvent, aux 180,000 hommes\\nqui les attaquent; ils sont ecrases par le nombre.\\nParis capitule (31 mars), et on demanda a I em-\\npereur son abdication. Abandonne de ses gene-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0207.jp2"}, "206": {"fulltext": "1 88 HISTOIRE DE FRANCE\\nraux, il la signa enfin, plein de douleur (6 avril).\\nUn traite lui assurait la souverainete derisoire de\\nrile d Elbe. Avant de partir, Napoleon composa\\nun bataillon d hommes et d officiers de differents\\ncorps de la garde, bataillon qui devait raccom- s\\npagner; puis, dans la cour du palais de Fontaine-\\nbleau, il fit aux regiments qui demeuraient de tou-\\nchants adieux. Puis il partit, accompagne de quel-\\nques serviteurs fideles, pour un exil qui, dans sa\\npensee, n etait point definitif. lo\\nPremiere restauration des Bourbons. Les\\nBourbons revinrent dans cette France entierement\\nrenouvelee a laquelle ils parurent des etrangers.\\nLouis XVIII regardait comme nul tout ce qui s e-\\ntait fait en son absence et appelait 1814 la dix- 15\\nneuvieme annee de son regne. L arrogance des\\nemigres, leur pretention de detruire toutes les con-\\nquetes de 1789, exciterent de vifs mecontentements.\\nOn regarda du cote de Tile d Elbe, ou avait ete\\nrelegue le puissant empereur. Napoleon comprit 20\\nqu on I appelait. II arriva.\\nchappant a la vigilance des croisieres anglaises,\\nil debarque le i^r mars 181 5 avec son bataillon de\\ngrenadiers de la garde, au golfe Jouan, pres de\\nCannes, et arrive a Grenoble, ou le colonel Labe- 25\\ndoyere se rallia a lui. II poursuivit sa marche\\ntriomphale de Grenoble a Lyon, de Lyon a Paris.\\nLe 20 mars 181 5 Napoleon rentrait aux Tuilerie.s,\\nque Louis XVIII avait quittees pour s enfuir en\\nBelgique. 30\\nInstruit par le malheur. Napoleon declara qu il\\nallait satisfaire les desirs de liberte qu il avait trop\\nmeconnus. Mais Napoleon remontant sur le trone", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0208.jp2"}, "207": {"fulltext": "l empire 189\\nfut un sujet d effroi pour I Europe. Les souverains\\nresserrerent letir alliance et mirent en mouvement\\nleurs armees.\\nBataille de Waterloo. Napoleon, en quelques\\n5 mois, avait aussi reorganise son armee et entra en\\nBelgique, a la tete de cent trente mille hommes. II\\nbattit les Prussiens a Fleurus et a Ligny (16 juin).\\nMais il fallait aussi arreter les Anglais. II les\\nattaqua le 18 juin 181 5 au plateau du Mont-Saint-\\n10 Jean, pres du village de Waterloo. Le marechal\\nGrouchy etait charge de poursuivre les Prussiens\\net de les empecher de secourir les Anglais. Ney\\nentraina par son ardeur la cavalerie, qui executa\\ndes charges repetees. Ce furent des scenes gran-\\n15 dioses, telles qu on n en avait point vu. Les cuiras-\\nsiers surtout firent des prodiges. Napoleon se pre-\\nparait a soutenir ces belles charges par son infante-\\nrie, lorsque les Prussiens arriverent. Bulow de-\\nbouchait sur la droite avec 30,000 ennemis, quand,\\n20 a sa place, on esperait Grouchy avec 30,000 Fran-\\ngais. II fallut leur faire face.\\nToutefois le combat se soutenait, les Prussiens\\nfurent refoules. Ney entraine une seconde fois\\ntoute la cavalerie sur le plateau du Mont-Saint-Jean,\\n25 que Wellington a repris et qu il veut defendre jus-\\nqu a la derniere extremite il sait qu il sera secouru.\\nDix mille cavaliers se precipitent avec furie sur les\\nbataillons anglais formes en carres, les entament,\\nles ouvrent, s emparent des canons. Deja les An-\\n30 glais se debandent, et Wellington inquiet ne sait si\\nles Prussiens auront le temps de paraitre. II est\\nsept heures du soir. Ney demande tou jours de I in-\\nfanterie De I infanterie Ou voulez-vous que", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0209.jp2"}, "208": {"fulltext": "IQO HISTOIRE DE FRANCE\\nj en prenne? Voulez-vous que j en fasse?)) re-\\npond Napoleon oblige de tenir tete aux Prussiens.\\nToutefois, ceux-ci avaient decidement recule. Na-\\npoleon forme tine colonne de bataillons de la garde,\\ndestinee a enfoncer le centre des Anglais. EUe est 5\\na peine organisee que le reste de Tarmee prussienne\\navec Bliicher se montre sur I extreme droite et\\nGrouchy ne vient point Napoleon ordonne d atta-\\nquer avec quatre bataillons seulement. Peut-etre\\naura-t-il le temps de percer les Anglais. Tout cede 10\\ndevant les redoutables bataillons que Ney dirige\\navec I entrain du desespoir. On entoure Welling-\\nton, on lui demande ses instructions, s il est tue.\\nMes instructions, repond-il, c est de tenir ici jus-\\nqu au dernier homme.)) II merita bien, ce jour-la, 15\\npar sa froide tenacite, le surnom de Due de fer. Des\\nsoldats de reserve, couches dans les bles, se levent\\ntout a coup, et leur feu subit, meurtrier, met le des-\\nordre dans les rangs des Fran(;ais, qui plient.\\nII est huit heures. On pourrait renouveler Tat- 20\\ntaque avec les huit bataillons qui restent, mais\\nBliicher arrive et tourne notre aile droite. La\\nvieille garde n a plus qu une mission a remplir c est\\nde Jeter sur cet immense desastre un pen de gloire,\\npar son sublime heroisme. Elle protege la deroute 25\\nde I armee, qui s enfuit, vivement poursuivie. De-\\ncimes, les bataillons de veterans se sacrifient pour le\\nsalut de tons. lis se forment en carres qui retro-\\ngradent en combattant plusieurs sont detruits.\\nLa garde meurt et ne se rend pas,)) noble parole 30\\nqui fut reellement prononcee et admirabl ement\\ntenue. Napoleon, entoure par les debris de sa\\ngarde, fut entraine, la mort dans Tame, loin de ce", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0210.jp2"}, "209": {"fulltext": "l empire 191\\nfuneste champ de bataille de Waterloo ou venait de\\ns abimer sa merveilleuse carriere.\\nNapoleon se hata d accourir a Paris, croyant y\\ntrouver un appui. Se voyant abandonne, il abdiqua\\n5 en faveur de son fils. Mais les allies arriverent,\\nrappelerent Louis XVIII et n accorderent la paix\\nqu aux conditions les plus onereuses. Les traites\\nde 181 5 ramenerent la France, au nord et a Test, en\\ndega des limites de 1789. EUe perdait non seule-\\n10 ment les conquetes de I Empire, mais encore toutes\\ncelles de la Republique et meme quelques-unes de\\nI ancienne monarchic.\\nHors du continent, la France renongait a la plu-\\npart des colonies que I Angleterre avait prises pen-\\n15 dant la guerre. L Angleterre restait la plus grande\\npuissance maritime. _ La Russie obtenait presque\\ntoute la Pologne. L Autriche dominait I ltalie.\\nLa Prusse recouvrait ses anciennes provinces et re-\\ncevait la rive gauche du Rhin. La Belgique, reunie\\n20 a la Hollande, formait un royaume des Pays-Bas,\\ndestine a servir de barriere contre la France. Par-\\ntout les allies de la France, les faibles, etaient\\necrases.\\nNapoleon a Sainte-Helene. Napoleon avait de-\\n25 mande a I Angleterre I hospitalite et etait passe\\nlibrement sur un vaisseau anglais on le declara pri-\\nsonnier et on I envoya sur un ilot de I ocean Atlan-\\ntique, a Sainte-Helene, dans la zone torride. La\\nencore on sembla vouloir le tuer lentement. Au lieu\\n30 de lui abandonner le chateau du gouverneur, situe\\ndans une fraiche vallee, on choisit pour sa demeure\\nun plateau brule par le soleil et desole par les vents.\\nUne limite fut tracee aux promenades de celui qui", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0211.jp2"}, "210": {"fulltext": "T92 HISTOIRE DE FRANCE\\navait I habitude de parcourir I Eiirope. Hors de\\nces limites, Napoleon ne pouvait aller a cheval sans\\netre suivi. Aussi, pour eviter cette gene odietise,\\nse livrait-il le moins possible a Texercice du cheval,\\nnecessaire a sa sante. Les generaux Bertrand, 5\\nGourgatid et Montholon avec leurs families fai-\\nsaient tons leurs efforts pour adoucir ses peines ils\\nn y parvenaient pas. Ne voulant plus monter a\\ncheval, il se livra a I exercice du jardinage et eleva\\ndes epaulements en terre pour proteger sa demeure 10\\ncontre les vents. En costume de planteur, on le\\nvoyait avec ses compagnons surveiller la culture de\\nson jardin, et combattre encore la nature de ce roc\\nsterile sur lequel on ne lui epargnait pas les humi-\\nliations. 15\\nEn 1 82 1, dans les premiers jours de mai, une\\nmaladie qui faisait souffrir Napoleon depuis plu-\\nsieurs annees et que le climat avait developpee, fit\\ndes progres alarmants. Le 3, le delire commenga,\\net a travers ses paroles entrecoupees on saisit ces 20\\nmots Mon fils I armee Desaix On\\neut dit, a une certaine agitation, qu il avait une der-\\nniere vision de la bataille de Marengo regagnee par\\nDesaix. Le 4, I agonie dura sans interruption. Le\\ntemps etait horrible; un ouragan des tropiques de- 25\\nchainait sa fureur sur Tile et y deracinait quelques-\\nuns des grands arbres. Enfin, le 5 mai on ne douta\\nplus que le dernier jour de cette existence extra-\\nordinaire ne flit arrive. Tons les serviteurs de\\nNapoleon, agenouilles autour de son lit, epiaient 30\\nles dernieres lueurs de la vie. Ce jour-la, le temps\\netait redevenu calme et serein. Vers cinq heures\\nquarante-cinq minutes, juste au moment ou le soleil", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0212.jp2"}, "211": {"fulltext": "L EMPIRE 193\\nse couchait dans des flots de lumiere et ou le canon\\nanglais donnait le signal de la retraite, les nom-\\nbrenx temoins qui observaient le mourant s aper-\\ngurent qu il ne respirait plus, et s ecrierent qu il\\n5 etait mort.\\nNapoleon avait alors cinquante-deux ans. On\\nI enterra dans Tile, pres d une fontaine qu il affec-\\ntionnait. II avait, dans son testament, exprime le\\ndesir d etre enterre sur les bords de la Seine, au\\n10 milieu de ce peuple frangais qu il avait tant aime.))\\nCe dernier voeu fut realise en 1840, et les restes de\\nNapoleon reposent maintenant dans I Hotel des In-\\nvalides a Paris.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0213.jp2"}, "212": {"fulltext": "194 HISTOIRE DE FRANCE\\nCHAPITRE XX\\nLA FRANCE DEPUIS 1815\\nLa Restauration Louis XVIII (1815-1824).\\nUne invasion plus funeste que celle de 18 14 se con-\\ntinua pendant plus de trois mois apres la bataille de\\nWaterloo. Les Prussiens occupaient Paris, les An-\\nglais tenaient les environs de la capitale. Pendant 5\\ntrois ans une partie de la France resta occupee par\\nles troupes etrangeres.\\nLa Chambre des deputes voulait retablir I ancien\\nregime, et Louis XVIII se vit oblige lui-meme de\\nla dissoudre. II s effor ;ait de reconcilier les classes 10\\ndivisees par une revolution si profonde il compre-\\nnait que la royaute devait se rattacher la societe\\nnouvelle et non la combattre. L assassinat du due\\nde Berry (13 fevrier 1820), neveu du roi et alors\\ndernier heritier du trone, re j eta le gouvernement 15\\ndans les bras des royalistes exaltes. Les rigueurs\\nrecommencerent et provoquerent des conspirations\\nqui amenerent de nouveaux supplices.\\nAfin de regagner I armee et pour defendre au\\ndehors comme au dedans le principe de I autorite 20\\nroyale, le gouvernement entreprit I expedition d Es-\\npagne pour retablir sur le trone le roi Ferdinand\\nVII, qui avait ete renverse par son peuple et se\\ntrouvait dans une situation analogue a celle ou", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0214.jp2"}, "213": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS I815 195\\ns etait trouve Louis XVI. L armee frangaise,\\ncommandee par les marechaux et les generaux ex-\\nperimentes de I Empire, pacifia rapidement toute\\nI Espagne.\\n5 L annee suivante, Louis XVIII, qui avait eu a\\ntraverser les temps les plus difficiles, acheva pai-\\nsiblement son regne.\\nCharles X (1824-1830). Son frere Charles lui\\nsucceda. Charles X avait alors soixante-sept ans:\\n10 le due de Bordeaux etait son petit-fils, et tout sem-\\nblait I inviter a continuer, apres les secousses vio-\\nlentes des trente dernieres annees, la politique de\\nLouis XVIII. II n en fit rien. C etait lui qui, en\\n1789, avait donne le signal de I emigration, et il\\n15 disait en parlant de La Fayette, un des principaux\\nchefs du parti liberal et I un des premiers acteurs\\nde la Revolution II n y a que M. de La Fayette\\net moi qui n ayons pas change depuis 1789.)) Un\\nmoment il ceda a I opinion en prenant des ministres\\n20 moderes, mais il revint presque aussitot aux vieilles\\ntheories de pouvoir absolu, et se crut assez fort en\\n1830 pour dechirer la Charte consentie par Louis\\nXVIII.\\nUne revolution eclata et une bataille de trois\\n25 jours s engagea dans les rues de Paris, 26, 2^ et 28\\njuillet 1830. Charles X abdiqua en faveur de son\\npetit-fils le due de Bordeaux, mais trop tard, et\\ns embarqua a Cherbourg, partant pour un dernier\\net nouvel exil. Les Chambres donnerent la cou-\\n30 ronne a Louis-Philippe d Orleans. La France re-\\nprit le drapeau tricolore.\\nRegne de Louis-Philippe P^^ (1830-1848). Le nou-\\nveau roi, Louis-Philippe I^^, rassurait par sa poli-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0215.jp2"}, "214": {"fulltext": "196 HISTOIRE DE FRANCE\\ntique liberale la societe, qui ne craignait plus de\\nretour en arriere. Mais les partis ne desarmaient\\npoint, et le regne de Louis-Philippe fut fort trouble\\njusqu en 1840; a plusieurs reprises, des insurrec-\\ntions ensanglanterent les rues de Paris et de Lyon. 5\\nDes attentats sans cesse repetes contre la vie du roi\\nperpetuaient I inquietude.\\nLouis-Philippe, cependant, parvint a triompher\\nde toutes les agitations il maintenait au dehors la\\npaix de I Europe, mais on lui reprochait d acheter 10\\ncette paix par de trop grandes concessions. L in-\\ndustrie et le commerce, qui, depuis le commence-\\nment du siecle, avaient pris un essor rapide, avaient\\naccru I importance de la population ouvriere, dont\\nle gouvernement ne se preoccupait pas assez. Deux 15\\nmaitres en I art de la parole et en I art d ecrire,\\nM. Thiers et M. Guizot, se disputaient sans cesse\\nle pouvoir, et leur rivalite fut le grand evenement\\nd un regne ou les luttes de la tribune tinrent la place\\nprincipale. Tandis que les amis memes de la 20\\nroyaute reclamaient de justes reformes, ses enne-\\nmis se preparaient a profiter de ces divisions. Une\\nemeute commencee aux cris de Vive la reforme\\ndevint bientot, le 24 fevrier 1848, une revolution\\nd ou sortit pour la seconde fois la Republique, 25\\nLouis-Philippe n essaya meme pas de lutter comme\\nCharles X, il abdiqua en faveur de son petit-fils le\\ncomte de Paris, mais trop tard aussi, et il dut s en-\\nfuir en Angleterre, oh il mourut deux ans apres.\\nConquete de PAlgerie. La plus grande oeuvre 30\\net le plus beau resultat du regne de Louis-Philippe,\\nce fut la conquete de I Algerie. La colonie s est\\ndeveloppee, et la France possede ainsi sur la cote", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0216.jp2"}, "215": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 197\\nd Afrique un vaste territoire tres fertile qui compte\\ntrois millions d habitants.\\nRepublique de 1848: le suffrage universel.\\nLa revolution de fevrier 1848 assurait le triomphe\\n5 de la Republique. Le gouvernement provisoire,\\nqu on etablit d abord a I Hotel de ville, voulut tout\\nde suite marquer la portee de la nouvelle revolu-\\ntion par des mesures liberales. II abolit la peine de\\nmort en matiere politique et, des le 2 mars, pro-\\n10 clama le suffrage universel. Le 27 avril, il pro-\\nclama egalement I abolition de I esclavage dans les\\ncolonies.\\nLa Constitution nouvelle donnait le pouvoir a un\\nPresident elu pour quatre ans et a une Assemblee\\n15 legislative. L Assemblee et le President devaient\\netre nommes par le suffrage universel. Cinq mil-\\nlions de suffrages designerent pour la presidence\\nle prince Louis-Napoleon, dont le nom entraina les\\npopulations des campagnes. Deux fois deja, sous\\n20 le regne de Louis-Philippe, il avait tente de s em-\\nparer du pouvoir deux fois il avait echoue. De-\\nvenu president de la Republique, il s appliqua a pre-\\nparer son avenement a I Empire.\\nLouis-Napoleon s appuya d abord sur les anciens\\n25 partis monarchiques, et commenga une veritable\\nreaction contre les doctrines republicaines. Mais\\nbientot il se separa des monarchistes, qui ne vou-\\nlaient point Taccepter pour souverain. Afin de se\\nfaire reelire, il demanda la revision de la Constitu-\\n30 tion, mais tons les partis se reunirent contre lui et\\nrepousserent la revision de la Constitution. Alors\\nle President songea a recourir a la force.\\nCoup defeat du 2 decembre 1851. Le 2 de-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0217.jp2"}, "216": {"fulltext": "T98 HISTOIRE DE FRANCE\\ncembre 185 1, il fit arreter les deputes les plus in-\\nfluents du parti republicain et des partis monar-\\nchiques, occuper Paris militairement, fermer la salle\\ndes seances de I Assemblee. II detruisait lui-meme\\nla Constitution, qu il avait fait serment et qu il avait 5\\npour mission de maintenir. La resistance qui s or-\\nganisa a Paris, echoua devant I attitude des troupes\\ndont le President s etait assure le concours. Des\\ntransportations sans jugement eloignerent les enne-\\nmis du nouvel ordre de choses. Sept millions et 10\\ndemi de suffrages (20 et 21 decembre) confierent\\na Louis-Napoleon la presidence pour dix ans.\\nLouis-Napoleon se hata alors de publier une\\nConstitution (14 Janvier 1852). L autorite effec-\\ntive, la pleine puissance etait concentree entre les 15\\nmains du President. Le pouvoir legislatif etait\\nexerce par le Corps legislatif et le Senat. Louis-\\nNapoleon se fit enfin, apres un nouveau plebiscite,^\\nproclamer empereur des Fran^ais (2 decembre\\n1852). 20\\nLa guerre d Orient. Bien qu il eut prononce,\\npour rassurer I Europe, ces mots fameux L Em-\\npire, c est la paix,)) Napoleon III ne craignit pas\\nd inaugurer son regne par une grande guerre. Le\\ntsar de Russie, Nicolas, avait envahi les provinces 25\\ndu Danube, le 3 juillet 1853. Napoleon III s allia\\nalors avec I Angleterre pour s opposer aux projets\\nambitieux du tsar.\\nUne flotte anglo-frangaise alia dans la mer Bal-\\ntique. Une armee frangaise fut transportee en 30\\nTurquie, ou les troupes anglaises la rejoignirent.\\n1 Vote soumis a I approbation du peuple entier.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0218.jp2"}, "217": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS I8I5 ^99\\nLes generaux allies, ne voulant point se lancer a\\nla poursuite des armees russes au dela du Danube,\\nse deciderent a attaquer Sebastopol, son principal\\narsenal, menace perpetuelle pour Constantinople. Le\\n5 14 septembre 1854, le corps expeditionnaire, dirige\\npar le marechal Saint-Arnaud et lord Raglan, de-\\nbarqua en Crimee. Les Russes, retranches der-\\nriere le petit fleuve de I Alma, sur des hauteurs\\nherissees d artillerie, comptaient nous rejeter dans\\n10 la mer. Grace a Telan, a I agilite des soldats fran-\\n;ais, les hauteurs furent escaladees, les Russes\\ntournes, refoules ce fut une victoire decisive et\\nbrillante (20 septembre 1854).\\nLa victoire de I Alma ouvrait la route de Sebasto-\\n15 pol, dont le siege commenga (octobre 1854) sous\\nles ordres du general Canrobert, puis du general\\nPelissier. II fallut creuser des tranchees dans un\\nterrain rempli de rochers les armees operaient a\\ncinq cents lieues de leur pays, attendant le plus sou-\\n20 vent leur materiel et leurs provisions, livres a la\\nmerci des vents impetueux qui soufflent dans la\\nmer Noire.\\nSurvint un hiver des plus rigoureux. Dans les\\ntranchees les souffrances etaient affreuses, et il\\n25 fallait travailler, combattre. Au mois de mars 1855\\nI empereur Nicolas mourut, mais son fils, Alexan-\\ndre II, continua la guerre. Alors les allies pous-\\nserent le siege avec une nouvelle vigueur.\\nApres un bombardement terrible, la tour Mala-\\n30 koff, qui etait devenue, grace aux travaux des\\nRusses, une citadelle redoutable, fut attaquee le\\n8 septembre, tandis que le reste de I armee s elan-\\ngait sur les bastions voisins. Malgre un feu epou-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0219.jp2"}, "218": {"fulltext": "200 HISTOIRE DE FRANCE\\nvantable et plusieurs retours offensifs, la division\\ndu general de Mac-Mahon demeura maitresse de la\\ntour Malakoff, qui n etait plus qu un amas de de-\\ncombres. Le grand resultat etait obtenu Malakoff\\npris, Sebastopol tombait au pouvoir des Fran9ais. 5\\nCe magnifique succes termina la guerre. Un\\ncongres se reunit a Paris la paix fut signee le\\n30 mars 1856, et la Russie perdait le fruit de lon-\\ngues annees de travail et d enormes depenses.\\nGuerre d ltalie (1859). Apres la Russie, Na- 10\\npoleon voulait abaisser TAutriche et delivrer I ltalie,\\ndont le nord appartenait depuis 181 5 aux Autri-\\nchiens. Le roi de Sardaigne, Victor- Emmanuel,\\net surtout son ministre, le comte de Cavour, en-\\ntrainerent Napoleon a cette guerre, qui fut popu- 15\\nlaire et brillante.\\nLes Frangais battirent les Autrichiens a Monte-\\nbello (20 mai 1859) et encore au village de Magenta\\n(4 juin).\\nLes Autrichiens semblerent alors abandonner la 20\\nLombardie, mais, quand I armee frangaise approcha\\ndes bords du Mincio, elle vit tout a coup les hau-\\nteurs voisines de cette riviere couvertes d ennemis.\\nLes Frangais, sous un soleil ardent, s elancerent a\\nI assaut des hauteurs de Solferino et de Cavriana 25\\n(24 juin), et s en emparerent apres une lutte achar-\\nnee. Un orage qui eclata empecha les Frangais\\nde changer en deroute la defaite des Autrichiens,\\nqui purent se retirer au dela du Mincio.\\nOn se repetait encore les derniers details de la 30\\njournee de Solferino, lorsque le telegraphe annonga\\ntout a coup la conclusion de la paix. Une entrevue\\ncut lieu a Villafranca, entre Tempereur d Autriche", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0220.jp2"}, "219": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 20I\\nFrangois-Joseph et I empereur Napoleon III. Les\\ndeux souverains signerent les preliminaires de la\\npaix: Tempereur d Autriche cedait la Lombardie a\\nNapoleon III; qui la remettait au roi Victor-Em-\\n5 manuel. L ltalie centrale demanda a s unir au\\nPiemont et, par une suite de revolutions, d inva-\\nsions successives, le Piemont devint le maitre de la\\npeninsule. Le royaume de Sardaigne se trans-\\nforma en royaume d ltalie. L unite italienne fut\\n10 faite.\\nDes i860 la France, a raison de ces changements,\\navait reclame sa frontiere naturelle des Alpes, per-\\ndue en partie lors des traites de 1815. La Savoie\\net le comte de Nice furent cedes a la France par le\\nIS roi Victor-Emmanuel (mars i860), et les popula-\\ntions, consultees par la voie du suffrage universel,\\naccueillirent avec joie ce retour a la patrie fran-\\nQaise. Le 14 juin, le drapeau frangais etait porte\\npar des guides hardis sur la plus haute cime du\\n20 mont Blanc.\\nGuerre de 1870. La Prusse n avait ete depuis\\n181 5 qu une puissance secondaire. Mais sous le\\nroi Guillaume I^ monte sur le trone en 1861, un\\nministre habile et audacieux, le comte de Bismarck,\\n25 entreprit d assurer a la Prusse Tempire de I Alle-\\nmagne. II s unit a l ltalie contre I Autriche, et\\nI armee prussienne remporta une victoire decisive\\na Sadowa (3 juillet 1866). L Autriche signa la\\npaix, et les tats allemands se virent obliges de\\n30 reconnaitre la suprematie de la Prusse. Ce royau-\\nme, considerablement agrandi, devenait un dan-\\ngereux voisin. Un conflit etait des lors inevitable\\navec la France. Le gouyernement imperial s y", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0221.jp2"}, "220": {"fulltext": "202 HISTOIRE DE FRANCE\\nprepara d une maniere insuffisante, et la Prusse,\\nqui connaissait les imperfections de notre armee,\\neut I art de se faire declarer la guerre qu elle de-\\nsirait (15 juillet 1870).\\nLes Prussiens saisissent Toccasion que leur of- 5\\nfrent les mauvaises positions de Tarmee, dispersee\\nsur une ligne trop etendue le long de nos frontieres.\\nLe 4 aoiit, au nombre de quarante mille hommes,\\nils ecrasent une division frangaise isolee sur les\\nbords de la Lauter, a Wissembourg. L ennemi 10\\nentre en France.\\nLe marechal de Mac-Mahon, qui occupait I Al-\\nsace, cherche et trouve une forte position a Reichs-\\nhoffen et a Froeschwiller. Mais il avait a peine\\ntrente-cinq mille hommes, et le prince royal de 15\\nPrusse lui en opposa cent vingt mille. Le marechal\\nde Mac-Mahon, pour assurer sa retraite, dut sacri-\\nfier sa magnifique brigade de cuirassiers. Le\\nmeme jour, a Forbach, le corps d armee du general\\nFrossard etait repousse et abime par une autre 20\\narmee prussienne (6 aout 1870).\\nL invasion s etendit dans les departements de\\nTEst, rapide, terrible, avec ses exigences, ses re-\\nquisitions, ses cruautes meme.\\nL armee principale, commandee par le marechal 25\\nBazaine, restait sous la protection de la place de\\nMetz, au lieu de se replier rapidement et malgre\\nles glorieux combats de Borny (14 aout), de Grave-\\nlotte (16 aoiit) et de Saint-Privat (18 aoiit), ou\\nles armees prussiennes firent des pertes enormes, 30\\nl armee frangaise fut entouree et resserree autour\\nde Metz.\\nUne nouvelle armee, formee a Chalons, fut t^-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0222.jp2"}, "221": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 203\\nmerairement envoyee a son secours; cette seconde\\narmee, acculee a la frontiere du Nord, fut enve-\\nloppee autour de la petite place forte de Sedan.\\nApres deux jours de combats sanglants, cette ar-\\n5 mee, privee de son chef, le marechal Mac-Mahon,\\ngrievement blesse, se vit refoulee dans la place de\\nSedan, ou, accablee par I artillerie allemande, elle\\nne pouvait ni resister ni vivre. L empereur Napo-\\nleon III, qui se trouvait avec cette armee, capitula\\n10 en se rendant prisonnier de guerre avec quatre-vingt\\nmille hommes (2 septembre 1870).\\nLorsque cette nouvelle arriva a Paris, une revo-\\nlution eclata (4 septembre) un gouvernement\\nnouveau s installa a I Hotel de ville, prenant le\\n15 titre de gouvernement de la Defense nationale.\\nLes principaux membres de ce gouvernement, pre-\\nside par le general Trochu, gouverneur de Paris,\\netaient MM. Jules Favre, Ernest Picard, Jules\\nSimon, Cremieux, Gambetta.\\n20 Tandis que les armees prussiennes, victorieuses\\na Sedan, venaient investir et assieger Paris, d autres\\ntroupes allemandes s emparaient successivement\\ndes forteresses. Strasbourg, boulevard de I Al-\\nsace, investi le 13 aout, se vit, a partir du 15, ex-\\n25 pose a un bombardement qui s attaquait a la ville\\nmeme. Tout le centre de la ville fut devaste par\\nrincendie. La cathedrale elle-meme fut mutilee.\\nLa ville, a bout de ressources, dut capituler le\\n28 septembre. Paris cependant, investi depuis le\\n30 19 septembre, tenait a distance les Prussiens, qui\\nne se trouvaient pas en mesure de I attaquer de\\nvive force. Des troupes se rassemblaient sur les\\nbords de la Loire, et la situation paraissait s ame-.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0223.jp2"}, "222": {"fulltext": "204 HISTOIRE DE FRANCE\\nliorer. La capitulation du marechal Bazaine^ a\\nMetz (27 octobre) vint changer la face des choses.\\nInvesti, enserre par des lignes de batteries, qu il\\nn etait pas aise de franchir, il n essaya pas serieuse-\\nment, malgre la belle qualite de ses troupes aguer- 5\\nries, qui constituaient la plus belle armee que la\\nFrance ait cue depuis longtemps, de rompre le cercle\\nde fer et de feu trace autour de lui. Lorsque les\\nvivres diminuerent, il negocia. M. de Bismarck ne\\nvoulut plus entendre parler de convention lorsqu il 10\\ncomprit que Tarmee devait necessairement se ren-\\ndre. Le jour fatal arriva en effet. Le marechal\\ndut capituler, et livrer prisonniers de guerre les\\ncent mille hommes qui lui restaient, un materiel\\nenorme, des forts superbes, un arsenal de premier 15\\nordre et une ville qui etait un des plus solides rem-\\nparts de la France. Verdun, assiege depuis le\\n25 aoiit, capitule le 8 novembre et Belfort se pre-\\nparait sous la direction du colonel Denfert a une\\nresistance digne de la reputation de cette forteresse. 20\\nA Paris, le general Trochu se hata d accelerer\\nI organisation de I armee, qui deja avait tente plu-\\nsieurs reconnaissances. Apprenant que I armee de\\nla Loire comptait s approcher du cote de la vallee\\nde la Seine, il prepara une sortie du cote de la 25\\nMarne. Deux combats (30 novembre et 2 decem-\\nbre) furent honorables pour I armee de Paris, mais\\nn eurent aucun resultat. En meme temps I armee\\n1 Le marechal Bazaine, traduit en 1873 devant un conseil de\\nguerre, fut condamne a la peine de mort et a la degradation\\nmilitaire. Sa peine fut commuee en vingt ans de detention;\\nmais Bazaine ne tarda pas a s echapper de I ile de Sainte-Mar-\\nguerite ou il etait enferme. II moyrut a Madrid en 1888,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0224.jp2"}, "223": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 205\\nde la Loire avait a lutter contre Tarmee prussienne\\nde Frederic-Charles, que la capitulation de Metz\\navait rendue libre. Une serie de combats, les 2, 3\\net 4 decembre, en avant d Orleans, se termina par\\n5 la retraite des Krangais et la reprise d Orleans par\\nles Prussiens. Paris, a bout de vivres et bombarde\\ndepuis le 6 Janvier, avait enfin capitule, Le gou-\\nvernement de la Defense nationale signa un ar-\\nmistice (28 Janvier 1871). Une assemblee se reunit\\n10 le 13 fevrier a Bordeaux, nomma M. Thiers chef\\ndu pouvoir executif, et, apres une douloureuse de-\\nliberation, ratifia, le i^^ mars, les preliminaires de\\npaix. La France etait forcee de payer cinq mil-\\nliards et d abandonner aux AUemands I Alsace et\\n15 la partie de la Lorraine qu ils appellent allemande.\\nLa guerre civile; la Commune de Paris.\\nComme si ce n etait pas assez de tant de malheurs,\\nune affreuse guerre civile suivit la guerre etran-\\ngere. Des ambitieux, exploitant les souffrances et\\n20 la colere de la population parisienne, souleverent\\nune partie de la garde nationale (18 mars 1871),\\net organiserent la Commune. Le gouvernement\\nlegal fut oblige de se retirer a Versailles, et ne put\\nrentrer a Paris qu apres im siege de deux mois\\n25 (avril-mai). Encore, dans la derniere semaine,\\nParis faillit-il etre aneanti par les incendies qu al-\\nlumerent les vaincus. Cette lutte sinistre ne finit\\nque le 28 mai.\\nPresidence de Thiers (1871-1873). Le gouver-\\n30 nement de la Defense nationale avait depose ses\\npouvoirs entre les mains des representants de la\\nnation, et ceux-ci, quoique appartenant en majorite\\na des opinions monarchiques, n oserent pas retablir", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0225.jp2"}, "224": {"fulltext": "2o6 HISTOIRE DE FRANCE\\nla monarchie. lis choisirent pour President du\\npouvoir executif M. Thiers, designe d ailleurs par\\nses lumieres, son experience et ses efforts, pendant\\nla guerre, pour interesser I Europe aux malheurs de\\nla France. 5\\nChef du pouvoir executif et vainqueur de I in-\\nsurrection de la Commune, Thiers, travailleur in-\\nfatigable, malgre son grand age, se hata de pre-\\nparer, en devangant les epoques de payement de\\nTindemnite de guerre, Tevacuation du territoire lo\\nfrangais. En deux ans I indemnite de guerre de\\ncinq milliards etait payee, grace a I empressement\\ndu public a souscrire aux emprunts destines a ces\\npayements. Les Prussiens abandonnerent toutes\\nles positions qu ils occupaient sur le territoire fran- 15\\n9ais. En meme temps, de concert avec I Assem-\\nblee, Thiers reorganisait I armee, I administration,\\nles finances. Une loi (27 juillet 1872) declarait\\nle service militaire obligatoire pour tons les Fran-\\n^ais jusqu a I age de quarante ans. Mais Thiers, 20\\nqui s efforgait de faire prevaloir la forme republi-\\ncaine, tomba sous une coalition des partis monar-\\nchiques et donna sa demission le 24 mai 1873.\\nQuelques mois auparavant (9 Janvier) etait mort\\nen Angleterre I empereur Napoleon III. 25\\nPresidence du marechal de Mac-Mahon (1873-\\n1879). Le marechal de Mac-Mahon fut designe\\npar I Assemblee pour remplacer Thiers, et bientot,\\ncomme les efforts pour retablir la monarchie ne\\npouvaient reussir, les pouvoirs du marechal de Mac- 3.0\\nMahon furent prolonges (20 novembre) pour une\\nduree de sept annees. Toutefois il fallait une Cons-\\ntitution determines Republicains et monarchistes,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0226.jp2"}, "225": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 207\\navec des vues differentes, s entendirent pour or-\\nganiser un gouvernement.\\nLa Constitution du 25 fevrier 1875 etablit deux\\nChambres, le Senat et la Chambre des deputes.\\n5 Le President de la Republique etait elu pour sept\\nans par les deux Chambres reunies en Congres.\\nLa Republique devint des lors le gouvernement\\nlegal de la France, et I Assemblee nationale se se-\\npara a la fin de I annee 1875 pour laisser s accom-\\n10 plir les elections nouvelles qui donnerent dans la\\nChambre des deputes la majorite au parti republi-\\ncain, mais en 1879, quand de nouvelles elections\\neurent enleve aux monarchistes la majorite au Se-\\nnat, Mac-Mahon donna sa demission.\\n15 Presidence de Grevy. Le Congres elut pour\\nPresident un liberal eprouve, Jules Grevy. Toute-\\nfois le vrai maitre du pouvoir etait Gambetta qui\\nsavait rallier les differentes fractions du parti re-\\npublicain. Mais Gambetta, contraint d accepter la\\n20 presidence du conseil, voulut trop marquer son au-\\ntorite, et en quelque sorte dominer la Chambre des\\ndeputes. II ne put la determiner a changer le\\nmode de nomination des deputes et se retira (Jan-\\nvier 1882). A la fin de la meme annee il mourait\\n25 prematurement, et c est alors que le parti republi-\\ncain mesura I etendue de sa perte.\\nApres la mort de Gambetta, Jules Ferry parut le\\nplus capable de devenir le guide du parti republi-\\ncain. II resta deux ans au pouvoir, fit voter la\\n30 loi sur I instruction primaire obligatoire et gratuite\\n(mars 1882) et surtout s appliqua a tourner vers\\nles entreprises exterieures I activite frangaise. II\\nfit voter une expedition au Tonkin qui necessita", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0227.jp2"}, "226": {"fulltext": "208 HISTOIRE DE FRANCE\\nde grands sacrifices d argent et surtout d hommes,\\ncar le climat malsain en devorait beaucoup. La\\nconquete du Tonkin amena une guerre avec la\\nChine. Mais un echec survenu au Tonkin produi-\\nsit a Paris un mecontentement tel que Jules Ferry 5\\ndut se retirer (30 mars 1885). II mourut quelques\\nannees plus tard (1893).\\nLes differentes fractions du parti republicain se\\ncombattaient les uns les autres ranimosite des dis-\\ncussions politiques n amena pas seulement de fre- 10\\nquents changements de ministere le President\\nGrevy, qui pourtant en 1885 avait ete reelu et\\nparaissait, quoique age, en etat de fournir une\\nnouvelle periode de sept ans, se vit force de don-\\nner sa demission (2 decembre 1887). 15\\nLa presidence de Carnot (1887-1894). Grevy\\nfut remplace par Sadi-Carnot, petit-fils du conven-\\ntionnel Carnot et issu d une vieille famille republi-\\ncaine.\\nA I occasion du centenaire de la Revolution de 20\\n1789, une admirable Exposition universelle attira,\\nen 1889, a Paris, des etrangers de toutes les parties\\ndu monde. Une tour en fer, de 300 metres, le plus\\nhaut monument du globe, dressee par I ingenieur\\nEiffel, dominait un ensemble magnifique de palais 25\\net couronnait par une merveille de la science les\\nmerveilles accumulees de Tindustrie du monde en-\\ntier.\\nTandis que la France paisible et laborieuse ne\\nsongeait qu a developper les elements de sa richesse 30\\net a multiplier les travaux qui profitent a tous, un\\nperil grave menagait la societe. Poussant les idees\\nde liberte jusqu a I extreme, des fanatiques preten-", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0228.jp2"}, "227": {"fulltext": "LA FRANCE DEPUIS 1815 209\\ndaient supprimer toute autorite et proclamaient\\ncomme une doctrine Tanarchie, qui est la ruine de\\ntoute societe humaine.\\nDes attentats repetes contre les souverains, les\\n5 particuliers, troublerent la Russie, TAllemagne,\\nTEspagne. La France n y echappa point. Des\\nbombes chargees d une substance explosible terrible,\\nla dynamite, furent, depuis 1892, jetees dans les\\nmaisons de Paris et firent des victimes, Une bombe\\n10 fut meme lancee, le 9 decembre 1893, au milieu de\\nla Chambre des deputes et en blessa plusieurs. Re-\\ncrutes dans tons les pays, ces anarchistes frapperent\\nenfin, par la main d un miserable Italien, a Lyon,\\nle 24 juin 1894, le president Carnot, tue d un coup\\n15 de poignard qui rappela le sinistre coup de Ra-\\nvaillac/\\nLa presidence de Casimir-Perier (1894). Des\\nle lendemain de la mort du president Carnot, les\\nChambres frangaises se preoccuperent de lui donner\\n20 un successeur. Le 27 juin, reunies en Congres a\\nVersailles, elles nommerent M. Casimir-Perier,\\npetit-fils de cet ancien ministre du roi Louis-\\nPhilippe qui avait beaucoup contribue, en 1831, a\\nraffermir I ordre profondement trouble. Mais M.\\n25 Casimir-Perier donna sa demission au bout de six\\nmois.\\nPresidence de M. Felix Faure. Le Congres\\nse reunit encore et son choix se porta sur M. Felix\\nFaure, depute du Havre, ministre de la marine.\\n30 La nouvelle presidence fut heureusement inauguree\\npar I expedition de Madagascar qui assurait a la\\n1 Voir page no.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0229.jp2"}, "228": {"fulltext": "210 HISTOIRE DE FRANCE\\nFrance la possession de cette grande ile (avril-\\nseptembre 1895).\\nEn 1896, le tsar Nicolas II vint a Paris avec Tim-\\nperatrice et fut regu (6-8 octobre) avec des de-\\nmonstrations enthousiastes qui af firmaient et cimen- 5\\ntaient I union franco-russe. Le President Felix\\nFaure alia a son tour rendre au tsar sa visite en\\nRussie ou il arriva par mer. II debarqua a Cron-\\nstadt le 23 aoiit et fut magnifiquement accueilli au\\npalais de Peterhof. II visita Saint-Petersbourg oi^i 10\\nla population russe le salua des plus vives acclama-\\ntions. Dans ce voyage fut prononcee par les chefs\\nd fitat la declaration precise de I union des deux\\nnations amies et alliees.))\\nLe 16 fevrier 1899, le President Felix Faure est 15\\nmort subitement et, le 18 fevrier, M. fimile Loubet,\\npresident du Senat, a ete elu President de la Re-\\npublique. Une nouvelle Exposition Universelle a\\neu lieu en 1900.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0230.jp2"}, "229": {"fulltext": "LEXIQUE\\n(^La prononciation fratiQaise des mots Hratigers est donnee dafis tons\\nles cas.)\\nAisnQ {ene), riviere au nord de la France.\\nAix {ess or eks), ancienne capitale de la Provence.\\nAjaccio {a-Jak-cio), ville de Corse.\\nAlbigeois, secte religieuse du midi de la France.\\nAllemagne, empire de I Europe centrale.\\nAllemand-e, qui habite I Allemagne.\\nAUia, riviere d ltalie pres de Rome.\\nAnne d Autriche, femme de Louis XIII et mere de Louis\\nXIV.\\nArmagnacs {ar-ma-nyak), parti oppose a celui des Bourgui-\\ngnons et dont le chef fut Bernard, comte d Armagnac.\\nAugsbourg {oz-bour), ville d Allemagne.\\nAutriche, Etat de I Europe {anglais Austria).\\nAutrichien-ne, qui habite I Autriche.\\nAuxerre {o-cerr), ville de France.\\nAuxerrois (x ks^, Saint Germain, 1 eglise a Paris.\\nBailly {ba-yi), President de I Assemblee constituante, puis\\nmaire de Paris.\\nBavarois, qui habite la Baviere.\\nBaviere, pays d Europe.\\nBelgique, pays d Europe au nord de la France.\\nBicoque {la), village du Milanais.\\nBlucher {blu-kerr), general prussien.\\nBoufflers {bott-flerr), marechal de France.\\n2U", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0231.jp2"}, "230": {"fulltext": "212 LEXIQUE\\nBourgOgne, ancienne province de France {anglais Burgundy).\\nBourguignon-ne, qui habite, ou qui appartient a la Bour-\\ngogne: Les Bourguignons, parti oppose a celui des\\nArmagnacs, et dont le chef fut Jean, due de Bourgogne.\\nBrest {brestt), ville de France; vaste port militaire,\\nBretagne, ancienne province de France {anglais Brittany).\\nBreton-ne, qui habite la Bretagne.\\nBrunswick {brons-vik), general allemand.\\nChramne {ch k), fils de Clotaire ler.\\nChrist {cristt) (mais voyez aussi Jesus-Christ).\\nChypre ou Cypre, ile dans la Mediterranee.\\nCinq-Mars {sain mar), Marquis de, favori de Louis XIII.\\nCoblence {coblance), ville d Allemagne au confluent du Rhin\\net de la Moselle.\\nCorse, ile dans la Mediterranee {anglais Corsica); qui habite\\nla Corse.\\nDupleix {du-plekss), gouverneur des Indes fran9aises.\\nDesaix {de-ce), general fran9ais, tue a Marengo.\\nEbre, fleuve d Espagne qui se jette dans la Mediterranee.\\nEcossais, qui habite I Ecosse (Scotland).\\nEiffel {e-fel), ingenieur fran9ais, co^tructeur de la tour cele-\\nbre a Paris.\\nEnghien {an-gain), due d titre du fils aine du prince de\\nConde.\\nEtrurie, ancienne contree du centre de I ltalie.\\nFlamand, qui habite la Flandre {anglais Fleming).\\nFlandre, ancienne province des Pays-Bas.\\nFleurus {fleu-rtiss), ville de Belgique.\\nFr^jus {fre-juss), port de France sur la Mediterranee.\\nGalles, principaute a I ouest de I Angleterre: I heritier de la\\ncouronne de la Grande-Bretagne porte le titre de Prince\\nde Galles.\\nGand, ville de Belgique {anglais Ghent).\\nGantois, qui habite Gand.\\nGarigliano {ga-ri-lyano), fleuve d ltalie.\\nGaulois-e, qui habite la Gaule.\\nGenes, ville d ltalie {anglais Genoa).", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0232.jp2"}, "231": {"fulltext": "LEXIQUE 213\\nGdnois-e, qui habite Genes.\\nGuillaume {ghi-iome), nom de bapteme\\nGuizot {gu-i-zo), historian et homme d Etat.\\nHongrie, contree* de I Europe centrale {anglais Hungary).\\nHongrois-e, qui habite la Hongrie.\\nImp^riaux, troupes de I empereur d Allemagne.\\nJerusalem {Je-m-za-leme), ville de Palestine.\\nJ^sus-Christ {je-zu-kri) (mais voyez aussi Christ).\\nKl^ber {kle-ber?), general fran9ais, assassine en Egypte.\\nLeczinski (lek-zain-skt), roi de Pologne, fut detrone et re9ut\\nen compensation le duche de Lorraine. Sa fille Marie\\nLeczinska. epousa Louis XV.\\nLeipzig ou Leipsick {Hp-cik), ville d Allemagne.\\nLens (lanss), ville au Nord de la France.\\nLombard-e, qui habite la Lombardie.\\nLombardie, province d ltalie.\\nLongwy (/on-goid), ville de la France orientale.\\nLorraine, ancienne province de la France; habitante de la\\nLorraine.\\nManche (la), mer qui separe la France de I Angleterre et\\nqui communique par le pas de Calais avec la mer du\\nNord.\\nMahomet (ma-o-me), fondateur de la religion musulmane.\\nMalesherbes {mal-zerb), un des defenseurs de Louis XVI.\\nMameluks, soldats egyptiens.\\nMarignan {ina-ri-nyan), village d ltalie.\\nM^dicis {?ne-di-ciss), Catherine et Marie de, reines de France.\\nM^las {me-lass), general autrichien.\\nMetz {mess), ville d Allemagne; autrefois de France.\\nMichel (toujours mi-chel excepte dans Michel \\\\^7ni-kel Ange),\\nnom de bapteme.\\nMilanais, ancien \u00c2\u00a3tat d ltalie dont Milan etait la capitale;\\naussi, qui habite le Milanais.\\nMorvan, ancien petit pays de France.\\nNarbonne, ville de France pres de la Mediterranee.\\nNi^men {ni-e-mene), fleuve de la Russie occidentale qui se\\njette dans la mer Baltique,", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0233.jp2"}, "232": {"fulltext": "214 LEXIQUE\\nOger ou Ogier, guerrier celebre dans les romans de la che-\\nvalerie.\\nOrthez {or-tess), ville de la France meridionale.\\nOuessant, ile fran9aise pres des cotes du Finisterre.\\nPays-Bas, nom donne de 1814 jusqu a 1830 a la Belgique et\\na la Hollande; depuis 1830 il s applique a la derniere\\nseulement.\\nPicard, qui habite la Picardie.\\nPicardie, ancienne province de la France septentrionale.\\nPi^mont, contree d ltalie; depuis i860 reuni au royaume\\nd ltalie.\\nPologne, ancien Etat de I Europe maintenant partage entre\\nla Russie, la Prusse et I Autriche.\\nReims {raince), ville de France.\\nSaint-Cloud {clou), ville et chateau pres de Paris. Le cha-\\nteau fut brule pendant la guerre de 1870-71.\\nSainte-Menehould {me-nou), village de la France orientale.\\nSaint-Just (Justt), membre de la Convention et du Comite\\ndu Salut public.\\nSaint-Siege, la papaute, la cour de Rome.\\nSardaigne, ile dans la Mediterranee au sud de la Corse;\\nancien royaume compris aujourd hui dans le royaume\\nd ltalie.\\nThiers {tierr), historien et homme d Etat celebre.\\nTite-Live, historien latin.\\nTonkin, province de I empire d Annam (Asie orientale).\\nTunis ou Tunisia, Etat de I Afrique sous le protectorat de\\nla France.\\nVergniaud {ver-nyo), chef du parti girondin.\\nVersailles (ver-sa-z), ville de France pxes de Paris.", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0234.jp2"}, "233": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0235.jp2"}, "234": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0236.jp2"}, "235": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0237.jp2"}, "236": {"fulltext": "OCT 17 1900", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0238.jp2"}, "237": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0239.jp2"}, "238": {"fulltext": "", "height": "3159", "width": "1986", "jp2-path": "histoiredefrance00supe_0240.jp2"}}