{"1": {"fulltext": "", "height": "4203", "width": "2764", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0001.jp2"}, "2": {"fulltext": "LIBRARYOF CONGRESS.i\\n[SMITHSONIAN DEPOSrr.]\\nf UNITED STATES OF AMERICA.^", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0002.jp2"}, "3": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0003.jp2"}, "4": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0004.jp2"}, "5": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0005.jp2"}, "6": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0006.jp2"}, "7": {"fulltext": "200e ANSIYEESAIEE\\nu ummn w iississipi\\nJOLLIET ET LE P. MAEttUETTE\\nSOIliEK LITTERAIRE ET MUSICALE\\nA\\nL UNIVERSIT\u00c3\u0089 LAVAL\\nLe 17 Juin 1875\\nQUEBEC\\nL. H. HUOT, KDITKUR\\nTROPRI\u00c3\u0089TAIRE DU CANADIEN\\n1873", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0007.jp2"}, "8": {"fulltext": "013", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0008.jp2"}, "9": {"fulltext": "\u00c3\u008eNT KODUCTIOX.\\nDepuis un certain nombre d ann\u00c3\u00a9es, la ville de Qu\u00c3\u00a9bec\\nr+ vu se c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brer dans sun sein quelques-uns des anniver-\\nsaires les plus m\u00c3\u00a9morables de notre histoire. L arriv\u00c3\u00a9e de\\nMonseigneur de Laval, premier Ev\u00c3\u00aaque de ce pays (1659).\\nla fondation du Grand S\u00c3\u00a9minaire de Qu\u00c3\u00a9bec par ce Pr\u00c3\u00a9-\\nlat (l(i6o), du Petit S\u00c3\u00a9minaire (1668), \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nements d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0\\nvieux pour nous, qui ne comptons gu\u00c3\u00a9res (_[ue deux si\u00c3\u00a8cles\\nd existence, ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 l occasion des f\u00c3\u00aates les plus brillanten\\ndonn\u00c3\u00a9es l L^niversit\u00c3\u00a9 par les Messieurs du S\u00c3\u00a9minaire.\\nPersonne n a oubli\u00c3\u00a9 ces grandes solennit\u00c3\u00a9s musicales et\\nlitt\u00c3\u00a9raires, o\u00c3\u00b9 nous avons vu iigurer nos litt\u00c3\u00a9rateurs, nos\\nartistes, nos orateurs les plus distingu\u00c3\u00a9s. L Universit\u00c3\u00a9\\nseule, par son influence, son d\u00c3\u00a9vouement infatigable et\\n8on prestige, \u00c3\u00a9tait capable d organiser et de mener\\nbonne fin de pareilles f\u00c3\u00aates, qui feraient honneur de\\nplus grandes villes que la n\u00c3\u00b4tre, et qui sont certainement\\nles plus belles dont le pays ait jamais \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 t\u00c3\u00a9moin.\\nCette ann\u00c3\u00a9e nous devons encore la g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rosit\u00c3\u00a9 et la\\npatriotique initiative du S\u00c3\u00a9minaire la c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9bration solen-\\nnelle d un \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement fameux dans l histoire de la Non-\\nelle-France, la d\u00c3\u00a9couverte du Mis issipi par JoUiet et le\\nP\u00c3\u00a8re Marquette en 1673. Il convenait que Qu\u00c3\u00a9bec ne lais-", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0009.jp2"}, "10": {"fulltext": ".s{it n.s passer ce ^OOi\u00c3\u00abme nnuiversa\u00c3\u00aere sans rendre aux\\nliardis explorateurs un juste tribut d hommages, sans rap-\\neler la g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ration actuelle leurs titres de gloire. Dan^\\nplusieurs villes des Etats-Unis des f\u00c3\u00aates analogues de-\\nvaient avoir lieu Qu\u00c3\u00a9bec, o\u00c3\u00b9 naquit l immortel Jolliet,.\\nfl o\u00c3\u00b9 partirent les intr\u00c3\u00a9pides voyageurs^ Qu\u00c3\u00a9bec n avait-il.\\npas le premier droit exercer^ le premier devoir rem-\\n])lii L Universit\u00c3\u00a9, fid\u00c3\u00a8le son glorieux pass\u00c3\u00a9, s est char-\\ng\u00c3\u00a9e g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reusement d acquitter cette dette nationale, en\\nc\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brant, dans une f\u00c3\u00aate admirablement organis\u00c3\u00a9e, cette\\nm\u00c3\u00a9morable vl\u00c3\u00a9couverte, qui a inspir\u00c3\u00a9 l historien Bancrofr\\nune des plus belles pages de son ouvrage:\\nl.a d\u00c3\u00a9couverte longtemps attendue du Mississipi allait\\nenfin s accomplir par Jolliet de Qu\u00c3\u00a9bec, dont l Histoire\\nvie parle (|u en rapport avec cette excursion qui l a im-\\nmortalis\u00c3\u00a9, et par Marquette, lequel, apr\u00c3\u00a8s avoir consacr\u00c3\u00a9\\nplusieures ann\u00c3\u00a9es de travaux assidus \u00c3\u00a9tablir, l extr\u00c3\u00a9-\\n\u00c3\u00aenit\u00c3\u00a9 du Lac Michigan, dans d excellents endroits de\\n})\u00c3\u00a9che, les j)auvres restes des tribus Hurannes, entra avec\\nson humilit\u00c3\u00a9 ordinaire, dans une carri\u00c3\u00a8re qui exposait sa\\nvie des dangers continuels, et dont les r\u00c3\u00a9sultats devaient\\naffecter les destin\u00c3\u00a9es des nations.\\nL entreprise projet\u00c3\u00a9e par Marquette avait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 favoris\u00c3\u00a9e\\npar Talon, l Intendant de la Nouvelle-France. Celui-ci,\\nsur le point de quitter le Canada, voulut illustrer la der-\\nni\u00c3\u00a8re p\u00c3\u00a9riode de son s\u00c3\u00a9jour en cherchant conna\u00c3\u00aetre si\\nles Fran\u00c3\u00a7ais, suivant le cours de la grande Rivi\u00c3\u00a8re de\\nl Ouest central, pourraient porter le pavillon fran\u00c3\u00a7ais jus-\\nqu au Pacifique, ou l arborer, c\u00c3\u00b4te c\u00c3\u00b4te avec celui de\\nl Fspagne, sur les bords du Golfe du Mexiqne,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0010.jp2"}, "11": {"fulltext": "Une tribu de Patawatouiis, qui couuaissait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 Mar-\\nquette comme missionnaire, apprit avec \u00c3\u00a9tonnement\\nce hardi projet. Ces nations \u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9es, lui dirent- ils,\\nn \u00c3\u00a9pargnent jamais les \u00c3\u00a9trangers les guerres qu elles se\\nfont entr elles couvrent les fronti\u00c3\u00a8res de leur pays de\\nbandes guerri\u00c3\u00a8res la grande Rivi\u00c3\u00a8re abonde en monstres\\nmarins qui d\u00c3\u00a9vorent et les nommes et leurs canots les\\nchaleurs excessives y donnent la mort. Je sacrifierai\\nvolontiers ma vie pour le salut des \u00c3\u00a2mes, reprit le bon\\nP\u00c3\u00a8re et la nation docile se joignit lui pour prier.\\nAu dernier village de la Rivi\u00c3\u00a8re-au-Renard qui e\u00c3\u00bbt\\njamais \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 visit\u00c3\u00a9 par les Fran\u00c3\u00a7ais,\\nles anciens s assembl\u00c3\u00a8rent en conseil pour recevoir les p\u00c3\u00a8-\\nlerins. Mon compagnon, leur dit Marquette, est un en-\\nvoy\u00c3\u00a9 de France pour d\u00c3\u00a9couvrir de nouveaux pays et moi,\\nje suis l ambassadeur de Dieu pour leur porter la lumi\u00c3\u00a8re\\nde l Evangile et apr\u00c3\u00a8s leur avoir offert des pr\u00c3\u00a9sents, il\\nleur demanda deux guides pour le lendemain. Les sau-\\nvages lui r\u00c3\u00a9pondirent courtoisement, et lui donn\u00c3\u00a8rent une\\nnatte pour lui servir de lit pendant ce long voyage.\\nLe 10 juin 1673, nous voyons alors l illustre Marquette,\\nail c\u00c5\u0093ur doux, l \u00c3\u00a2me simple et sans aucune pr\u00c3\u00a9tention,\\navec JoUiet pour associ\u00c3\u00a9, cinq Fran\u00c3\u00a7ais comme compa-\\ngnons, et deux Algonquins pour guides, se mettre brave-\\nment leurs deux canots sur leurs \u00c3\u00a9paules et traverser\\nl \u00c3\u00a9troit portage qui s\u00c3\u00a9pare la Ri vi\u00c3\u00a8re-au- Renard du Wis-\\nconsin.\\nIls atteignent l autre versant, et apr\u00c3\u00a8s avoir fait une\\nl)ri\u00c3\u00a8re sp\u00c3\u00a9ciale la Vierge Immacul\u00c3\u00a9e, ils laissent les eaux\\nqui auraient pu porter leurs salutations au Ch\u00c3\u00a2teau de\\nQu\u00c3\u00a9bec ils sont maintenant sur les bords du Wisconsin.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0011.jp2"}, "12": {"fulltext": "6\\nI es guides s en retoiirii\u00c3\u00a8vent, dit l excellent Marquette,\\nnous laissant seuls sur cette terre inconnue entre les mains\\nde la Providence. La France et le Christianisme se\\ntrouvaient ainsi dans la vall\u00c3\u00a9e du Mississipi. S embar-\\nquant sur le large Wisconsin, les d\u00c3\u00a9couvreurs se dirig\u00c3\u00a8rent\\nvers J ouest, descendirent solitairement le courant, au mi-\\nlieru des prairies et des collines, n apercevant aucun\\nhomme, ni m\u00c3\u00aame les b\u00c3\u00aates ordinaires de la for\u00c3\u00aat pas un\\nson n interrompait le solennel silence, si ce n est le bruit\\nde leur canot fendant l onde, et le beuglement des buffles.\\nSept jours apr\u00c3\u00a8s ils entr\u00c3\u00a8rent heureusement dans i;i\\ngrande rivi\u00c3\u00a8re avec une joie qu aucune expression ne pour-\\nrait rendre et les deux canots d \u00c3\u00a9corce, ouvrant leurs\\nvoiles sous des cieux nouveaux et au souffle de brises in-\\nconnues, suivirent la calme magnificence du courant qui\\nles .menait l Oc\u00c3\u00a9an, passant audessus de larges bancs\\nd un sable blanc, refuges d innombrables oiseaux de mer,\\nglissant l\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a8rement au milieu d ilots qui s \u00c3\u00a9levaient du\\nsein des ondes, avec leurs touffes de bosquets massifs,\\net au milieu des larges plaines de l Illinois et de l Iowa,\\ncouronn\u00c3\u00a9es de for\u00c3\u00aats majestueuses, bigarr\u00c3\u00a9es de bocages\\nqui se d\u00c3\u00a9tachaient sur l immensit\u00c3\u00a9 de la prairie comme\\ndes isles veixloyantes-\\nBancroft, apr\u00c3\u00a8s avoir racont\u00c3\u00a9 la grande d\u00c3\u00a9couverte, con-\\nsacre les lignes suivantes la mort du P\u00c3\u00a8re Marquette\\nJoUiet retourna Qu\u00c3\u00a9bec, pour y annoncer la grande\\nd\u00c3\u00a9couverte, dont la nouvelle, sur les rapports de Talon,\\nexcita l ambition de Colbert, L humble Marquette de-\\nmeura pour pr\u00c3\u00aacher l Evangile aux Miamis, qui habitaient\\nla partie Nord de l Illinois aux environs de Chicago.\\nDeux ans apr\u00c3\u00a8s, il fit voile de Chicago Mackinaw et\\nentra dans une petite rivi\u00c3\u00a8re de l Etat du Michigan. Il", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0012.jp2"}, "13": {"fulltext": "\u00c3\u00a9rigea un ante\u00c3\u00ae et j dit la messe suivant le rite de FEglise\\ncatholique puis il pria les hommes qui conduisaient son\\ncanot de le laisser pendant une demi-heure.\\nDans les sombres et fra\u00c3\u00aeches profondeurs de la for\u00c3\u00aat\\nau milieu du silence des grands bois, il s agenouilla et\\noffrit au Tout-Puissant des actions de gr\u00c3\u00a2ces solennelles\\net d ardentes supplications.\\nAu bout d une demi-heure, ses hommes all\u00c3\u00a8rent pour le\\nchercher il n \u00c3\u00a9tait plus. Le bon missionnaire, d\u00c3\u00a9couvreur\\nde tout un- monde, s \u00c3\u00a9tait endormi sur le bord d un ruis-\\nseau, qui porte son nom.\\nPr\u00c3\u00a8s de son embouchure, les canotiers lui creus\u00c3\u00a8rent\\nune tombe dans le sol. Depuis, les coureurs des bois, lors-\\nqu ils s aventurent sur le Lac Michigan, invoquent dans\\nleurs dangers le nom du P\u00c3\u00a8re Marquette.\\nL Universit\u00c3\u00a9 a donc voulu, comme nous le disions plus\\nhaut, faire une f\u00c3\u00aate vrainient nationale et, pour atteindre\\nce but, elle fit appel au talent de nos artistes Qu\u00c3\u00a9becquois,\\nla science historique d un pr\u00c3\u00aatre savant, la muse de\\nnos meilleurs po\u00c3\u00abtes. MM. P. Lemay, L.-J.-C. Fiset, A.-B.\\nRouthier et L.-H. Fr\u00c3\u00a9chette, pour la partie po\u00c3\u00a9tique M.\\nl abb\u00c3\u00a9 Verreau, pour la partie historique; MM. E. Ga-\\ngnon, Lavigne, Defoy, Par\u00c3\u00a9, L\u00c3\u00a2che vroti\u00c3\u00a8re, Duquet, Gau-\\nvreau, Levasseur, etc., avec les \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves du S\u00c3\u00a9minaire et de\\nl Universit\u00c3\u00a9, sous la direction de M. Prume, pour la partie\\nmusicale il n en fallait certes pas davantage pour assu-\\nrer le succ\u00c3\u00a8s complet de la soir\u00c3\u00a9e et lui donner tout l \u00c3\u00a9cla t\\nque le public en attendait.\\nNous ne disons qu un mot des Messieurs qui y ont pris", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0013.jp2"}, "14": {"fulltext": "])ai t c est que tous, po\u00c3\u00a8tes, artistes, historien, se sont ac-\\nquitt\u00c3\u00a9s de leur r\u00c3\u00b4le admirablement bien, et qu ils ont su,\\ndurant une s\u00c3\u00a9ance de trois heures, charmer et ravir l au-\\nditoire le plus nombreux et le plus distingu\u00c3\u00a9 qui se soit\\nvu au Canada.\\nLes magnifiques pi\u00c3\u00a8ces de MM. Lemay et Fiset furent\\nchant\u00c3\u00a9es sur des motifs d une musique vraiment grande\\net classique. Quand on songe que ces Messieurs n ont eu\\nf|ue quelques jours pour traiter leur sujet cause des\\nexercices musicaux qu il fallait h\u00c3\u00a2ter, et qu ils ont d\u00c3\u00bb\\nastreindre un rythme rigoureusement d\u00c3\u00a9termin\u00c3\u00a9, on\\nne peut vraiment assez s \u00c3\u00a9tonner de la force et de la sou-\\nplesse de leur talent po\u00c3\u00a9tique.\\nQuant MM. Routhier et Fr\u00c3\u00a9chette, ils lurent eux-\\nm\u00c3\u00aames leurspo\u00c3\u00a9sies au milieu des applaudissements les plus\\nvifs, et de mani\u00c3\u00a8re laisser l auditoire dans l impossibilit\u00c3\u00a9\\nde dire lequel des deux po\u00c3\u00a8tes a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 le plus heureux soit\\ndans la composition soit dans le d\u00c3\u00a9bit de son \u00c5\u0093uvre. Le\\ndiscours de M. l abb\u00c3\u00a9 Yerreau, comme on pourra s en con-\\nvaincre, est un chef-d \u00c5\u0093uvre de style, d \u00c3\u00a9rudition et de\\nrecherches historiques.\\nAfin que rien ne manqu\u00c3\u00a2t l \u00c3\u00a9clat de cette m\u00c3\u00a9morable\\ns\u00c3\u00a9ance, leurs Excellences Lord et Lady Dufferin avec leur\\nsuite, leurs Excellences Monsieur et Madame Caron avec\\nleur famille, s y trouv\u00c3\u00a8rent pr\u00c3\u00a9sents, et applaudirent cor-\\ndialement aux diff\u00c3\u00a9rentes parties du programme.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0014.jp2"}, "15": {"fulltext": "200\u00c2\u00ab ANNIVERSAIRE\\nDE LA\\nD\u00c3\u0089COUVERTE DU MISSISSIPl\\nPAR\\nJOLLIET ET LE P. MAEQ\u00c3\u008f\u00c3\u008fETTE\\nPROGRAMME.\\nI.A PAR\u00c3\u00aelE mmiE ETAIT SOCS LA DIRECTION M M. JMIN mm\\nOTUVE\u00c3\u008fiTURE DE SI J ETAIS\\nOp\u00c3\u00a9ra par A. Adam.\\nOrchestre, compos\u00c3\u00a9 du Scptaor Haydn, de quelques aiUre?\u00c2\u00bb\\nartistes de la ville, et de quelques \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves du S\u00c3\u00a9mi-\\nuaire et de rUuiversit\u00c3\u00a9.\\nCANTATE\\nPOESIE ^\u00c2\u00abfOXJVELLE DE 2VI. I\u00c2\u00bb. I^EMA^V.\\n(^h\u00c5\u0093ur et Orchestre, sur les motifs de la l\u00c3\u00a8rt^ partie dvt\\nDfisert de F. DAVID.\\nParl\u00c3\u00a9.\\nQuaud Albiou soumit, dans sa fi\u00c3\u00a8re r\u00c2\u00ab vauche,\\nson sceptre puissant notre beau sol perdu.\\nLe vieux drapeau fran\u00c3\u00a7ais ferma son aile blauf-he\\nGomme un oiseau que la fl\u00c3\u00a8che a mordu.\\n1", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0015.jp2"}, "16": {"fulltext": "I arl\u00c3\u00a9.\\nOii il alors, au ied de nos faibles oiK eintos^\\n9,(1 lever nos morts glorieux\\nOu vit fr\u00c3\u00a9mir leurs m\u00c3\u00a2nes saiutes\\nOn. vU des Urmes dans lears yeu.\\\\.\\n!*ARL\u00c3\u0089.\\nVers le ciiil sans soleil comme un \u00c3\u00a9pais nuage\\nMont\u00c3\u00a8rent de tristes sanglots\\nKl eeux (]ui s attardaient sur le champ du carnage\\nEntendii ent ces mots i\\nChant\u00c3\u00a9.\\nAdieu, adieu, France, notre m\u00c3\u00a8re\\nAdieu, adieu, tes lis l \u00c3\u00a9nis h\u00c3\u00a9las!\\nNe prot\u00c3\u00a9geront pas,\\nFrance, notre humble poussi\u00c3\u00a8re 1\\nAdieu l adieu\\nAh dans nos froids tombeaux\\nNe descend point le repos\\nNos morts ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 vaines\\nLe ciel \u00c3\u00a9tait jaloux,\\nAil dans nos froids tombeaux\\nNe descend point le repos\\nSur ces funestes plaines\\nTu tombas avec nous\\nAdieu, adieu\\nProduis, sol que notre sang arrose,\\nUne moisson de libert\u00c3\u00a9\\nQue nul tyran jamais ne pose\\nSur toi son pied ensanglant\u00c3\u00a9\\nAdieu\\nProduis, sol que notre sang arrose,\\nUne moisson de libert\u00c3\u00a9\\nAdieu, adieu", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0016.jp2"}, "17": {"fulltext": "_ 11\\nParl^.\\nEt dans l air fToid et livide\\nUn long frisson parut courir\\nEt le Yciinqueur de son glaive in-tr\u00c3\u00b4pi\u00c3\u00a2e\\nPressa garde encore humide\\nEt sentit ses genoux fl\u00c3\u00a9chir.\\nPahl\u00c3\u00a9.\\nPnis une voix \u00c3\u00a9trange,\\nLa douce voix d un ange.\\nPuis une roi?: \u00c3\u00a9trange\\nDu ciel parut venir\\nChant\u00c3\u00a9.\\nDormez, guerriei^,\\nParmi vos lauriers\\nDes jours nouveanx\\nViendront plus beaux\\nCar l \u00c5\u0093il des Gieux\\nVeille sur ces lieux\\nDormez, guerriers,\\nSur vos lauriers.\\nDormez en paix;:\\nVos noms jamais\\nNe p\u00c3\u00a9riront\\nr^s temps futurs les b\u00c3\u00a9niront\\nparl^.\\nQuand vous allez loin de la fouie\\nRAver dans nos champs glorieux.\\nDe ce sol que votre pied foule\\nMonte un concert myst\u00c3\u00a9rieux\\nProsternez-vous chaque brin de gazon,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0017.jp2"}, "18": {"fulltext": "12\\n^harjiie guirlande du buissoir\\nRpdit l \u00c3\u00a9clat de nos combats.\\nRedit l honneur de nos soldats!\\nIls sont tomb\u00c3\u00a9s, h\u00c3\u00a9las! vaiss(\\\\i i ({iii sombn\u00c2\u00bb\\nFl\u00c3\u00a9las! h\u00c3\u00a9las\\nvirt()ire souvent sourit au {)lns grand nombre T\\nLes h\u00c3\u00a9ros sont ceux\\nQui donnent sans crainte\\nPour la cause sainte\\nf^eur sang g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reux.\\nGardez la m\u00c3\u00a9moire\\nr \u00c3\u00a9s jours d autrefois\\nGravez dans l histoire\\nCes nobles exploits\\nSoyez dignes de vos a\u00c3\u00afeux\\nSoyez honn\u00c3\u00aates, vertueux\\nEt pieux\\nComme eux\\nEe ciel peut un jour se voiler\\nSur vous l orage grondera,\\nVoyez sur vos cimes,\\nVoyez le champ\\nQui but le sang\\nDe vos martyrs\\nQue le souvenir\\ne ces luttes sublimes^\\nO Canadiens,\\nSoient vos soutiens,.\\nVous donnent la victoire", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0018.jp2"}, "19": {"fulltext": "DISCOURS\\nDK\\nM. L ABBK VERREAU.\\nC \u00c3\u00a9l.iiten 1666, aux premiers jours de juillet. Gomme ce\\nsoir, on voyait se diriger vers un coll\u00c3\u00a8ge de cette ville une\\npartie de la population de Qu\u00c3\u00a9bec les portes de la citadelle\\nd autrefois s \u00c3\u00a9taient ouvertes, comme ce soir, pour laisser\\npasser une suite nombreuse et distingu\u00c3\u00a9e. Pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9d\u00c3\u00a9 des gens\\nde sa maison et de ses gardes, escort\u00c3\u00a9 de gentilshommes et\\nd un brillant \u00c3\u00a9tat-major, le Vice-Roi, esprit sup\u00c3\u00a9rieur\\net ami des lettres ne vous y trompez pas, Messieurs, nous\\nsommes en 1666 M. de Tracy, dis-je, s avan\u00c3\u00a7ait au milievi\\ndu Gouverneur, M. de Gourcelle, et de M. Talon, Intendant\\nde toute la Nouvelle France.\\nPresqa en m\u00c3\u00aame temps, d une maison assez modeste,\\nqui s \u00c3\u00a9levait sur l emplacement actuel de la cure de\\nQu\u00c3\u00a9bec, sortait le Vicaire Apostolique, Mgr. de Laval,\\naccompagn\u00c3\u00a9 de plusieurs pr\u00c3\u00aatres, parmi lesquels on aurait\\npu distinguer M. de Berni\u00c3\u00a8res, qui sera le premier\\nsup\u00c3\u00a9rieur du S\u00c3\u00a9minaire de Qu\u00c3\u00a9bec, M. Ango des Maizerets,\\ndont les anc\u00c3\u00aatres, riches marchands de Dieppe, trai-\\ntaient presque d \u00c3\u00a9gal \u00c3\u00a9gal avec les rois, M. de L.iiizon\\nGharny, aujourd hui simple officiai, nagu\u00c3\u00a8res gouveineur\\ndu Ganada. Toussontplus distingu\u00c3\u00a9s encore par l \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9vation\\nde leur esprit que par la naissance. Mais le descendant de\u00c3\u00ae5\\nMontmorency se fait remarquer au milieu de tous par\\nTair de majest\u00c3\u00a9 qui avait frapp\u00c3\u00a9 nos sauvages et que teni-", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0019.jp2"}, "20": {"fulltext": "14\\np\u00c3\u00a8re cependant la modestie \u00c3\u00a9piscopale. Dans celte ausrt\u00c3\u00a8iv\\nfignie, brilleiU la finesse de l intelligence et la bont\u00c3\u00a9.\\nSalnons, Messieurs, saluons avec respect le fondateur\\nde tant et de si grandes choses. Dans une Universit\u00c3\u00a9 qui\\nporte son nom, devant ses fils et les h\u00c3\u00a9ritiers de son d\u00c3\u00a9-\\nvouement, nous lui devons ce t\u00c3\u00a9moignage de la recon\\nnaissance c est le moins que nous puissions faire.\\nEt ne croyez pas, Messieurs, que je m \u00c3\u00a9carte de mon\\nsujet. C est bien au grand homme, dont le regard per\u00c3\u00a7ant\\nsut distinguer Jolliet et qui le donna au Canada avec la\\ngloire attach\u00c3\u00a9e ses d\u00c3\u00a9couvertes; c est lui que nos pre-\\nmiers hommages doivent s adresser daiis ce jour m\u00c3\u00a9mo-\\nrable.\\nQuelle \u00c3\u00a9tait donc la solennit\u00c3\u00a9 qui r\u00c3\u00a9unissait un pareil\\nauditoire au Coll\u00c3\u00a8ge des P\u00c3\u00a8res J\u00c3\u00a9suites\\nOn inaugurait alors ces f\u00c3\u00aates classiques dont le S\u00c3\u00a9mi-\\nnaire de Qu\u00c3\u00a9bec nous a si bien conserv\u00c3\u00a9 la tradition.\\nC \u00c3\u00a9tait le commencement du mouvement intellectuel, qui\\na fait de votre ville. Messieurs, la capitale litt\u00c3\u00a9raire du\\npays, et qui a pr\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9 l avenir et la gloire du Canada,\\nautant et mieux que n auraient pu l aire les secrets de\\nl industrie et du commerce.\\nDeux jeunes canadiens, apr\u00c3\u00a8s avoir termin\u00c3\u00a9 leurs huma-\\nnit\u00c3\u00a9s et suivi le cours de philosophie scholastique, telle\\nqu on l enseignait alors, devaient soutenir leurs th\u00c3\u00a8se-s\\npubliques. Ils se pr\u00c3\u00a9sentaient, suivant l expression con-\\nsacr\u00c3\u00a9e, pour d\u00c3\u00a9fendre contre tout venant, un certain nom-\\nbre de propositions de cette philosophie, si abstraite dans\\nson \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9vation, mais en m\u00c3\u00aame temps si bien adapt\u00c3\u00a9e au\\nd\u00c3\u00a9veloppement des intelligences d \u00c3\u00a9lite.\\nC \u00c3\u00a9tait la premi\u00c3\u00a8re fois que pareille joute avait lieu en\\nCanada, et c est pour y applaudir, et peut \u00c3\u00aatre pour y\\nprendre part, que nous avons vu le Vice-Roi, le Gouver-\\nneur, l Ev\u00c3\u00aaque et l Intendant se diriger vers le Coll\u00c3\u00a8ge de\\nQu\u00c3\u00a9bec.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0020.jp2"}, "21": {"fulltext": "15\\nInvoloutairemeat Tespril se rappelle une autre solennit\u00c3\u00a9\\nda m\u00c3\u00aame genre dont un coll\u00c3\u00a8ge de Paris venait d \u00c3\u00aatre le\\nth\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2tre, quelques ann\u00c3\u00a9es auparavant. L\u00c3\u00a0, un jeune abb\u00c3\u00a9,\\ndont le nom devait retentir dans Tunivers, soutenait aussi\\nune th\u00c3\u00a8se philosophique, en pr\u00c3\u00a9sence de Gond\u00c3\u00a9 mais avec\\nune telle vigueur d argumentation et une telle sup\u00c3\u00a9riorit\u00c3\u00a9\\nde science que le grand capitaine vit en lui un adversaire\\ndigne de ses attaques un instant, il eut l id\u00c3\u00a9e de se mesurer\\navec lui sur un champ de bataille bien diff\u00c3\u00a9rent pourtant\\nde ceux de Rocroy et de Fribourg.\\nAinsi se distingu\u00c3\u00a8rent nos \u00c3\u00a9tudiants canadiens. Cepen-\\ndant la lutte fut chaude. \u00c2\u00abM. Talon entrautres, dit le\\nJournal des J\u00c3\u00a9suites M. Talon argumenta tr\u00c3\u00a8s bien.\\nIl devait \u00c3\u00aatre un rude jouteur, pr\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9, comme il \u00c3\u00a9tait\\npar de fortes \u00c3\u00a9tudes et un esprit naturellement p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9trant,\\npar les traditions de famille aux difficult\u00c3\u00a9s de l argumen-\\ntation et tous les secrets de la dialectique. Notre Inten-\\ndant joignait ces avantages d autres qualit\u00c3\u00a9s, bien\\npropres intimider de jeunes \u00c3\u00a9tudiants. Un ext\u00c3\u00a9rieur\\nmajestueux et un ton plein d autorit\u00c3\u00a9 le trahissaient tou-\\njours quand il voulait, comme cela lui arriva quelquefois,\\nse d\u00c3\u00a9guiser pour mieux conna\u00c3\u00aetre T\u00c3\u00a9tat du pays.\\nPeut-\u00c3\u00aatre, Messieurs, m attard\u00c3\u00a9-je trop sur ma route.\\nMais T\u00c3\u00a9poque que nous consid\u00c3\u00a9rons, tout est nouveau,\\ntout se tient, et plus qu ailleurs, les \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nements impor-\\ntants se rattachent aux causes en apparence secondaires.\\nC est ce qui arriva dans cette s\u00c3\u00a9ance acad\u00c3\u00a9mique. Talon\\nremarqua le talent des jeunes logiciens un surtout attira\\nson attention et celle du marquis de Tracy. C \u00c3\u00a9tait Louis\\n.Tolliet, le d\u00c3\u00a9couvreur du Mississipi.\\nIl est temps de le faire conna\u00c3\u00aetre.\\nLouis Jolliet \u00c3\u00a9tait le troisi\u00c3\u00a8me enfant de Jean Joliiet\\net de Marie Dabancour. Il naquit Qu\u00c3\u00a9bec dans la\\nI3asse-Ville le 20 septembre 1645. A T\u00c3\u00a2ge de six ans, il\\n(i)p. 345.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0021.jp2"}, "22": {"fulltext": "16\\nperdit son p\u00c3\u00a8re, et la m\u00c3\u00a8re, dont la principale foi-lune con-\\nsistait dans une famille assez nombreuse, fut oblig\u00c3\u00a9e de sf\\nremarier bient\u00c3\u00b4t.\\nNous avons peu de d\u00c3\u00a9tails sur les premi\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es df?\\nnotre jeune h\u00c3\u00a9ros. Le Journal des J\u00c3\u00a9suites nous le montre\\nassistant aux processions de la F\u00c3\u00aate-Dieu, habill\u00c3\u00a9 en angf\\net couronn\u00c3\u00a9 de fleurs. Comme Eliacin, il aurait pu dire\\nQuelquefois l autel\\nJe pr\u00c3\u00a9sente au Grand Pr\u00c3\u00aatre ou l encens ou le sel.\\nJ entends chanter de Dieu les grandeus infinies\\nJe vois l ordre pompeux de ses c\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9monies.\\nPuis, on l aurait vu courant joyeux au rivage\u00c2\u00bb,\\nlancer sur un l\u00c3\u00a9ger esquif pour affronter les flots et\\nles vents, se moquant quelque peu de la cuirasse formi-\\ndable n\u00c3\u00a9cessaire au c\u00c5\u0093ur du marin, suivant le po\u00c3\u00a8te qu il\\nvenait de traduire. A une autre \u00c3\u00a9poque de sa vie, il lui\\nsera donn\u00c3\u00a9 de redire avec un voyageur dont tout le\\nmonde admire la hardiesse et que le Canada se contente\\nd aimer, et d applaudir ces vers adress\u00c3\u00a9s une image\\nch\u00c3\u00a9rie\\nFair Fortune s fairer harbinger You smooth d\\nOur way hefore us, through the frantic Jling\\nOf roysiering ivaves as once Athene soohth d\\nThe deeps ihat raged around the wandering king.\\nL \u00c3\u00a9ducation de Louis, comme celle de tous les jeunes\\ncanadiens, devait le rendre capable de soutenii- la fa-\\ntigue et d affronter les plus grands dangers. Les pri-\\nvations n y furent pas \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8res mais elles donn\u00c3\u00a8rent\\nson caract\u00c3\u00a8re naturellement doux une trempe d \u00c3\u00a9nergie\\net de fermet\u00c3\u00a9 patiente, que vous rema\u00c3\u00afquerez plus tard,\\nquand vous le verrez suivre son droit chemin, sans se d\u00c3\u00a9-\\ntourner ni pour \u00c3\u00a9viter un danger, ni pour satisfaire l am-\\nbition.\\nCette \u00c3\u00a9ducation, toutefois, ne laissait pas que d \u00c3\u00aatre\\nempreinte d une certaine po\u00c3\u00a9sie. Tout semblait fait pour", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0022.jp2"}, "23": {"fulltext": "_ T7\\n*\u00c3\u009b\u00c3\u00aer\u00c3\u00aegCT son ame vers deux courants bien diff\u00c3\u00a9rents\\n\u00c2\u00abapparence les r\u00c3\u00aaveries de l imagination et les jouissances\\n-\u00e2\u0096\u00a0que donne la r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 des p\u00c3\u00a9ril-s toujours surmont\u00c3\u00a9s et\\ntoujours mena\u00c3\u00a7ants.\\nDu haut de Tescarpemeut o\u00c3\u00b9 s \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ve aujourd hui l Uni-\\n^i/ersit\u00c3\u00a9 Laval, Jolliet avait, plus d une fois, contempl\u00c3\u00a9 le\\n\u00c3\u00afpanorama enchanteur qui se d\u00c3\u00a9roule tous les Jours sous\\nvos yeux. Mais cette \u00c3\u00a9poque, la nature sauvage, qui lui\\nservait comme de cadre, offrait au regard quelque chose\\nde plus grand, il semble, et de plus m\u00c3\u00a9lancolique. La\\nfor\u00c3\u00aat for\u00c3\u00aat primitive\u00e2\u0080\u0094 \u00c3\u00a9tait partout elle \u00c3\u00a9tait ici m\u00c3\u00aame,\\n^elle touchait au rivage de toutes parts, avec ses aspects et\\n-ses teintes tant\u00c3\u00b4t sombres, tant\u00c3\u00b4t brillantes, avec ses ter-\\nreurs et ses dangers.\\nSouvent il en sortait un cri de mort qui retentissait dou-\\nloureusement dans tous les c\u00c5\u0093urs: l iroquois, toujours\\nperfide, venait d enlever une nouvelle victime. \u00c3\u00ael fallait\\nle poursuivre et la lui arracher. Quel est le jeune cana-\\ndien qui n aurait ambitionn\u00c3\u00a9 ce p\u00c3\u00a9rilleux honneur? Joi-\\ngnez cela le r\u00c3\u00a9cit des guerres terribles faites nos alli\u00c3\u00a9s,\\n\u00c2\u00abt des actes de prouesse accomplis par nos a\u00c3\u00afeux ou bieii\\nle spectacle anim\u00c3\u00a9 que pr\u00c3\u00a9sentait certaines \u00c3\u00a9poques It;\\nport de votre ville on commen\u00c3\u00a7ait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 vous l envier.\\nD un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9, quelques vaisseaux fran\u00c3\u00a7ais toujours attendus\\navec impatience, ils apportaient les richesses du com-\\nmerce, les nouvelles des amis, les ordres et les r\u00c3\u00a9com-\\npenses du grand roi D un autre c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9, arrivait la flotte\\ndes pays d en haut, nombreuse, annonc\u00c3\u00a9e de loin par les\\nchants et les cris de joie de nos sauvages. Montes sur\\nleurs fragiles canots d \u00c3\u00a9corce, ils avaient franchi des\\ndistances immenses, surmont\u00c3\u00a9 des difficult\u00c3\u00a9s incroyables.\\nPlusieurs venaient, pour la premi\u00c3\u00a8re fois, contempler de\\npr\u00c3\u00a8s les habitudes de ces hommes blancs qui, disait-on,\\nmangeaient des os et buvaient du sang (i) et que, dans\\n(1) Relations, t. I, 1633, p. 9.\\n3", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0023.jp2"}, "24": {"fulltext": "fetir langage un peu railleur, ils appelaient ouemichligou-\\nahiou (i)v\\nTous \u00c3\u00a9taient charg\u00c3\u00a9s du fruit de leurs p\u00c3\u00a9nibles chassesu\\nils avaient choisi les plus belles fourures de leurs bois-\\npour les- \u00c3\u00a9changer contre les produits de l Eui^pe elles-\\n\u00c3\u00a9taient la principale richesse du pays, en r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 la seule-\\nmonnaie qui e\u00c3\u00bbt de la valeur. Aussi se les disputait-on-\\n(juelquefais avec toute l avidit\u00c3\u00a9 qu on met aujourd hui\\nla recherche de l or.\\nLes transactions termin\u00c3\u00a9es, les alliances conclues, apr\u00c3\u00a8s\\navoir obtenu des missionnaiies, les sauvages reprenaient\\npeu peu la route de l ouest, les vaisseaux- mettaient la\\n\u00e2\u0096\u00a0^i-oile, suivis de bien des regrets. Puis, quand le dernier\\navait disparu derri\u00c3\u00a8re la l*ointe-L\u00c3\u00a9 .is, tout rentrait dans\\nle silence; l isolemeut semblait encore) plus grand qu(i\\nd habitude.\\nC est au milieu de to-utes ces \u00c3\u00a9motions que Jolliet gran-\\ndissait et qu il ressentait les premi\u00c3\u00a8res aspirations vers\\nun avenir, qui ne lui apparaissait peut-\u00c3\u00aatre pais sans-\\ngloire.\\nSon ij\u00c3\u00aestruction fut compl\u00c3\u00a8te, beaucoup plus qu on le\\nsupposerait une pareille \u00c3\u00a9poque, lorsque Qu\u00c3\u00a9bec n avait\\npas encore soixante ans d existence. Apr\u00c3\u00a8s les humanit\u00c3\u00a9s\\net la philosophie, il \u00c3\u00a9tudia hi physique, les math\u00c3\u00a9mati-\\nques, l astronomie, assez du moins pour faire des observa-\\nlions et dresser des cartes, ce qui lui assura plus tard sa\\nnominatian d hydrographe du roi. Les arts d agr\u00c3\u00a9ment\\nne lui \u00c3\u00a9taient pas \u00c3\u00a9trangers non plus. D apr\u00c3\u00a8s le Journal\\ndes J\u00c3\u00a9suites^ Jolliet aurait sa place dans l histoire de la\\nmusique en Canada.\\nCependant son caract\u00c3\u00a8re se dessinait: peu peu, Louis\\nCe mot signifie: homme qui est dans un canot de bols; mais\\ncomme les Fran\u00c3\u00a7ais se montr\u00c3\u00a8rent d abord peu habiles surmonter les\\nfatigues et les autres difficult\u00c3\u00a9s de la vie des bois, il prit, dans la bouche\\ndes sauvages, une signification pe i flatteuse pour notre amour propre.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0024.jp2"}, "25": {"fulltext": "\u00e2\u0080\u00a2\u00c3\u00a9lait devenu le centre et T\u00c3\u00a2me de la famille on paraissau\\n\u00e2\u0080\u00a2se reposer sur lui dans certaines affaires difficiles. Entre\\niun th\u00c3\u00a8me et une version, il devait s occuper de son cadet.\\nqui figure aussi dans notre histoire A la suite\\n-de quelque tirade sur le bonlieur de la tranquillit\u00c3\u00a9, il\\nlui fallait courir chez les traiteurs, visiter les praticiens\\n-de l \u00c3\u00a9poque, ahn d assurer les restes de la tr\u00c3\u00a8s-modeste\\nfortune de sa m\u00c3\u00a8re, laquelle \u00c3\u00a9tait veuve pour la seconde\\nfois.\\nTout cela s accomplissait facilement et sans bruit.\\nIl est ais\u00c3\u00a9 de comprendre pourquoi Mgr. de Laval cher-\\n\u00e2\u0080\u00a2cha de honne heure s attacher JoUiet, Voyant quels\\n^services il pourrait rendre l Kglise naissante du Canada,\\nil voulut le pr\u00c3\u00a9parer lui-m\u00c3\u00aame la vie peu brillante,\\nmais difficile, du missionnaire. Il lui donna la tonsui e\\nlorsqu il n avait encore que 17 ans et qu il fr\u00c3\u00a9quentait\\nencore les classes du coll\u00c3\u00a8ge, I^e z\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9 Pr\u00c3\u00a9lat l attacha\\nsa maison, afin de suivre ses progr\u00c3\u00a8s d un oeil plus atteutif.\\nAussi dans l \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement racont\u00c3\u00a9 plus haut, personne, au-\\ntant que lui, ne dut jouir du succ\u00c3\u00a8s de la lutte et applau-\\ndir au vainqueur.\\nCependant, dans l automne de 1667, nous voyons tout\\nd un coup Jolliet renoncer l \u00c3\u00a9tat eccl\u00c3\u00a9siastique et pren-\\ndre passage sur la flotte qui emmenait M. de Tracy en\\nFrance.\\nNon, Messieurs, il n y a dans cette d\u00c3\u00a9marche ni in-\\ncons\u00c3\u00a9quence, ni l\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a8ret\u00c3\u00a9. Son caract\u00c3\u00a8re profond\u00c3\u00a9ment\\nreligieux ne se d\u00c3\u00a9mentira jamais. Il travaillera la civi-\\nlisation des sauvages et au progr\u00c3\u00a8s de l Evangile mais\\nd une mani\u00c3\u00a8re qu il n avait pas d abord pr\u00c3\u00a9vue.\\nLa v\u00c3\u00a9ritable cairi\u00c3\u00a8re de Jolliet date de 1667. Ici com-\\nmence la suite des p\u00c3\u00a9rigrinations lointaines qu il pour-\\nsuivra jusqu aux derni\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es de sa vie.\\nC^) Letlvfi, compt ^-i, actev notari\u00c3\u00a9s, etc., Archives du S\u00c3\u00a9minaire.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0025.jp2"}, "26": {"fulltext": "IL\\nOii \u00c3\u00a9crivain, qiri para\u00c3\u00aet d ail loiirs bien au courant de-\\nnotre histoire (M, pr\u00c3\u00a9tend que Jolltet ne visita la France-\\npou r la premi\u00c3\u00a8re fois qu yen \\\\Q9b^ quelques ann\u00c3\u00a9es seule-\\nment avant sa mort. Mais il r\u00c3\u00a9sulte d une uote de Mgr..\\nde Laval que le voyage de iG67 n \u00c3\u00a9tait certainement\\npas le premier toutefois les d\u00c3\u00a9tails manq-uent sur les\\nautres. Quant celui-ci, p/Crsonne,- je crois, n y a encore\\nfait attention. Il est mentionn\u00c3\u00a9 d une mani\u00c3\u00a8re vague\\ndans une lettre adress\u00c3\u00a9e au Comte de Frontenac. J avais\\npens\u00c3\u00a9 qu il avait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 accompli vers 16-78. Mais la date\\npr\u00c3\u00a9cise en a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 fix\u00c3\u00a9e par les recherches que M. Laverdi\u00c3\u00a8re\\n\u00e2\u0096\u00a0i bien voulu faire pour moi, qi^elques sem\u00c2\u00abaine3 avant sa\\n\u00c3\u00aeuort jamais regrettable. H\u00c3\u00a9las c est le dernier service\\nr^ue notre Histoire doit\u00c3\u00a0son \u00c3\u00a9rudition, et moi,-\u00c3\u00a0son aniiti\u00c3\u00a9.\\nJoUiet \u00c3\u00a9tait de retour la fin do 1\u00c2\u00a76B. Mais a [X\u00c3\u00aeinc\\navait-il mis pied terre,- que M. de Gourcelli^ le chargeait\\nde se rendre au Lac Sup\u00c3\u00a9rieur, pour constater la richesse\\ndesmines de cuivre, qui commen\u00c3\u00a7aient attirer rattentioiv\\ndu gouvernement.. C-ette mission supposait cl\u00c3\u00afez. le jeune\\nexplorateu-r des connaissances scienUfiques assez \u00c3\u00a9tendues.\\nIl s en revenait au commencement de l automne de\\n1-069, quand il rencontra dans le village Tinaouaoua, au\\nfond de la Baie de Burlington, Cfavelier de la Balle,\\nqui allail, en compagnie de deux pr\u00c3\u00aatres de Bt. Bulpice,\\nMM. Dollier et de Galin\u00c3\u00a9e, reconna\u00c3\u00aetre le cours de TOhio.\\n11 y aurait faire, entre JoUiet et la Salle, un rappro-\\nchement qui ne manquerait pas d int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat. C est ici qu ils\\nse trouvent pour la premi\u00c3\u00a8re lois en pr\u00c3\u00a9sence l un de l autre.\\nGomment se sont-ils appr\u00c3\u00a9ci\u00c3\u00a9s Ont-ils pressenti que la\\nProvidence les ferait marcher, l un c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 de l autre, pour\\n(1) Notes pour servir l Histoire de la Xouvelle France, p. 139,\\nnote.\\nEtat (les d\u00c3\u00a9penses, etc., Archives du S\u00c3\u00a9minaire.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0026.jp2"}, "27": {"fulltext": "21\\narriver des destin\u00c3\u00a9es si diff\u00c3\u00a9rentes? Jeunes tous deux,\\nle premier venait d atteindre 24 ans, le second 26, ils\\navaient sans doute conserv\u00c3\u00a9 les impressions de la vie\\ncalme et modeste du S\u00c3\u00a9minaire. La Salle cependant lais-\\nsait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 apercevoir son imagination enthousiaste et une\\nambition qui ne s accommodait pas toujours de la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9.\\nJoUiet, ma\u00c3\u00aetre de lui-m\u00c3\u00aame, avait cette ouverture qui attire\\net cette fermet\u00c3\u00a9 honn\u00c3\u00aate qui lui a conserv\u00c3\u00a9, malgr\u00c3\u00a9 sa dou-\\nble qualit\u00c3\u00a9 d enfant du sol et d \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ve des J\u00c3\u00a9suites, la con-\\nfiance de M. de Frontenac. Sans doute, il n a pas \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9\\nanobli; mais ni accusations, ni haines ne se sont atta-\\nch\u00c3\u00a9es son nom devenu c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8bre, et s il a eu quelques\\nd\u00c3\u00a9tracteurs, ce sont des gens, tels que le P. Hennepin,\\ndont les opinions ont vari\u00c3\u00a9 avec la bourse qui est tomb\u00c3\u00a9e\\ndans leur escarcelle. Mais il ne faut pas anticiper sur les\\n\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nements.\\nJolliet ne f it pour ainsi dire que toucher Qu\u00c3\u00a9bec\\nune nouvelle mission l attendait.\\nL avant-poste de la France, que Ghamplain avait plac\u00c3\u00a9\\nau ch\u00c3\u00a2teau St. Louis, se trouvait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 transport\u00c3\u00a9 l extr\u00c3\u00aame\\nOccident, au fond du lac Sup\u00c3\u00a9rieur. Mais il fallait r\u00c3\u00a9pandre\\nplus loin encore l influence de la civilisation chr\u00c3\u00a9tienne\\net faire reconna\u00c3\u00aetre l autorit\u00c3\u00a9 de Louis XIV par de nou-\\nvelles peuplades sauvages, principalement par celles qui\\nhabitaient vers la mer du sud, nous dit le P\u00c3\u00a8re Dablon,\\nautant et si avant qu^il se pourrait\\nC est quoi Jolliet devait \u00c3\u00a9nergiquement travailler,\\nsous les ordres du chevalier de St. Lusson.\\nDans la r\u00c3\u00a9union imposante esp\u00c3\u00a8ce de congr\u00c3\u00a8s des\\npeuples\u00e2\u0080\u0094 convoqu\u00c3\u00a9e par leurs soins au Sault Ste. Marie^\\nquatorze nations se soumirent au grand prince, qui \u00c2\u00abseul,\\nleur disait-on, d\u00c3\u00a9cide de toutes les affaires du monde\u00c2\u00bb.\\nMais ce qui devait contribuer davantage consolider la\\npuissance fran\u00c3\u00a7aise de ce c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9, ce furent les renseigne-\\nments nombreux et pr\u00c3\u00a9cis que les deux envoy\u00c3\u00a9s de M,\\nde Talon recueillirent dans cette circonstance.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0027.jp2"}, "28": {"fulltext": "22\\nJusque-l\u00c3\u00a0, rinl\u00c3\u00a9r\u00c3\u00b4t et la curiosit\u00c3\u00a9 avaieut pouss\u00c3\u00a9 les\\nvoyageurs vers l ouest et le sud-ouest le z\u00c3\u00a8le des mission-\\nnaires avait p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9tr\u00c3\u00a9 encore plus loin. Mais mesure\\nqu on avan\u00c3\u00a7ait, apparaissaient des nations ignor\u00c3\u00a9es, et\\nchacune d elles annon\u00c3\u00a7ait l existence d un grand nombre\\nd autres. Ce qu elles racontaient des pays lointains, du\\nclimat, des productions, des plaines perte de vue, des\\nfleuves immenses, tout cela \u00c3\u00a9tait comme la r\u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9lation d un\\nmonde nouveau.\\nChaque jour il devenait plus certain qu un vaste fleuve\\ncoulait vers le Mexique.\\nSe d\u00c3\u00a9chargeait-il vers la mer de Californie ouvrait-il\\nle passage tant cherch\u00c3\u00a9 de la Chine? ou bien arrosait-il un\\npays riche en mines d or Tel est le probl\u00c3\u00a8me qui se pr\u00c3\u00a9-\\nsentait tous les esprits. Il \u00c3\u00a9tait \u00c3\u00a9videmment d une haute\\nimportance politique d en avoir la solution.\\nM. Talon voulut l avoir tout prix.\\nMais qui chargera-t-il de cette difficile entreprise\\nLe jeune logicien de 1666.\\nJolliet n a que 27 ans mais pnrmi tous ceux qui ont\\nvieilli dans les voyages et acquis le plus d influence sur les\\nbarbares, aucun ne lui disputera la palme.\\nEcoutez le P. Dablon, qui l avait bien connu: \u00c2\u00abJolyet\\nestoit un jeune homme natif de ce pays, qui a pour\\nun tel dessein tous les avantages qu on peut souhaiter.\\nK II a l exp\u00c3\u00a9rience, et la connoissance des langues du\\npays des Outaouais, o\u00c3\u00b9 il a pass\u00c3\u00a9 plusieurs ann\u00c3\u00a9es\\nil a la conduite et la sagesse qui sont les princi-\\npales parties pour faire r\u00c3\u00a9ussir un voyage \u00c3\u00a9galement\\ndangereux et difficile, enfin il a le courage pour ne rien\\nappr\u00c3\u00a9hender o\u00c3\u00b9 tout est craindre. Aussi a-t-il rempli\\nl attente qu on avoit de lui.\u00c2\u00bb\\nMais pendant que la voix publique nous pouvons bien\\nl affirmer d\u00c3\u00a9signait Jolliet au choix des autorit\u00c3\u00a9s cana-\\ndiennes, il y avait, l extr\u00c3\u00a9mit\u00c3\u00a9 du lac Huron, un mis-", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0028.jp2"}, "29": {"fulltext": "23\\nsioimaire qui d\u00c3\u00a9sirait, qai appelait cette d\u00c3\u00a9couverte avec\\ntoute la ferveur de son z\u00c3\u00a8le.\\nC \u00c3\u00a9tait le P. Jacques Marquette. N\u00c3\u00a9 L\u00c3\u00a2on, vers 1637,\\nMarquette appartenait une famille ancienne et noble, o\u00c3\u00b9\\nle courage et le d\u00c3\u00a9vouement se transmettent avec le sang.\\nElle existe encore aujourd hui. Il se trouvait le contem-\\nporain, et, par sa m\u00c3\u00a8re, le parent du v\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rable fondateur\\ndes Ecoles Chr\u00c3\u00a9tiennes.\\nDe bonne heure, il entra chez les J\u00c3\u00a9suites, avec le d\u00c3\u00a9sir\\nd \u00c3\u00aatre un jour envoy\u00c3\u00a9 aux missions lointaines. Il venait\\nd \u00c3\u00aatre fait pr\u00c3\u00aatre, quand il fut destin\u00c3\u00a9 celles du Canada.\\nD\u00c3\u00a9barqu\u00c3\u00a9 Qu\u00c3\u00a9bec, le 20 septembre 1666, ses sup\u00c3\u00a9rieurs\\nle mirent imm\u00c3\u00a9diatement l \u00c3\u00a9tude des langues sauvages,\\npour lesquelles il fit preuve d une merveilleuse facilit\u00c3\u00a9.\\nVers la fin de mai 1663, nous le voyons Boucherville,\\nse dirigeant vers le lac Sup\u00c3\u00a9rieur. C est dans la baie du\\nSt. Espiit Chagouamigon qu il entendit parler du V\u00c3\u00aeissis-\\nsipi et qu il con\u00c3\u00a7ut le projet de l explorer pour convertir\\nles nations indiennes qui en habitaient les rives. Le P\u00c3\u00a8re\\nMarquette avait un d\u00c3\u00a9sir si ardent d ex\u00c3\u00a9cuter ce projet,\\nque tous les jours il demandait amoureusement la\\nVierge Immacul\u00c3\u00a9e de lui en obtenir la gr\u00c3\u00a2ce.\\nAussi quand, le 8 d\u00c3\u00a9cembre 1672, il apprit que JoUiet\\nvenait d an iver avec les ordres de MM. de Frontenac et\\nTalon, il crut voir dans cet \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement une singuli\u00c3\u00a8re\\nco\u00c3\u00afncidence qui lui marquait la volont\u00c3\u00a9 du Ciel.\\nJolliet \u00c3\u00a9tait charg\u00c3\u00a9 de diriger l exp\u00c3\u00a9dition, mais il\\ndevait s adjoindre le P. Marquette\u00e2\u0080\u0094 avec qui il \u00c3\u00a9tait uni\\nd amiti\u00c3\u00a9 \u00c2\u00abayant bien des fois concert\u00c3\u00a9 ensemble cette\\nentreprise (^l\\nl-es pr\u00c3\u00a9paratifs du voyage, dont le terme \u00c3\u00a9tait inconnu,\\nfurent tr\u00c3\u00a8s-simples: un peu de viande fum\u00c3\u00a9e et de la\\nfarine: voil\u00c3\u00a0 tout. Aussit\u00c3\u00b4t que la saison le permit,, les\\ndeux voyageurs, accompagn\u00c3\u00a9s de cinq fran\u00c3\u00a7ais, se mirent\\n(1) Re.lations In\u00c3\u00a9dites. Edit. de Douniol, t. I, p. 194; t. II, p. 375.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0029.jp2"}, "30": {"fulltext": "24\\nen route. C \u00c3\u00a9tait le 13 mai 1673 (i). La joie que nous\\n\u00c2\u00abavions animoit nos courages et nous rendoit agr\u00c3\u00a9a-\\nbles les peines que nous avions ramer depuis le matin\\njusqu au soir.\\nPartout, sur leur passage, ils excitent par leur hardiesse\\nl \u00c3\u00a9tonnement et l admiration des peuples barbares. Les\\nanciens n\u00c3\u00a9ophytes du bon P\u00c3\u00a8re veillent le retenir, lui met-\\ntant sous les yeux les dangers auxquels il s expose Ils\\nme repr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a8rent que je rencontrerois des Nations qui\\nne pardonnent aux Etrangers, auxquels ils cassent la\\nn teste sans aucun sujet que la guerre qui estoit allum\u00c3\u00a9e\\nentre divers peuples qui estoient sur notre Route nous\\nexposoit un autre danger manifeste d estre tu\u00c3\u00a9s par les\\nbandes de guerriers qui sont toujours en campagne que\\nla grande rivi\u00c3\u00a8re est tr\u00c3\u00a8s dangereuse quand on n en\\ns\u00c3\u00a7ait pas les endroits difficiles qu elle est pleine de\\nmonstres effroyables qui d\u00c3\u00a9voroient les hommes et les\\ncanots; qu il y a m\u00c3\u00b4me un d\u00c3\u00a9mon qu on entend de fort\\nloing qui en ferme le passage etabysme ceux qui osent\\ns en approcher enfin que les chaleurs sont si excessives\\nen ce pays-l\u00c3\u00a0, qu elles nous causeroient la mort infail-\\nliblement.\\nMais rien ne devait effrayer des hommes dont la mission\\navait, leurs yeux, quelque chose de sacr\u00c3\u00a9.\\nPartant de Michilimakinac, ils c\u00c3\u00b4toient la rive nord\\ndu lac Michigan, pour p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9trer, apr\u00c3\u00a8s une station l entr\u00c3\u00a9e\\ndu Malomine le Menomenee des g\u00c3\u00a9ographes am\u00c3\u00a9ricains\\njusqu au fond de la Baie Verte. L\u00c3\u00a0, ils remontent, assez\\np\u00c3\u00a9niblement, la Rivi\u00c3\u00a8re aux Renards et arrivent le 7 juin\\nchez les Mascoutens, dernier poste fran\u00c3\u00a7ais de ce c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9.\\nPuis, apr\u00c3\u00a8s un portage de quelques milliers de pas, o\u00c3\u00b9 ils\\n(1) C est la date que porte la copie manuscrite du voyage du P.\\nMarquette, faite par M. Viger, dont tout le monde conna\u00c3\u00aet la minu-\\ntieuse exactitude. L \u00c3\u00a9dition de Shea et celle de Douniol mettent 17\\nmai; mais la premi\u00c3\u00a8re renferme des fautes d impression; la seconde\\na \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 retouch\u00c3\u00a9e au point de rue de l orthographe.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0030.jp2"}, "31": {"fulltext": "\u00e2\u0080\u00a2tra\u00c3\u00aen\u00c3\u00a8rent leurs canots, ils rencontr\u00c3\u00a8rent une rivi\u00c3\u00a8re qui\\n\u00c2\u00abcoulait vers l ouest.\\nNos voyageurs, dit Skea, avaient atteint Fextr\u00c3\u00a8me limite\\ndes pays explor\u00c3\u00a9s. Un monde nouveau se pr\u00c3\u00a9sentait de-\\n\u00e2\u0096\u00a0\u00c2\u00abvant eux. Prostern\u00c3\u00a9s sur le rivage^ ils offrent encore une\\nfpis leur vie et leur entreprise la bien aim\u00c3\u00a9e Vierge\\nImmacul\u00c3\u00a9e et puis ils se lancent courageusem.ent sur\\nle Wisconsin.\u00c2\u00bb\\nMais ils ne laissent pas que d \u00c3\u00a9prouver un l\u00c3\u00a9ger senti-\\nment de m\u00c3\u00a9lancolie Nous quittons, disent-ils, nous\\n\u00c2\u00abquittons les eaux qui vont jusqu Qu\u00c3\u00a9bec pour\\nprendre celles qui nous conduiront d\u00c3\u00a9sorm^ais vers des\\n\u00c2\u00abterres \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8res... Nos deux guides deux Miamis qui\\navaient consenti les accompagner un instant nos guides\\n\u00c2\u00abs en retourn\u00c3\u00a8rent, nous laissant seuls en ce pays, entre\\nles mains de la Providence.\\nEnfin, le 17 juin 1673, ils arrivent dans les castes eaux\\nMississipi qui coulaient doucement vers le sud, et dont\\nle rivage oppos\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9tait peine visible, Nous voil\u00c3\u00a0 donc\\nsur cette rivi\u00c3\u00a8re tant vant\u00c3\u00a9e\u00c2\u00bb, tel est le cri qui s \u00c3\u00a9chappe\\ndes poitrines de nos voyageurs transport\u00c3\u00a9s de joie.\\nIls ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 exauc\u00c3\u00a9s il ne leur reste plus qu remplir\\nleurs v\u00c5\u0093ux\\nDebout sur sa pirogue, avec moins d \u00c3\u00a9clat sans doute,\\nmais avec beaucoup plus d autorit\u00c3\u00a9 que ne faisait le dog3\\nde Venise, Marquette prend possession du fleuve immense\\nau nom de la Religion et le consacre la Vierge Immacul\u00c3\u00a9e.\\nLes mains tendues sur les eaux et vers le rivage, il a le\\nbonheur de faire descendre les premi\u00c3\u00a8res b\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9dictions l\u00c3\u00a0\\no\u00c3\u00b9 jamais une pri\u00c3\u00a8re n a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 adress\u00c3\u00a9e au ciel inspir\u00c3\u00a9e par\\nl amour ou la reconnaissance. D\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 le Messager de l E-\\nvangile voudrait r\u00c3\u00a9pandre partout les bienfaits de la\\nv\u00c3\u00a9ritable civilisation qu il porte dans les plis de sa robe.\\nJolliet a lev\u00c3\u00a9 l \u00c3\u00a9tendard de la France sur la contr\u00c3\u00a9e qui\\ns \u00c3\u00a9tend perte de vue. D\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 il r\u00c3\u00aave pour sa patrie un\\nempire glorieux. 4", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0031.jp2"}, "32": {"fulltext": "\u00c3\u00afmperium Oceano, famam qui t rmmet astris.\\nH\u00c3\u00a9las mais ce n est pas ici le moment de laisser en-\\ntendre d amers regrets.\\nD apr\u00c3\u00a8s ses instrnctions, Jolliet devait pousser !e\\nd\u00c3\u00a9couvertes anssi loin qne possible, t\u00c3\u00a2cher surtout d at-\\nteindre l embouchure du fleuve.\\nSe laissant donc aller encore au courant, ils descendent\\nvers le sud, jetant un regard \u00c3\u00a9merveill\u00c3\u00a9 sur ce qu ils\\naper\u00c3\u00a7oivent. Tout on effet est nouveau pour eux le\\npoissons qui se jouent autour des canots les oiseaux, les\\nanimaux qui semblent errer paisiblement sur le rivage;:\\nles plantes, et les \u00c3\u00a9manations odorif\u00c3\u00a9rantes que la brise\\napporte. L impression que Jolliet \u00c3\u00a9prouva fut si vive^\\nqu elle lui faisait dire quelques ann\u00c3\u00a9es plus tard Non,\\nje n ai jamais rien vu de si beau en France\\nCependant aucun cri, ami ou ennemi, n arrivait leurs-\\noreilles^ aucun \u00c3\u00aatre humain, pas une seule habitation\\nn apparaissait ni sur les bords, ni dans le lointain.\\nA.insi fut-il huit jours durant.\\nUabsence de l homme dans ce nouveau paradis terrestre\\ndevait para\u00c3\u00aetre effrayante. Etait-ce une terre enchant\u00c3\u00a9e\\nou maudite\\nEnfin on d\u00c3\u00a9couvre sur le rivage un \u00c3\u00a9troit sentier qup\\ntraverse une belle prairie. Les traces laiss\u00c3\u00a9es dans le sol\\nl\u00c3\u00a9ger sont celles de l homme. Elles doivent conduire un\\nvillage. Jolliet et Marquette ne peuvent h\u00c3\u00a9siter, ils y p\u00c3\u00a9-\\nn\u00c3\u00a9treront sans escorte, entreprise assez hazardeuse pour\\nh deux hommes seuls qui s exposent la discr\u00c3\u00a9tion d un\\npeuple inconnu et barbare.\u00c2\u00bb Il y a dans cette r\u00c3\u00a9flexion,\\ncomme dans l acte intr\u00c3\u00a9pide qu elle rappelle, la simplicit\u00c3\u00a9\\net la grandeur du courage antique.\\nBien des choses semblent ici nous reporter vers un\\n1 Lettre au Comte de Frontenac.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0032.jp2"}, "33": {"fulltext": "^-7\\n^aiifcre \u00c3\u00a2ge. En \u00c3\u00a9coutant le r\u00c3\u00a9cit de raccueil hospitalieT\\n-que nos deux voyageurs re\u00c3\u00a7oivent des Illinois, la descrjp-\\ntion des m\u00c5\u0093urs, un peu trop molles peut-\u00c3\u00aatre, de cette\\n\u00e2\u0096\u00banation paisible, on croirait entendre une des plus bellei^\\npages d Hom\u00c3\u00a8re.\\nIl ne faudrait pas non plus un tr\u00c3\u00a8s-grand effort d ima-\\ni^ination pour voir\u00e2\u0080\u0094 dans un spectacle qui s offrit bient\u00c3\u00b4t\\nnos voyageurs, un instant effray\u00c3\u00a9s\u00e2\u0080\u0094 une apparition de\\nl Esprit des eaux Le G-\u00c3\u00a9nie de l Ignorance et du Mal, dont\\nl empire e t d\u00c3\u00a9sormais \u00c3\u00a9branl\u00c3\u00a9, se pr\u00c3\u00a9sente Jolliet et\\nMarquette, accusant leur ambition, les mena\u00c3\u00a7ant--~pour\\n=les punir de mille dangers et enfin d une mort obscure,\\nloin de leurs plus chers amis. Le G\u00c3\u00a9ant Adamastor dut\\nfiara\u00c3\u00aetre moins terrible Yasco de Gama.\\nSi vous en doutez, Messieurs, \u00c3\u00a9coutez le P\u00c3\u00a8re J\u00c3\u00a9suite lui-\\nm\u00c3\u00aame, et voyez quelle sera plus tard la fin do nos deux\\nh\u00c3\u00a9i os.\\n\u00c2\u00abGomme nous cotto\u00c3\u00afons des rochers affreux par leur\\nhauteur et p3ur leur longueur; nous vismes sur un de\\nces rochers deux monstres en peinture\u00e2\u0080\u0094 qui nous firent\\npeur d abord et sur lesquels les sauvages les plus hardis\\nn osent pas arrester longtemps les yeux ils ont des cor-\\nn\u00c3\u00a9s en teste comme des chevreils, un regard affreux.\\ndes yeux rouges, une barbe comme d un tygn\u00c2\u00bb, la face a\\nquelque chose de l homme, le corps couvert d escailles.\\nf et la queue si longue qu elle fait tout le tour du corps.\\npassant pardessus la teste et retournant entre les jambes,\\nI elle se termine en queue de poisson\\nNos voyageurs, toutefois, ne laiss\u00c3\u00a8rent pas que de pas-\\nser outre et continu\u00c3\u00a8rent leur chemin, reconnaissant le\\nMissouri et l Ohio, se convainquant de plus en plus que le\\nMississipi ne pouvait se jeter, ni dans la mer Vermeille,\\nni du c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 de la Virginie.\\n(i) Le P\u00c3\u00a8re ajoute Au reste ces deux monstres sont si bien peints\\nque nous ne pouvons pas croire qu aucun sauvage en soit l auteur,\\npuisque les bons peintres en France auroieut peine si bien faire.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0033.jp2"}, "34": {"fulltext": "2B-\\n.Vfais les peuples paraissent moins hospitaliers quel-\\nques-uns ont des armes europ\u00c3\u00a9ennes, surtout des armes-\\nfeu. Il devient \u00c3\u00a9vident que le Golfe du Mexique et les\\nt\u00c3\u00aeolonies espagnoles ne peuvent \u00c3\u00aatre f r\u00c3\u00a8s-\u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9s la pru\\ndence commande le retour. Jolliet et Marquette s y d\u00c3\u00a9ci-\\nd\u00c3\u00a8rent et commenc\u00c3\u00a8rent rebrousser chemin le 17 juillet.\\nIls avaient atteint et peut-\u00c3\u00aatre d\u00c3\u00a9pass\u00c3\u00a9 l embouchure de\\nl Arkansas. La limite sud de leur exploration est fix\u00c3\u00a9e par\\nle P. Marquette la hauteur de SB\u00c2\u00bb 40\\nEnfin ils rentraient dans la Baie Verte aux derniers\\njours de septembre, apr\u00c3\u00a8s une absence de (quatre mois-\\nit- un voyage de pr\u00c3\u00a8s de 900 lieues.^\\nriL\\nSl essieurs, vous savez qu on a voulu disputer JoHie\u00c3\u00ae;\\nla gloire de sa d\u00c3\u00a9couverte.\\nOn l a d abord revendiqu\u00c3\u00a9e pour Ferdinand de Soto et\\nd autres espagnols, qui auraient p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9tr\u00c3\u00a9 la sui^e de ce\\ndernier sur les bords du Mississipi.\\nDisons-le, Messieurs les Espagnols ont d\u00c3\u00a9couvert le\\nMississipi, comme les Scandinaves l ont fait de l Am\u00c3\u00a9rique\\navant Colomb, comme les Basques et les Bretons oui.\\nd\u00c3\u00a9couvert le Golfe St. Laurenr, avant Jacques Cartier.\\nLes droits de Jolliet sont les m\u00c3\u00aames que ceux des deux\\nautres immortels voyageurs. Surtout, ils ne sauraient\\n\u00c3\u00aatre contest\u00c3\u00a9s par une nation dont le premier soin \u00c3\u00a9tait\\nde d\u00c3\u00a9rober soigneusement ses moindres d\u00c3\u00a9couvertes la\\nconnaissance publique.\\nOn a d\u00c3\u00a9fendu, avec plus de bruit, la cause de Cavalier\\nde la Salle, ou mieux, on a cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9, (mi faveur de ce hardi\\npionnier, des pr\u00c3\u00a9tentions qu il n aurait probablement pas\\navou\u00c3\u00a9es lui-m\u00c3\u00b4me.\\nLa Salie, dit-on, dans l excursion entreprise avec MM", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0034.jp2"}, "35": {"fulltext": "29\\nDoUier et de Galin\u00c3\u00a9e, en 1669, poussa son exploration jus-\\nqu au Mississipi, ou tout j)r\u00c3\u00a8s^ quatre ans avant le voyageur\\ncanadien.\\nLes preuves seraient bas\u00c3\u00a9es: sur un M\u00c3\u00a9moire pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9\\nla Cour par La Salle, en 1677; sur un autre M\u00c3\u00a9moire \u00c3\u00a9crit\\nen sa faveur sur les affirmations d une parente, et enfin\\nsur les cartes de JoUiet.\\nInterrogeons le premier document\\n\u00c2\u00abL ann\u00c3\u00a9e 1667 et les suivantes, il fit divers voyages\\navec beaucoup de d\u00c3\u00a9penses dans lesquels il d\u00c3\u00a9couvrit le\\npremier beaucoup de pays, au sud des .grands lacs et\\nentre autres, la grande rivi\u00c3\u00a8re d Oliio. Il la suivit jus-\\nqu un endroit o\u00c3\u00b9 elle tombe, de fort haut^ dans de\\n;i vastes marais, la hauteur de 37 degr\u00c3\u00a9s^ apr\u00c3\u00a8s avoir \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9\\ngrossie par une autre rivi\u00c3\u00a8re fort large, qui vient du\\nNord et toutes ces eaux se d\u00c3\u00a9chargent, selon toutes les\\napparences, dans le golfe du Mexique, et lui font esp\u00c3\u00a9rer\\nde trouver une nouvelle communication avec la mer;\\nde quoi la Nouvelle-France pourrait quelques jours tirer\\nde tr\u00c3\u00a8s-grands avanlages, aussi bien que nos grands lacs\\nqui occupent une partie de l Am\u00c3\u00a9rique Septentrionale.\\nIl n y a l\u00c3\u00a0 rieu de bien concluant: rann\u00c3\u00a8e 1667 et les\\nsuivantes forme une indication bien vague.\\nOr il est certain que La Salle n est venu en Canada\\nque dans Tautomne de 1667; qu il a s\u00c3\u00a9journ\u00c3\u00a9 Montr\u00c3\u00a9al\\ndepuis l automne de 1668, jusqu au moment de son d\u00c3\u00a9part,\\nau mois de juillet 1669. Il est assez difficile qu il ait pu\\nfaire plusieurs excursions dans le Nord^ ou qu il ait p\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9tr\u00c3\u00a9\\nInen avant chez les nations sauvages.\\nMais ce passage est surtout remarquable eu ce qu il n y\\nest fait aucune mention du Mississipi silence d autant\\nplus inexplicable dans Thypotli\u00c3\u00a8se ([ue nous combattons,\\nque JoUiet, depuis trois ans, s attribuait l honneur de\\ncette d\u00c3\u00a9couverte, tant aupr\u00c3\u00a8s du Comte de Frontenac\\nVoyage dr DoUier, pp. 05 et suivantes.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0035.jp2"}, "36": {"fulltext": "30\\nqu aupr\u00c3\u00a8s des ministres du Roi. Se taire en face de telles\\npr\u00c3\u00a9tentions, hautement avou\u00c3\u00a9es, n \u00c3\u00a9tait-ce pas en recon-\\nna\u00c3\u00aetre la parfaite \u00c3\u00a9quit\u00c3\u00a9 Comprend-on, d ailleurs, qu un\\nhomme d esprit comme La Salle, e\u00c3\u00bbt choisi, pour la\\nsignaler entre toutes, la d\u00c3\u00a9couverte de la grande rivi\u00c3\u00a8re\\ntVOhio^ s il avait pu revendiquer la gloire d \u00c3\u00aatre arriv\u00c3\u00a9 le\\npremier sur les bords du Mississipi, dont l Ohio n est\\nqu un simple affluent?\\nL autre preuve est extraite d un manuscrit qui n a pas\\nencore \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 imprim\u00c3\u00a9: nous ne connaissons ce document\\nque par l analyse et les courts extraits qu en a fait M.\\nParkman, dans son bel ouvrage, Discovery of Ihe Great West.\\nM. Margry le consid\u00c3\u00a8re comme un r\u00c3\u00a9sum\u00c3\u00a9 de conver-\\nsations fait par un \u00c3\u00a9crivain anonyme, qui se serait ren-\\ncontr\u00c3\u00a9 avec La Salle dix ou douze fois, lorsque celui-ci\\n\u00c3\u00a9tait la Cour en 1678. Il ne para\u00c3\u00aet pas avoir \u00c3\u00a9crit sous\\nsa dict\u00c3\u00a9e, ni avoir \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 charg\u00c3\u00a9 de rien publier. Cependant\\nle M\u00c3\u00a9moire est assez long, circonstanci\u00c3\u00a9, tr\u00c3\u00a8s-bien calcul\u00c3\u00a9\\npour aider La Salle et nuire ceux qu il consid\u00c3\u00a9rait\\ncomme ses ennemis. Ne serait-il pas l a\u00c3\u00aen\u00c3\u00a9 de tous ces\\nr\u00c3\u00a9cits plus ou moins v\u00c3\u00a9ridiques auxquels les entreprises\\nde La Salle ont donn\u00c3\u00a9 lieu, tels que ceux de Membr\u00c3\u00a9,\\nLe Clercq, Tonty, Joutel, et du trop c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8bre Hennepin\\nIl est divis\u00c3\u00a9 en deux parties: la premi\u00c3\u00a8re intitul\u00c3\u00a9e M\u00c3\u00a9-\\nmoire sur M. de la Salle^ s occupe de l \u00c3\u00a9tat des al\u00c3\u00aeaires eu\\nCanada, et surtout des J\u00c3\u00a9suites la seconde est V Histoire\\nde M. de la Salle, et comprend la partie de sa vie qui s\\ntend jusqu 1678 environ. Toutes deux d\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a8lent la m\u00c3\u00aame\\npr\u00c3\u00a9occupation d es[)rit: la partie historique me semble\\nvaloir la partie politique.\\nLaval-Montmorency y est accus\u00c3\u00a9 de s enrichir par les\\nd\u00c3\u00aemes, lui qui se d\u00c3\u00a9pouillait m\u00c3\u00aame de ses biens de famille.\\nUne citation fera voir jusqu quel point ce discours a\\nun caract\u00c3\u00a8re de v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 qui parait toutes les fois qu on peut le\\ncontr\u00c3\u00b4ler par d autres documents incontestables^ comme M.\\nMargry aime le dire.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0036.jp2"}, "37": {"fulltext": "\u00c2\u00abIl y a dans Qu\u00c3\u00a9bec une Congr\u00c3\u00a9gation de femmes et de\\nfilles qu ils (les J\u00c3\u00a9suites) appellent la Sainte Famille, dans\\nlaquelle on fait v\u00c5\u0093u sur les saints Evangiles de dire tout\\nce qu on sait de bien et de mal des personnes qu on conna\u00c3\u00aet.\\nLa Sup\u00c3\u00a9rieure de cette compagnie s appelle Madame Bour\\ndon une Mde. Dailleboust est, je crois, l Assistante, et une\\nMde. Charron, la Tr\u00c3\u00a9sori\u00c3\u00a8re. La compagnie s assemble\\ntous les jeudis dans la cath\u00c3\u00a9drale, porle ferm\u00c3\u00a9e, et l\u00c3\u00a0\\nelles se disent les unes aux autres tout ce qu elles ont\\nappris. C est une esp\u00c3\u00a8ce d Inquisition contre toutes les\\npersonnes qui ne sont pas unies avec les J\u00c3\u00a9suites.\u00c2\u00bb\\nIl va sans dire que La Salle se trouve la victime de tout\\nce monde-l\u00c3\u00a0 un nouveau Putipliar et sa femme s enten-\\ndent pour le perdre son propre fr\u00c3\u00a8re, l abb\u00c3\u00a9 Cavelier^ le\\npers\u00c3\u00a9cute et le calomnie. La Salle, heureusement, avait\\nassez de vertu et d habilet\u00c3\u00a9 pour d\u00c3\u00a9jouer tant de machina-\\nLions qui paraissent avoir exist\u00c3\u00a9 en d\u00c3\u00a9pit du gouvernement\\npassablement inquisiteur de M. de Frontenac. Ce qui est\\npis, c est que la bonne foi ou la perspicacit\u00c3\u00a9 de ce dernier\\navait \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 surprise par les J\u00c3\u00a9suites, qui, pour trafiquer\\nplus facilement avec les sauvages, obtinrent du Conseil\\nSup\u00c3\u00a9rieur une ordonnance d\u00c3\u00a9fendant aux traiteurs d aller\\ndans les paijs cVen haut^ et qui ensuite pouos\u00c3\u00a8rent le Comte\\nfaire aux Iroquois une guerre, dont ils auraient \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9\\nnaturellement les premi\u00c3\u00a8res victimes. Tout cela appara\u00c3\u00aet\\ndans la partie biographique. On peut juger par l\u00c3\u00a0 avec\\nquelles pr\u00c3\u00a9cautions et quelle critique il faut accepter ce\\nM\u00c3\u00a9moire.\\nCependant, pour l objet qui nous occupe, il ne dit rien\\nd\u00c3\u00a9plus pr\u00c3\u00a9cis que le M\u00c3\u00a9moire de 1677: La Salle aurait\\nsuivi pendant quelque temps un fleuve qui coule de l est\\nl ouest.\\n*0n a encore cit\u00c3\u00a9 une lettre d une parente \u00c3\u00a9loign\u00c3\u00a9e de\\nLa Salle.\\nMais en 1756, Magdeleine Cavelier ne pouvait gu\u00c3\u00a8re r\u00c3\u00a9-", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0037.jp2"}, "38": {"fulltext": "32\\np\u00c3\u00a9ter que les vagues traditions de sa famille, o\u00c3\u00b9 l on con-\\nservait le M\u00c3\u00a9moire de 1678. Ensuite, elle ne nous apprend\\nrien de plus que ce que nous avons vu dans les deux\\nautres citations: 1675, M. de La Salle avait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 fait\\ndeux voyages en d\u00c3\u00a9couverte il aurait abord\u00c3\u00a9 dans un\\nendroit pr\u00c3\u00a8s le fleuve de Mississipi.\\nMais, nous dit-on, vous ne pouvez nier que JoUiet ne\\nreconnaisse la priorit\u00c3\u00a9 de d\u00c3\u00a9couverte que La Salle avait\\nsur lui. Dans une de ses cartes, sous le d\u00c3\u00a9bouch\u00c3\u00a9 de\\nrOhio dans le Mississipi, il \u00c3\u00a9crit ces mots Route du Sieur\\nde La Salle pour aller dans le Mexique^ et dans une autre,\\ntoujours sous le cours de la m\u00c3\u00aame rivi\u00c3\u00a8re Rivi\u00c3\u00a8re par o\u00c3\u00b9\\ndescendit le Sieur La Salle au sortir de VEri\u00c3\u00a9 pour aller au\\nMexique.\\nLa r\u00c3\u00a9ponse. Messieurs, est assez facile. Ces cartes ne\\nportent aucune date. Il est vrai qu on y lit une lettre de\\nJolliet Frontenac, sans date aussi, mais donn\u00c3\u00a9e comme\\nayant \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9crite imm\u00c3\u00a9diatement au retour de la d\u00c3\u00a9couverte\\ndu Mississipi. Cependant rien ne le prouve. La mani\u00c3\u00a8re\\ndont Jolliet s exprime fait plut\u00c3\u00b4t voir le contraire il parle\\ndes d\u00c3\u00a9couvertes qu il a faites dans \\\\q?,^ derni\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es 1673\\net 1674. Donc il \u00c3\u00a9crivait apr\u00c3\u00a8s 1674, m\u00c3\u00aame apr\u00c3\u00a8s 1675.\\nRien ne prouve, non plus, que cette lettre soit originale.\\nLe fait qu elle se trouve transcrite sur les deux caites in-\\ndique que quelqu un y attachait une certaine importance.\\nEst-ce Jolliet plut\u00c3\u00b4t que Frontenac plut\u00c3\u00b4t que La Salle\\nJe crois pouvoir affirmer que le contraire para\u00c3\u00aetrait plus\\nque probable, si ce n \u00c3\u00a9tait. Messieurs, vous entra\u00c3\u00aener trop\\nloin, que de vouloir vous faire \u00c3\u00a9tudier tous les moyens\\nemploy\u00c3\u00a9s par Frontenac pour mettre La Salle en avant et\\nfaire oublier Jolliet.\\nSur des cartes dress\u00c3\u00a9es pour faire conna\u00c3\u00aetre la d\u00c3\u00a9couverte\\ndu Mississipi, il est assez singulier que Jolliet indique le\\nhaut du fleuve, m\u00c3\u00aame les sources qu il n avait pas explo-\\nr\u00c3\u00a9es, tandis qu il s arr\u00c3\u00aate un peu au-dessous de l Ohio,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0038.jp2"}, "39": {"fulltext": "33\\nlaissant de c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 toute la partie du fleuve parcourue\\nj\u00c3\u00ae. squ^aux Arkansas. Et cependant, dans l int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat du\\nd\u00c3\u00a9couvreur, comme dans celui de la France, il \u00c3\u00a9tait impor-\\ntant de ne rien diminuer de l \u00c3\u00a9tendue du nouveau terri-\\ntoire offert tout d un coup la civilisation. M. Margrr\\nexplique, du moins pour la petite carte, cette singularit\u00c3\u00a9\\npar une autre non moins gi-ande, le besoin d espace pour\\n\u00c3\u00a9crire la lettre 1\\nDe fait, cette carte semble pr\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9e pour faciliter l ex-\\nplication des projets de La Salle, mais nullement pour\\nrendre compte de Pexp\u00c3\u00a9dition de JoUiet. La Salle a fort\\nbien pu, m\u00c3\u00aame sans vouloir diminuer en rien le m\u00c3\u00a9rite\\nde son concurrent, se servir de ses cartes, les annoter, pour\\nfaire comprendre et agr\u00c3\u00a9er ses projets la Cour.\\nIl a d\u00c3\u00bb le faire, puisqu il n existait pas encore d autres\\ncartes de ce nouveau territoire. Il est certain, d ailleurs,\\nque celle qui fut pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9e Frontenac, par Jolliet apr\u00c3\u00a8s\\nson retour, a servi de mod\u00c3\u00a8le d autres.\\nL Intendant Duckesneau l afTirme positivement dans\\nle titre de concession de l \u00c3\u00aele d Anticosti, accord\u00c3\u00a9e k\\nJoUiet au mois de mars 1680.\\nCette concession est faite En consid\u00c3\u00a9ration de la d\u00c3\u00a9-\\ncouverte du pays des Illinois, dont il nous a donn\u00c3\u00a9 le plan\\nsur lequel la carte que nous avons envoy\u00c3\u00a9e depuis deux\\nans Monseigneur Golbert, Ministre Secr\u00c3\u00a9taire d Etat,\\na \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 tir\u00c3\u00a9e (Pi\u00c3\u00a8ces et documents relatifs la Tunure\\nSeigneuriale, p. 359.)\\nVoil\u00c3\u00a0, Messieurs, les preuves n\u00c3\u00a9gatives elles peuvent\\nsuffire. Quant aux preuves positives, elles sont loin de\\nmanquer.\\nEn 1672, Frontenac regardait la d\u00c3\u00a9couverte du Missis-\\nsipi comme une entreprise ex\u00c3\u00a9cuter et il en chargeait\\nJolliet, homme fort entendu en ces sortes de d\u00c3\u00a9couvertes,\\ndit-il (1), et qui a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 jusqu au pr\u00c3\u00a8s de cette rivi\u00c3\u00a8re.\u00c2\u00bb\\nLettre Colbert, 2 Nov. 1672.\\n5", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0039.jp2"}, "40": {"fulltext": "34\\nPuis dans une leLlre du 14 novembre 1674, il ajoule\\nLe Sr. Jolliet, que M. Talon m a conseill\u00c3\u00a9 d envoyer la.\\n\u00c2\u00abd\u00c3\u00a9couverte de la mer du Sud lorsque j arrivay de France,\\n\u00c2\u00aben est de retour depuis trois mois, et cid\u00c3\u00a9couvcrt des pays\\n\u00c2\u00abadmirables Tl croit que par des Rivi\u00c3\u00a8res qui .tom^\\n(bent dans la grande rivi\u00c3\u00a8re qu il a trouv\u00c3\u00a9e^ qui va du Nord\\nau sud.... on trouveroit des communications d eaux, etc.\\nLa lettre qui accompagne les cartes invoqu\u00c3\u00a9es en faveur\\n(le La Salle affirme hautement les pr\u00c3\u00a9tentions de notre\\ncompatriote, saos que Frontenac songe le contredire^,\\nQuelle que soit la date o\u00c3\u00b9 elle a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a9crite, elle d\u00c3\u00a9truit pour\\ntoujours les inductions qu on a t\u00c3\u00a2ch\u00c3\u00a9 de tirer des l\u00c3\u00a9gen-\\ndes. Cette grande rivi\u00c3\u00a8re dit Jolliet, porte le lom de\\nGolbert pour avoir \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 d\u00c3\u00a9couverte en ces derni\u00c3\u00a8res ann\u00c3\u00a9es-\\n1673 et 1674 parles premiers ordres que vous me doimdlcs\\netc. (1)\\nVous pardonnerez, Messieurs, celle esp\u00c3\u00a8ce de digression\\namen\u00c3\u00a9e\u00e2\u0080\u0094 si j ai besoin d excuse par la f\u00c3\u00aate que nous\\nc\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brons. Il ne s agit pas tant de revendiquer an h\u00c3\u00a9ri-\\ntage pr\u00c3\u00a9cieux laiss\u00c3\u00a9 la patrie, que de d\u00c3\u00a9fendre la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9\\nhistoiique syst\u00c3\u00a9matiquement attaqu\u00c3\u00a9e.\\nIV.-\\nApr\u00c3\u00a8s quelques mois employ\u00c3\u00a9s r\u00c3\u00a9diger les- m\u00c3\u00a9moires\\net dresser les cartes, nos deux d\u00c3\u00a9couvreurs, que le succ\u00c3\u00a8s\\net un \u00c3\u00a9gal couragt* en face du danger, avaient plus \u00c3\u00a9troite\\nment unis l un l autre, se s\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a8rent pour ne plus se\\nrevoir.\\nMarquette retourna l ann\u00c3\u00a9e suivante \u00c3\u00a9vang\u00c3\u00a9liser les Illi-\\nOn pourrait aussi tirer des preuves p\u00c3\u00a9remptoires del\u00c3\u00a0 carte de\\nFranqueliti, dont une copie se trouve aux archives du S\u00c3\u00a9minaire de\\nQu\u00c3\u00a9bec, et d une carte de Jolliet^ compl\u00c3\u00a8tement in\u00c3\u00a9dite, et que je crois\\n\u00c3\u00aatre la v\u00c3\u00a9ritable carte de 1674. Voir Parkraan, 6Vea West p. 409, mais\\nil faudrait une dissertation sp\u00c3\u00a9ciale.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0040.jp2"}, "41": {"fulltext": "3o\\n\u00e2\u0096\u00a0\u00c3\u00aeiois, qu il avait particuli\u00c3\u00a8rement pris en affection. Min\u00c3\u00a9\\npar les fatigues et la maladie, il ne put au retour attein-\\ndre sa ch\u00c3\u00a8re mission de St. Ignace, ni recevoir l adieu\\nsupr\u00c3\u00aame de ses fr\u00c3\u00a8res. Apercevant un tertre qui s \u00c3\u00a9levait\\ndoucement sur la rive orientale du Michigan, il fit arr\u00c3\u00aater\\nle canot l\u00c3\u00a0 devait \u00c3\u00aatre le terme de ses courses. L r\u00c3\u00a8gle\\n\u00e2\u0080\u00a2tous les d\u00c3\u00a9tails de sa s\u00c3\u00a9pulture, entend la confession de\\nceux qui l accompagnent, les embrasse pour la derni\u00c3\u00a8re\\nfois, lui toujours calm.e, le sourire sur les l\u00c3\u00a8vres, eux pleu-\\nrant et suffoqu\u00c3\u00a9s par la douleur: bient\u00c3\u00b4t, comme absorb\u00c3\u00a9\\ndans une vision de lumi\u00c3\u00a8re, il s endort en invoquant cette\\nVierge qu il avait toujours aim\u00c3\u00a9e.\\nLe P. Marquette occupera une place distingu\u00c3\u00a9e dans\\nriiistoire de l Eglise de l Am\u00c3\u00a9rique son nom pourrait\\najouter encore de T\u00c3\u00a9clat la Compagnie de J\u00c3\u00a9sus, si d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0\\nelle ne poss\u00c3\u00a9dait tous les genres de gloire.\\nL endroit o\u00c3\u00b9 le P. Marquette fut enseveli a pris le nom\\ndu saint missionnaire. Pendant longtemps les sauvages et\\nles voyageurs le visit\u00c3\u00a8rent avec une religieuse v\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ra-\\ntion. (1)\\nQuant Jolliet, il semble que le malheur va s attacher\\nses pas pour lui faire payer ch\u00c3\u00a8rement la gloire que la\\nProvidence vient de donner son nom. Si l on excepte\\nles douces joies du foyer, o\u00c3\u00b9 son \u00c3\u00a9pouse et sa famille lui\\nmontr\u00c3\u00a8rent le plus tendre attachement, on peut dire que\\nrien peu pr\u00c3\u00a8s ne compensera les d\u00c3\u00a9ceptions qui vont\\nattrister le reste d une carri\u00c3\u00a8re, o\u00c3\u00b9 tout lui avait d abord\\nsouri. Ce pays enchanteur que, le premier, il a fait con-\\nna\u00c3\u00aetre sa patrie, et o\u00c3\u00b9 peut-\u00c3\u00aatre il a r\u00c3\u00aav\u00c3\u00a9 un avenir heu-\\nreux, il n y reviendra jamais. L entr\u00c3\u00a9e lui en sera inter-\\ndite par des susceptibilit\u00c3\u00a9s jalouses et int\u00c3\u00a9ress\u00c3\u00a9es.\\nSon retour s \u00c3\u00a9tait accompli heureusement: d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 il pou-\\n11 faut lire dans le P. Dablon, Nouvelles Relations, etc., les der-\\nniers instants du P. Marquette, et comparer ce r\u00c3\u00a9cit avec celui de la\\nmort de Socrate. La sup\u00c3\u00a9riorit\u00c3\u00a9 du h\u00c3\u00a9ros chr\u00c3\u00a9tien n est pas contes-\\ntable celle du narrateur ne l est peut- \u00c3\u00aatre pas non plus.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0041.jp2"}, "42": {"fulltext": "36\\ntait apercevoir le pavillon flottant sur la citadelle de MonL\\nr\u00c3\u00a9al, quand un accident renverse son embarcation. Il\\nperd les objets curieux qu il rapportait de sa d\u00c3\u00a9couverte^\\net tous ses papiers il voit p\u00c3\u00a9rir ses hommes, et, pendant\\nquatre heures peu pr\u00c3\u00a8s, il lutte contre la mort, laquelle\\nil n \u00c3\u00a9chappe que par une esp\u00c3\u00a8ce de miracle.\\nUn accueil assez froid l attend chez le Gouverneur. M.\\nde Frontenac se trouvait dans toute l excitation de sa que-\\nrelle avec M. Perrot et l abb\u00c3\u00a9 de F\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9lon. Il semblait\\nen vouloir tout le monde, mais principalement ceux\\nqu il soup\u00c3\u00a7onnait d estimer lesJ\u00c3\u00a9suites.Gavelier de la Salle,\\nqui avait beaucoup contribu\u00c3\u00a9 soulever la temp\u00c3\u00b4 ey ex.-\\nploitait ces pr\u00c3\u00a9jug\u00c3\u00a9s dans l int\u00c3\u00a9r\u00c3\u00aat de sa propre fortun e.\\nAussi, M. de Frontenac annon\u00c3\u00a7a-t-il tr\u00c3\u00a8s-bri\u00c3\u00a8vement la\\nGour la d\u00c3\u00a9couverte du Mississipi et le retour de JoUiet,\\ntandis qu il recommandait avec chaleur celui qu il consi-\\nd\u00c3\u00a9rait comme un instrument docile entre ses mains. La\\nSalle fut anobli d\u00c3\u00a8s l ann\u00c3\u00a9e suivante 1675 \u00e2\u0080\u0094et bient\u00c3\u00b4t il\\nput se regarder comme le seigneur et ma\u00c3\u00aetre du territoire\\nd\u00c3\u00a9couvert par son rival, et l exploiter son profit. Jolliet dut\\ns effacer pendant quelque temps. Si, dans la suite, on lui\\nconfia {|uelque exp\u00c3\u00a9dition lointaine, ce fut la demande\\nde ses compatriotes, qui rendirentainsi un hommage \u00c3\u00a9cla-\\ntant son m\u00c3\u00a9rite et son int\u00c3\u00a9grit\u00c3\u00a9.\\nL \u00c3\u00aele d Anticosti et d autres seigneuries accord\u00c3\u00a9es si tar-\\ndivement, malgr\u00c3\u00a9 les privil\u00c3\u00a8ges retentissants de haute^\\nmoyenne et basse justice, \u00c3\u00a9taient en r\u00c3\u00a9alit\u00c3\u00a9 une r\u00c3\u00a9com-\\npense plus nominale que r\u00c3\u00a9elle.\\nJolliet ne re\u00c3\u00a7ut aucune distinction de Louis XIV; mais\\nson nom peut certainement tenir lieu de brevet d anoblis-\\nsement. D ailleurs sa nombreuse post\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 a fourni l Etat\\net l Eglise des hommes dont le Canada sera toujours\\nfier(i).\\n(i) Les familles Tach\u00c3\u00a9, Tacliereau, Deschambault et Rigaud de\\nYaudreuilj le comptent pour l un de leurs anc\u00c3\u00aatres. Tanguay, Diction-\\nnaire G\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9alogique.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0042.jp2"}, "43": {"fulltext": "37\\nJolliel mourut pauvre et compl\u00c3\u00a8tement ignor\u00c3\u00a9.\\nPersonne, jusqu pr\u00c3\u00a9sent, n a pu d\u00c3\u00a9couvrir ni la date^\\nni le lieu, ni le genre de sa mort. Un seul \u00c3\u00a9v\u00c3\u00a9nement de-\\nvait remplir sa vie. Qu importe le reste\\nSa mort a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 obscure, son tombeau oubli\u00c3\u00a9, c est vrai.\\nMais voici que nous lui \u00c3\u00a9levons un monument plus durable\\nque le marbre inerte. Non, ce n est pas dans une f\u00c3\u00aate s\u00c3\u00a9cu-\\nlaire, dans cet auditoire d \u00c3\u00a9lite, dans le concours de tant d il-\\nlustrations nationales, que nous le pla\u00c3\u00a7ons vous avouerez\\nependantqu\u00c3\u00afl ne manquerait pas de grandeur. C est dans\\nl intelligence, dans le c\u00c5\u0093ur ardent de cette jeunesse qui\\nvient s asseoir sur les bancs o\u00c3\u00b9 s est assis JoUiet, que nous\\nvoulons gravc-r sa gloire. Oui, elle y sera imp\u00c3\u00a9rissable.\\n(Tard\u00c3\u00a9e soigneusement, transmise de g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rations en g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9-\\nrations, comme une partie de l h\u00c3\u00a9ritage national, elle du-\\nrera quelles que soient les destin\u00c3\u00a9es politiques du Cana-\\nda et des Etats-Unis. C est vous, \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a8ves du S\u00c3\u00a9minaire de\\nQu\u00c3\u00a9bec, de faire redire k la post\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 que de votre patrie,\\n(le Qu\u00c3\u00a9bec, de cette maison, dirai-je, est sorti le d\u00c3\u00a9co\u00c3\u00afj-\\nVUEC R DU MlSSKSSlrl.\\n-la^i/a\\nFANTAISIE, FAUST\\nDe M. .Tertn Prume, ex\u00c3\u00a9cut\u00c3\u00a9e par l auteur.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0043.jp2"}, "44": {"fulltext": "LA D\u00c3\u0089COUVERTE DU MlSSlSSIPf\\nET LE P. MARQUETTE\\nPOESIE DE CIRCONSTANCE\\nPAR M. A.-B. ROUTHIER,\\nLue par l autevir.\\nh\\nVous souvient-il du temps o\u00c3\u00b9 la France chr\u00c3\u00a9tienne,\\ntin tete des nations, comme une grande reine,\\nA travers les si\u00c3\u00a8cles marchait?\\nLes peuples saluaient sa d\u00c3\u00a9marche imposante,\\nFit devant la croix seule, humble et reconnaissantt^y\\nSa noble tete se penchait.\\nQu elle \u00c3\u00a9tait belle alors Dans sa force f\u00c3\u00a9conde\\nSa grande intelligence illuminait le monde\\nDes splendeurs de la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9\\nBon glaive l\u00c3\u00aeamboyait comme le soleil m\u00c3\u00a8me^\\nEt Ton voyait reluire son beau diad\u00c3\u00a8me\\nUn rayon d immortalit\u00c3\u00a9.\\nLes oppresseurs tremblaient son aspect terrible,\\nFt tous les opprim\u00c3\u00a9s dans son bras invincible\\nTrouvaient un ferme et prompt secours.\\nDe l univers chr\u00c3\u00a9tien elle s\u00c3\u00a9chait les larmes,\\nFt l Eglise louait et b\u00c3\u00a9nissait ses armes,\\nQue le succ\u00c3\u00a8s suivait toujours.\\nA l \u00c3\u00a9pouse du Christ elle restait unie\\nLa science et la foi croissaient dans Tharmonie\\nComme deux scours ses c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9s.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0044.jp2"}, "45": {"fulltext": "39\\nH\u00c3\u00a2tant vers la grandeur sa marche toujoai^ fi\u00c3\u00a8re\\nElie tra\u00c3\u00a7ait au loin un rayon de lumi\u00c3\u00a8re\\nForm\u00c3\u00a9 de c\u00c3\u00a9lestes clart\u00c3\u00a9s.\\nElle civilisait mais c \u00c3\u00a9tait l Evangile\\n(.)u elle donnait pour phare la raison fragile\\nDes \u00c3\u00a9crivains et des penseurs.\\nEt jusqu au bout du monde, travers les ab\u00c3\u00aemes.\\nElle envoyait partout ses ap\u00c3\u00b4tres sublimes\\nDonner au Christ des d\u00c3\u00a9fenseurs.\\nQuand des peuples entiers de l Europe infid\u00c3\u00a8le\\nA l Eglise arrachaient sa couronne \u00c3\u00a9ternellj\\nEt cessaient d \u00c3\u00aatre ses enfants,\\nLa France de saint Louis, sa fille plus souniisey\\nVoulait devenir m\u00c3\u00a8re et donnera l Eglise\\nD autres fils pins reconnaissants.\\nLe front illumin\u00c3\u00a9 d une sainte aur\u00c3\u00a9ole\\nElle semait au loin la divine parole\\nAu del\u00c3\u00a0 des monts et des mers\\nElle gardait au c\u00c5\u0093ur la flamme apostolique,\\nEt pour grandir le champ de la foi catholique\\nElle allait d\u00c3\u00a9couvrir un nouvel univers-.\\nII.\\nTar del\u00c3\u00a0 l horizon et l oc\u00c3\u00a9an immense\\nVenaient de se lever des mondes inconnus\\nEt des hommes atteints de sublime d\u00c3\u00a9mence\\nSur leurs rives sans nom promenaient leurs pieds nus.\\nUne croix la main ils passaient sur la gr\u00c3\u00a8ve\\nTra\u00c3\u00a7ant dans l ombre \u00c3\u00a9paisse un rayon lumineux\\nIls passaient, comme on voit, lorsque la nuit se l\u00c3\u00a8ve,\\nD\u00c3\u00a9sastres voyageurs dans un ciel nuageux.\\nDevant eux s \u00c3\u00a9tendaient des solitudes mornes,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0045.jp2"}, "46": {"fulltext": "40\\nDes fleuves d\u00c3\u00a9ployant leurs sauvages grandeur?^\\nDe grands lacs, mugissant comme des mers sans bornes.\\nDes forets prolongeant leurs sombres profondeurs.\\nTout \u00c3\u00a9tait riche et grand dans ces mondes sauvages\\nLe soleil les couvait de ses rayons dor\u00c3\u00a9s.\\nEt la f\u00c3\u00a9condation dans la suite des \u00c3\u00a2ges\\nAvait accumul\u00c3\u00a9 des tr\u00c3\u00a9sors ignor\u00c3\u00a9s.\\nLa d\u00c3\u00a9sert verdoyant et l immense prairie\\nOndulaient sous la brise ainsi que des moissons\\nLa montagne bois\u00c3\u00a9e et la plaine fleurie\\nSouriaient au soleil et m\u00c3\u00aalaient leurs chansons.\\nDes sables d or roulaient sur le lit des rivi\u00c3\u00a8res\\nAu milieu des rochers brillaient les diamants\\nLes marbres attendaient, au fond de leurs carri\u00c3\u00a8res^\\nQue l art les transform\u00c3\u00a2t en riches monuments.\\nQuels pays enchant\u00c3\u00a9s Quelle grande nature\\nAu nord, le Saint-Laurent, un fleuve sans \u00c3\u00a9gal.\\nEnla\u00c3\u00a7ait avec gr\u00c3\u00a2ce, ainsi qu une ceinture,\\nNotre vaste pays de ses flots de cristal\\nTant\u00c3\u00b4t majestueux comme un lion d Afrique\\nPromenant son pas lent au milieu des d\u00c3\u00a9serts^\\nEt tant\u00c3\u00b4t ressemblant la furie antique,\\ni.an\u00c3\u00a7ant en mugissant ses vagues dans les airs\\nDans ses bonds furieux \u00c3\u00a9branlant les collines\\nEt roulant sur ses bords des quartiers de rochers,\\nOu creusant dans son lit de profondes ravines\\nDont le gouffre grondant effrayait les nochers.\\nPlus loin, vers le couchant, un autre fleuve iminuiisc,\\nTranquille dans sa force, et pleni de majest\u00c3\u00a9,\\nA travers les d\u00c3\u00a9serts serpentait en silence,\\nR\u00c3\u00a9pandant la richesse et la f\u00c3\u00a9condit\u00c3\u00a9.\\nDans l occident lointain il avait pris sa source,\\nEt, comme entrevoyant la longueur du c emin,\\nOu tel qu un voyageur fatigu\u00c3\u00a9 de sa course,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0046.jp2"}, "47": {"fulltext": "41\\n\u00c3\u00afi mare\u00c3\u00aeiait pas lents, s\u00c3\u00bbr de son lendemain,\\n\u00c3\u00ael semblait se soustraire aux regards des profanes-,\\nNe chercliait pas le bruit ni les grands horizons,\\nMais faisait cent d\u00c3\u00a9tours au milieu des savanes,\\nComme un serpent qui glisse travers les gazons,\\n\u00c3\u00afl \u00c3\u00a9tait large et beau, mais dans son attitude\\nIl avait je ne sais quoi de trop nonchalant\\nTrop ami du repos et de la solitude,\\nOn e\u00c3\u00bbt pu rappeler le monarque indolent.\\nIl promenait son faste au milieu de ses terres.\\nEtalant sa richesse, \u00c3\u00a9largissant ses bords,\\nRecevant ses nombreux et riches tributaires,\\nQui venaient dans son sein r\u00c3\u00a9pandre leurs tr\u00c3\u00a9sors\\nEt de son beau royaume agrandir la puissance.\\nOr, FEurope ignorait, il y a deux cents ans,\\nDe ce fleuve g\u00c3\u00a9ant la paisible existence\\nEt les peuples indiens \u00c3\u00a9taient les seuls passants\\nDont il voyait alors errer les caravanes.\\nQui donc allait enfin \u00c3\u00aatre assez courageux\\nPour percer les forets, traverser les savanes,\\nSillonner les grands lacs et les marais fangeux\\nAu milieu de p\u00c3\u00a9rils et d obstacles sans nombre\\nQuel homme de g\u00c3\u00a9nie allait enfin surgir,\\nEt franchir l inconnu, cette muraille d ombre\\nQui toujours du pass\u00c3\u00a9 s\u00c3\u00a9pare l avenir\\nAh cette gloire \u00c3\u00a9tait r\u00c3\u00a9serv\u00c3\u00a9e la P rance,\\nQui, dans cet \u00c3\u00a2ge d or, accaparait l honneur\\nDe porter aux nations vivant dans l ignorance,\\nLa science de Dieu, la paix et le bonheur.\\nUn jour que le soleil, dans sa gloire sereine\\nSe levait radieux, le vieux Meschac\u00c3\u00a9b\u00c3\u00a9\\nSe sentit tressaillir d une \u00c3\u00a9motion soudaine\\nUn canot sillonnait son dos large et courb\u00c3\u00a9.\\nMont\u00c3\u00a9 par des marins inconnus sur sa plage.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0047.jp2"}, "48": {"fulltext": "D au cosLame bizarre ils \u00c3\u00a9taient rev\u00c3\u00aatus,\\nLeur visage \u00c3\u00a9tait p\u00c3\u00a2le, \u00c3\u00a9trange leur langage\\nr.Iais sur leurs fronts brillaient la gloire et les vertus-;\\n(^\u00c3\u00a9taient nos deux h\u00c3\u00a9ros, JoUiet et Marquette,\\nQui d\u00c3\u00a9couvraient enfin le vieux P\u00c3\u00a8re des- Eaux-\\nEtendu mollement au milieu des roseaux.\\nAu nom de leur patrie ils faisaient sa conqu\u00c3\u00aate\\nKt l assujettissaient au sceptre de leur roi.\\nAu nom auguste et saint de l Eglise Romaine\\nIls plantaient sur ses bords l \u00c3\u00a9tendard de la Foi\\nOuvrant aux confesseurs une plus vaste ar\u00c3\u00a8ne.\\nAu z\u00c3\u00a8le apostolique un th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2tre plus grand.\\nLe lleuve se taisait. Le soleil plus ardent\\n})e ses gerbes de feux inondait ia savane,\\nKt jusqu au fond des bois il avait d\u00c3\u00a9j\u00c3\u00a0 lui\\nLes nuages flottants sur le ciel diaphane\\nEntrouvraient leurs rideaux de pourpre devant luL\\nT3ans la pl.iine passaient des brises parfum\u00c3\u00a9es,\\np]t les foins balanc\u00c3\u00a9s au souffle matinal\\nGazouillaient doucement comme un chant des aim\u00c3\u00a9es\\nLe grand c\u00c3\u00a8dre, dressant son c\u00c3\u00b4ne vertical,\\nElevait dans les cieux sa t\u00c3\u00a8te solennelle\\nEt de loin paraissait comme une sentinelle\\nMontant la garde au bord du grand fleuve endormi.\\nA distance flottaient des \u00c3\u00aeles verdoyantes\\nQue la lame ber\u00c3\u00a7ait et couvrait demi,\\nEt qui, dans la lumi\u00c3\u00a8re, apparaissaient brillantes,\\nGomme dans un collier des perles chatoyantes,\\nOu comme en un jardin des corbeilles de fleurs.\\nQuelques bosquets \u00c3\u00a9pars \u00c3\u00a9talaient leur verdure.\\nLes oiseaux d\u00c3\u00a9ployaient leurs plus riches couleurs\\nAu concert matinal ils m\u00c3\u00aalaient leur voix pure\\nLa nature chantait l hymne son Cr\u00c3\u00a9ateur.\\nEt les h\u00c3\u00a9ros chr\u00c3\u00a9tiens, inond\u00c3\u00a9s d all\u00c3\u00a9gresse,", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0048.jp2"}, "49": {"fulltext": "43\\nBaisant avec transport le rivage encliantenr,\\n^\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9br\u00c3\u00a8reat de Dieu l \u00c3\u00a9ternelle jeunesse\\nTous deux agenouill\u00c3\u00a9s, ils plant\u00c3\u00a8rent la croix,\\nRendant gr\u00c3\u00a2ce au Seigneur d avoir sauv\u00c3\u00a9 leur vie\\nEt, levant leurs regards vers la sainte patrie,\\nIls pri\u00c3\u00a8rent longtemps, disant credo je crois\\nllh\\nDix-huit mois sont pass\u00c3\u00a9s, et le P\u00c3\u00a8re Marquette\\nPour la seconde fois revient de visiter\\nCet immense pays dont il fit la conqu\u00c3\u00aate\\nEt qu au prix de son sang il voudrait racheter.\\n11 est seul cette fois. Son compagnon d \u00c3\u00a9tudes,\\nDe voyages lointains, de p\u00c3\u00a9rils, de travaux,\\nJolliet vogue au loin sous d autres latitudes\\nEt s en va d\u00c3\u00a9couvrir des rivages nouveaux.\\nSur les bords du grand lac Michigan, il chemine,\\nCherchant encore au loin quelque \u00c3\u00a2me secourir.\\nMais une maladie incurable le mine\\nSa force l abandonne il sent qu il va mourir.\\nMourir! Il n est pourtant qu au d\u00c3\u00a9but de la vie:\\nC est peine, mon Dieu, s il a trente-sept ans\\nMais ne le plaignons pas il est .ign\u00c3\u00a9 d envie,\\nDevant lui le ciel ouvre un \u00c3\u00a9ternel printemps.\\nN \u00c3\u00a9coutant que son c\u00c5\u0093ur il veut marcher encore,\\nMais son c\u00c5\u0093ur g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reux le trahit vers le soir.\\nH\u00c3\u00a9las il sent grandir le mal qui le d\u00c3\u00a9vore,\\nEt sur le bord du lac il est all\u00c3\u00a9 s asseoir.\\nLes oiseaux dans les bois entonnaient leurs ramages\\nLe soleil descendait triste sous l horizon\\nQui refermait sur lui ses portes de nuages,\\nComme sur un monarque une obscure prison.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0049.jp2"}, "50": {"fulltext": "44\\nC \u00c3\u00a9tait un soir de mai la lune, faible et pale^.\\nNe se promenait plus dans le ciel azur\u00c3\u00a9.\\nKl le s \u00c3\u00a9tait cach\u00c3\u00a9e et le flot, comme un r\u00c3\u00a2le,\\ni ^xpirait doucement sur le sable dor\u00c3\u00a9.\\nLe grand lac ondulait, et ses vagues plus sombres-\\nRoulaient sur ses pieds nus leurs plis harmonieux\\nElles se succ\u00c3\u00a9daient et lormaient dans les ombre.\\nUn cort\u00c3\u00a8ge bruyant, triste et myst\u00c3\u00a9rieux.\\nGn nuage ronhiit sur le fond du ciel morne\\nGomme un drap mortuaire au-dessus du martyr,.\\nLa nature muette et le d\u00c3\u00a9 ert sans borne\\nAssistaient \u00c3\u00a9plor\u00c3\u00a9^ son dernier soupir.\\nBient\u00c3\u00b4t allait sonner l heure de l agonie,\\ntjn vent doux et l\u00c3\u00a9ger sur sa t\u00c3\u00a8te passait\\nLa nature \u00c3\u00a9tait belle et pleine d harmonie\\nDevant la mort du jusie elle s attendrissait.\\niJiamants nierveilleux de l \u00c3\u00a9charpe \u00c3\u00a9ternelle,\\nAstres qui vous bercez dans des mers de saphir^\\nSi vous avez une \u00c3\u00a2me, elle n est pas plus belle\\n^)\\\\ie r\u00c3\u00a2me de nos saints leur dernier soupir\\nL ap\u00c3\u00b4tre conserva le sourire de l ange\\nLn regardant la porte \u00c3\u00a9ternelle s ouvrir;\\nKt ses yeux \u00c3\u00a9blouis d une vision \u00c3\u00a9trange\\nVirent se d\u00c3\u00a9rouler les si\u00c3\u00a8cles venir.\\nf;l vit pendant longtemps notre belle patrie\\nProsp\u00c3\u00a9rer et grandir l ombre des autels,\\nKt pour la prot\u00c3\u00a9ger notre race aguerrie\\nf^e couvrir aux combats de lauriers immortels.\\niais comme il l ut saisi d une horrible soutlraiice\\nQuand il vit les pays qu il avait d\u00c3\u00a9couverts\\nViolemment arrach\u00c3\u00a9s au sceptre de la France,\\nMoins d un si\u00c3\u00a8cle plus tard accabl\u00c3\u00a9, de revers;", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0050.jp2"}, "51": {"fulltext": "45\\nQuand il vit son drapeau trahi par la victoire,\\nAux bords du Saint-Laurent marchant sur des tombeaux\\nPuis, d\u00c3\u00a9chir\u00c3\u00a9, noirci, mais rayonnant de gloire,\\nRepassant l Atlantique en glorieux lambeaux\\nMais plus tard bonheur les races \u00c3\u00a9trang\u00c3\u00a8res-\\nD\u00c3\u00a9posaient nos pieds la morgue du vainqueur\\nEt, joignant nos destins, nous devenions tous fr\u00c3\u00a8res,\\nMarchant vers l avenir avec un m\u00c3\u00b4me coeur.\\nPuis ses yeux \u00c3\u00a9tonn\u00c3\u00a9s virent sur les rivages\\nDu fleuve qu il avait d\u00c3\u00a9couvert pour son Dieu,\\nDe splendides cit\u00c3\u00a9s et de riches villages,\\nEt des peuples sans nombre affluant dans ce lieu.\\nEt partout le progr\u00c3\u00a8s ouvrant ses grandes ailes,\\nCouvant et f\u00c3\u00a9condant la plaine et les d\u00c3\u00a9serts,\\nD\u00c3\u00a9frichait et peuplait ces r\u00c3\u00a9gions si belles.\\nEt les villes lan\u00c3\u00a7aient leurs d\u00c3\u00b4mes dans les airs.\\nAu milieu des for\u00c3\u00aats passaient avec vitesse\\nDes charriots emport\u00c3\u00a9s sur des ailes de feu\\nMais h\u00c3\u00a9las ce pays, o\u00c3\u00b9 tout \u00c3\u00a9tait jeunesse.\\nAvenir et grandeur, m\u00c3\u00a9connaissait son Dieu\\nCe glaive transper\u00c3\u00a7a l \u00c3\u00a2me du saint ap\u00c3\u00b4tre\\nMais son \u00c5\u0093il s \u00c3\u00a9lan\u00c3\u00a7ant plus loin dans l avenir.\\nApr\u00c3\u00a8s cette vision en vil passer une autre\\nQue les si\u00c3\u00a8cles verront peut-\u00c3\u00aatre s accomplir\\nIl vit le Canada, devenu missionnaire.\\nChez les peuples voisins semant la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9,\\nLeur montrant la grandeur au sommet du Calvaire,\\nSous l aile de la Croix pla\u00c3\u00a7ant la Libert\u00c3\u00a9.\\n]3es bords du Saint-Laurent au golfe du Mexique,\\n11 vit la foi s \u00c3\u00a9tendre et gu\u00c3\u00a9rir de ses maux\\nUn grand peuple mourant et l arbre catholique\\nDe l une l autre mer \u00c3\u00a9tendant ses rameaux.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0051.jp2"}, "52": {"fulltext": "46\\nCe spectacle jeta l ap\u00c3\u00b4tre dans l extase.\\nIl s \u00c3\u00a9cria \u00c2\u00abJ\u00c3\u00a9sus enfin voil\u00c3\u00a0 ton jour\\nCe fat son dernier acte et sa derni\u00c3\u00a8re phrase-\\nSon \u00c3\u00a2me s envola dans un \u00c3\u00a9lan d amour\\nC \u00c3\u00a9tait un soir de mai la lune, faible et p\u00c3\u00a2le.\\nNe se promenait plus dans le ciel azur\u00c3\u00a9.\\nElle s \u00c3\u00a9tait cach\u00c3\u00a9e et le flot, comme un r\u00c3\u00a2le^\\nExijirait doucement sur le sable dor\u00c3\u00a9.\\n(A) BERCEUSE, MUSIQUE DE REBER,\\n(B) RONPE DES LUTINS, MUSIQUE DE BAZZINf,\\nEx\u00c3\u00a9cut\u00c3\u00a9es par M. J\u00c3\u00a9hin Prume.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0052.jp2"}, "53": {"fulltext": "CANTATE DE CIRCONSTANCE\\nFA^Tl jVX. L.-J.-C. ITISET.\\nt\u00c3\u00aehceur et Orchestre sur les motifs du 1er Ch\u00c5\u0093ur d Athalie dt Men-\\nDELSSOHN.\\nLE CHOEUR.\\nLes si\u00c3\u00a8cles ont pass\u00c3\u00a9 sur leur noble poussi\u00c3\u00a8re\\nMais qu ils vivent toujours dans vos c\u00c5\u0093urs g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reux l\\nQue pour eux vers le Ciel monte votre pri\u00c3\u00a8re\\nAmis, c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brons nos a\u00c3\u00afeux!\\nUNE VOIX.\\nGrande au temps de ses rois, la France,\\nConsacrant son Dieu ses travaux, sa puissance^\\nSur nos bords vint planter la croix\\nLe sang de ses martyrs \u00c3\u00a9prouva sa constance\\nLe sang de ses soldats illustra sa vaillance\\nFrance, qu ^as tu fait de tes rois\\nLE. CHOEUR.\\nLes si\u00c3\u00a8cles ont pass\u00c3\u00a9 sur leur noble poussi\u00c3\u00a8re\\nMais qu ils vivent toujours dans vos c\u00c5\u0093urs g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reux l\\nQue pour eux vers le Ciel monte votre pri\u00c3\u00a8re\\nChantons, c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brons nos ateux\\nUNE VOIX.\\nDe nos h\u00c3\u00a9ros qui compterait le nombre\\nPr\u00c3\u00aatres, guerriers ou laboureurs....\\nL oubli les voilait de son ombre;\\nMais entr ouvrant les cieux pour les couvrir de flenrs,\\nLaval, brillant soleil, \u00c3\u00a9claire un pass\u00c3\u00a9 sombre", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0053.jp2"}, "54": {"fulltext": "48\\nUNE AUTRE.\\nParmi tant de hauts faits dont l histoire s enrombre\\nQuel nom choisir pour sujet de nos chants\\nMontcalm vaincu, vaisseau qui sombre,\\nOu L\u00c3\u00a9vis couronn\u00c3\u00a9 de lauriers triomphants?\\nUNE AUTRE.\\nCarillon, Carillon, tout rayonnant de gloire,\\nTa devise emflammait le c\u00c5\u0093ur de nos a\u00c3\u00afeux\\nQuand au combat, jeunes et vieux,\\nFiers de leur chef, ils couraient sous ses yeux\\nChercher la mort ou forcer la victoire\\nC est toi, toi seul que nous voulons chanter,\\nToi dont le souvenir savait \u00c3\u00a9pouvanter\\nLa multitude envahissante\\nDis-nous les noms de tous ces combattants.....\\nDis leurs faits d armes \u00c3\u00a9clatants,\\nOrgueil d une race naissante\\nUNE AUTRE.\\nR\u00c3\u00a9servons ces accens pour les temps orageux\\nO\u00c3\u00b9 nos jeunes soldats sauveront la fronti\u00c3\u00a8re\\nRetra\u00c3\u00a7ons dans ce jour heureux\\nDe notre Jolliet la modeste carri\u00c3\u00a8re\\nLE CHOEUR.\\nJolliet entends nos v\u00c5\u0093ux\\nMarquette inspire notre \u00c3\u00a2me\\nQue vos vertus d une nouvelle flamme\\nEmbrasent jamais le c\u00c5\u0093ur de nos neveux\\nUNE VOIX.\\nPar le devoir, par la science unis,\\nIls franchissent les monts, les d\u00c3\u00a9serts infinis\\nBravant la faim, la mort, ils suivent en silence,\\nSous l \u00c5\u0093il de Dieu, les bords d un fleuve immense.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0054.jp2"}, "55": {"fulltext": "49\\nLE CHOEUR.\\nO Jolliet entends nos v\u00c5\u0093ux\\nUNE VOIX.\\nEn\u00c3\u00bbn le ciel sourit leur destin\\nPlus belle leurs regards qu un rayon du matin-,\\nSur l horizon qui brille o\u00c3\u00b9 le jour la d\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a8le,\\n]ja mer l\u00c3\u00a0-bas se dessine, \u00c3\u00a9tincelle\\nLE CHOEUR.\\nJolliet entends nos v\u00c5\u0093ux\\nMarquette inspire notre \u00c3\u00a2me\\nQue vos vertus d une nouvelle flamme\\nEmbrasent jamais le c\u00c5\u0093ur de nos neveux\\nUNE VOIX.\\nVille o\u00c3\u00b9 mourut Gliamplain, de ton pass\u00c3\u00a9 sois fi\u00c3\u00a8re\\nDans ton sein tu vis na\u00c3\u00aetre un nouveau Magellan\\nDe chemins inconnus \u00c3\u00a9cartant la barri\u00c3\u00a8re,\\nIl te guida vers l oc\u00c3\u00a9an.\\nSon sang, plus tard, dotera ton histoire\\nD un grand pontife, h\u00c3\u00a9ritier de sa gloire,\\nQui b\u00c3\u00a9nira tes fils l ombre du saint lieu\\nnioire Dieu Gloire Dieu\\nLE CHOEUR.\\nJolliet entends nos v\u00c5\u0093ux\\nMarquette inspire notre \u00c3\u00a2me\\nQue vos vertus d une nouvelle flamme\\nEmbrasent jamais le c\u00c5\u0093ur de nos neveux\\nLE CHOEUR.\\nLes si\u00c3\u00a8cles ont pass\u00c3\u00a9 sur leur noble poussi\u00c3\u00a8re\\nMais ils vivront toujours dans vos c\u00c5\u0093urs g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reux\\nQue pour eux vers le ciel monte votre pri\u00c3\u00a8re\\nChantons, c\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9brons nos a\u00c3\u00afeux\\n7", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0055.jp2"}, "56": {"fulltext": "POESIE DE CIRCONSTANCE\\nLue par l auteur,\\nLo grand fleuve dormait couch\u00c3\u00a9 dans la savane.\\nDans les lointains brumeux passaient en caravane\\nDe farouches troupeaux d \u00c3\u00a9lans et de bisons.\\nDrap\u00c3\u00a9 dans les rayons de Paube matinale,\\nLe d\u00c3\u00a9sert d\u00c3\u00a9ployait sa splendeur virginale\\nSur d insondables horizons!\\n\u00c2\u00ab\u00c3\u00aeiiiii brillait. Sur les eaax, dans l herbe des pelouses,\\nSur les sommets, au fond des profondeurs jalouses,\\nL Et\u00c3\u00a9 f\u00c3\u00a9cond chantait ses sauvages amours.\\nDu Sad l Aquilon, du Couchant l Aurore,\\nTonte l immensit\u00c3\u00a9 semblait garder encore\\nLa majest\u00c3\u00a9 des premiers jours.\\nTravail myst\u00c3\u00a9rieux Les rochers aux fronts chauves^\\nLes pampas, les bayous, les bois, les antres fauves.\\nTout semblait tressaillir sous un souffle effr\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9\\nOn sentait palpiter les solitudes mornes,\\nGomme au jour o\u00c3\u00b9 vibra dans l espace sans i ornes\\nL hymne du monde nouveau-n\u00c3\u00a9.\\nL Inconnu tr\u00c3\u00b4nait l\u00c3\u00a0 dans sa grandeur premi\u00c3\u00a8re,\\nSplendide, et tachet\u00c3\u00a9 d ombres et de lumi\u00c3\u00a8re.\\nGomme un reptile immense au soleil engourdi,\\nLe vieux Meschac\u00c3\u00a9b\u00c3\u00a9, vierge encor de servage,\\nD\u00c3\u00a9pliait ses anneaux de rivage en rivage,\\nJusques aux golfes du Midi.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0056.jp2"}, "57": {"fulltext": "Echarpe de Titan sur le globe enroul\u00c3\u00a9e.\\nLe colosse \u00c3\u00a9panchait sa nappe immacul\u00c3\u00a9e\\nDes r\u00c3\u00a9gions de l Ourse aux plages d Orion,\\nBaignant la steppe aride et les bosquets d orange,\\nEt mariant ainsi, dans un hymen \u00c3\u00a9trange,\\nL Equateur au Septentrion,\\nFier de sa libert\u00c3\u00a9, fier de ses flots sans nombre,\\nFier du grand pin touffu qui lui verse son ombre.\\nLe Roi des eaux n avait encore, en aucun lieu\\nO\u00c3\u00b9 l avait promen\u00c3\u00a9 sa course vagabonde,\\nD\u00c3\u00a9pos\u00c3\u00a9 le tribut de sa vague profonde\\nQue devant le soleil et Dieu\\nII\\nJolliet Jollietl quel spectacle f\u00c3\u00a9erique\\nDut frapper ton regard, quand ta nef historique\\nBondit sur les flots d or du grand fl uve inconnu\\nQuel sourire d orgueil dut effleurer ta l\u00c3\u00a8vre\\nQuel \u00c3\u00a9clair triomphant, cet instant de fi\u00c3\u00a8vre,\\nDut resplendir sur ton front nu!\\nLe voyez-vous, l\u00c3\u00a0 bds, debout comme un proph\u00c3\u00a8te.\\nLe regard rayonnant d audace satisfaite,\\nLa main tendue au loin vers l Occident bronz\u00c3\u00a9,\\nPrendre possession de ce domaine immense,\\nAu nom du Dieu vivant, m nom du roi de France,\\nEt du monde civilis\u00c3\u00a9\\nJ uis, berc\u00c3\u00a9 par la houle, et berc\u00c3\u00a9 par ses r\u00c3\u00aaves,\\nL oreille ouverte aux bruits harmonieux des gr\u00c3\u00a8ves.\\nHumant l \u00c3\u00a2cre parfum des grands bois odorants,\\nRasant les \u00c3\u00aelots verts et les dunes d opale,\\nDe m\u00c3\u00a9andre en m\u00c3\u00a9andre au fil de l onde p\u00c3\u00a2le,\\nSuivre le cours des flots errants I", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0057.jp2"}, "58": {"fulltext": "52\\nA sou aspect, Jii soin des flottantes ramures,\\nMontait comine un concert de chants et de inurniures\\nDes vols d oiseaux marins s \u00c3\u00a9levaient des roseaux,\\nEt, pour montrer la route la pirogue fr\u00c3\u00aale,\\n8 enfuyaient eu avant, tra\u00c3\u00aenant leur, ombre gr\u00c3\u00aale-\\nDans le pli lumineux des eaux.\\nEt, p3ndant qu il allait voguant la d\u00c3\u00a9rive,\\nL on aurait dit qu au loin les arbres de la rive,\\nEn arceaux parfum\u00c3\u00a9s pench\u00c3\u00a9s sur son chemin\\nSaluaient le h\u00c3\u00a9ros dont l \u00c3\u00a9nergique audace\\nVenait de buriner le nom de notre race\\nAux faites de Tesprit humain\\nIII\\ngrand Meschac\u00c3\u00a9b\u00c3\u00a9 voyageur taciturne^\\nBien des fois, aux rayons de l \u00c3\u00a9toil; nocturne,\\nSur tes bords endormis, je suis venu m asseoir\\nEl l\u00c3\u00a0, seul et r\u00c3\u00aaveur, perdu sous les grands ormes^\\n4 ai souvent, du regard, suivi d \u00c3\u00a9tranges forme*\\nGlissant dans les brumes du soir.\\nTant(3t je croyais voir, sous les vertes arcades,\\nDu fatal De Soto passer les cavalcades,\\nEn jetant au d\u00c3\u00a9sert un d\u00c3\u00a9fi solennel\\nTant\u00c3\u00b4t c \u00c3\u00a9tait Marquette errant dans la prairie,\\nImpatient d offrir un monde sa patrie,\\nEt des \u00c3\u00a2mes l Eternel\\nParfois, sous les taillis, ma prunelle tromp\u00c3\u00a9e\\nCroyait voir de La Salle \u00c3\u00a9tinceler l \u00c3\u00a9p\u00c3\u00a9e\\nEt parfois, groupe informe allant je ne sais o\u00c3\u00b9,\\nDevant une humble croix, puissance magique\\nDe farouches guerriers l oeil sombre et tragique.\\nPasser en pliant le genou", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0058.jp2"}, "59": {"fulltext": "53\\nEt puis, ber\u00c3\u00a7ant mon \u00c3\u00a2me aux r\u00c3\u00aaves des po\u00c3\u00a8tes^\\nJ entrevoyais aussi de blanches silhouettes,\\nDoux fant\u00c3\u00b4mes flottant dans le vague des nuits,\\nAtala, Gabriel, ^hactas, Evangeline,\\nEt l ombre de Ren\u00c3\u00a9, debout sur la colline,\\nPleurant ses immortels ennuis.\\nEt j endormais ainsi mes souvenirs moroses\\nMais de ces visions po\u00c3\u00a9tiques et roses,\\nCelle qui plus souvent venait frapper mon \u00c5\u0093il,\\nC \u00c3\u00a9tait, passant au loin dans un nimbe de gloire,.\\n]-e hardi pionnier dont notre jeune histoire\\nRedit le nom avec orgueil.\\nIV\\nJoUiet JoUiet deux si\u00c3\u00a8cles de conqu\u00c3\u00aates,\\nDeux si\u00c3\u00a8cles sans rivaux ont pass\u00c3\u00a9 sur nos t\u00c3\u00aates.\\nDepuis l heure sublime o\u00c3\u00b9, de ta propre main,\\nTu jetas, d un seul trait, sur la carte du mondes\\nCes vastes r\u00c3\u00a9gions, zone imiuense et f\u00c3\u00a9conde,\\nFutur grenier du genre humain\\nDeux si\u00c3\u00a8cles sont pass\u00c3\u00a9s, depuis que ton g\u00c3\u00a9nie\\nNous fraya le chemin de la terre b\u00c3\u00a9nie\\nQue Dieu fit avec tant de prodigalit\u00c3\u00a9.\\nQu elle garde toujours dans les plis de sa robe,\\nPour les d\u00c3\u00a9sh\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9s de tous les coins du globe,\\nDu pain avec la libert\u00c3\u00a9\\nOui, deux si\u00c3\u00a8cles ont fui La solitude vierge\\nN est plus l\u00c3\u00a0. Du progr\u00c3\u00a8s le flot montant submerge\\nLes vestiges derniers d un pass\u00c3\u00a9 qui finit.\\nO\u00c3\u00b9 le d\u00c3\u00a9sert dormait, grandi: la m\u00c3\u00a9tropole\\nVa le fleuve asservi courbe sa large \u00c3\u00a9paule\\nSous l arche aux piliers de granit!", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0059.jp2"}, "60": {"fulltext": "5\\nPlus de for\u00c3\u00aats sans fin la vapeur les sillonne\\nL astre des jours nouveaux sur tous les points rayonne\\nL enfant de la nature i!st \u00c3\u00a9vang\u00c3\u00a9lis\u00c3\u00a9\\nLe soc du laboureur fertilise la plaine\\nEt le surplus dor\u00c3\u00a9 de sa gerbe trop pleine\\nNourrit le vieux-monde \u00c3\u00a9puis\u00c3\u00a9\\nDes plus purs d\u00c3\u00a9vo\u00c3\u00bbments merveilieust\u00c2\u00bb semence\\nQui de vous e\u00c3\u00bbt jamais rAv\u00c3\u00a9 cette ouvre inniiense,\\nJolliet, et vous, ap\u00c3\u00b4tres ing\u00c3\u00a9nus,\\nHumbles soldats de Dieu, sans reproche et sans crainte.\\nQui portiez le flambeau de la v\u00c3\u00a9rit\u00c3\u00a9 sainte\\nDans ces parages inconnus?\\nDes volont\u00c3\u00a9s du ciel ex\u00c3\u00a9cuteurs dociles.\\nVous f\u00c3\u00bbtes les jalons qui rendent plus faciles\\nLes durs sentiers o\u00c3\u00b9 doit marcher l humanit\u00c3\u00a9\\nGloire vous tous du Temps Iranchissanl les ab\u00c3\u00aemes,\\nVos noms environn\u00c3\u00a9s d aur\u00c3\u00a9oles sublimes\\nIront, Fimmortnlit\u00c3\u00a9\\nV\\nEt toi, de ces h\u00c3\u00a9ros g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9reuse patrie,\\nSol canadien qu on aime avec idol\u00c3\u00a2trie,\\nDans l accomplissement de tous ces grands travaux.\\nQuand je p\u00c3\u00a8se la part que le ciel t a donn\u00c3\u00a9e,\\nLes yeux sur l avenir, terre fortun\u00c3\u00a9e,\\nJ ai foi dans tes destins nouveaux\\n\u00c3\u00aefi.^\\nBALLET DE FAUST, GOUNOD\\nMM. Prumz, Lavigke, Par\u00c3\u00a9 et Gauvrbau, M. E. CtAGNOK au piano.\\n_ \u00c2\u00abEtfxr^\u00c3\u00bb\\nGOO SAVE THE QUEEN.", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0060.jp2"}, "61": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0061.jp2"}, "62": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0062.jp2"}, "63": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0063.jp2"}, "64": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0064.jp2"}, "65": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0065.jp2"}, "66": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0066.jp2"}, "67": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0067.jp2"}, "68": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0068.jp2"}, "69": {"fulltext": "", "height": "3816", "width": "2523", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0069.jp2"}, "70": {"fulltext": "", "height": "4200", "width": "2669", "jp2-path": "200eanniversaire00verr_0070.jp2"}}